Le dictionnaire des noms : les nouveautés

(mise à jour le 24/02/08)


Abauzit Le nom est porté dans le Gard et les départements voisins (07, 34). C'est le participe passé d'un verbe occitan, peut-être "abausir", avec plusieurs sens possibles : renverser, assommer, s'effondrer, se prosterner, s'évanouir, défaillir, mais aussi foisonner, se vanter, ennuyer. À envisager aussi le verbe "abaudir" (= prendre son essor, s'enhardir). Difficile de choisir. À noter qu'une ferme ou un mas à Uzès s'appelle Abauzit.
Abdeladhim Nom de personne arabe signifiant "serviteur de Dieu le majestueux, le très grand, l'incommensurable (`adhîm)". Avec préfixe filiatif : Ben Abdelhadim.
Arata Presque toujours italien et originaire de Gênes et de sa région, pourrait être un toponyme avec le sens de terre labourée.
Ardillon Nom porté en Poitou-Charentes, en particulier dans la Vienne. Ce devrait être un dérivé du mot "ardille", qui désigne l'argile dans cette région, autrement dit un toponyme devenu nom de famille.
Arici Le nom peut être turc ou italien. En turc, il désigne un apiculteur (dérivé de "ari" = abeille). En Italie, il est essentiellement porté en Lombardie (province de Brescia) et devrait correspondre au nom de personne Aricius, sans doute d'origine germanique (un évêque de Toulouse de la fin du VIIIe siècle est appelé indifféremment Aricius, Arrichus, Hartrichus).
Aubruchet Porté en Seine-Maritime, où il est attesté depuis le XVIIe siècle, c'est un nom de sens incertain. M.-T. Morlet y voit le fils de celui qui s'appelle Bruchet ("au Bruchet"), mais ce type de formation n'est pas courant en Normandie. Reste que je ne vois pas grand-chose d'autre, sinon un éventuel et très hypothétique diminutif du nom de personne féminin Auburge (voir Aubourg).
Auduc Désigne le fils de celui qui s'appelle Duc (voir ce nom) ou celui qui appartient à sa famille. C'est dans la Saône-et-Loire que le nom est le plus répandu.
Baserba Nom catalan surtout porté dans la province de Gérone, présent à Céret depuis le XVIIe siècle, avec les variantes Bazerba, Bazerbe, Bazerbes. Sens obscur, du moins pour moi. À envisager éventuellement une déformation du nom pyrénéen Bazerque (voir ce nom).
Bassereau Nom surtout porté dans la Vienne et l'Indre-et-Loire. Sens incertain. Si on se réfère à l'ancien français, il paraît s'agir d'un dérivé de "bassiere" (lieu bas, vallée), d'autant que le dictionnaire de Godefroy précise que, dans la Vienne, le terme, également écrit "baissière", désigne l'endroit le plus bas d'un champ, qui reçoit l'eau des sillons, ou encore la partie la plus profonde d'une vallée. À envisager aussi un fabricant de basses, sortes de cuves.
Bayerlait Curieux nom porté dans la Moselle. C'est une déformation de Bayerle (Bayerlé), dérivé de Bayer (= celui qui est originaire de Bavière).
Béal Le nom est assez courant dans la Loire, le Rhône et l'Ardèche, ainsi qu'en Auvergne. C'est un toponyme très répandu désignant un bief de moulin, un canal, parfois aussi un petit cours d'eau. Dérivés : Béala, Béalem, Béalès, Béalet, Béallet, Béalon.
Blévennec Le nom est surtout porté dans les Côtes-d'Armor. Il correspond au breton "blevenneg" (= poilu). Variantes : Blévénec, Le Blévénec (56), Le Blévennec (22). Il est formé sur le mot "blev" (= cheveu, poil), qui est aussi à l'origine des noms Blévec, Le Blévec (56), avec le sens de "chevelu" (breton "bleveg").
Bordogna Porté en Lombardie, ce nom italien désigne celui qui est originaire de Bordogna, village de la commune de Roncobello, dans la province de Bergame. Avec le même sens : Bordogni. Le toponyme semble formé sur le nom de personne Bordon(i)us, à rattacher peut-être au nom romain Burdo, Burdonis.
Borton Très rare en France, le nom est le plus souvent anglais. C'est une variante de Burton (voir ce nom).
Bouetard Ou Bouétard, Bouëtard. Le nom est surtout porté en Bretagne (35, 22). C'est une variante de Boitard (voir ce nom). Avec le même sens : Boetard (50).
Bussereau Dérivé de Bussière (= lieu où pousse le buis), le nom est surtout porté dans la Vienne. On trouve la forme similaire Busseraud en Limousin. Avec le même sens : Buxeraud, Buxeraux, Buxereau. Avec un autre suffixe : Busserol, Busserole, Busserolle, Busserolles, Buxerol, Buxerolle, Buxerolles (Allier).
Butstraen Porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique (Ypres, où Debrabandere mentionne un Pierre Botseraen en 1387), devrait être une flamandisation du mot "bûcheron". Variante : Butstraem.
Buttafoghi Porté en Corse, c'est l'équivalent de noms français tels que Boutefeu, Boutefeux, Bouttefeux (59), désignant celui qui met le feu à une pièce d'artillerie, mais aussi un incendiaire. Variantes corses ou italiennes : Buttafochi, Buttafoco, ainsi que Buttafuoco (Sicile).
