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Noms commençant par C

Cabaillès-Candavoine
Candel-Cart
Carta-Cavanna
Cavarelli-Chamboissier
Chambolle-Chasles
Chaslon-Chiappini
Chiaradia-Clavreul
Cléach-Collomb
Collonge-Corbière
Corbillé-Coulombe
Coulombel-Cretier
Cretin-Czura


Coulombel Nom porté en Picardie, également présent en Bretagne. C’est un des nombreux diminutifs de Coulomb (variante de colomb = pigeon), sans doute surnom d’un éleveur de pigeons. Autres diminutifs : Coulomban (03, 18, surtout nom de baptême), Coulombeau (86), Coulombeix (24, 87), Coulombet, Coulombez (59, 62).
Coulon Très répandu en Franche-Comté et en Bourgogne, c’est l’une des nombreuses variantes de Colomb, qui désignait au Moyen Âge le pigeon (surnom d’un éleveur de pigeons ou sobriquet métaphorique, également nom de baptême).
Coulondre Le nom est porté dans l’Hérault, où il est attesté au moins depuis le début du XVIe siècle à Lansargues sous la forme Collondre. Variantes : Coulondres, Coullondre. Autres formes anciennes : Colondre, Colondres, Collondres. C’est un toponyme, représenté dans le département par deux hameaux ou fermes : l’un à Saint-Gély-du-Fesc, l’autre à Saint-Thibéry. À noter aussi un Mas de Coulondres à Saint-Jean-de-Védas. En principe, le terme correspond à l’occitan “colondra” (= colonne, pilier) et pourrait être lié à l’existence de vestiges gallo-romains. Cependant, le lieu-dit de Saint-Thibéry est mentionné en 990 sous la forme Colongas. Si cette graphie était exacte, on aurait plutôt affaire au latin “colonicas”, évoquant des terres défrichées par des colons à l’époque carolingienne.
Coulonnier Nom que l’on trouve dans le Maine-et-Loire. Sans doute l’une des nombreuses variantes de Colombier (= pigeonnier), mais il pourrait s’agir aussi d’une forme de l’ancien français colongeor (paysan exploitant une colonge, latin colonica, terre mise en culture par des colons), voire de celui qui fabriquait des quenouilles (ancien français coloigne).
Coulouvrat Nom surtout porté dans l’Isère. Pourrait désigner un lieu où abondent les couleuvres. À envisager aussi un hydronyme, nom de cours d’eau sinueux (nombreux exemples en Rhône-Alpes).
Coumes Surtout porté dans l’Ariège (également 66, 65), c’est une variante de Comes (voir ce nom). On trouve dans les Hautes-Pyrénées la forme Coume.
Coumet Porté dans le Sud-Ouest, c’est un toponyme gascon désignant une petite vallée (diminutif de “coma” = combe). Plusieurs hameaux s’appellent Coumet, notamment dans les Landes. A noter que le nom a beaucoup été porté dans le Lot-et-Garonne, où existe le hameau de Coumet à Houeilles. En composition : Coumet-Labarthe (65). Diminutifs : Coumétou, Coumettou (nom d’un lieu-dit à Sers, 65). Forme féminine : Coumette (33).
Counil Le nom désigne en occitan un lapin (voir Conill pour plus de précisions). Il est surtout porté dans la Corrèze et le Cantal. Variante : Counilh (47). Le nom Counille, surtout porté autrefois dans les Alpes-Maritimes et en Charente-Maritime, semble en être une forme féminine. Dérivés : Counillet (36), Counillon (03, 58).
Counord Le nom est surtout porté dans le Lot. On le rencontre aussi sous les formes Conord (03, 43, 47) et Conort (48, 30). Il correspond à l’occitan ‘conort’ (= encouragement, consolation), reste à savoir avec quel sens précis. A noter l’existence du hameau de Counord à Castelnau-Montratier (46).
Couot Nom porté das la Haute-Saône ainsi que dans le Sud-Ouest (Lot, Ariège, variante Couhot). Sens incertain : peut-être un diminutif de l’ancien français “coe” (= queue).
Coupal Porté au Québec, le nom semble originaire du Limousin ou d’Auvergne. Il pourrait s’agir d’une déformation de Coupat, nom de famille et nom de lieu assez courant en Auvergne (sans doute avec le sens de “bois coupé”).
