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Noms commençant par B

Ba-Banguillot
Banhares-Bascou
Bascourt-Beauregard
Beaurepaire-Benavente
Benayoun-Berouard
Béroudia-Bienvenu
Bière-Blomme
Bloncourt-Bonventre
Bonvila-Bouillon
Bouin-Boutboul
Bouteculet-Breuque
Breure-Bruteul
Brutus-Bystry


Beaurepaire Désigne celui qui est originaire d’une des nombreuses localités portant ce nom (six communes et plusieurs hameaux). Sens du toponyme : le bel abri, le beau séjour. Le nom de famille est surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Variantes : Beaurepère (28, 52), Beaureperre (88), et peut-être Beaurepart (60), qui pourrait aussi être un surnom pour un bon orateur (ancien français “repart” = repartie).
Beaurienne Rare, le nom est porté dans l’ïle-de-France (variante : Baurienne). On trouve dans la Haute-Vienne les formes voisines Baurianne, Beaurianne. Il pourrait s’agir d’un toponyme, à rapprocher de Beauronne, nom de plusieurs cours d’eau et d’un village en Dordogne (signification probable : la rivière aux castors, du gaulois *beber). Porté dans l’Eure-et-Loir, le nom Beurienne semble identique à Beaurienne et pourrait être la forme d’origine.
Beausoleil Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Beausoleil, toponyme très répandu en France (plusieurs dizaines de hameaux). Le nom de famille est surtout porté dans la Charente, où trois hameaux s’appellent Beausoleil, à Mazerolles, Oriolles et Rouzède. Apparemment, le toponyme évoque un lieu bien ensoleillé.
Beaussart C’est dans le Nord-Pas-de-Calais que le nom est le plus répandu. On pensera d’abord à un toponyme (le bel essart, terre défrichée par brûlis). Il peut aussi s’agir d’une variante de Bossard (voir ce nom). Formes voisines : Beausaert, Beaussaert.
Beausset Le nom est porté dans la Vienne, où il s’écrit aussi Beaussey. Il devrait désigner celui qui est originaire de Beausset, hameau à Lémeré (37). Parmi les noms voisins, on signalera Beaussais, qui évoque la commune du même nom (79) et dont Beaussay semble une variante. Enfin le nom Beausse (37) paraît renvoyer à une commune du Maine-et-Loire, départements où trois hameaux s’appellent La Beausse. Ce dernier toponyme vient du gaulois *belsa (= plaine, plateau), et il est possible que Beausset en soit un diminutif. Beaussais renverrait pour sa part au nom de personne latin Bellicius (E. Nègre).
Beautemps Le nom est surtout porté dans la Nièvre, où l’on rencontre la variante Beautems. Sens incertain. Ce serait, selon M.T. Morlet, le surnom d’un homme à l’humeur égale. A envisager aussi : un ancien nom de personne, à rapprocher de Bontemps (voir Bontempi).
Beautheac, Beauthéac Nom de famille rencontré dans l’Ardèche et la Drôme. Variantes : Bauthéac, Bauthéas, Beauthéas. Il désigne celui qui est originaire de Beauthéac, nom de hameaux à Saint-Pierre-la-Roche (07) et à Montboucher-sur-Jabron (26). Un autre hameau s’appelle Beauthéache à Chomérac (07).
Beauvais Fréquent dans le Nord et la Somme, désigne celui qui est originaire de Beauvais. Le nom de la ville vient d’un peuple gaulois, les Bellovaques (latin Bellovaci), implanté dans la région. Variante : Beauvois (qui dans d’autres régions sera considéré comme une forme de Beauvoir).
Beauval Celui qui est originaire d’un lieu-dit Beauval (= la belle vallée). Le nom de famille est porté en Normandie et en Picardie, et semble renvoyer le plus souvent à la commune de Beauval, dans la Somme.
Beauve Nom porté en Belgique. On le trouve aussi dans la Saône-et-Loire et la Sarthe. C’est une variante graphique de Bove, qui est soit un nom de personne d’origine germanique (Bova ou Bovo, de bob = garçon), soit un nom de localité (cf la commune de Boves dans la Somme) correspondant à l’ancien français bove (= grotte).
Beauventre Un joli nom présent dans le Nord-Pas-de-Calais. Désigne visiblement celui qui a le ventre rebondi.
Beauverger Assez courant dans les Côtes-d’Armor, c’est en principe un toponyme (= beau verger) devenu nom de famille. Il y a plusieurs hameaux français appelés Beauverger, mais aucun en Bretagne. La plupart se trouvent dans la Sarthe et les départements voisins. Une migration est cependant possible, d’autant que je ne trouve aucune mention du nom de famille en Bretagne avant le XVIIIe siècle.
Beauvieux Porté en Périgord, le nom ne désigne pas un beau vieux, mais plutôt un beau village (viel, à rattacher au latin villa). A noter les hameaux de Beauvieux à Montpon-Ménestérol et à Hautefort (24), ainsi que celui de Beauviel à Saint-Maime-de-Péreyrol (24). Variante : Bauvieux (24). Formes voisines : Beauvié (24), Beauviel (11, 81), Beauviala (30).
Beauvillain Le nom est surtout porté dans la Vienne et dans le Nord. Variantes : Beauvilain, Beauvilin. Comment peut-on être beau et vilain à la fois ? Tout simplement parce qu’au moyen âge le vilain était un paysan. Précisons également que ‘beau’ avait aussi à cette époque le sens de ‘bon’.
Beauvillier C’est un toponyme avec le sens de ‘beau hameau’ (latin villare, dérivé de villa). Variantes : Beauvillers, Beauvilliers, Beauvilliez. Beaucoup de ces noms sont portés dans le Centre (45, 37), mais ils sont trop rares pour avoir une certitude sur l’origine géographique.
Beauvineau Le nom est surtout porté dans la Vendée. Variante : Bauvineau. Variante ancienne : Bouvineau. C’est en principe un diminutif des noms Bauvin, Beauvin, sachant cependant que ceux-ci se rencontrent dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique. Bauvin est là-bas un nom de personne d’origine germanique (sans doute Baldwin : bald = audacieux + win = ami). Il n’est pas sûr que le sens soit le même en Vendée. On peut aussi noter que dans ce département on trouve assez fréquemment le nom Boivineau, diminutif probable de Boivin (voir ce nom). Reste à savoir s’il n’y aurait pas un rapprochement à faire entre Boivineau et Beauvineau.
Beauvir Le nom est porté en Bretagne (22) ainsi qu’en Belgique (variante : Bauvir). En Belgique, il devrait désigner celui qui est originaire de Bavière. En Bretagne, son sens est plus obscur.
Beauvisage Le surnom semble suffisamment clair pour se passer de commentaires. C’est dans la Somme et la Seine-Maritime que le nom est le plus fréquent.
Beauvivre On rencontre ce nom dans la Saône-et-Loire. Il semble renvoyer à un toponyme : soit l’endroit beau à vivre, soit peut-être une déformation de Beauvivier, toponyme rencontré parfois. Mais rien de bien certain.
Beauvoisin Le nom désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Beauvoisin, nom d’une commune du Gard et de divers hameaux un peu partout en France. Signification du toponyme : le beau village, le beau hameau (“voisin”, comme toponyme, est un dérivé du latin “vicus” = bourg, village).
Beauzée Désigne celui qui est originaire de Beauzée-sur-Aire, dans la Meuse (commune de Beausite). Signification probable : le domaine de Valaesius, nom d’homme latin devenu °Balaesius (source : E. Nègre, Toponymie générale de la France).
Bebelman Porté en Belgique, désigne celui qui est originaire de Bebelen, à Bilzen (province du Limbourg).
Bebin Nom porté dans l’Ille-et-Vilaine, rencontré également en Haute-Saône. Dans l’Ouest, c’est une variante de Babin (voir ce nom). Pour les Bebin de l’Est, il peut s’agir d’une variante de Bebing, désignant celui qui est originaire de Bebing, commune de Moselle.
Bebon Surtout porté dans le Bas-Rhin, c’est un nom de sens assez obscur. Le dictionnaire de M.T. Morlet y voit le surnom d’une personne niaise (racine onomatopéique bab-). A envisager aussi un rapport avec l’allemand Bube (= garçon, valet).
Bécam Le nom est surtout porté dans le Finistère. C’est un sobriquet désignant celui qui a la bouche tordue (beg + kamm). Albert Deshayes signale que le terme a servi aussi à désigner le dauphin et le vieux saumon.
Bécamel Porté dans le Gard et la Lozère, le nom s’écrit aussi Bécameil, Beccamel. Autres formes, rencontrées en Charente : Béchameil, Béchameille (variante ancienne : Béchamel), mais aussi Béchemil, Béchemilh. M.-T. Morlet interprète ce nom comme “bec à miel”. Les diverses variantes nous invitent à la prudence. Le premier élément semble correspondre au verbe occitan “becar” (= becqueter, ancien français “bechier”). Le second mot pourrait désigner le mil plutôt que le miel. L’interprétation du surnom est de toute façon difficile. À noter qu’un hameau ou une ferme s’appelle Becamil à Cussac-Fort-Médoc (33), et qu’il existe un moulin Becamiglio à Venzolasca (2B), une raison supplémentaire pour préférer le mil.
Bécan Porté dans l’Ouest (35, 61, 72), pourrait être une variante du breton Bécam (voir ce nom).
Bécaud Nom porté en Vendée, dans les Deux-Sèvres et l’Allier. Variantes : Bécault (79, 49), Bécaut (03). On peut en faire un dérivé du mot “bec” (surnom éventuel pour celui qui a un grand nez), mais on pensera plutôt au nom de personne d’origine germanique Bacwald (bagan = combattre + waldan = gouverner), que l’on retrouve dans les patronymes bourguignons Bacaud, Bacault.
Becavin En principe surnom d’un buveur (bec à vin), le nom est surtout porté dans la Loire-Atlantique (également 49, 79, 41). Variante : Beccavin (36, 41, 44).
Beccard Rare et porté dans la Loire-Atlantique, devrait être une variante de Bécard, Bécart, dérivés du mot “bec” évoquant soit celui qui a un grand nez, soit une personne bavarde.
Beccaria Nom italien surtout porté dans le Piémont (également Ligurie et Lombardie). C’est un terme régional (beccarìa) signifiant “boucherie” (cf. le mot “beccaio” = boucher).