Calméjane Ou Calmejane. Le nom est surtout porté dans le Lot, il est également présent dans le Cantal et l'Aveyron. Variantes : Calméjanne, Calméjeanne et même Calméjame. Il est composé du toponyme préroman "calm", qui désigne un plateau montagneux et aride, également un pâturage, et du latin "mediana" (= au milieu, occitan "mejana"). Plusieurs hameaux ou fermes portent ce nom : Calméjane à Salles-Curan (12) et à Lauresses (46), Calméjanne à Lacam-d'Ourcet et à Teyssieu (46), Calmejane à Martrin et à Villeneuve (12), à Badailhac (15, Calm Meiana en 1369) et à Burlats (81), la liste n'étant pas exhaustive. Dans la plupart des cas, il est difficile de savoir si le hameau est antérieur au nom de famille. À noter aussi la variante Carméjane, à l'origine du nom noble "de Carméjane", porté dans le Vaucluse depuis le XVIe siècle.
Caravati Nom italien assez rare, localisé dans la province de Varese, à la limite entre la Lombardie et le Piémont. Il désigne celui qui est originaire de Caravate, petite commune située dans la même province.
Casado Fréquent en Espagne, correspond à l'adjectif "casado" (= marié), utilisé dans les registres par opposition à d'autres mots comme "mancebo" (ou "soltero") ou "viudo".
Catalin Le nom semble presque toujours originaire de la Val Pellice, dans le Piémont (province de Turin). Il devrait s'agir d'une forme similaire à Cathelin (voir ce nom), nom rencontré pour sa part en Savoie. On trouve aussi en Italie la forme Catalini dans les Marches, et quelques Cattalini au nord de la Lombardie.
Chadefaux Originaire du Cantal, c'est un toponyme correspondant à l'occitan "catafalc" (voir Catafau pour les divers sens possibles). Il existe à Collandres (15) un hameau appelé "le Chadefaux" dont devraient être originaires les porteurs du nom. Variante : Chadefaut. Formes similaires : Chadefaud, Chadeffaud (Charentes, Périgord), renvoyant peut-être au hameau de Chadefeaud à Saint-Bonnet (16). À noter enfin la curieuse forme Chadefaue, due visiblement à une déformation graphique.
Chaya Le plus souvent porté par des Juifs askhénazes, notamment en Tunisie, correspond au nom de personne biblique Isaïe (voir Isaia). Variante : Chaïa. Dérivé filiatif : Benchaya.
Chelle Tout comme la forme voisine Chelles, le nom est porté dans des régions très diverses : Midi-Pyrénées, Picardie, Auvergne etc. Dans tous les cas, il semble que ce soit un toponyme, nom de plusieurs communes et hameaux, souvent avec le sens d'établissement religieux, succursale d'un monastère (latin "cella"). À noter cependant quelques exceptions comme la commune de Chelles (77), dont la graphie Cala (VIe siècle) paraît renvoyer à la racine oronymique *kal (= pierre, rocher), ou encore celle de Chelles (60), écrite elle aussi Cala au XIe siècle.
Ciosi Nom porté en Corse et dans le nord-ouest de la Sardaigne (Sassari). Ce devrait être l'équivalent du corse "chiosu", désignant un clos, un enclos. À envisager secondairement l'adverbe sarde "ciusu", variante de "susu" (= au-dessus).
Clodel Assez rare et porté dans l'Est, c'est une variante de Claudel, diminutif de Claude. Autres diminutifs : Clodet (Rhône-Alpes ?), Clodot (Moselle). Diminutif breton : Clodic (56). Diminutifs alsaciens : Clodi, Clody. Surtout porté dans les DOM, Clodion est parfois aussi un diminutif de Claude, mais c'est surtout un nom de personne germanique (Clodion le Chevelu fut le premier roi de la dynastie mérovingienne).
Cochennec Assez courant dans le Finistère, c'est un dérivé du breton "kochenn" (= sébille), et donc le probable surnom d'un mendiant. Variante rare : Cochénec (56). Avec le même sens : Cochen (29).
Commien Surtout porté dans le département du Nord (variante : Comien), pourrait désigner celui qui est originaire de Comines, nom de communes dans le Nord et en Belgique (Comines-Warneton, dans le Hainaut). Sens probable du toponyme : dérivé du nom de personne gaulois Commios. L'une ou l'autre de ces communes est également à l'origine des noms Comeyne, Comines, Commeine, Commine. À envisager secondairement pour Commien une variante de Comin, Commin, hypocoristiques de Jacques (à partir de formes telles que Jacomin).
Compois Porté en Haute-Savoie, désigne sans doute celui qui est originaire de Compois, hameau de la commune suisse de Meinier, près de Genève. Le sens habituel de "compois" (ancien français "compost") est celui de registre terrier, état des biens-fonds, mais il existe un autre sens qui devrait mieux convenir : celui d'engrais, fumure (cf. l'actuel "compost"), sans doute ici une terre fumée.
Correggia Nom italien rare, porté notamment dans le Piémont et la Campanie. Il renvoie au mot "correggia" (= courroie), peut-être avec un sens topographique (= bande de terre), sens qui paraît à l'origine du nom de la commune de Correggio, en Émilie-Romagne (Coregia en 946). On rencontre aussi les noms de famille Correggio (très rare) et Correggi (localisé dans la province de Reggio Emilia et renvoyant certainement à la commune de Correggio).
Cosseddu Porté dans le nord de la Sardaigne, le nom est également présent en Corse. Dans ce cas comme dans bien d'autres, le groupe dd correspond en sarde au double l italien. Il faut donc partir d'une forme Cossellu, également nom de famille en Sardaigne, qui elle-même correspond à des noms tels que Corsello, Corselli (rencontrés en Sicile), diminutifs de Corso, Corsi, avec deux sens possibles : soit celui qui est originaire de Corse, soit un hypocoristique de noms de personnes tels que Bonaccorso, Accorso (voir Corsini). À noter que le nom de famille Cossu (= Corso) est très répandu en Sardaigne.
