Les tribulations de Joseph Moreu

ou la vie d’un instituteur catalan au XIXe siècle

LES DERNIERES ANNEES

L’âge aidant, notre homme s’est assagi, et nous ne trouvons plus dans son dossier aucune mention d’une quelconque affaire. Aucun rapport d’inspection non plus. Moreu n’intéresse sans doute plus l’académie, qui attend patiemment de le voir prendre sa retraite. Les dernières années de son enseignement sont pourtant encore des années d’errance de village en village.

Le premier avril 1873, il est nommé à Caudiers de-Conflent, puis en octobre, il va à Sauto : deux postes qu’il n’a sans doute guère appréciés en raison du climat rigoureux de la montagne. En octobre 1875, il revient près de Trevillach, puisqu’il est nommé à Trillà. Il y reste trois ans, et le 21 juin 1878 on le retrouve à Pézillà-de-Conflent, près de Sournià : il approche des 70 ans; I’heure de la retraite est proche. Moreu retourne à Ille, et c’est là que mourra cet instituteur singulier par son caractère et son comportement, mais dont la carrière et les conditions matérielles sont assez représentatives de la misère, de l’insécurité, qui étaient alors celles des maîtres. Heureusement, les lois Ferry allaient quelque peu revaloriser le statut d’instituteur.

Jean Tosti

Les histoires qui font l’Histoire

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