Becco Deux possibilités : soit il s’agit d’un nom belge, renvoyant à Becco, ancien fief situé à La Reid, près de Spa (variantes : Becko, Beco, de Beco). Le toponyme désignerait un bois de hêtres, selon les anciens habitants du lieu. Soit on a affaire à un nom niçois ou italien (Ligurie) avec le sens de “bec” (sans doute toponyme pour désigner un rocher pointu, cf. le monte Becco, à la limite entre les communes de Gênes et de Bogliasco).
Becdelièvre Nom rencontré dans l’Ille-et-Vilaine et la Seine-Maritime. La solution la plus simple est certainement la meilleure : celui qui a un bec-de-lièvre. A noter une forme avec particule, de Becdelièvre, surtout portée dans la Seine-et-Marne (également 44, 54).
Bécel Le nom est porté dans l’Ouest (35, 44). Je n’en connais pas la signification (petit bec ?). Il est à l’origine de la Bécelais, hameau à Treffendel (35).
Becerra Nom espagnol qui semble originaire de Galice. Le mot becerra désigne en castillan la génisse, mais c’est aussi le nom de la gueule-de-loup (plante).
Bech Il peut s’agir d’un sobriquet employé pour désigner une personne bavarde (qui a du bec), mais on pensera plutôt à un toponyme avec le sens de “rocher”. C’est en Provence (13, 83) et en Roussillon que le nom est le plus répandu.
Bécharel Surtout porté dans la Corrèze, pourrait correspondre à l’occitan becarel, qui désigne le courlis (également : petit bec). On pensera aussi à une variante de Bécherel (voir ce nom).
Bechele Ecrit parfois Béchélé, le nom est très rare et paraît originaire d’Allemagne. Il semble formé sur le le moyen allemand “bech”, variante de “Pech” (= la poix), mais aucune certitude, d’autant qu’on peut aussi penser à une formation à partir de “Bach” (= ruisseau).
Becher Porté en Alsace et dans la Moselle, ce nom allemand peut avoir deux significations : soit celui qui fait des coupes, des gobelets (allemand Becher = coupe), variante Becherer, soit celui qui produit ou vend de la poix (moyen-haut-allemand bech = poix). Dans certains cas, il peut aussi s’agir d’une variante de Becker (= boulanger).
Béchereau Variante de Bécherel (voir ce nom), le nom de famille est porté dans le Cher et en Bourgogne (89, 58).
Bécherel Le nom est surtout porté dans la Manche. C’est un toponyme avec le sens de petit ruisseau, canal (germanique baki > bec), et par extension moulin à eau. Formes voisines : Becquerel, Becquerelle, Bequerel (Picardie).
Bècheresse Désigne celui qui est originaire de Bécheresse, nom d’une commune de Charente. Le sens du toponyme est incertain. Peut-être un dérivé du gaulois *bettia (= bouleau), selon Dauzat et Rostaing.
Béchet On trouve ce nom dans des régions diverses, aussi bien en Savoie qu’en Normandie (50, 61). Dans la plupart des cas, il désigne celui qui est originaire d’une localité appelée le Béchet : divers hameaux portent ce nom. Pour les régions qui nous concernent on le rencontre au Grand-Celland (50), à Beauchêne, La Ferrière-Béchet et Occagnes (61), à Bessans (73). En Savoie, le mot désigne un rocher (métaphore de “bec”). En Normandie il en est peut-être de même, mais on pensera aussi au germanique baki (= ruisseau).
Béchieau Nom porté en Vendée (variante : Béchiau), à rapprocher de Béchaud (79, 86), Bécheau (33, 24). Sens incertain : on pensera notamment à un dérivé de ‘bec’ (surnom possible pour un bavard) ou à celui qui utilise une bêche.
Bechini Patronyme italien surtout porté en Toscane (le singulier Bechino existe également, mais est plus rare). C’est un diminutif de Beco, Bechi, qui, en Toscane, est un hypocoristique de Domenico (Dominique).
Bechoux Nom porté en Belgique, rencontré en France dans la Meuse. Il désigne celui qui a un long bec, autrement dit soit une personne au grand nez, soit une personne très bavarde. Le dictionnaire des noms de famille en Belgique romane, qui rattache le nom au wallon bètchou (= pointu), en signale une mention en 1427 à Liège (Johan le Bechut, tanneur). Variantes : Béchu (45, 53, 49), Béchut (23, 42).
Bechtel Porté en Alsace-Lorraine, c’est un dérivé de Becht, forme courte de noms de personne commençant par Becht- (racine berht = brillant), par exemple Bechtold.
Beckaert Nom porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique. Variantes : Bécaert, Beccaert, Békaert. Tout comme Bécard (10, 89, 80) ou Beccard (44, 54, 02), c’est un dérivé de bec, désignant peut-être celui qui a la langue bien pendue.
Becker Fréquent en Alsace-Lorraine, c’est un nom de métier, le boulanger. On trouve avec le même sens le nom Beck. Origine : le verbe backen (= cuire au four).
Beckerich Nom de famille porté dans la Moselle. Variantes : Beckerick, Beckerig, Beckrich, Beckrick. Il désigne probablement celui qui est originaire de Beckerich, village du Luxembourg proche d’Arlon.
Beckers Nom flamand avec s de filiation formé sur Becker (= boulanger).
Beckx Nom porté dans le département du Nord. Variante : Becqx. La finale correspond à un génitif néerlandais (flamand). On a affaire au nom Bec, Beck, Becq, pour lequel plusieurs solutions sont possibles : surnom d’une personne bavarde (qui a du bec) ou qui a un grand nez, ou encore toponyme (éperon rocheux, extrémité, ou encore ruisseau).
Bécot Surtout porté en Vendée, le nom est considéré comme un diminutif de ‘bec’, surnom probable d’une personne bavarde ou médisante. Il pourrait cependant s’agir d’un toponyme avec le sens de rocher saillant, pointe de terre avançant dans la mer : deux hameaux s’appellent le Bécot à Plessé et à Conquereuil (44). Le nom Bécot paraît être à l’origine des Bécotte du Québec.
Bécote Porté dans la Loire et la Haute-Loire, désigne celui qui est originaire de Bécotte, hameau à Saint-Denis-sur-Coise (42), ou du Bécot à Chamboeuf (42). Signification probable : rocher saillant, petite colline.
Bécourt Porté dans le Nord-Pas-de-Calais et la Somme, désigne celui qui est originaire de Bécourt (62) ou de Bécordel-Bécourt (80). Variantes : Bécour, Bécoure. Signification : la ferme, le domaine (court) de Becco, nom de personne germanique.
Becque, Becqué Surtout répandu dans le Pas-de-Calais, le nom est à rapprocher de Bec (voir Beckx).
Becquelin Le nom est porté dans le Pas-de-Calais et la Somme. Variante probable : Beckelynck (62). Sans doute un des nombreux dérivés de ‘bec’, surnom probable d’une personne bavarde.
Becqueriaux Sans doute une variante de Becquerel (voir Bécherel) rencontrée dans le Nord-Pas-de-Calais. Variantes : Becqueriau, Becquereau (également 41). On peut aussi envisager un dérivé de bec (surnom possible d’une personne bavarde).
Becquet Voir Béquet pour le sens. Le nom est fréquent depuis la Seine-Maritime jusqu’au département du Nord. Variante : Becquez.
Becucci Nom originaire de Toscane. C’est un diminutif formé sur Beco, Bechi, qui est lui-même un hypocoristique de Domenico (= Dominique), sans doute en passant par une forme intermédiaire *Dombeco.
Becue Porté dans le Nord-Pas-de-Calais, le nom se rencontre aussi sous la forme Becu. Il semble à rapprocher de Becuwe, Becuywe, Becuve, surnom flamand donné par comparaison avec la bécasse. Autre possibilité, du moins pour Becu : dérivé de ‘bec’, surnom pouvant avoir de nombreuses interprétations (personne bavarde ou au nez aquilin par exemple).
Bédague Nom surtout porté en Picardie (variante Bédaghe). Même si son sens n’est pas assuré, il semble qu’on puisse en faire une francisation du flamand Behaeghe, variante de Behaegel, Behaeghel, formes correspondant au moyen néerlandais “behaghel” (= agréable, charmant).
Bédane Nom porté dans la Manche. On trouve également dans l’Ouest la forme Bédanne (86, 49, 76). Contraction de ‘bec d’ane’ (= bec de canard plutôt que bec d’âne), c’est peut-être un sobriquet, mais il faut noter qu’en ancien français un bédane était un broc à eau. On retrouve le nom en Italie sous les formes Bedano, Bedani (là encore, bec de canard, le mot pouvant aussi désigner un ciseau de menuisier).
Bedard Nom porté dans le Morbihan. Peut-être un sobriquet formé sur la racine bed- (= sot, niais). Autre possibilité : personne ventrue (penser à bedaine). Troisième hypothèse : une autre forme du mot bedeau.
Beddock Nom porté par des juifs séfarades d’Afrique du Nord, rencontré aussi sous les formes Beddok, Beddouk. Attesté au Maroc au XVIe siècle sous la forme Bodoc, il semble signifier en arabe ‘l’homme qui souffre du vertige’.
Bedeau Surtout porté dans l’Ile-de-France, le nom n’avait au moyen âge aucune connotation religieuse (sens apparu au XVIe siècle). Il désignait le plus souvent un officier de justice opérant dans une juridiction subalterne. Variante : Bedel (88, 22, 82 notamment).
Bedecarraxburu Nom de famille basque. Variante : Bedecarrasburu. Désigne celui qui habite la maison ou le hameau situé au-dessus (-buru) de Bedecarrax. Il existe à Esquiule (64) deux hameaux ou fermes appelés Bedecarrax et Bedecarraxburu. Bedecarrax est également un nom de famille (variantes : Bedecarrats, Bedecarratz), qui peut renvoyer aussi au hameau de Bedecarats à Oloron-Sainte-Marie (64). Reste à comprendre le sens de ce toponyme, assez obscur pour moi. Le premier élément pourrait correspondre à “beda” (= herbe, foin), éventuellement suivi d’un terme lié au verbe “ekarri” (= porter, apporter).
Bédès Surtout porté dans le Tarn (également 31, 32), peut désigner celui qui est originaire de Bedès, hameau à Castanet-Tolosan (31), ou encore de Bèdes dans le Lot (Gramat) et l’Aveyron (Curan). Il ne faut cependant pas oublier qu’au moyen âge Beders (variante Bedès) était le nom de la ville de Béziers, et que ce pourrait être la meilleure solution.