Cousteur Également écrit Coustheur, le nom est surtout porté dans l'Est. Il désigne un sacristain, un bedeau, un clerc d'église (ancien français "costor", allemand "Küster").
Cristaldi Nom italien originaire de Sicile (province de Catane). On rencontre dans la même région la forme similaire Cristaudo, également présente en Calabre. Sens incertain. Il semble s'agir d'un nom de personne médiéval. De Felice en fait un dérivé de Cristo (= Christ), d'autres y voient le cristal.
Daise Porté dans le Nord-Pas-de-Calais, c'est un nom dont le sens est très incertain, du fait de ses diverses variantes rencontrées dans les généalogies : Desse, Dhesse, ou encore Daix, Dehez, chacune de ces formes pouvant renvoyer à des sens très différents les uns des autres.
De Prospo  Nom italien rare, porté surtout dans la province de Benevento, en Campanie. Fome encore plus rare : Di Prospo. La préposition "de" marque la filiation. On peut penser que Prospo est ici une contraction de Prospero, nom de personne correspondant au latin "prosperus" (= heureux, prospère), qu'on retrouve dans le prénom français Prosper. Les noms de famille Prospero et surtout Prosperi sont assez courants en Italie centrale, tout comme la forme patronymique Di Prospero.
Decloquement Nom de famille surtout porté dans le département du Nord. Variante : Declocquemant. Formes anciennes : Decloqueman, Decloquemant. Il désigne un sonneur de cloches (le terme "cloqueman" est fréquemment attesté sous diverses graphies dans les textes médiévaux de cette région). Le "de" initial peut marquer la filiation, mais devrait être plutôt un article défini néerlandais.
Dedain Nom rare dont l'origine géographique est difficile à situer avec précision, ce qui rend son sens très incertain. On peut penser à celui qui est originaire de Dain-en-Saulnois, dans la Moselle, mais sa présence en Belgique permet d'envisager une autre hypothèse : une variante de Dedeyn, qui pourrait correspondre au néerlandais "de degen" (= l'épée), ou encore au moyen néerlandais "de dein" (= le daim).
Defoin Le nom est porté dans les Ardennes et en Belgique. Variantes : Deffoin, Defoing. "Foin(g)" est ici une variante de "faing", terme désignant dans les Ardennes un marécage (également écrit "fagne"). Il s'agit donc d'un toponyme. On pensera notamment à la Fagne, région des Ardennes belges.
Delavant Rare et porté notamment dans l'Indre, devrait être une déformation de Delavaud (voir ce nom). La variante Delavant/Delavault est attestée dans la généalogie d'un migrant au Québec.
Deleuil Le nom est surtout porté dans les Bouches-du-Rhône, où il renvoie sans doute à l'occitan "uelh" (= oeil), avec un sens topographique : le mot peut désigner l'émergence d'une source, la prise d'eau d'un canal, parfois aussi l'arche d'un pont. À noter que le nom de famille existe aussi dans le Nord et en Belgique (variantes : Deloeil, Deloeuil, Deloeul), avec un sens plus obscur.
Demarcus Nom rare originaire de Sardaigne, également écrit De Marcus. Il désigne le fils de Marcu (= Marc) ou celui qui appartient à sa famille.
Demasure Porté en Picardie, en Belgique et dans le Nord-Pas-de-Calais, désigne celui qui habite un lieu-dit Masure ou en est originaire (voir Masure pour le sens). Variantes : Demaseure, Demazure, Demazures.
Dempsey Ce nom irlandais est une forme anglicisée du gaélique Ó Díomasaigh, le descendant de Díomasach, nom dérivé de "díomas" (= orgueil, fierté).
Derse Rare, le nom paraît originaire de Picardie (02). Il devrait désigner celui qui habite un lieu-dit "la Herse", toponyme fréquent désignant, outre l'instrument aratoire, un petit bois taillis. Cependant, on constate aussi la présence du nom en Moselle, où il semble s'être écrit surtout Dersé, avec un sens qui devrait être différent mais que je ne connais pas.
Dervissoglou Le nom correspond au turc Dervisoglu, formé avec le mot "dervis" (dans lequel le s avec cédille correspond au son "ch"), signifiant "derviche", et le suffixe filiatif -oglu ("ogul" = fils). Autrement dit le fils du derviche.
Domureau Le nom a été porté dans la Vienne. Variantes : Daumureau, Demureau. Il devrait désigner celui qui habite un lieu-dit "le Mureau" ("au Mureau") ou en est originaire. Le toponyme, assez courant dans le Poitou, a le sens de "muraille".
Doncoeur Porté autrefois en Picardie, notamment dans l'Aisne, désigne celui qui est originaire de Domqueur, nom d'une commune de la Somme. Si on en croit la Table de Peutinger, le toponyme se serait appelé Durocoregum à l'époque gallo-romaine. Le premier élément est donc le gaulois "durum" (= forteresse), le second étant beaucoup plus obscur.
Dossu Porté dans l'Aisne, également écrit Dossus, devrait désigner celui qui est originaire d'Ossu, hameau à Honnecourt-sur-Escaut (59), juste à la limite entre les départements du Nord et de l'Aisne.
Douche Surtout porté dans l'Eure, le nom pourrait y être une forme normande de l'adjectif "douce", peut-être employé comme nom de personne féminin. On pensera cependant plutôt à celui qui est originaire du Pays d'Ouche, région située dans le même département (sens obscur : Utica en 1048, Occa en 1088). Dans d'autres régions de France, on pensera à celui qui habite un lieu-dit (l') Ouche ou en est originaire, le toponyme, très fréquent, ayant le sens de terre enclose et cultivée, bonne terre.