Coupaye Surtout porté dans les Ardennes. Il devrait s’agir d’un toponyme évoquant une coupe de bois, mais je n’en ai aucune certitude.
Coupeau Selon M.T. Morlet, le nom correspond à une ancienne mesure de grain, et devrait être le surnom d’un mesureur. Autre possibilité : un toponyme ayant le sens de colline, monticule (ancien français copel). Le nom est surtout porté dans la Mayenne, où deux hameaux s’appellent Coupeau (à Saint-Céneré et à Saint-Berthevin). Variantes : Coupeaux (Normandie), Coupeaud (Sud-Ouest), Coupau (Béarn), Coupaud (Poitou-Charentes).
Coupein Nom surtout porté en Belgique, où les variantes Coupain et surtout Coupin sont plus fréquentes (on les trouve aussi dans le département du Nord). Il faut rattacher ces noms à Copin, Copain (voir Copin).
Coupel Nom porté notamment dans l’Ille-et-Vilaine et la Somme. Voir Coupeau.
Coupelan Nom breton rare, également écrit Coupelant, Couplan, Couplante (22), à rapprocher des formes Coublan, Coublanc, Coublant (29). Sens incertain. Albert Deshayes (voir bibliographie) y voit le participe présent du verbe français “coupler”, mais avec quel sens ? A noter, même s’il n’y a pas forcément un rapport, que la commune de Coublanc (71) correspond au mot “confluent”.
Couperie Désigne celui qui est originaire de la Couperie, un toponyme très fréquent dans l’Ouest, de la Normandie au Bordelais (région où le nom de famille est le plus répandu). Signification : soit une coupe de bois, soit, commme Courprie, un lieu fréquenté par les corbeaux.
Coupet Le nom est porté dans le Pas-de-Calais, mais aussi dans le Limousin, en Bourgogne et en Béarn. Sens incertain : c’est un diminutif de “coupe”, mais avec plusieurs possibilités, notamment celle de mesure de grain, de petit sommet ou de bois-taillis. A noter qu’en ancien français le mot “copet” a désigné aussi un coup de cloche (surnom possible d’un sonneur).
Coupey, Couppey Nom surtout porté dans la Manche. Le dictionnaire de M.T. Morlet le considère comme un surnom donné à un sonneur. Je pense plutôt pour ma part à un toponyme désignant un bois-taillis (où l’on coupe le bois), ou encore une colline. Bref, le sens n’est pas évident, d’autant que le rapprochement avec la coupe (objet) est également possible.
Coupier Nom porté dans les Alpes-de-Haute-Provence et la Drôme, ainsi que dans la Haute-Loire (variante : Coupiez). Désigne celui qui habite un lieu-dit (le) Coupier ou qui en est originaire. Le toponyme a le sens de bois-taillis, il est fréquent dans cette région : dans les Alpes-de-Haute-Provence c’est le nom de deux hameaux à Villemus et Forcalquier. A noter aussi des hameaux à Ranchal (69), Ardoix (07) et Saint-Sauveur (38).
Coupillaud Rare et porté en Charente, pourrait être une variante de Goupillaud, Goupilleau, diminutifs de “goupil” (= renard). Autrement, on peut rapprocher le nom de l’ancien français “copille” (= menue branche, surnom possible pour celui qui fait des fagots), ou encore de “coupillon” (mesure pour les grains).
Couplet Rencontré dans le Nord-Pas-de-Calais, c’est un diminutif de Copel, qui peut avoir plusieurs sens mais qui dans cette région désigne le plus souvent une petite colline, un monticule, un sommet.
Couprie, Couprié Le nom Couprie, fréquent dans le 44, renvoie à une commune du Maine-et-Loire (St Christophe-la-Couperie), mais aussi à de nombreux hameaux (voir Courprie). Mais il existe aussi une forme Couprié (variante Couprier), plus rare, et qui pourrait venir du Périgord. Son sens m’est inconnu (peut-être un couvreur ?)
Coupteau Autrefois surtout porté dans les Ardennes, ce nom rare est un diminutif de Coupet (voir ce nom).
Courade Nom béarnais désignant un col, un passage (cf. le catalan “collada”). A noter, dans les Hautes-Pyrénées, où le nom est le plus répandu, les hameaux de Courade à Germs-sur-l’Oussouet et à Saint-Pé-de-Bigorre, ou encore celui de La Courade à Nistos. Variante : Courades (64). Diminutifs : Couradet, Couradette (64, 65). Le toponyme Courade est également présent en Charente, avec un sens qui m’est inconnu mais qui n’a aucun rapport avec le précédent. C’est lui qui est à l’origine de Couradeau, nom de famille porté dans la Vienne : trois hameaux s’appellent Le Couradeau, à Saint-Amant-de-Boixe, Bouex et aux Pins (16).