Bedex Nom rencontré dans l’Ouest (Belle-Ile-en-Mer), qui semble une variante de Bedeux, lui aussi présent dans l’Ouest. Apparemment un dérivé de l’ancien français bède (> bedaine, bedon), et donc un sobriquet désignant celui qui a un gros ventre.
Bedez Nom porté dans les Vosges et le Haut-Rhin. Pourrait être d’origine suisse et correspondre au nom Beday (bedai = canal, bief de moulin). On peut penser aussi à une autre forme de Bedeau (voir ce nom).
Bedfer Ou Bedfert. Nom porté dans les Côtes-d’Armor, où il est attesté depuis le XVIe siècle, les formes les plus anciennes étant Bédefer et Becdefer (nom également présent dans l’Eure). Il s’agit apparemment d’un sobriquet (“bec de fer”) difficile à interpréter avec certitude.
Bedin La plus grande partie des porteurs du nom se rencontrent dans les Landes et en Gironde, ainsi que dans le Cher, les Deux-Sèvres et la Vendée. Mais le nom peut aussi être d’origine italienne, il est très fréquent en Vénétie. L’Italie connaît également les formes similaires Bedino (Piémont) et Bedini (Italie centrale). Pour le sens, on est tenté de penser au mot “bedaine” (gros ventre), mais il devrait plutôt s’agir d’un nom de personne, pour lequel on peut envisager diverses possibilités : le nom germanique Betto (voir Bettini), le nom scandinave Beda (popularisé par saint Bède), ou encore une variante de Bodin (voir ce nom).
Bedos Autrefois très répandu en Fenouillèdes, ce nom semble d’origine occitane. Il m’apparaît comme un sobriquet désignant une personne ayant des difficultés d’élocution, zézaiement ou cheveu sur la langue, bégaiement. L’adjectif occitan bedos a en effet ce sens, mentionné aussi en Roussillon par Grando (Vocabulari rossellonès).
Bedouch Surtout porté autrefois dans le Tarn-et-Garonne, c’est en principe une variante (attestée par Frédéric Mistral) de l’occitan “vesog” (ou “besog”), qui désigne une serpe, une faucille, surnom possible pour l’utilisateur de cet outil. Le nom Bedouce, porté par un maire et homme politique toulousain, en est une déformation.
Bedouet Surtout porté en Mayenne, c’est un diminutif de bedoue, bedouau, terme qui désignait dans l’Ouest le blaireau. Le sobriquet s’applique en principe à une personne grasse. Les formes Bedouel et Bedouelle, rencontrées en Normandie (76, 14) ont le même sens.
Bédouillat Ou Bedouillat. Nom surtout porté dans le Cher, où l’on trouve aussi la forme voisine Bedouille. Il semble s’agir d’un dérivé de bedouel, bedouau, terme qui désignait le blaireau dans l’ouest de la France. Dans ce cas, ce serait un surnom donné à une personne bien en chair (grasse comme un blaireau).
Bédouin Le nom peut aussi s’écrire Bédoin, Bédoint, Bédouain, Béduin. On le rencontre d’une part en Provence, parfois aussi dans l’Allier, ainsi que dans divers départements de l’Ouest (49, 50, 61, 72 notamment). En Provence, il désigne le plus souvent celui qui est originaire de Bédoin, commune du Vaucluse. Autrement, y compris peut-être parfois en Provence, c’est un nom de personne d’origine germanique : soit Bodwin (bod = messager + win = ami), nom qui paraît à l’origine de la commune de Bédoin, soit Baldwin (bald = audacieux + win), solution qui paraît préférable dans l’Ouest. Diminutifs : Bédeuneau, Bédouineau, Béduneau (49).
Bédouret Ou Bedouret. Le nom est porté en Aquitaine. C’est un toponyme désignant un bois de bouleaux. Avec le même sens et dans la même région : Bedoura, Bedoure, Bedourède, Bedout (gascon bedoth). La forme Bedour (87) a peut-être le même sens, mais on pensera aussi au butor (occitan betór).
Bédrine Autre forme de Védrine (voir Lavédrine pour le sens). Variante : Bédrines. Le nom semble venir du Quercy.
Bédrunes Rare, le nom pourrait être originaire du Lot, tout comme les variantes Védrune, Védrunes. On trouve aussi la forme Bédrune dans l’Aveyron. C’est un toponyme, de sens peut-être identique à Védrine (voir Lavédrine pour le sens), mais rien d’évident. Un hameau s’appelle Védrunes à Gréalou (46), deux autres La Bédrune à Montsalès (12) et à Maurs (15).
Bédry Nom porté dans le Sud-Ouest (47, 24, 11). Il pourrait désigner celui qui est originaire de Védry, lieu-dit à Léguillac-de-l’Auche (24). On trouve également en Dordogne le nom de famille Védry.
Bedu Nom fréquent dans le Centre, en particulier dans le Cher. Semble désigner celui qui a un gros ventre (bedon, bedou = ventre). A noter que dans certaines régions (Normandie), bedou est le nom donné au blaireau.
Beethoven Ou Van Beethoven. Désigne celui qui habite Beethoven, toponyme fréquent en Basse-Allemagne, aux Pays-Bas et en pays flamand, avec le sens de jardin (hoven) où l’on cultive des bettes (moyen-bas-allemand bete).
Beffa Nom italien porté en Lombardie. Il semble correspondre à l’italien “beffa” (= moquerie, tromperie), surnom probable pour un personnage moqueur.
Beffara En dehors de Millas (66) et de ses environs, ce nom se rencontre surtout dans le Lot. Variantes et formes voisines : Beffarat (46), Beffaras (15), Beffare (19), Beffaral, Befferal (15), Beffarol, Befferat (19). Tous ces noms semblent formés sur une même racine onomatopéique “bef” évoquant soit le souffle du vent, soit le fait de souffler ou de se moquer (ancien occitan “befar” = se moquer). Un hameau s’appelle Beffarol à Thégra (46), un autre Beffare à Liourdres (19).
Beffre Le nom est porté dans le Rouergue, notamment dans l’Aveyron. Variante : Befre. Il paraît correspondre à l’occitan “befre”, désignant celui qui est lippu, qui a la lèvre inférieure proéminente. À envisager aussi une contraction de Beffara (voir ce nom).
Begat Surtout porté dans la Seine-et-Marne et dans l’Aube, le nom désigne un bègue, éventuellement un sot, un niais (sens attesté pour begaud).
Begaud, Bégaud Le nom est porté en Poitou-Charentes et en Vendée. C’est un surnom donné à un bègue, ou encore à un sot, un niais. Il peut aussi s’agir d’un nom de personne d’origine germanique. Variantes : Bégault (45), Bégaut (56), Bégaux (78), Bégeau, Bégeault (86). Diminutif : Bégaudeau (85).
Bégel Nom porté en Lorraine (88, 54). C’est pour M.-T. Morlet un nom de personne d’origine germanique (racine beg, bek = bec, empruntée au latin).
Beghin, Béghin Variante de Begin (voir ce nom), surtout fréquente dans le Nord.
Begin Sous cette forme, le nom est surtout bourguignon. Il semble correspondre aux béguins, moines mendiants du XIIe siècle considérés très vite comme hérétiques. Au moyen âge, le nom désignait par métaphore une personne hypocrite. C’est peut-être dans ce sens qu’il faut comprendre le patronyme.
Begne Le plus souvent écrit Bégné, devrait être une autre forme de Beignet (voir ce nom).
Begon, Bégon Apparemment, c’est le cas-régime médiéval du mot “bègue”, et donc le surnom de celui qui bégaie. Mais on pensera plutôt à un nom de personne d’origine germanique, Bego, formé à partir du latin beccus (= bec). C’est dans le Puy-de-Dôme que le nom est le plus répandu.
Begou, Bégou Patronyme surtout porté dans les Hautes-Alpes. Variante : Begoud (26). Voir Begon.
Bégrand Nom porté notamment dans la Haute-Marne, où l’on trouve aussi la forme Belgrand, qui permet de mieux comprendre le sens du patronyme : celui qui s’appelle Grand et qui est beau. On rencontre la variante Beaugrand dans le Pas-de-Calais et l’Aube.
Begué, Bégué Porté dans le Sud-Ouest (65, 32), le nom correspond à la fonction de viguier, officier de justice (du latin vicarius).
Beguery Nom surtout porté dans les Landes, également présent dans le Tarn-et-Garonne. Variantes : Beguerie, Begueries, Begueria. Il correspond au français viguerie, domaine soumis à l’autorité d’un viguier. A noter dans les Landes les hameaux de Béguerie à Maurrin et à Campet-et-Lamolère, dont pourraient être originaires les porteurs du nom.
Béguier Surtout porté dans les Deux-Sèvres, devrait correspondre au mot ‘viguier’ (officier de justice, latin vicarius).
Béguin Soit une variante de Begin (voir ce nom), soit un nom de personne d’origine germanique, sans doute *Begwin. La première solution me paraît la meilleure.
Béguinot Diminutif de Béguin (voir ce nom) porté dans la Haute-Marne et plus généralement dans l’Est. Avec d’autres suffixes : Béguineau, Béguigniau (36), Béguignot (58), Béguinel (35), Béguinet (55, 70, 88).
Begum Fréquent chez les musulmans d’Asie, très courant en Angleterre aujourd’hui, c’est un nom féminin ayant le sens de ‘reine, femme de haut rang’.
Béhague Porté dans le Nord-Pas-de-Calais, correspond au verbe néerlandais “behagen” (= plaire), et devrait être le surnom d’un homme plaisant, agréable (cf. aussi l’adjectif “behaaglijk” = agréable). Avec le même sens : Behaeghe, Behaghe, et sans doute aussi Behaegel, Behaeghel, Behaghel, Behaguel, bien que Debrabandere préfère rattacher ces noms au moyen néerlandais “bagel” (= vain, présomptueux).
Behais, Béhais Nom rare porté en Seine-Maritime, où il est présent depuis le XVIe siècle (Le Fossé). Sens incertain : peut-être un surnom pour celui qui est bouche bée. Voir aussi Behey.
