Fougère
Phyllitis scolopendrium (L.) Newman (scolopendre, scolopendre officinale)
Photo prise le 17/08/06 à Bouillon(50)

N’étant pas des plantes à fleurs, les fougères ne devraient sans doute pas figurer parmi les “Fleurs du Roussillon”. Il m’a cependant semblé utile d’en mentionner ici quelques-unes parmi les plus courantes. Les plantes décrites ci-dessous appartiennent à l’ordre des Filicales, quelle que soit leur famille. On précisera qu’on appelle fronde l’ensemble d’une feuille (y compris le pétiole), tandis que la feuille sans son pétiole est nommée limbe, quelle que soit la façon dont elle est divisée. Le limbe est le plus souvent divisé en segments. Les organes reproducteurs, situés au revers des segments ou du limbe entier, sont des sporanges regroupés en amas qu’on appelle des sores. Les sores sont souvent protégés par une membrane, l’indusie. Les spores libérées par les sporanges donnent naissance à une sorte de lame verte, souvent en forme de coeur, appelée prothalle. Du prothalle naîtra une nouvelle fougère, dont les feuilles seront d’abord enroulées en crosses.

Comme le montrent de nombreux fossiles, les fougères font partie des plantes les plus anciennes, présentes sur terre bien avant l’apparition des gymnospermes et des angiospermes. Le nom “fougère” vient du latin populaire *filicaria (= fougeraie), lui-même dérivé de filix, filicis (= fougère), mot d’étymologie inconnue.

Espèces décrites ici :

Adiantum capillus-veneris L. (capillaire de Montpellier, cheveu-de-Vénus) : cette fougère à frondes pendantes, de la famille des adiantacées, tapisse les murs ou les rochers suintants. Le pétiole et le rachis sont très fins, de couleur noire et luisante. La plante se reconnaît facilement à ses folioles (ou pinnules) en éventail, dont la bordure se replie pour protéger les sores. Noms catalans : adiant, capil·lera, falguerola. Photo prise à Saint-Paul-de-Fenouillet le 21/05/08.

Phyllitis scolopendrium (L.) Newman (scolopendre, scolopendre officinale) : plante de la famille des Aspleniaceae poussant sur les rochers et les murs humides et ombragés ainsi que dans les bois frais. Pétiole écailleux assez court. Limbe allongé, d’un vert clair et luisant, entier et souvent ondulé sur les bords, avec à la base des oreillettes arrondies. Sores de grande taille, parallèles entre eux et obliques par rapport au rachis (ces nombreux sores, rappelant les “mille” pattes de la scolopendre, sont à l’origine du nom de la plante). Noms catalans : herba cervuna, llengua cérvol. Photo prise à Bouillon (50) le 17/08/06.

Ceterach officinarum Willd. (cétérach officinal, doradille) : petite plante de 5 à 20 cm de la famille des Aspleniaceae, poussant sur les rochers et les vieux murs, à feuilles en touffes. Court pétiole très écailleux. Limbe allongé, profondément lobé (lobes alternes et souvent arrondis), couvert sur sa face inférieure d’écailles blanc argenté puis roussâtres. Les sores allongés, sans indusie, sont longtemps cachés sous ces écailles. Nom catalan : dauradella. Photo prise à Estagel le 05/04/06.

Asplenium adiantum-nigrum L. (asplénium noir, capillaire noire, doradille noire) : plante de 10 à 40 cm de la famille des Asplenacieae, glabre, qualifiée de noire en raison de son pétiole brun sombre (le rachis reste généralement vert). Les frondes, triangulaires, sont d’un vert brillant, à limbe 2 ou 3 fois pennatiséqué. Segments primaires alternes. Segments secondaires nombreux, à dents aiguës. Sores allongés et rapprochés, à indusie à bord entier. C’est une plante de lumière ou de demi-ombre, poussant notamment sur les rochers en lisière de forêt. Noms catalans : falzia negra, falzia de bosc. Photo prise à Vernet-les-Bains le 14/11/06.

Asplenium ruta-muraria L. (rue des murailles) : petite plante de 5 à 20 cm de la famille des Aspleniaceae, poussant sur les rochers et les vieux murs, à long pétiole vert sans écailles. Limbe deux fois complètement divisé. Folioles pétiolulées, généralement par trois ou groupes de trois, à limbe denticulé à son extrémité. Sores protégés par une indusie frangée, se réunissant à maturité. Noms catalans : falzia blanca, ruda de paret. Photo prise en Normandie le 18/08/06.

Asplenium trichomanes L. (capillaire des murailles, doradille polytric) : petite plante de 5 à 30 cm, poussant dans l’anfractuosité des murs et des rochers. Pétiole et rachis brun foncé, luisants. Limbe allongé et étroit, à très nombreux segments plus ou moins elliptiques, parfois légèrement dentés ou crénelés. Sores linéaires se réunissant à leur maturité. Nom catalan : falzia roja. Photo prise à Betllans (Conat) le 15/11/06.