Couradin Rare, le nom est surtout porté dans la Sarthe. Quelques mentions aussi dans l’Yonne et la Seine-et-Marne, où un lieu-dit s’appelle le Rocher Couradin (Saint-Martin-en-Bière). Il semble s’agir d’un diminutif de Courad, Courard, ce dernier nom étant également porté dans la Sarthe (voir Conrard pour le sens). Avec un autre suffixe : Couradot (55).
Courado Nom rare porté dans le Tarn. Il existe des Courado au Portugal, mais on pensera plutôt à un toponyme occitan, désignant dans les Pyrénées un passage en montagne, un col. La finale féminine -o est assez fréquente de l’Aude au Rouergue.
Couralis Porté dans les Pyrénées-Atlantiques (variante : Coralis, 40), le nom est à rapprocher de Coural (24, 81), Couraleau, Coraleau (33, 85), Couralet, Courallet (40, 64, 37). Voir Coral pour le sens.
Couranjou Le nom est porté dans la Haute-Garonne. Je n’en connais pas le sens. Un hameau porte ce nom à Saint-Pierre-de-Lages (31), mais je ne suis pas sûr qu’il soit antérieur au nom de famille.
Courant Le nom est surtout porté dans le Maine-et-Loire et dans l’Indre. Il désigne presque toujours celui qui est originaire d’une localité appelée (le) Courant, (les) Courants, toponyme évoquant un ruisseau, un canal. En Bretagne, le sens est parfois différent, il peut s’agir d’un ancien nom de baptême, mentionné au XIIe siècle dans le cartulaire de Quimperlé, à rapprocher du vieux breton cobrant (lui-même correspondant sans doute au vieil irlandais cobir = secours).
Courapied Curieux nom porté dans la Mayenne et dans l’Orne, également écrit Courapié. On pense automatiquement au surnom d’un messager, mais il n’est pas interdit de songer à une déformation de Couratier (voir ce nom).
Couratier Surtout porté dans le Loiret, le nom désigne en ancien français (“coratier”) un courtier, un intermédiaire dans les transactions commerciales (en fait, il s’agissait le plus souvent d’un officier municipal chargé de taxer les échanges).
Courau Le nom est porté dans les Landes et les départements voisins (32, 33). Il désigne celui qui habite un lieu-dit (le) Courau, nom de plusieurs hameaux des Landes et de la Gironde. Sens probable : lieu marqué par la présence d’un chêne remarquable (les mots “coral”, “corau” sont attestés avec le sens de “coeur de chêne”, puis “chêne”).
Couraud Porté notamment dans la Loire-Atlantique, la Charente et la Haute-Vienne, ce devrait être un toponyme. A noter l’existence d’un hameau appelé Couraud, mais dans l’Allier (Domérat). Plusieurs sens possibles : soit une petite cour, soit plutôt un bois de coudriers (coure, variante de coudre). Le lien avec la courge (ancien français coure) est également possible. Dérivé : Couraudon (36). Formes voisines : Coureau (82, 40, 71), Coureaud (33, 89, 79), Coureault (71, 49), Coureaut (71), Coureaux (56), Courault (58, 71), Couraut (85), Couraux.
Courbaron Le nom est porté dans la Manche. Il pourrait s’agir d’un toponyme (le domaine du baron ?), mais on pensera plutôt un sobriquet pour désigner celui qui s’appelle Baron et qui est petit (court).
Courbe C’est un toponyme très fréquent évoquant une courbe, un méandre de rivière. Le nom est surtout porté en Seine-Maritime, mais on le trouve aussi dans le Loiret et dans d’autres régions. On peut, dans certains cas, envisager aussi un surnom donné à une personne voûtée, et on pensera aussi à l’ancien français “corb” (= corbeau).
Courbet Fréquent dans le Vaucluse, le nom se rencontre aussi dans le Nord et le Maine-et-Loire. On le trouve également en Franche-Comté, surtout sous la forme Courbey. Il peut s’agir d’un toponyme, désignant soit un terrain de forme courbe, soit un méandre de rivière. Mais on n’oubliera pas l’ancien français “corbet” (= corbeau), autrement dit un sobriquet.