Behar On considère généralement que le nom correspond à l’arabe baHHâr (= marin), dérivé de baHr (= la mer), en particulier quand le nom est porté par des juifs séfarades. Autre possibilité : un nom de personne arabe qui signifie ‘beauté, splendeur’ (bahâr).
Béharel Une certitude, le nom est porté dans le Pas-de-Calais depuis plusieurs siècles. En 1569, 42 chefs de famille en Artois s’appelaient Béharel. Variantes : Béharelle et sans doute Béharez. Sens obscur, aucune interprétation n’étant vraiment satisfaisante.
Behem Porté notamment en Moselle, c’est une variante de l’allemand Böhm, Böhme (également Boehm, Boehme en Alsace), désignant celui qui est originaire de Bohème (moyen-haut-allemand Beheim). Variante : Behm. Dérivés : Behmann, Behmer.
Behen Porté dans le Nord et dans la Somme, désigne celui qui est originaire de Béhen, commune de la Somme. Le toponyme (Bethan en 1181) signifie sans doute “le domaine de Betho” (nom de personne germanique).
Béhérec Le nom est surtout porté dans le Morbihan (variante : Le Béhérec). Aucune idée sur sa signification.
Behey Nom porté dans le département du Nord et en Belgique. Variantes : Beheydt, Beheyt et peut-être Behets. C’est une forme flamandisée du français Bayet (surnom donné à celui qui a les cheveux ou la barbe rouge brun).
Béhier Le nom semble caractéristique de la Mayenne. On peut sans doute le rattacher à un autre nom breton, Baher (variante Bahier également rencontrée dans la Mayenne), qui devait désigner un officier de justice, ancêtre du garde-champêtre.
Behncke Porté dans les Vosges, rencontré aussi en Alsace sous la forme Behnke, c’est un hypocoristique du prénom Bernard (allemand Bernhard). Les formes Behn, Behner, Behnert renvoient sans doute au même prénom.
Behoteguy Nom basque qui signifie ‘l’abri des juments’ (behor = jument + tegi = abri). Il existe un hameau Behoteguy à Urcuit (64).
Behr Porté dans la Moselle (également 88, 90), c’est un nom de personne d’origine germanique (racine bero = ours) ou bien un surnom lié à l’ours. Avec le même sens : Baer, Beer, Baehr. Dérivés : Behra, Behrmann, Bermann, Baerel, Baermann, Baehrel, Baehrmann. Tous ces noms ont souvent été portés par des juifs askhénazes.
Beigbeder Nom porté dans les Pyrénées-Atlantiques et la Gironde. C’est un toponyme, équivalent du français Beauvoir, Beauregard (= forteresse ou village beau à voir, disposant d’une belle vue). Il est formé des mots gascons “bèth” (= beau) et “véder” (= voir). A noter les hameaux de Beigbeder, Beigbéder à Lembeye, L’Hopital-d’Orion, Sauvelade et Salies-de-Bearn (64). Variante : Begbeder. En composition : Beigbeder-Calay, Beigbeder-Catay, Beigbeder-Lirou, Beigbeder-Pys.
Beignet Un de ces surnoms qu’on a du mal à déchiffrer. Le nom peut difficilement avoir son sens actuel, qui n’est attesté qu’au XVIIe siècle. Il s’agit en fait d’un diminutif des mots beigne, beugne, bugne, qui désignaient au moyen âge (et encore aujourd’hui dans certaines régions) une bosse à la tête à la suite d’un coup. Peut-être un sobriquet donné à un bagarreur ? A noter que c’est par métaphore (à cause de l’enflure rapide) que le mot beignet a pris son sens actuel (que l’on trouve aussi dans l’espagnol buñuelo). Le patronyme Beignet est surtout fréquent en Maine-et-Loire. A noter qu’un certain nombre de Beignet sont au départ des Bignet, ce qui ne change rien quant au sens.
Beillard Nom porté dans le Maine-et-Loire et les Deux-Sèvres. Pour le sens, voir Veillard.
Beille Nom rencontré dans l’Aude (Roquefort-de-Sault) et dans les Pyrénées-Orientales. Pourrait désigner celui qui est originaire du plateau de Beille, à la limite entre l’Ariège et l’Aude.
Beilleau Porté notamment dans le Maine-et-Loire, c’est une variante de Belleau (voir ce nom).
Beillevaire Le nom est porté dans la Loire-Atlantique et la Vendée. Variantes : Beillevert (44, 49, 56), Beilvert (44, 85), Bellevert (85), Bellevaire. Il paraît s’agir d’un surnom (= belle fourrure, belle toison). Il faudrait cependant être sûr que ce ne soit pas un toponyme, plus ou moins déformé, à rapprocher de Belveyre, nom d’un hameau à Nespouls, dans la Corrèze.
Beilvaire Nom porté en Loire-Atlantique. Variantes : Beilvert, Beillevaire, Beillevert, Bellevaire, Bellevert, Belvaire. Sens obscur. Il pourrait s’agir d’un toponyme, reste à le localiser et à en comprendre la signification.
Beirnaert Variante de Bernard, portée surtout dans le Nord-Pas-de-Calais.
Beitz Porté dans la Moselle et le Bas-Rhin, pourrait correspondre au moyen haut-allemand “beiz”, désignant la chasse au faucon (source : Duden Familiennamen, voir bibliographie). Autre possibilité, un toponyme, par exemple Baitz et Beitzsch, localités allemandes en Brandebourg.
Béjard Nom surtout porté dans le Limousin. Semble devoir être rapproché de Baujard, Beaujard (= le beau jardin, toponyme).
Bejm Nom originaire de Pologne, rencontré aussi sous la forme Bejma. Semble correspondre à l’allemand Baum (= arbre), et notamment à sa variante yiddish beym. Autre possibilité, moins plausible : l’allemand Böhme (originaire de Bohême).
Bekheira Nom arabe, plus fréquent sous la forme Benkheira, qui signifie fils de Kheira. Il semble que Kheira soit un nom féminin signifiant celle qui fait le bien, la meilleure, l’abondante.
Bekhti Le plus souvent algérien, c’est l’équivalent du nom arabe Bakhti, dérivé de “bakht” (= chance, fortune).
Bekra Apparemment un dérivé de l’arabe Bakir (voir ce nom), peut-être avec l’idée de précocité.
Bektas Nom turc qu’il faut peut-être rattacher à l’arabe “bakht” (= chance, bonne fortune).
Bel C’est en Savoie que le nom est le plus répandu, mais on le trouve dans plusieurs autres régions, notamment dans le Rouergue. Il correspond à l’adjectif ‘beau’ (voir Lebel), mais paraît avoir été aussi utilisé comme nom de baptême
Belabed Désigne en arabe le fils (ben) de Labed, autre forme de El Abed, Elabed. Le nom Abed ou Abid signifie ‘qui adore Dieu, qui sert Dieu’ (arabe `âbid). A noter aussi une autre possibilité pour Labed : un nom de personne (labîd) désignant au départ des sacs ou sacoches fourrés en laine ou en crin, popularisé par un poète pré-islamique.
Belahcen Désigne le fils de Lahcen (voir ce nom). Variante : Belahssen.
Belaïd Nom arabe fréquemment utilisé comme prénom berbère. Il signifie mot à mot “fils de la fête”. Dérivé patronymique : Belaïdi.
Belaire Porté notamment dans le Pas-de-Calais, la Somme et la Marne, le nom est plus fréquent sous la forme Bellaire (55), présente aussi en Belgique. On peut penser à un surnom pour celui qui est de bonne lignée (l’un des sens du mot “aire” en ancien français), mais il s’agit plutôt d’un toponyme, avec le sens de beau lieu. Une commune belge s’appelle Bellaire (province de Liège). Les sens de beau lieu, éventuellement belle lande, se retrouve dans les noms Belair, Bellair, surtout portés en Dordogne.
Belajew Forme peut-être ukrainienne du nom russe Belayev, formé sur la racine “bel” (= blanc).
Belaman Le nom est surtout porté dans l’Hérault. Variante : Belamant. Aman(t) est sans doute ici un nom de baptême (voir Amans) plutôt qu’un amoureux. Précisons que l’adjectif ‘beau’ avait au Moyen Âge aussi le sens de ‘bon’.
Béland En France, le nom, plutôt rare, est notamment porté dans la Sarthe (variantes : Besland, Beslant). On le recontre aussi au Québec, où son premier porteur, Jean Beslan, venait de la région de Rouen (1640). C’est une forme régionale de Berland (voir ce nom).
Bélanger, Bellanger Nom fréquent dans le Maine-et-Loire et la Sarthe. C’est une variante de Béranger (voir ce nom).
Belarbi Désigne le fils (ben) de Larbi, nom qui en arabe d’Afrique du Nord signifie tout simplement l’Arabe (‘al-`arabiyy).
Belarouci Ce nom arabe semble un dérivé de `arûs (= marié), donc peut-être le fils (ben) du (nouveau) marié.
Belascain Nom de famille basque, également écrit Belaskoain, Belascoain. C’est un toponyme formé sur le nom de personne Belasko, à l’aide du suffixe -ain souvent utilisé dans la formation de nom de lieux à partir d’anthroponymes. Sens probable : le domaine, la maison de Belasko. Quant à Belasko, c’est un diminutif de “bele” (= corbeau), qu’on retrouve dans les noms espagnols Velasco ou Blasco.
Belassein Désigne le fils (ben) de Lahcen ou de Hassan (voir ces noms). Variantes : Belhassein, Belahssein, Belhassen.
Belat Apparemment plusieurs origines géographiques pour ce nom, soit le Limousin (Creuse), soit la Franche-Comté ou la région Rhône-Alpes. On peut envisager un diminutif de Bel (voir ce nom). Pour la Creuse, un nom de localité n’est cependant pas impossible (à rapporcher de Bellac, 87).
Belbenoit Autrement dit le beau Benoît. Fait partie des nombreux surnoms formés avec l’adjectif ‘beau’ suivi d’un prénom. Il vient du Jura, en particulier la commune de Prénovel (où un hameau s’appelle les Belbenoit).
Belbèze Porté notamment dans l’Ariège et la Haute-Garonne, c’est un toponyme très répandu dans cette région (trois communes et plusieurs hameaux), l’un des équivalents occitans du français Bellevue (ou Beauvoir, Beauregard). Avec le même sens : Belvèze. Diminutifs : Belbezet, Belvezet (46).