Drevin Surtout porté dans les Deux-Sèvres, c'est une aphérèse d'Andrevin, diminutif d'André rencontré dans le même département.
Duramé Surtout porté en Seine-Maritime, le nom s'écrit aussi Duramay. Il désigne celui qui est originaire d'un lieu-dit "le Ramé" (ou graphies voisines), avec le sens de lieu feuillu, bosquet (ancien français "ramoi"). Avec le même sens : Duramois.
Famel Le nom est surtout porté dans les Côtes-d'Armor, mais on le rencontre aussi en Savoie. Dans un cas comme dans l'autre, son sens est assez obscur. On signalera cependant qu'en ancien français le mot "famel" a désigné un fer de javelot. On peut aussi envisager un éventuel dérivé du mot "faim", sens qu'on retiendra pour le nom Famelart, rencontré dans l'Aisne et la Marne (ancien français "famelart" = affamé).
Ferracci Porté en Corse (variante : Ferraci) et en Italie centrale (Lazio), c'est un dérivé, en principe péjoratif de "ferro" (= le fer). Voir Ferri pour plus de précisions.
Fertey Les mentions les plus anciennes situent le nom dans l'Eure et le Calvados, ainsi qu'en Franche-Comté et dans l'Yonne. C'est l'équivalent de Ferté (nom de famille surtout présent en Picardie), toponyme très répandu désignant un lieu fortifié (citadelle, maison, château-fort). Avec le même sens : Fertez (39), et peut-être aussi Fertet, Ferthet (01).
Fuenmayor Ce nom espagnol désigne en principe celui qui est originaire de Fuenmayor, commune de la province de La Rioja. Le toponyme (Fonte maiorem en 1066) évoque une source au débit abondant, sans doute l'actuelle Fuente de los siete caños, dans la même localité.
Gasteuil Porté dans la Gironde (variante : Gâteuil), le nom semble originaire de la Charente, où il est mentionné au XVe siècle. Sens incertain. Une interprétation du type "gâte oeil" semble douteuse. Peut-être un dérivé de "gast" (= terre inculte).
Gaudu Ou Le Gaudu. Le nom est porté dans les Côtes-d'Armor. Sens incertain. Il semble correspondre au vannetais "galdu", désignant un oiseau, la macreuse ou la foulque noire. S'il avait une origine française, il pourrait être dérivé de l'ancien français "gaudir" (= se réjouir). A. Deshayes envisage une troisième possibilité : un nom de personne formé sur le vieux breton "gal" (= passion, violence) et l'adjectif "du" (= noir). Une certitude, qui semble donner raison à Deshayes : Galdu est attesté comme nom de personne dans le cartulaire de Redon (Galdu presbyter, 913).
Gazave Porté notamment dans la Haute-Garonne, désigne celui qui est originaire de Gazave, nom d'une commune des Hautes-Pyrénées. Le sens du toponyme est obscur, d'autant qu'on n'en a aucune mention vraiment ancienne.
Gesnot Porté dans les Ardennes, pourrait être une variante de Genot (voir ce nom). À envisager aussi un diminutif de noms tels que Gesson, Jesson, de sens incertain mais qui paraissent être des noms de personne germaniques.
Gilouppe Le nom est surtout porté dans la Sarthe. On le rencontre sous la forme Giloppe (ou Giloppé) dans l'Yonne (variantes : Gillope, Gilloppe). Je n'en connais pas le sens.
Giona Nom assez rare porté dans le Lazio et en Corse. C'est l'équivalent italien de Jonas (voir ce nom).
Glou Nom porté en Bretagne, où il est beaucoup plus fréquent sous la forme Gloux. Autres formes : Le Glou, Le Gloux. Sens obscur. Peut-être une forme contractée de Guillou (voir ce nom).
Gravisse Porté en Lorraine et en Belgique, c'est une variante de Grevisse (voir Grewis pour le sens). Variante : Gravis.
Guizol Le nom est porté dans les Alpes-Maritimes et dans le Var (plusieurs attestations au XVIe siècle). C'est un nom de personne d'origine germanique, Widulfus (wid = bois + wulf = loup), rencontré dans la même région sous les formes Guisol, Guisoffle et Guisolphe.
Haillet On rencontre le nom à la fois dans les Pyrénées-Atlantiques et en Seine-Maritime (il est aussi parfois présent dans le Nord et en Belgique). En pays gascon, il devrait s'agir d'une variante de Hayet, Haget, désignant une hêtraie. À envisager aussi un dérivé de l'occitan "falha" (gascon "halha"), avec le sens de "flamme", désignant peut-être le lieu où se déroulait le feu de la Saint-Jean. Dans les régions de langue d'oïl, on pensera sans doute à un dérivé du mot "haie".
Hautecouverture Curieux nom porté dans la Meuse et la Meurthe-et-Moselle. Variante : Haute-Couverture. On trouve également dans l'Est les formes Couverture, Lacouverture. Il faut sans doute prendre ici "couverture" avec son sens médiéval de "toit". La "haute couverture" pourrait être alors une maison au toit élevé.
Hitos Nom espagnol correspondant au castillan "hito", avec le sens de borne, pierre plantée, limite.
Hochreiter Ce nom allemand est très rare en France sous sa forme d'origine, mais on trouve en Champagne les variantes Hocreiter et Hocreitère. Le sens de "haut chevalier" est possible, mais on pensera plutôt à celui qui est originaire de Hochreit, nom de deux localités bavaroises.
Jamon Diminutif ou cas-régime médiéval de Jame (= Jacques), le nom est surtout porté dans la Haute-Loire et les départements voisins. Variantes : Jamond et sans doute aussi Jamont (nom surtout présent dans la Manche). Diminutifs : Jamonet, Jammonet (26), Jamoneau, Jamonneau, Jamneau (Centre, Poitou, Pays de la Loire).
