L'église d'Espira-de-Conflent

musée de l'art baroque

 
La Cène, détail

Eglise prieurale fondée sans doute à la fin du XIe siècle par des chanoines augustins, Notre-Dame d'Espira-de-Conflent est un édifice roman, comme en témoignent notamment son abside et son absidiole. De cette époque, est également conservée une superbe Vierge (début XIIIe siècle ?) au beau visage hiératique. Mais l'essentiel est ailleurs.

La particularité de cette église, c'est en effet son mobilier baroque, absolument exceptionnel par sa qualité, son unité et le nombre d'objets. Si l'on excepte le retable du maître-autel, construit entre 1663 et 1665, tout le reste a été réalisé dans le premier quart du XVIIIe siècle. On a presque toujours fait appel à un même sculpteur, nommé Thierry et surnommé "le maître d'Espira", sur lequel on ne sait pour l'instant absolument rien.

Thierry est l'auteur des retables du Christ, du Rosaire et des trois Archanges (appelé aussi retable de saint Joseph). On lui doit également les deux panneaux consacrés à la Vierge et celui du Massacre des Innocents, les décorations de la chaire et des deux confessionnaux. Il s'agit évidemment d'un travail d'atelier, ce qui explique que certaines oeuvres soient mieux réussies que d'autres. Pour ma part, je suis surtout émerveillé par deux de ses réalisations :

- le panneau du Massacre des Innocents. Inspiré par une gravure faite à partir d'un tableau de Rubens (Pinacothèque de Munich), ce gigantesque panneau a été réalisé avec une incroyable précision dans le traitement des détails horribles.

- la prédelle du rétable du Christ, représentant la Cène, dont un détail figure en haut de cette page.

Outre Thierry, l'atelier de Josep Sunyer (auteur entre autres des retables de Collioure et de Prades) semble avoir beaucoup travaillé à Espira. On lui doit vraisemblablement les panneaux représentant les sept sacrements (inspirés de gravures d'après Poussin), deux beaux anges encadrant aujourd'hui le retable du Christ, et la superbe Mise au Tombeau aux personnages habillés de tissu empesé.

A noter enfin un beau tableau d'Antoine Guerra le jeune : saint Matthieu et l'ange (1709).

Profitez de l'été pour découvrir ou redécouvrir cette église, ouverte tous les jours sauf le dimanche de 16 heures à 19 heures. Possibilité de visites guidées dans de nombreuses langues. Vous pourrez également voir un sarcophage wisigothique découvert récemment lors de travaux autour de l'édifice.

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