Belbouche Porté dans la Somme, le nom s’écrit aussi Bellebouche. A priori c’est un surnom, à rapprocher de noms comme Bellegueule, qui a pu désigner celui qui avait une belle bouche, un beau parleur ou un gros mangeur. On n’oubliera cependant pas une éventuelle déformation d’un autre nom. Ainsi, Bellebouche pourrait très bien avoir le sens de “beau bois”, et serait alors un toponyme. A noter que deux hameaux du Centre portent ce nom, à Mézières-en-Brenne (36) et à Gourge (79).
Belcari Nom italien localisé à Livourne et dans les communes voisines. On trouve en Vénétie la forme Belcaro (Padoue). En principe, il s’agit du surnom ou nom de personne Caro, Cari (latin carus = cher, aimé) précédé de l’adjectif ‘bello’ (= beau).
Belenguer Porté notamment dans les Pyrénées-Atlantiques et le Tarn-et-Garonne (variante : Belenguier), c’est une autre forme de Béranger (voir ce nom).
Beley Surtout porté dans le Doubs, c’est peut-être un diminutif de Bel (voir ce nom). Autre possibilité : celui qui est originaire de Belley, nom d’une commune de l’Ain et de quelques hameaux.
Belfils Nom porté en Franche-Comté. Signifie “le beau fils”. Variantes : Belfis, Belfix, Belfy (71).
Belfiori Nom italien surtout porté dans les Marches (également région romaine et sud de la Sardaigne). C’est l’équivalent du français Bellefleur. Quand ce n’est pas un surnom, il s’agit d’un nom de baptême de type augural (= que tu sois beau ou belle comme une fleur !). Le nom est plus courant sous la forme Belfiore, répandue dans toute l’Italie et notamment en Sicile.
Belfkira Nom arabe désignant le fils (“ben”) de celui qui s’appelle El Fqira (= le pauvre, arabe “faqîr”). Variante : Belfqira.
Belfort C’est en Guadeloupe que le nom est le plus répandu (variante : Belford). En principe, il évoque une localité appelée Belfort (ou Beaufort), toponyme très répandu en France (= la belle forteresse).
Belghith Nom arabe formé sur Ghith, forme contractée de Ghaïth. L’arabe ghayth a le sens de ‘pluie abondante’, c’est l’un des surnoms donnés au prophète Mohammed. Variante : Belghit.
Belgiglio Nom italien très rare formé de l’adjectif “bello” (= beau) et de Giglio, qui signifie “lis” (fleur), mais qui était aussi un nom de baptême.
Belgrano Porté en Ligurie et à Nice, ce nom italien est également présent en Argentine depuis le XVIIIe siècle. Il est tentant de faire le rapprochement avec des noms français tels que Beaugrain ou Bongrain (surnom d’un producteur ou d’un marchand de blé, ou encore toponyme). La déformation d’un autre nom est cependant possible : on a proposé le nom d’origine germanique Berengario. À envisager aussi celui qui est originaire de Berga (province d’Alessandria).
Belhache Nom porté en Normandie. Forme contractée et graphiquement transformée de Baillehache (voir ce nom).
Belhadj Désigne en arabe le fils (ben) du pèlerin (al hâjj).
Belhomme Nom surtout porté dans la Manche et l’Eure-et-Loir. Variante : Belhome. Dérivés : Belhommet, Belhomet. On peut évidemment penser à un bel homme, mais il s’agit souvent d’un toponyme, avec le sens de “bel orme”, à rapprocher de noms comme Beauchêne ou Beaufay (le beau hêtre).
Belhouchat Nom porté en Afrique du Nord. Variantes : Belouchat, Belhachat. La première syllabe indique la filiation (ben, devenu bel devant un l ou devant l’article ‘al). Reste à connaître le sens du second élément, ce qui est moins facile. Le terme le plus proche est l’arabe ash`aTH (= qui a les cheveux poussiéreux, plaqués sur la tête).
Beliard, Belliard Nom de personne d’origine germanique, Biligard (bili = aimable + gard = enclos). On retrouve ce patronyme dans le toponyme Montbéliard.
Belijar Nom porté en Espagne dans la province de Murcia. Je n’en connais pas le sens.
Bélime Porté notamment en Bourgogne et en Auvergne, écrit aussi Bellime, désigne celui qui est originaire d’une localité ainsi appelée. En Auvergne, deux hameaux se nomment Bélime, à Courpière et à Maringues (63). En Bourgogne, on pensera plutôt à la commune de Blismes (58). Ces divers toponymes se rencontrent sous des graphies similaires au Moyen Âge : Belisma en 1287 pour la commune de la Nièvre, Belisme en 1353 pour le hameau situé à Courpière. Signification : lieu consacré à la déesse gauloise Belisama.
Belin Voir Blin pour le sens. Le nom est porté notamment dans la Côte-d’Or, l’Allier et l’Ardèche. Variante : Belain (03, 79, 86).
Belinger Porté dans le Finistère, c’est un nom de personne d’origine germanique, identique à Béranger (voir ce nom). On le rencontre aussi en Moselle, où c’est une variante de Bellinger, désignant celui qui est originaire d’une localité appelée Belling, Bellingen (nom de plusieurs communes allemandes), ou encore de Bellange (57).
Belinguier Variante de Berenguer, Béranger (voir ces noms) portée dans le Sud-Ouest (31, 33, 24). Autres formes : Belingué (31, 24), Belinguer (82). Graphie ancienne : Belaingué. Voir aussi Belenguer. Le nom Belingou (31) devrait en être un diminutif.
Belintende Nom sicilien porté dans la province d’Enna. Il doit s’agir d’une variante locale de Benintende, nom également sicilien (on trouve aussi la forme Benintendi en Lombardie). On a visiblement affaire à un nom de personne augural (mot à mot “que tu comprennes bien !” ou “que tu entendes bien !”).
Bélis Nom surtout porté en Charente-Maritime et dans le Sud-Ouest. C’est un nom de localité : une commune des Landes s’appelle Belis. Sens du toponyme : sans doute formé sur le nom d’homme latin Belicius (= domaine de Belicius).
Bélisle Très rare en France, le nom est surtout porté au Québec, où il semble être apparu en 1656. Il désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit ‘Belle Île’, on pensera bien sûr à Belle-Isle-en-Mer et à Belle-Isle-en-Terre.
Belistan Nom porté en Dordogne, où on trouve aussi la forme Belistant. Je n’en connais pas la signification.
Belizaire Ou Bélizaire. Le nom est surtout porté dans les départements d’Outre-Mer, tout comme les variantes Bélisaire, Bélizère. On le trouve également en Charente. C’est un ancien prénom d’origine grecque (Belisarios, dérivé de belos = flèche), qui fut porté notamment par un général de l’empereur d’Orient Justinien, au VIe siècle. On le rencontre en italien et en castillan sous la forme Belisario.
Belkacem Porté en Afrique du Nord, correspond à l’arabe ‘abû-l-qâsim, l’un des noms donnés à Mohammed. Il signifie “le père de Kacem”. Kacem (arabe qâsim = celui qui répartit, qui distribue) était le fils aîné du prophète, mort en bas âge. Variante : Belgacem.
Belkass Nom porté en Afrique du Nord. Variante : Belkas. Pourrait désigner le fils (ben) du conteur (qâSS). Dérivé : Belkassi.
Belkhichane Porté en Afrique du Nord et assez rare, désigne le fils de celui qui s’appelle El Khichane. Je ne connais hélas pas le sens de Khichane.
Bell Ce nom britannique peut désigner un sonneur ou un fondeur de cloches, ou encore celui qui habite près du clocher, mais dans bien des cas c’est un surnom correspondant à l’adjectif français beau (le bel).
Bellagamba Le nom est porté notamment en Corse et en Italie (en particulier dans les Marches). C’est l’équivalent du français Bellejambe, présent dans les Ardennes, porté autrefois dans l’Eure-et-Loir, à Paris, en Normandie, et qui a pu aussi s’écrire Bellegambe (nom d’un peintre de la Renaissance originaire de Douai). Difficile de se prononcer sur le sens du surnom (peut-être celui qui court vite ?).
Bellahouel Nom fréquent en Afrique du Nord. Désigne le fils (ben) de Lahouel = celui qui louche (‘aHwal, racine H.w.l).
Bellardent Nom qui pourrait être originaire de la Sarthe. Surnom qui s’applique à un homme beau et fougueux, sans doute un séducteur, un coq de village. Mais avec les sobriquets, il faut toujours se méfier.
Bellas Surtout porté dans l’Aveyron et l’Hérault, désigne celui qui est originaire de Bellas, hameau à Sévérac-le-Château (12).
Bellavoine Porté en Seine-Maritime et en Picardie (80, 02), le nom se rencontre aussi sous la forme plus rare Belavoine (50). Il désigne sans doute celui qui produit ou vend une belle avoine, à moins que ce ne soit un toponyme.
Bellavoir Le nom est porté dans le Morbihan et les départements voisins (35, 49). Variante : Belavoir (29, 17). Sans doute un lieu beau à voir (à rapprocher de Beauvoir) plutôt qu’un avare, comme le propose M.T. Morlet.
Bellay Surtout porté dans l’Ouest (35), désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit le Bellay (= lieu où pousse le bouleau).
Belleau Diminutif de Bel (= beau) porté surtout en Lorraine. Variantes : Bellaud (44, 85, 86), Belleaud (47), Bellot (03, 88, 73).
Bellec Nom breton (22) signifiant prêtre. Il s’agit en principe d’un sobriquet qui, comme tous les sobriquets, est difficile à interpréter avec certitude.
Belleculée Ou Belléculée. Le nom est surtout porté dans les Deux-Sèvres. Variantes : Bellecullée, Belleculé. Le mot “culée” (ou “éculée”) semble ici l’équivalent de “coulée”, qui désigne dans l’Ouest et le Centre une vallée, une prairie dans la vallée, parfois aussi une pente couverte de vignes). On a donc affaire à un toponyme (= la belle vallée).
Belledent En principe surnom pour celui qui a de belles dents, sachant cependant qu’il peut s’agir d’un sobriquet ironique. Le nom est surtout porté dans la Haute-Loire et les départements voisins (63, 48). Variante : Belledant.
Bellefleur Nom assez rare, rencontré dans l’Allier et la Haute-Saône. Fait sans doute partie des sobriquets que l’on donnait à des soldats. Voir aussi Belfiori pour une autre explication.