Jolard Le nom est originaire de la Nièvre, où il est attesté depuis plusieurs siècles. Variante rare : Geolard (ou Géolard). Sens incertain. Peut-être un dérivé du verbe "se jôler" (= se réjouir, attesté dans le Centre). À noter cependant la forme similaire (au moins phonétiquement) Jaulard, portée pour sa part en Charente-Maritime, qui paraît être un dérivé de "jau" (= coq), à la manière de "jaulet" (jeune coq).
Kerviel Porté dans le Finistère, désigne celui qui est originaire de Kerviel, nom de divers hameaux du même département : à Briec, Elliant, Plovan et près de Quimper. On trouve un autre hameau du même nom à Trémel (22). Sens du toponyme : le hameau ("ker") de Guiel, probable nom de personne.
Kleinbohl Ou Kleinböhl. Nom allemand assez rare. On pourrait y voir une petite planche (klein + Bohle), mais Böhl est sans doute ici un hypocoristique de Baldwin (= Baudouin). Donc le petit, le jeune Baudouin.
Lacquemant Nom de famille porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique. Variantes : Lacmans, Lacmant, Lacment, Lacqueman, Lacquemanne, Lacquement, Laquement. On peut le rapprocher de noms allemands tels que Lachmann, Lackmann, ou encore Laeckmann (nom rencontré en Belgique), formés avec le suffixe -mann (= homme) sur le mot "Lache" (moyen haut-allemand "lake"), avec le sens de mare, flaque, bourbier, parfois lac ou canal. À envisager secondairement, toujours à partir de l'allemand, un homme qui rit ("lachen" = rire).
Ladreyt Le nom est assez courant dans l'Ardèche et la Drôme. C'est un toponyme fréquent (nom de huit hameaux ou lieux-dits en Ardèche) qui correspond au mot "adret", lieu, versant exposé au midi. Variantes : Ladrait, Ladray, Ladreit, Ladreix, Ladret, Ladrey. On trouve la forme similaire Ladrech dans l'Aveyron.
Larsy Porté en Belgique et dans le département du Nord, le nom s'écrit aussi Larcy. Il devrait renvoyer à un toponyme, l'Arsy ou l'Arcy, avec le sens probable de terre défrichée par brûlis ("arsis"). Le dictionnaire d'Herbillon et Germain (voir bibliographie) préfère pour sa part le sens d'argilière (wallon liégeois "arzi").
Lasseube Assez rare et porté dans le Sud-Ouest, désigne celui qui est originaire de Lasseube, nom de communes ou de hameaux dans les Pyrénées-Atlantiques et dans le Gers. Voir Seube pour le sens. En composition : Lasseube-Sarthou.
Laubezout Nom rare porté dans l'Allier, dont la forme la plus ancienne est Aubezon (parfois aussi Aubezout et Laubezon). Sens incertain. On pourrait expliquer Aubezon en le décomposant en "au Bezon", le fils de celui qui s'appelle Bezon (Bezon étant sans doute une variante de Bozon ou de Besson), ce genre de formation étant fréquent du Berry au Bourbonnais. Cependant, un ravin de Prévenchères, dans la Lozère, s'appelle l'Aubezon (ou l'Aubezou), terme correspondant apparemment à l'occitan "aubeson", galet blanc de rivière.
Le Coeur Le nom, essentiellement porté dans le Finistère, n'a rien à voir avec le coeur ou le courage. De nombreuses mentions anciennes l'attestent comme variante de noms tels que Coeuzeur, Le Couzeur, probables dérivés de "keuz" (= regret, chagrin, douleur). À noter cependant l'existence d'un autre mot "keuz" avec le sens de fromage (fromage blanc), qui pourrait mieux convenir.
Le Nours Le nom est porté dans le Finistère. Il semble correspondre à une forme mi-bretonne, mi-française "an ours" (= l'ours), surnom pouvant être interprété de diverses façons.
Léchalard Toutes les mentions anciennes situent le nom dans l'Eure-et-Loir. C'est une variante avec article de noms comme Echalard, Echallard (27, 61). Voir Ecalard pour le sens. Variante : Léchallard (27).
Lectez Nom surtout porté dans le Pas-de-Calais. Je n'en connais pas le sens.
Lempire Surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais (variante : Lampire), paraît désigner celui qui est originaire de Lempire, nom d'une commune de l'Aisne. Le sens du toponyme est obscur. Il existe aussi dans la Meuse (commune de Landrecourt-Lempire).
Létève Porté dans la Somme et le Pas-de-Calais ainsi que dans l'Allier, c'est une forme avec article correspondant à Étève, Thève, variantes régionales du prénom Étienne. À noter que le nom peut aussi s'écrire Létévé, ce qui ne devrait pas en changer le sens.
Lethumier Porté dans l'Yonne et les départements voisins (77, 45), le nom s'écrit aussi Letumier. Il pourrait désigner un saltimbanque, un acrobate, un danseur, sens de l'ancien français "tumeor" (qui a donné le mot "tombeur"), ce qui suppose cependant un changement de suffixe.
Lézé Le nom est porté à la fois dans les Landes et en Centre-Ouest (41, 53, 72 notamment). Dans les Landes, c'est un nom de personne (prénom), également écrit Lézer (voir Saint-Lézer pour plus de précisions). Ailleurs (variante : Lezé), le sens est plus incertain : le dictionnaire de M.-T. Morlet y voit l'ancien français "aisié" (= aisé, heureux) précédé d'un article, mais il pourrait bien s'agir d'un toponyme (cf. les communes de Lezay dans les Deux-Sèvres et de Laizé dans la Saône-et-Loire).
