Du Soler à Millas : El Soler, Sant Feliu d'Avall, Sant Feliu d'Amunt, Millars

 

Déviation oblige, on ne s'arrête plus guère dans les villages de la vallée de la Tet.

On a parfois un peu raison, par exemple au Soler, qui a donné trop longtemps l'exemple d'une gestion municipale uniquement préoccupée de l'agrandissement des zones pavillonnaires. Certes, la vieille ville a été depuis des siècles réduite à la portion congrue à la suite d'un éboulement au XVIe siècle, mais cela ne saurait excuser certains errements, dont le plus cocasse est sans conteste la nouvelle mairie, incroyable édifice "néo-classique" et merveilleux exemple du nombrilisme de certains élus. Il faut cependant reconnaître que, ces dernières années, des efforts ont été entrepris pour changer l'image de marque de la ville : nombreux aménagements, création d'espaces verts, manifestations sportives, culturelles et scientifiques.

Autre décor à Saint-Feliu d'Avall : en dépit d'une route transformée en piste de slalom pour les automobilistes, on découvre des couleurs harmonieuses et un intelligent effort de rénovation. La promenade dans les rues est agréable, et conduit nécessairement jusqu'à l'église dédiée à saint André, dont on admirera surtout l'abside de plan polygonal, datant du XIIe siècle.

Saint-Feliu d'Amont est pour sa part un village charmant, où il faut absolument s'arrêter, ne serait-ce que pour son église romane, qui fut le siège d'un prieuré de chanoines augustins du XIIe au XVIe siècle. On remarquera notamment le clocher-tour quadrangulaire et le superbe portail de marbre sculpté, surmonté d'une bretèche en cairons. La porte est décorée de belles ferrures médiévales, et, à l'intérieur, on notera la présence d'une table d'autel préromane.

Quant à Millas, plus qu'une ville à visiter, c'est une ville à vivre : rares sont en effet les communes où l'on continue ainsi à faire la fête toute l'année, avec en point d'orgue la Feria du mois d'août. La mairie elle-même, située dans le vieux quartier, est un exemple d'adaptation au bâti existant et aux besoins de la population. L'église Sainte-Eulalie fut pour l'essentiel édifiée à la fin du XIVe siècle, mais elle conserve un imposant clocher-tour roman. A l'intérieur, il faut surtout noter la tribune occidentale en bois sculpté polychrome construite en 1442, ainsi que le retable pré-baroque du maître-autel, œuvre du sculpteur Lazare Tremulles. A voir aussi quelques restes des anciens remparts, ainsi que le parc de la maison Bombes, récemment ouvert au public. En allant vers Estagel, la colline de Força-real ne conserve que quelques restes de son château médiéval, et on y vient surtout pour son ermitage dédié à la Vierge. On y accède en voiture depuis le col de la Bataille.

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