Bellefroid Nom rencontré aussi sous les formes Bellefroy, Belfroy, Belfroid. C’est en Belgique qu’il est le plus répandu. Il s’agit une variante du mot ‘beffroi’ (berfroi en 1155), d’abord tour mobile servant à attaquer une forteresse, puis tour de guet. Le nom de famille désigne celui qui habitait près du beffroi, ou dans un lieu-dit (le) Beffroi. La plupart des formes anciennes sont précédées d’une préposition, ce qui montre bien qu’on à affaire à un toponyme.
Bellegarde Désigne celui qui est originaire de l’une des nombreuses localités portant ce nom (onze communes en France, sans compter les hameaux et lieux-dits). Sens du toponyme : la belle forteresse. C’est en Aquitaine (40, 64) que le patronyme est le plus répandu (à rattacher peut-être à un village du Gers). On le trouve aussi dans le Gard, où il renvoie certainement à la commune de Bellegarde-du-Gard, près de Beaucaire.
Bellegueule C’est dans la Somme que le nom est le plus répandu. Variantes : Bellegueulle, Bellegueille, Belleguelle, Belgueul, Belgoeul, Belgueil. Sans doute le surnom d’un gros mangeur, “gueule” ayant au Moyen Âge le sens de “gosier”
Belléguic Surtout porté dans le Finistère, le nom s’écrit aussi Béléguic (29), Belléguie, Belléguy (22). C’est un diminutif du mot breton “beleg” (= prêtre, également par métaphore bergeronnette ou éperlan). Avec un autre suffixe : Bélégo, Bellégo, Bellégot (56), Bélégou (29), Bellégou (22).
Belleili Porté notamment en Algérie, désigne le fils de celui qui s’appelle Leili, nom à rapprocher du féminin Leila et lié à la nuit (layla).
Bellemare Désigne en principe celui qui habite un lieu-dit la Belle Mare, ou qui en est originaire. Variante : Bellemarre. Le patronyme est porté en Normandie (27, 76), il s’est également répandu dans les départements d’Outre-Mer. Il pourrait cependant s’agir d’une variante de Belmer (voir ce nom), comme le laissent supposer les formes voisines Bellemer, Bellemère (27).
Bellenfant Egalement écrit Belenfant, le nom est surtout porté dans la Sarthe et la Seine-et-Marne. Il a le sens de “bel enfant, beau garçon”, sachant cependant que l’adjectif “beau” avait aussi au Moyen Âge le sens de “bon, aimé” (qui explique des noms comme “beau-père”).
Bellenger Voir Bélanger pour le sens. Le nom est surtout porté dans la Seine-Maritime et la Somme. Variantes : Bellengé, Bellengez, Bellengier (59, 62).
Beller Porté en Alsace-Lorraine, c’est pour Bahlow (Deutsches Namenlexikon) le surnom d’un homme querelleur (allemand bellen = glapir, aboyer, crier). M.T. Morlet (Dictionnaire étymologique des noms de famille) y voit pour sa part un emprunt à l’ancien français ‘bailli’ (nom de dignité). Le nom existe aussi en Angleterre, où il désigne un sonneur de cloches.
Bellerose Porté en Guadeloupe et en Martinique, pourrait être un surnom formé à partir du prénom Rose, précédé de l’adjectif “belle”, mais il convient toujours d’être très prudent avec les noms antillais, qui ont souvent une origine très précise qu’il nous est difficile de discerner, faute de documents d’archives.
Bellesoeur Le nom est porté dans le Morbihan. Il peut désigner la belle-soeur, sachant cependant que le mot ne date que du XVe siècle. On fera aussi le rapprochement avec les noms Bellesort, Bellessort, portés notamment dans l’Eure-et-Loir, qui correspondent selon les variantes anciennes à “bel essart” (toponyme avec le sens de terre défrichée, essartée).
Bellet Sans doute un diminutif de “beau”, surnom dont le sens se passe de commentaires. On rencontre cependant le nom comme toponyme dans les environs de Nice et dans plusieurs régions (sans doute bois de bouleaux). C’est en Normandie et dans l’Isère que le nom est le plus répandu. Variante : Bellest (76).
Belleval Toponyme avec le sens de belle vallée, le nom est surtout porté dans l’Eure. Avec le même sens : Bellevallée (76), Bellevaud, Bellevault, Bellevaut, Belleveau, Belleveaux (58, évoquant peut-être l’abbaye de Bellevaux à Cirey, 71), Bellevaux (59, 62, 60).
Belleville Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Belleville, toponyme très répandu en France (= la belle ville, le beau domaine). C’est dans le Cher (où une commune porte ce nom) et en Savoie que le nom de famille est le plus répandu.
Bellèvre Le nom, rare, est porté dans le Pas-de-Calais. C’est une contraction de Bellelèvre, nom de famille relativement courant au XVIe siècle dans ce secteur géographique, curieux surnom pour celui qui a de belles lèvres. Dans un registre similaire, on trouve dans la Somme les noms Bellebouche et Bellegueule.
Bellezza Nom porté en Italie, où il est relativement rare et ne se concentre vraiment dans aucune région. C’est un nom de personne médiéval (sans doute féminin) correspondant à l’italien “bellezza” (= beauté). On trouve parfois la variante Belezza.
Belli Très répandu dans toute la moitié nord de l’Italie, c’est le pluriel de Bello, surnom puis nom de baptême correspondant au latin bellus (= beau, bon). Parmi les nombreux dérivés, on notera Belletto, Belletti, Bellettini, Bellìn, Bellino, Bellini, Belloto, Belloti, Bellotini, Bellotto, Bellotti, Bellucci (diminutifs), Bellone, Belloni, Bellòn (augmentatifs).
Bellin Porté en Savoie et dans le Dauphiné, devrait être, plus encore que la forme voisine Belin, un diminutif de Bel (= beau), surnom et nom de personne. En composition : Bellin-Croyat, Bellin-Robert (38, 73). À noter que le nom existe aussi en Italie (Vénétie), où c’est un diminutif de Bello, Belli.
Bellier C’est dans la Drôme et l’Ille-et-Vilaine que le nom est le plus répandu. Autres départements : 49, 53, 02. Variante : Bélier (87, 85, 53). Une métaphore liée à l’animal paraît une solution logique, mais il faut savoir que le mot “bélier” n’apparaît pas dans notre langue avant le XVe siècle. Donc, il convient d’être prudent, et un éventuel nom de personne germanique (*Bilihari) n’est pas à exclure.
Bellières Le nom est surtout présent dans le Tarn. C’est l’équivalent du mot “berlière”, qui désigne une cressonnière. Porté en Seine-Maritime, le patronyme Bellière (même sens) devrait désigner celui qui est originaire de la commune de La Bellière, dans le même département.
Bellinck Nom rencontré en Belgique. Son interprétation pose des problèmes, et on a émis à son sujet plusieurs hypothèses. Il peut correspondre au nom de personne Baudouin (bald = audacieux + win = ami), ou désigner une personne originaire de Bellegem, ou encore correspondre au français bélier. Je ne sais quelle hypothèse est la bonne, et j’en ajouterai même une quatrième, en rapport avec le verbe allemand bellen (= aboyer, crier).
Bellion Le nom est surtout porté dans l’Ouest (85, 44, 49, 79), mais on le rencontre aussi dans l’Isère, où on le retrouve dans le nom composé Bellion-Jourdan. Diminutif : Bellionnet (71, 03). Sens incertain. Faut-il en faire un dérivé de l’adjectif “beau” ? du nom “bélier” ? C’est possible, mais rien de bien évident. C’est en tout cas aussi un toponyme : deux hameaux du Morbihan s’appellent Bellion, à Saint-Marcel et à Béganne, un troisième Le Bellion à Fégréac (44).
Belliot Surtout porté dans la Loire-Atlantique (présent aussi dans le 77 et le 59), c’est sans doute l’un des nombreux diminutifs formés sur bel, beau. Autre possibilité : le beau Liot (voir Liot).
Bellissen Également écrit Bellissens, Bellissent, Bélissen, Bélissens, Bélissent, Bellisent, le nom est surtout porté en Provence et dans l’Aude. Variantes savoyardes : Bélissand, Bélissant, Bellisand, Bellissand, Bellissant (nom porté aussi dans l’Aisne). C’est un nom de personne germanique féminin, Bilisind, formé sur les racines “bili” (= doux, aimable) et “sind” (= voyage). Une des filles de Charlemagne se serait appelée Bellissent.
Belliveau Egalement Béliveau, Belliveaud. Nom surtout porté en Vendée. On a tendance à en faire un dérivé du verbe beliver (en ancien français : aller en biais) qui, pour M.T. Morlet, pourrait désigner un homme qui va de travers après avoir beaucoup bu. On peut aussi penser à un chemin de traverse. Le rapport avec le mot baliveau semble impossible, car celui-ci est trop tardif dans notre langue.
Bellocq Très fréquent dans le Sud-Ouest (64 notamment), c’est un toponyme désignant un beau lieu (par exemple sur une colline ou dans un endroit ensoleillé, bien protégé). Variantes : Belloc, Belloch.
Belloeil Le nom est porté dans les Côtes-d’Armor. On peut penser à celui qui a une bonne vue, mais on envisagera aussi une variante de Belleuil, toponyme évoquant un bois de bouleaux. Un hameau s’appelle Le Belleuil en Bretagne (Le Quillio, 22).
Belloeuf Nom rare qui semble originaire du Puy-de-Dôme. Variante : Belleuf. Il semble avoir subi la même évolution que Poeuf (voir ce nom). On aurait donc affaire à une variante du nom Belloeil, surnom possible pour celui qui a la vue acérée, mais aussi variante de Belleuil, toponyme avec le sens de bois de bouleaux.
Belloir C’est dans l’Ille-et-Vilaine et la Mayenne que le nom est le plus représenté. Il s’agit sans doute d’une variante de Bellouard, nom de personne d’origine germanique, Biliward (bili = aimable + ward < wardan = garder). Le patronyme Bellouard se rencontre d’ailleurs également dans l’Ouest (79, 44, 35).
Bellomo Surtout porté en Sicile et dans les Pouilles, le nom signifie “bel homme”, l’adjectif “bello” ayant pu avoir, comme en ancien français, le sens de “bon”. Formes similaires : Bellomi, Belluomo.
