L’exploitation du chêne-liège

L’exemple de Llauró, village bouchonnier

Ceux qui découvrent Llauró aujourd’hui ne soupçonnent pas le passé de ce petit village. Ils voient les rues étroites, les austères façades de pierre, ils s’attardent devant les magnifiques aperçus que l’on a sur la plaine du Roussillon, les Corbières, les Albères, le Canigou. Ils le prennent pour un village typique de moyenne montagne, voué à de modestes travaux de culture ou d’élevage, peu à peu abandonné par ses enfants, mais ouvert aux retraités, aux résidents secondaires et aux touristes. Ils ne peuvent pas savoir…

Rien ne montre aujourd’hui que, pendant près d’un siècle, Llauró a été un des grands centres français de l’industrie du bouchon.

Ce village où survivent à grand-peine une école à classe unique, un bureau de poste, une épicerie, comptait voici quelques dizaines d’années une boucherie, une boulangerie, quatre épiceries, trois petits restaurants, deux cafés, trois coiffeurs, un cordonnier, un maréchal ferrant. Dimanches et jours de fête, des musiciens y montaient, on y jouait des pièces de théâtre, on y projetait des films. Les rues étaient pleines d’animation.

Toute cette vie avait sa source dans une industrie florissante, dont la population entière tirait ses ressources.

Des témoins de cette activité sont encore là. Ils auront largement la parole dans ce travail : quand nous ouvrirons des guillemets, le plus souvent ce sera l’un d’eux qui s’exprimera, on verra avec quelle vivacité de mémoire, quelle ferveur, quelle nostalgie…

Article réalisé par Maurice Grosjean, Roger Justafré, Guy Salles

Plan de l’article

1. Un arbre dans son pays

5. La fabrication des bouchons

2. La récolte du liège

6. La vie d’un village bouchonnier

3. Naissance d’une industrie

7. Une industrie florissante

4. L’achat du liège

8. Le déclin

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