Malichaud Porté dans le Cher, c'est une forme régionale de "maréchal" (maréchal ferrant), attestée sous la forme "malichau" dans le lexique de Jaubert au XIXe siècle. Le nom Malichard, porté dans la même région, pourrait avoir le même sens (voir aussi Malissard pour une autre possibilité).
Malisson Également écrit Malichon, le nom a surtout été porté dans le Gard, dans la région lyonnaise et dans le Centre (18). Sens très incertain. Peut-être un dérivé du mot "malice". Voir Malisse.
Mancebo Nom espagnol correspondant au mot "mancebo", avec plusieurs sens possibles. Issu du latin "mancipiu" (= esclave), il a pu désigner un serviteur, puis un employé, un ouvrier, mais son sens le plus fréquent est celui de jeune garçon, jeune homme, ou encore célibataire (ce qui en ferait le contraire du nom de famille Casado).
Manesse Surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais, devrait être une variante de Manassé (voir Maneché pour le sens).
Martinat Surtout porté dans le Cher (également 03, 58), devrait être un diminutif de Martin (à envisager également aussi un toponyme formé sur Martin). On trouve en Italie du Nord les formes équivalentes Martinato, Martinatto.
Mascomère Rare et porté en Limousin (19, 87), désigne celui qui est originaire du Mascomère, hameau situé à Château-Chervix (87), juste à la limite entre la Haute-Vienne et la Corrèze. Le toponyme est écrit "le Mas Commere" sur la carte de Cassini (XVIIIe siècle).
Masullo Nom italien porté en Campanie, plus rarement écrit Masulo. Ce devrait être un hypocoristique de Tommaso (= Thomas).
Mesure Le nom se rencontre dans le département du Nord, mais aussi dans le Limousin et en Auvergne, où il devrait désigner celui qui est originaire de La Mesure, nom de deux hameaux à Azerables et à Bussière-Dunoise (23). À noter aussi Les Mesures à Saint-Sulpice-le-Dunois (23). Le toponyme semble renvoyer à une mesure agraire correspondant à la mesure de capacité pour les grains appelée "mesure". Dans le Nord, outre ce sens, on peut envisager l'éventuel surnom d'un mesureur ou d'un marchand de grains. On pensera éventuellement aussi à une déformation de Masure, nom de famille fréquent dans cette région (voir ce nom).
Metdepenningen Nom flamand signifiant en néerlandais "avec les deniers" (cf. l'allemand "Pfennig"). Difficile d'avoir une certitude sur son sens précis : surnom d'un trésorier ? d'un homme riche ? Variantes : Mettepenningen, Metdepinningen.
Micaelli Assez courant en Corse, rencontré çà et là en Toscane, c'est le pluriel de Micaello, qui correspond au prénom Michel.
Minodier Le nom est surtout porté dans la Drôme et l'Ardèche. Variante : Minaudier. Sens incertain. Peut-être un dérivé de "minot" (mesure de capacité) qui pourrait avoir désigné un marchand de grains (sens initial du mot "minotier"). Un hameau ou une ferme s'appelle Minodier à Ponsas (26), mais semble formé sur le nom de famille.
Monsonego Ou Monsonégo. Nom porté par des Juifs séfarades, le plus souvent marocains (nom d'une famille de rabbins à Fès depuis le XVIIIe siècle). Comme l'indique la variante ancienne Monzonego, il devrait désigner celui qui est originaire de Monzón, ville espagnole de la province de Huesca où vivait une importante communauté juive au Moyen Âge. Le nom Sonigo pourrait en être une forme abrégée.
Mosimann En France, le nom est aujourd'hui surtout porté dans le Doubs, et semble originaire de Suisse. Son sens devrait être identique à celui de Möser (voir ce nom).
Mouëzy Ou Mouézy, Mouezy. Le nom est surtout porté dans l'Ille-et-Vilaine. Il semble identique aux formes Moisi (Moïsi), Moisie, Moisy, Moizy, Moysi, Moysy, rencontrées surtout dans la Sarthe. Pour le sens, on peut penser à la commune de Moisy, dans le Loir-et-Cher, mais aussi à un dérivé de Moïse (nom de personne fréquemment utilisé dans l'Ouest), ou encore à l'ancien français "moise" (= terre humide, marécageuse).
Nortier Porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, le nom désigne en picard un éleveur de vaches (celui qui élève des vaches pour en vendre le lait, la crème, le beurre). Variantes : Nortiez, Nourtier.
Oliger Surtout porté dans la Moselle (variantes : Ohliger et sans doute aussi Ohlicher), désigne un fabricant d'huile (moyen bas-allemand "olige" = huile). Avec le même sens : Oligschläger.
Othomène Porté dans la Drôme, le nom a été attribué à un enfant trouvé à Montchenu en 1822. Difficile de savoir ce qu'a bien pu exprimer l'officier d'état-civil par un tel choix.
Pagnat Porté en Limousin et en Auvergne, désigne celui qui est originaire d'une localité appelée Pagnat ou Pagnac. On a le choix entre divers hameaux ou lieux-dits : Pagnat à Saint-Michel-de-Montaigne (24), à Loubeyrat et à Saint-Saturnin (63), Pagnac à Condat-sur-Trincou (24) et à Verneuil-sur-Vienne (87). Le nom de famille Pagnac existe aussi, on le rencontre surtout en Aquitaine.
Paradinas Nom espagnol correspondant au castillan "paradina", avec deux sens possibles : soit un pâturage de moyenne montagne avec enclos pour les brebis, soit des murs en ruine (latin "parietinae"). Un village s'appelle Paradinas dans la province de Ségovie.