Bellon On trouve ce nom dans le Sud-Est, où il semble correspondre à l’italien Bellone (dérivé en principe augmentatif de Bello, Belli, surnom donné à une personne au physique agréable). Mais on le trouve aussi dans l’Ouest, sans doute avec le même sens, mais peut-être aussi pour désigner celui qui est originaire de Bellon (une commune porte ce nom en Charente).
Belloncle Porté en Normandie et plus généralement dans l’Ouest (76, 72, 35), désigne le bel oncle, sobriquet lié à un lien de parenté. Variantes : Beloncle (72, 61), Bellongle (35).
Bellordre Nom porté uniquement dans le Bordelais (Talence). Difficile de se prononcer, mais ordre pourrait être ici une déformation de orde (= orge). Il s’agirait donc d’un toponyme désignant un champ où l’orge est particulièrement belle, ou encore d’un surnom donné à un producteur d’orge. On rencontre d’ailleurs le nom de famille Bellorge dans la Loire-Atlantique.
Belloteau Diminutif de Bellot (voir Belot) rencontré dans les Charentes. Variantes : Beloteau, Belotteau.
Bellouet Le nom est surtout porté dans le Loiret. Variantes : Belluet (49, 53), Belouet (45), Beluet (41, 49). Sens incertain, mais il pourrait s’agir d’un toponyme. A noter le hameau de Bellouet à Montpeyroux, dans l’Aveyron (ce qui fait un peu loin !). Un autre hameau s’appelle le Belluet à Chemillé-sur-Dême (37). A noter aussi les hameaux de Beluet à Brion (49) et à Martigne-sur-Mayenne (53). Le dictionnaire de M.-T. Morlet voit dans ces noms les diminutifs du nom de personne Belou, germanique Biliwulf (bili = doux + wulf = loup).
Belluc Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit Belluc (= le beau bois), nom de deux hameaux à Montauban et à Barry-d’Islemade (82).
Belluchon Porté dans l’Isère, le nom se rencontre aussi dans la Creuse sous les formes Béluchon, Bélugeon, Bélujon, Bellugeon (variante ancienne : Bellujon, portée dans le Vaucluse). On l’explique généralement par l’occitan “beluga” (= étincelle), solution qui ne me plaît guère, mais je ne vois rien d’autre, sinon, éventuellement, l’adjectif “bel” devant le nom de personne Ugon (= Hugues).
Bellugou Nom rare porté dans l’Hérault, plus courant sous la forme Belugou (Aveyron). On peut penser à un diminutif de l’occitan “beluga” (= étincelle), avec un sens qui n’est pas évident : peut-être, comme “beluguet”, un homme vif, sémillant. Autre possibilité : le prénom Hugou (= Hugues), nom de famille assez courant dans le Tarn, précédé de l’adjectif “beau”.
Bellumore Curieux nom italien qui semble originaire de la province de Terni, en Ombrie (province où on trouve également le nom Buonumori). On rencontre aussi la forme Bellumori dans la province de Grosseto (Toscane). Il correspond au terme “bell’umore”, qui désigne en italien moderne une personne spirituelle, et parfois un peu excentrique. Il a dû autrefois désigner une personne gaie, en bonne santé.
Bellus Nom surtout présent dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude. C’est un dérivé de l’adjectif bell (= beau), documenté sous la forme Bellucius en 955, et qui semble avoir été utilisé comme nom de baptême. A noter aussi que Bellus est le nom d’une localité en Catalogne.
Belly C’est en Charente que le nom est le plus fréquent. Il semble que ce soit une forme latinisée ou un diminutif de Beau, Bel, équivalent de Belin, Bellin. A noter cependant divers hameaux Belly dans le Sud-Ouest, notamment en Gironde (Aubiac, Birac). Variante : Bély (85, 16, 82).
Belmant Porté en Picardie (variante : Belment), pourrait correspondre au néerlandais “belleman” (= crieur public). Autres variantes et formes voisines : Bellemans, Bellemant, Belmann, Belmans.
Belmer Le nom est porté dans le Nord et en Picardie (02, 80). Variante : Belmère. C’est un nom de personne d’origine germanique, Bilimar (bili = doux, aimable + mar = célèbre, source : M.T. Morlet).
Belmondo Nom italien assez rare porté dans le Piémont et les Alpes-Maritimes (forme plurielle : Belmondi). On en trouve aussi quelques traces à l’extrémité sud de la Calabre. Mot à mot, il signifierait “beau monde”, mais cela ne veut rien dire pour un nom de famille. On envisagera plutôt une déformation de Bermond, nom de personne d’origine germanique fréquent dans les Alpes-Maritimes (voir ce nom).
Belmont Surtout porté dans l’Isère, désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit (le) Belmont (= le beau mont).
Belmonte C’est dans la région marseillaise que l’on rencontre le plus souvent ce nom visiblement d’origine italienne (toponyme signifiant le beau mont).
Belony Difficile de trouver la véritable origine géographique de ce nom, dont on trouve des traces à la fois dans la Meurthe-et-Moselle, l’Isère, la Corrèze ou les départements d’outre-mer (variante : Bellony). Le sens risque d’être très différent selon les régions. Concernant la Corrèze, il s’agit d’une variante de Bélonie, Bellonie, nom de divers hameaux (= le domaine de Belon, Bellon, noms de personnes dérivés de Bel, qui lui-même signifie “beau”). On pensera aussi, dans d’autres cas, à une variante du nom italien Belloni (dérivé de “bello” = beau), lui aussi nom de personne. Seule la généalogie permettrait d’en savoir plus.
Belorgey Le nom est surtout porté en Bourgogne (21). Variantes : Bellorgey (21), Bellorget (51). Comme Belorge (02), Bellorgé (44), il désigne un lieu où l’orge pousse bien. Avec un autre suffixe : Bellorgeot, Belorgeot (10, 89).
Belot Diminutif de Bel (= beau), porté surtout dans le département du Nord et en Lozère. La variante Bellot se rencontre dans l’Allier, les Vosges et la Savoie notamment.
Belou Nom surtout porté dans la Haute-Garonne, présent plus généralement en Languedoc. On peut le considérer comme un diminutif de Beau, Bel (noms qui se passent de commentaires). M.T. Morlet propose aussi un nom de personne d’origine germanique, Biliwulf (bili = doux + wulf = loup).
Belouin, Bélouin Le nom est surtout porté dans le Maine-et-Loire et peut aussi s’écrire Belloin (86, 49), Bellouin (49), Beloin, Béloin (72). C’est un nom de personne d’origine germanique, Biliwin (bili = doux + win = ami). Diminutif : Bélouineau (49).
Belpaume Surtout porté dans la Somme, le nom peut aussi s’écrire Belpomme, Bellepaume, Bellepomme. On trouve dans le Nord la forme similaire Belpalme. Apparemment on a affaire à un surnom qui désignerait celui qui a une belle main (“belle paume”), mais il convient d’être prudent avec ces noms qui pourraient être des déformations d’autres noms.
Belrechid Désigne le fils (ben) de celui qui s’appelle El Rechid, Rechid étant une variante de Rachid (arabe rashîd = le guide, celui qui conduit dans la bonne voie).
Beltier Nom surtout porté dans l’Yonne, où l’on trouve la variante Belthier, également présent en Limousin (variante : Belletier). Dans l’Yonne, il semble s’agir d’une forme erronée de Berthier (voir ce nom). En Limousin, on pensera plutôt à un toponyme, à rapprocher de Belleteix (nom d’un hameau de la Creuse, également nom de famille), qui pourrait évoquer un bois de bouleaux.
Beltra, Beltrà Forme catalane de Bertrand (voir ce nom), écrite également Beltran.
Beltrame, Beltramo, Beltrami Patronyme italien correspondant au prénom Bertrand. Dérivés : Beltramelli, Beltramin, Beltramino, Beltramini, Beltramon, Beltramone (ces deux derniers noms étant des augmentatifs).
Beltran Variante de Bertrand (voir ce nom) portée notamment en pays catalan (également 11, 64). Variante : Beltrand (69, 83, 65). Formes italiennes : Beltrano, Beltrando, Beltrandi.
Beltzung Le nom est surtout porté dans le Haut-Rhin (il est présent à Masevaux au moins depuis le XVIe siècle) et le Territoire de Belfort. Variante : Belzung. Je n’en connais pas le sens. A envisager éventuellement un dérivé de l’allemand “Pelz” (= fourrure).
Beluze Porté notamment dans la Loire, la Saône-et-Loire et le Rhône, c’est un toponyme avec le sens de terrain argileux, pierreux et inculte (définition donnée par Louis-Pierre Gras dans son dictionnaire du patois forézien, 1863). Plusieurs hameaux s’appellent La Beluze, notamment à La Chapelle-de-Mardore et à Marnand (69), ou encore à Gourdon, Oudry et Saint-Romain-sous-Gourdon (71). A noter aussi Les Beluzes à Pouilly-sous-Charlieu (42) et à Saint-Gengoux-de-Scisse (71).
Belval Le nom est surtout porté dans le Pas-de-Calais et la Somme. Il désigne celui qui est originaire de l’une des nombreuses localités appelées Belval ou Beauval. Signification : la belle vallée, le beau vallon. Avec le même sens : Belvaud, Belvaude, Belvaux (même région), Belvault (58), Belveau (51, 03), Belveaux (59, 08). Diminutifs : Belvalette, Belvallette (80, 62).
Belverge Nom porté dans le département du Nord. Variantes : Belleverge, Bellevergue (Normandie). Vergue étant une variante normande du mot verge, c’est bien celui-ci qu’il convient d’étudier. Il s’agit vraisemblablement d’un sobriquet donné à un individu bien membré (verge avec le sens de membre viril est attesté dans le Roman de Renart).
Belz Nom rencontré en Bretagne. Désigne celui qui est originaire de Belz, commune du Morbihan, un toponyme dont le sens demeure obscur.
Belzil Le nom, porté au Québec, se rencontre aussi sous la forme Belzile, le premier porteur s’appelant apparemment Gagnon dit Belzil (ou Belzile). Il devrait s’agir d’une fausse régression de Bauzil (voir ce nom).
Belzon, Belzons Essentiellement porté dans l’Aude, désigne sans doute celui qui est originaire de Belzons, hameau de la commune de Sainte-Eulalie (11).
Belzy Nom très rare, dont on me signale la présence dans l’actuel département de la Loire. La finale -y semble évoquer un nom de localité, mais je n’en connais aucune qui porte ce nom. A noter quand même la commune de Beauzac, dans la Haute-Loire. Il y a aussi Bauzy, dans le Loir-et-Cher.