Asplenium viride Huds. (asplénium vert, doradille verte) : petite plante assez rare chez nous, très courante dans les Alpes et le Jura. Elle se distingue de l’espèce précédente par son rachis vert et ses segments nettement crénelés-lobés. De plus, les sores sont généralement groupés dans la moitié inférieure des segments. Ils se réunissent à leur maturité. C’est une espèce d’ombre ou de demi-ombre, poussant sur les rochers calcaires ou les talus des sous-bois. Nom catalan : falzia verda. Photo prise dans le Haut-Jura le 14/08/06.

Polypodium vulgare L. (polypode commun) : cette fougère de la famille des Polypodiaceae est l’une des plus communes, poussant aussi bien sur les rochers et les murs que sur les troncs d’arbre ou dans les bois. La fronde est oblongue à lancéolée. Pétiole sans écailles. Limbe divisé en nombreux segments confluents à la base, entiers ou à dents émoussées, le segment terminal étant allongé. Sores arrondis, sans indusie. Détermination incertaine : il pourrait aussi s’agir de Polypodium interjectum, fréquent en Normandie, à sores elliptiques. Noms catalans : herba pigotera, polipodi comú. Photo prise à Bouillon (50) le 20/08/06.

Polypodium cambricum L. (polypode du Sud) : espèce très proche de la précédente, mais à limbe plus élargi, avec des segments plus nettement dentés et un segment terminal encore plus allongé que pour P. vulgare. Les sporanges sont plus gros. C’est en outre le polypode le plus fréquent dans la plaine du Roussillon. Il faudrait cependant, pour avoir une certitude, observer les sporanges au microscope : ceux de P. cambricum sont accompagnés de filaments stériles appelés paraphyses. Nom catalan : herba pigotera. Photo prise à Casenoves le 25/10/06.

Pteridium aquilinum (L.) Kuhn (fougère-aigle, grande fougère) : la plus répandue au monde de toutes les fougères, cette grande plante de la famille des Dennstaedtiaceae atteint souvent deux mètres de haut. Espèce de lumière ou de demi-ombre, elle pousse dans les landes et les bois clairs. Pétiole long et épais. Limbe triangulaire, plusieurs fois divisé, les divisions de premier ordre étant opposées et pétiolées. Les sporanges se trouvent sur le bord des segments de dernier ordre, entre deux étroites membranes ciliées faisant office d’indusie. La coupe du rhizome montre une stèle rappelant l’aigle impériale. Nom catalan : falguera aquilina. Photo prise à Bouillon (50) le 20/08/06.

Dryopteris filix-mas (L.) Schott (fougère mâle) : grande fougère de la famille des Dryopteridaceae, pouvant atteindre un mètre, poussant surtout dans les forêts. Le court pétiole roux clair et le rachis vert clair sont très écailleux. Limbe lancéolé, rétréci à la base, deux fois divisé. Les segments secondaires sont dentés-crénelés, arrondis au sommet. Les sores, peu nombreux, sont assez gros, avec une indusie longtemps présente. Nom catalan : falguera mascle. Photo prise dans le Haut-Jura le 14/08/06.

Dryopteris filix-mas (L.) Schott (fougère mâle) : détail des segments secondaires. Photo prise dans le Haut-Jura le 14/08/06.

Polystichum setiferum (Forssk.) T.Moore ex Woyn. (polystic à soies, fougère des fleuristes) : cette fougère de la famille des Dryopteridaceae pousse dans les forêts ombragées. Pétiole et rachis écailleux. Limbe lancéolé, deux fois divisé. Les segments secondaires sont munis d’un court pétiolule. Ils ont des lobes dentés terminés par de fines soies, avec un lobe inférieur nettement plus développé que les autres, ce qui permet une facile détermination. Sores circulaires avec indusie. Nom catalan : polystic setifer. Photo prise à Bouillon (50) le 20/08/06.

Athyrium filix-femina (L.) Roth (fougère femelle) : plante de la famille des Woodsiaceae poussant le plus souvent dans les forêts ombragées et pouvant atteindre un mètre. Pétiole écailleux, rachis renfermant deux canaux. Grande fronde élargie au centre, deux à trois fois divisée. Les segments secondaires (15 à 30 paires) sont lancéolés, avec des lobes ovales terminés par des dents aiguës. Les sores sont elliptiques, très proches de la nervure médiane, avec une indusie frangée. Nom catalan : falguera femella. Photo prise dans le Haut-Jura e 14/08/06.

Blechnum spicant (L.) Roth (blechne, blechne en épi, blechnum en épi) : plante de la famille des Blechnaceae, poussant dans les bois et les lieux ombragés humides. On la reconnaît facilement à ses deux types de frondes : les unes stériles, presque étalées sur le sol, les autres fertiles, dressées, à long pétiole, à segments plus étroits. Outre cette caractéristique, les sores sont très allongés, disposés de part et d’autre de la nervure centrale, recouverts d’une indusie faisant pratiquement toute la longueur du segment. Nom catalan : blècnum. Photo prise au col de Jau le 19/07/08.
Blechnum spicant (L.) Roth (blechne, blechne en épi, blechnum en épi) : revers d’une fronde fertile. Photo prise au col de Jau le 19/07/08.
Retour à la liste des fleurs
Retour à la page d’accueil