Pastol Porté dans les Côtes-d'Armor, devrait être une variante de Pastor ("pastor" = berger, terme emprunté au français).
Pellevoisin Le nom est surtout porté dans les Deux-Sèvres, tout comme ses variantes Pellevoizin, Pelvoisin et Pelvoizin. Ce curieux surnom ("qui dépouille le voisin") est aussi un toponyme, nom de divers hameaux dans cette région : à Azay-le-Brûlé (Pelevezin en 1296), à Chef-Boutonne, ou encore, dans la Vienne, à Saint-Pierre-d'Exideuil (Pelavezin vers 1160). À noter, en Lombardie et en Ligurie, la forme apparemment similaire Pallavicini, nom porté par un antipape du XIe siècle (Cadalus Pallavicinus).
Perdrix C'est dans l'Ain que le nom a toujours été le plus répandu (variante rare : Perdri). Si le rapport avec la perdrix semble évident, le sens précis du surnom est plus difficile à cerner : un chasseur de perdrix ? Celui qui a la voix rauque comme la perdrix ? Peut-être plus simplement un toponyme, lieu fréquenté par les perdrix, terrain pierreux. Diminutifs, sans doute avec le sens de "perdreau" : Perdrisat, Perdrizat (58), Perdriset, Perdrizet, Perdrisot (Bourgogne, Franche-Comté, Champagne).
Poilâne Ou Poilane. Le nom est fréquent dans l'Ouest, en particulier dans le Maine-et-Loire. Variantes : Poilanne, Poilasne. C'est un surnom difficile à interpréter : on peut avoir affaire soit au mot "poil" (= poil d'âne), soit au verbe "peler", dont "poiler" est une variante. Dans ce cas ce serait celui qui écorche, qui dépouille l'âne, sobriquet à rapprocher de Tulasne (voir ce nom), mais difficile à comprendre. À noter que le Maine-et-Loire connaît également le nom de famille Poilièvre. On trouve des Poilvache en Belgique (variante : Polvêche), mais il semble qu'on ait plutôt affaire dans ce cas à un toponyme (nom d'une forteresse médiévale à Yvoir).
Pompa Le nom est porté en Corse, ainsi que dans quelques régions italiennes (région romaine et province de Foggia, au nord des Pouilles). Outre les divers sens du mot "pompe", le corse "pompa" peut désigner une poupée. C'est dans cette direction qu'il faut peut-être chercher le sens du nom de famille, qui demeure cependant bien incertain.
Pouille Le nom est assez courant dans le Nord-Pas-de-Calais. C'est en principe une forme picarde du mot "poule" (ancien français "poille"), qu'on retrouve dans le nom de famille Lapouille, porté dans la même région. Ce serait alors le possible surnom d'un marchand ou d'un éleveur de poules. À envisager aussi cependant une possible altération du prénom Poul (= Paul).
Pouliot Porté notamment dans la Sarthe (variante : Poulliot), le nom est également présent au Québec. Il devrait correspondre à l'ancien français "poillot" (= poussin, petit d'un oiseau, parfois aussi jeune enfant), le sens précis du surnom étant incertain. Le rapport avec la menthe pouliot ou avec le pouliot, petit treuil de charrette, semble improbable.
Procaccini Porté dans l'Italie centrale, c'est la forme plurielle de Procaccino, nom plus méridional. Ces deux noms correspondent à l'italien "procaccino", diminutif de "procaccia", avec le sens des messager, coursier, mais qui peut aussi désigner celui qui se livre à de petits trafics plus ou moins licites. Le sens de messager se retrouve dans les noms de famille Procaccia, Procaccio, Procacci.
Puleio Nom italien porté en Sicile (Messine) et à la pointe sud de la Calabre. Il est beaucoup plus fréquent sous la forme Puleo. Il correspond en principe au sicilien "puleju" (ou "puleu"), terme désignant une menthe, plus précisément la menthe pouliot (italien "poleggio"). Reste à savoir si on a affaire à un sobriquet ou à un toponyme devenu nom de famille.
Putz Ou Pütz. En France, c'est dans la Moselle que le nom est le plus répandu. On le rencontre aussi en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg. Dans bien des cas, il s'agit d'un toponyme évoquant un puits, une mare (latin "puteum", sens conservé dans le néerlandais "put"). Mais il peut aussi s'agir d'une forme courte du nom de personne Burkhard (voir Bourquard), le z final marquant le génitif. Le dictionnaire Familiennamen propose deux autres possibilités, mais qui me paraissent douteuses : le moyen haut-allemand "butze", avec le sens de fantôme, esprit frappeur, ou encore le moyen bas-allemand "putz", un des noms du diable.
Ralite Le nom est porté dans la Corrèze. Variante : Ralitte. Variante ancienne : Rallite. Sens obscur. Les mots "râlet" et "râlette" sont attestés en Berry avec le sens de petit crapaud, grenouille. F. Mistral signale aussi l'occitan "raleta", désignant en Limousin une sablière (grosse pièce de bois utilisée en toiture), et par extension le faîte d'une maison.
Renimel Nom porté dans l'Ille-et-Vilaine et le Morbihan. Je n'en connais pas le sens. À noter la variante Regnimel, attestée à Guer (56) à la fin du XVIe siècle.
Réveillant Le nom est porté dans la Loire-Atlantique, les mentions les plus anciennes le situant dans le Maine-et-Loire (variante : Réveilland). Il pourrait correspondre à l'ancien français "revelant" (= joyeux), qu'on retrouve dans le nom de famille normand Révélant. À envisager aussi un éventuel lieu-dit à rapprocher de Réveillon (voir ce nom).