Bemoussa Contraction de Ben Moussa = fils de Moïse (en arabe Mûsâ).
Bemrah Nom de famille originaire d’Afrique du Nord. Désigne le fils de Mrah (voir Merah). Variantes : Benmrah, Benmerah.
Ben Abdallah En arabe, Ben signifie fils. Donc tous les noms commençant par Ben, et ils sont nombreux, ont cette signification. Ainsi, Ben Abdallah signifie fils d’Abdallah (Abdallah = serviteur d’Allah).
Ben Alla Désigne le fils (“ben”) de celui qui s’appelle Alla, forme courte d’Abdallah (`abd ‘Allah = serviteur de Dieu).
Ben Arab Egalement écrit Benarab, le nom est porté en Afrique du Nord. Il désigne le fils de celui qui s’appelle Arab (= du peuple arabe).
Ben Arfa Porté notamment en Tunisie, ce nom arabe désigne le fils (ben) de celui qui s’appelle Arfa, El Arfa, nom formé sur la racine `.r.f, qui signifie “connaître, savoir”.
Ben Balla Egalement écrit Ben Bella, le nom, porté en Afrique du Nord, désigne le fils de celui qui s’appelle Balla, Bella. S’il est d’origine arabe, il faut sans doute le rattacher à la racine b.l.l (= mouiller), que l’on retrouve dans le nom de personne Bilal (voir ce nom).
Ben Chemoul Ou Benchemoul. Porté par des juifs séfarades, désigne le fils (ben) de Chemoul, autrement dit Samuel (hébreu shmû’el : son nom est Dieu). Samuel est dans la Bible le prophète qui a choisi pour rois Saül et David. Variantes : Ben Chimol, Benchimol.
Ben Dahou Désigne en arabe le fils de Dahou, nom de personne dont le sens ne m’est pas vraiment connu, à rapprocher peut-être de l’arabe DuHâ (= le soleil du matin).
Ben Hamidou Désigne le fils (ben) d’Hamidou, nom formé sur la racine consonantique H.m.d = louer, rendre grâces à. Hamidou est sans doute un diminutif d’Hamid (= digne d’éloges, l’un des plus beaux noms de Dieu).
Ben Hassen Le nom désigne en arabe le fils d’Hassen (voir Hassani pour le sens).
Ben Mariem Nom arabe désignant le fils (ben) de Mariem (= Marie, qui signifie pour les musulmans “la très pieuse”, voir aussi Marie).
Ben Slama Egalement écrit Benslama, désigne le fils (ben) de Slama (voir ce nom).
Ben Yamin Variante de Benyamin. Voir Benjamin.
Bena, Béna Porté en Moselle, c’est une variante de Benad (Bénad), forme lorraine du prénom Bernard.
Benabdelkader Ou Ben Abdelkader. Désigne le fils (ben) d’Abdelkader (voir ce nom).
Benabes Nom arabe : fils d’Abes (variantes Abbes, Abbas), un nom qui signifie au visage sévère (c’est l’un des noms du lion).
Benabès, Benabes Nom porté dans le Morbihan. On rencontrait autrefois les variantes Bonabès et Benabez, Bonabez. Même si la tentation est grande de faire le rapprochement avec un nom arabe (voir Benabes), je pense qu’il vaut mieux y voir un nom de baptême breton (mentionné comme tel dès le début du XIIIe siècle), qui semble être l’équivalent de Barnabas, Barnabé (nom donné par les Apôtres au lévite Joseph, 1er siècle après J-C).
Benabid Nom arabe qui désigne le fils (ben) d’Abid : `âbid = adorateur, serviteur (de Dieu).
Bénac Porté dans la Haute-Garonne et plus généralement dans le Sud-Ouest (32, 46, 64, 82), désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Bénac. C’est le nom de deux communes (09, 65) et de plusieurs hameaux : à Villeneuve-lès-Bouloc (31), à Bonas et à Pallanne (32), à Bosdarros et Oloron-Sainte-Marie (64), à Beaumont-de-Lomagne, Bourret et Puylagarde (82). Sens probable du toponyme : le domaine de Beninus, nom d’homme latin.
Benacer Venu d’Algérie, ce nom désigne le fils (ben) de Nacer, Nasser, un dérivé de naSr (= la victoire) : soit celui qui est victorieux, soit celui qui apporte la victoire. Autre possibilité : aigle (nasr).
Benages Nom catalan rencontré aussi sous les formes Benaiges, Benaches. C’est un nom augural (exprimant un souhait destiné à porter chance) qui se décompose en ‘bé n’hages’ (= que tu en aies du bien !). Avec une formation identique ont trouve les noms Bonages, Bonaiges (bó = bon).
Benaglia Nom de famille italien assez fréquent en Lombardie. Formes voisines : Benaglio, Benagli. Sens probable : contraction de *Benedettaglia (= l’ensemble des descendants d’un nommé Benedetto, en français Benoît).
Benaim, Benaïm Nom fréquent chez les juifs d’Afrique du Nord. Si le premier élément (ben = fils de) ne pose aucun problème, on a le choix ensuite entre deux solutions : soit le nom de personne hébreu Haim (Hayîm = la vie), soit l’arabe Naim, Nahim (na`îm = beau, agréable, éventuellement nâ’im = endormi, calme). La solution arabe paraît la meilleure, avec les variantes Benahim, Benayim, Benahem, Bennaim.
Benais Le nom est surtout porté dans le Maine-et-Loire et en Poitou-Charentes. Il pourrait s’agir d’une variante de Benoît.
Benaise, Benaize L’origine de ce nom se trouve dans le Bas Berry : Le Blanc (36), Concremiers (36), mais aussi par le biais de migrations dans le Montmorillonais (86). Une rivière, la Benaise (s ou z), prend sa source dans la Creuse non loin de la frontière de l’Indre. Cette rivière traverse deux villes ou villages : Saint-Hilaire-sur-Benaise , Mailhac-sur-Benaise. Elle est visiblement à l’origine du patronyme.
Benaïssa Fils d’Aïssa, ce nom étant la transcription arabe de Jésus. C’est l’occasion de rappeler que les musulmans croient en l’existence de Jésus et l’ont souvent vénéré, mais qu’il est pour eux un prophète, et non le fils de Dieu comment le pensent les chrétiens.
Benali Désigne le fils (ben) d’Ali. Voir Ali.
Benamar Fils d’Amar, nom arabe (`amâr) signifiant constructeur, édificateur. Le nom voisin Benammar désigne pour sa part le fils d’Ammar, nom qui peut avoir le même sens, mais qui désigne aussi celui qui vit vieux, et, au sens religieux, celui qui consacre sa vie à la prière.
Benamghar Porté en Afrique du Nord, le nom désigne le fils (arabe “ben”) de celui qui s’appelle Amghar, nom berbère signifiant “vieux”, et par extension “sage, chef de tribu”.
Benamosi Ou Ben Amosi, Benamouzi. Nom porté par des juifs de l’Oranais. Désigne le fils (ben) de celui qui s’appelle Amouzig, Amouzeg, nom à rapprocher peut-être du berbère tamazaght (= la mamelle, et, par extension, généreux).
Benamour Variante de Benamar (voir ce nom).
Benard, Bénard Nom rencontré en Haute-Normandie. C’est une variante de Bernard, provoquée par un phénomène appelé dissimilation ( le premier r s’est amuï, à cause de la présence du second. Dans les Pyrénées-Orientales, c’est le phénomène inverse qui s’est produit : Bernard > Bernat).
Benaroche Patronyme porté en principe par des juifs séfarades. Désigne le fils d’Aroche, nom qui est lui-même une variante de Haroche, Harosh, de l’hébreu harosh = la tête, le chef (ha-ro’sh). Variantes : Benarouche, Benarouch.
Benassi Patronyme arabe désignant le fils d’Assi, un nom qui peut signifier “triste” (‘âsî), ou encore “désobéissant” (`âSî). Benassi est également un nom corse ou italien, dérivé de Bene (bien), ancien nom de baptême médiéval à valeur augurale.
Bénassis Le nom est porté dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales. On le rencontre aussi dans l’Ille-et-Vilaine, département où on trouve la variante Bienassis. Faut-il y voir le sens de “bien assis”, possible toponyme pour un lieu bien situé ? Peut-être. Pour l’Aude, comme pour le nom Bénézis, on peut aussi envisager une variante du prénom Benoît. Formes voisines : Bénassit (33), Bénassy (87, 23).
Benassouli Porté par des Juifs d’Afrique du Nord (variante : Benassouly), désigne le fils de celui qui s’appelle Assouli, patronyme identique à Assouline (voir ce nom).
Benathan Patronyme juif séfarade. Désigne le fils de Nathan (voir ce nom).
Bénâtre Le nom est surtout porté dans le Maine-et-Loire (variante : Benastre), on le trouve aussi dans le Lot et à Saint-Pierre-et-Miquelon. Désigne celui qui est né sous un bon astre (voir aussi Astruc) et a dû être un nom de personne au moyen âge.
Bénatte Patronyme rare dont l’origine est difficile à localiser (quelques mentions aujourd’hui à Paris et dans la Creuse). Le mot ‘bénate’ correspond à l’occitan ‘banasta’ (= corbeille, hotte, également sobriquet pour un nigaud dans certaines régions). C’est aussi un toponyme : une commune s’appelle La Benâte (Charente-Maritime), ainsi que divers hameaux de l’Ouest. La Benatte est également le nom d’un quartier de Bordeaux. Pour la commune de La Benâte, certains pensent à une métaphore avec une corbeille (Dauzat-Rostaing), d’autres (Nègre) préfèrent le sens de ‘bénie’, qualificatif attribué notamment à la Vierge.
Benault, Besnault On trouve les Benault surtout dans le Nord, et les Besnault dans la Vienne. C’est une variante de Bernaud (voir ce nom). Autres formes : Benau (34), Benaud (12), Benaut (60). Diminutifs : Benaudet (59), Benaudin (71).
Benavente Nom espagnol désignant celui qui est originaire d’une localité ainsi appelée. Sens du toponyme : peut-être l’endroit où il fait bon venir, mais c’est loin d’être une certitude. Plusieurs communes s’appellent Benavente, dans les provinces de Badajoz, Huesca et Zamora.

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