Rezkallah Également écrit Rizkallah, Razkallah, le nom signifie en arabe "bienfait de Dieu" (racine r.z.q = subsistance, vivres, et par extension bienfait, fortune). Avec préfixe filiatif : Benrezkallah, Ben Rezkallah. Graphies erronées : Rez-Kallah, Riz-Kallah.
Ricciardi Très répandu en Italie, notamment en Campanie, également présent en Corse, c'est une autre forme de Riccardi (= Richard).
Risch Fréquent dans le Bas-Rhin, c'est le plus souvent un surnom correspondant au moyen haut-allemand "risch", équivalent de l'actuel "rasch" (= vif, rapide). À envisager secondairement le moyen bas-allemand "risch" (= roseau, jonc), toponyme évoquant un lieu marécageux.
Rollain C'est dans la Charente et la Gironde que le nom est aujourd'hui le plus répandu, mais il a été porté dans d'autres régions, avec comme variante Rolain (76, 59). C'est un nom de personne germanique formé sur le thème Rol-, sans doute variante de Rollin, éventuellement de Roland (voir ces noms).
Sabion Le nom est porté en Poitou-Charentes, en particulier dans la Vienne. Dans cette région, le mot "sabion" désigne le sable. On pourrait avoir affaire à un éventuel lieu-dit.
Satgé Porté dans le Tarn et les départements voisins, le nom peut aussi s'écrire Satger, Satché. Sens incertain. Le lien avec l'adjectif "sage", proposé par F. Mistral, semble douteux. Peut-être un nom de personne germanique, à rapprocher de Sauger (Salgari : sala = maison noble + gari = lance). Quelques hameaux ou lieux-dits portent ce nom (cf. le Satgé à Lavaur), mais semblent postérieurs au nom de famille.
Sautedé Porté dans les Landes et les départements voisins (32, 47), c'est un nom de sens obscur. Il est possible que ce soit un toponyme, puisqu'un hameau ou une ferme s'appelle Sautédé à Saint-Justin (40). Peut-être un dérivé de "saüt" ("sahut"), désignant le sureau.
Schanzenbacher Rare en France, le nom désigne en allemand celui qui est originaire d'un lieu-dit Schanzenbach ou qui y habite. Signification : le cours d'eau, le ruisseau ("Bach") du fortin, de la redoute ("Schanze"). Le nom de famille Schanzenbach existe aussi en Allemagne.
Seube Surtout porté dans les Hautes-Pyrénées, c'est un équivalent béarnais de l'occitan "selva" (= forêt), autrement dit un toponyme devenu nom de famille. On trouve également avec le même sens, en pays gascon, la forme Seuve.
Simothé Nom porté en Lorraine, rencontré aussi sous les formes Simotel, Simottel. Variantes anciennes : Cimothay, Symothé, Symoté, Simothée, Simotet, Simotté. Sens obscur, du moins pour moi.
Toxé Nom porté dans l'Ille-et-Vilaine, où il s'écrit aussi Toczé. Il semble originaire des Côtes-d'Armor, où les formes les plus anciennes sont Toquezé, Tocquezé (Pleslin-Trigavou). Je n'en connais pas le sens.
Troestler Porté dans le Bas-Rhin, c'est un dérivé de l'allemand "Trost" (= confiance, consolation), de sens sans doute identique à Tröster : celui qui console ou qui aide, ou encore un protecteur, un garant. On retrouve ce sens dans les noms de famille Trost, Trostl, Tröster, Troester.
Trupel Le nom est porté presque exclusivement dans la Seine-Maritime. Sens incertain. Il pourrait correspondre à l'ancien français "tropel", à l'origine du mot "troupeau" (mais qui avait au Moyen Âge davantage le sens de "troupe" que celui de "troupeau").
Tudela Nom de famille espagnol désignant celui qui est originaire de Tudela, nom d'une commune de Navarre et d'autres dans les provinces de Valladolid (Tudela del Duero), des Asturies (Tudela de Agüeria) ou de Lleida (Tudela de Segre). Le toponyme devrait correspondre au latin "tutela", sans doute avec le sens de poste de garde
Ursault Surtout porté dans le Poitou (86, 79), le nom s'écrit aussi Hursault. Il semble que ce soit un diminutif du nom de personne Ursus (voir Ours pour plus de détails).
Vainjac Nom rare porté dans le Cantal. Sens obscur. La finale -ac laisse penser qu'on a affaire à un toponyme, mais je n'en trouve aucun qui corresponde.
Vandeville Porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique, le nom devrait être une variante de Vendeville, désignant celui qui est originaire de Vendeville, commune du département du Nord. Sens probable du toponyme : le domaine de Windo, nom de personne germanique. Cependant, on peut aussi expliquer le nom de famille en y voyant un hybride franco-flamand (van de ville = de la ville), ou même une déformation de Van de Wiele (voir ce nom).
Verret Difficile de se prononcer sur ce nom, car on le rencontre dans des régions très variées : Poitou-Charentes et Centre, Rhône-Alpes et Bourgogne, parfois aussi Nord-Pas-de-Calais. Dans beaucoup de régions (Centre, Picardie), le mot "verret" désigne un verrat, et par métaphore un paillard, un débauché. Le sens de "petite vitre" est également attesté dans le dictionnaire de Godefroy. On signalera aussi que quelques hameaux s'appellent "le Verret", à Aigurande (36), à Saint-Jeoire (74), ou encore à La Chaussaire (49). Le choix est délicat.
Witasse Également écrit Witas, le nom est porté en Belgique et dans le département du Nord. C'est une variante d'Istasse, souvent écrit Wistasse au Moyen Âge, lui-même variante d'Eustache (voir Eustace).
Yakovlev Variante de Iakovlev, dérivé filiatif russe formé sur Iakov (= Jacques, Jacob).