Courbis Nom de famille surtout porté dans la Drôme. Désigne celui qui est originaire d’une localité ainsi appelée. On notera dans la Drôme les hameaux de Courbis à Crest, les Courbis à Montjoux, Grand Courbis à Châteauneuf-sur-Isère, Ferme Courbis à Alixan. Egalement le Grand Courbis et le Petit Courbis dans l’Ardèche (Alboussière), où le patronyme est aussi présent. Sens du toponyme : sans doute lieu fréquenté par les corbeaux.
Courbo Le nom est porté dans le Pas-de-Calais et la Somme, où il est plus fréquent sous la forme Courbot. Il peut désigner celui qui est originaire du Courbot, hameau à Quesques (62), toponyme ayant sans doute le sens de méandre ou de tournant. Autre possibilité : surnom pour celui qui est courbé.
Courbon Nom fréquent dans la Loire et la Haute-Loire, également présent dans les Alpes du sud (04). Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit Courbon. De nombreux hameaux s’appellent ainsi. Pour les régions qui nous concernent, on a Courbon dans la commune de Riotord (43) et Courbon à Corbières (04). Le sens est moins évident : on a le choix entre une courbe de rivière, un repli de terrain ou un lieu fréquenté par les corbeaux.
Courcambeck Nom rencontré dans la Côte-d’Or (Athée). Vu sa rareté, il devrait s’agir d’un nom de hameau ou de lieu-dit. On le trouvait au XVIIIe siècle en Lorraine (54) sous la forme Courcambec, rencontrée également au Québec en 1680, où le nom apparaît comme une forme inversée de Bécancour (nom donné à un fils de Robineau, sieur de Bécancour, lui-même né à Paris).
Courcel Le nom Courcel est surtout porté dans le Cher, on le rencontre aussi dans le Pas-de-Calais. C’est un toponyme fréquent, diminutif du latin curtis (= ferme, domaine).
Courcelle Fréquent dans le Nord-Pas-de-Calais, rencontré aussi en Mayenne, désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Courcelle. Sens du toponyme (très répandu dans la motié nord de la France) : petit domaine, petite ferme.
Courchet Porté dans le Var (La Garde-Freinet depuis le XVIIe siècle), le nom pourrait être un diminutif de l’occitan “corcha”, avec le sens de chemin de traverse. C’est cependant loin d’être sûr.
Courcol Le nom est surtout porté dans le Pas-de-Calais, où il est présent depuis très longtemps : une famille de Bailliencourt dit Courcol est signalée en Artois dès le XIIIe siècle. Il s’agit d’un surnom donné à celui qui a un cou court (“court col”). On trouve dans la même région le nom Courtecuisse.
Courcoul Nom porté dans la Loire-Atlantique et l’Ille-et-Vilaine. Sens incertain. Apparemment, le nom pourrait désigner le charançon (latin curculio), ce qui semble cependant bizarre pour un nom de famille.
Courcoux Assez fréquent dans les Côtes-d’Armor, semble une variante de Corcuff (29), ancien nom de personne signifiant ‘homme doux’, rencontré aussi sous la forme Gourcuff.
Courdavault Le nom est surtout porté dans la Nièvre (également 91, 92). Semble désigner le domaine, la ferme (cour) situé en bas, en aval. Autre possibilité : Davault pouvant être une variante ou un diminutif de David, ce serait le domaine de Davault.
Courdemanche (de) Nom porté par la famille ayant possédé la seigneurie de Courdemanche, un toponyme assez fréquent sous diverses formes : on trouve les communes de Courdemanche dans la Sarthe et dans l’Eure, mais aussi Courdemanges dans la Marne, et Courdimanche dans l’Essonne. Dans tous les cas, il s’agit de la ferme, du domaine (court, cour) appartenant à Dimanche, forme populaire du prénom Dominique. Le patronyme se rencontre aussi sous les formes Courtemanche, de Courtemanche (nom d’une commune de la Somme).
Courdoumi Equivalent de Cordomí, nom assez fréquent en Catalogne du Sud. C’est un nom de personne d’origine germanique, Chlodomir (hlod = gloire + mir = illustre).
Couret Fréquent dans le Sud-Ouest ainsi que dans le Gard, c’est un toponyme très répandu qui dans les Pyrénées désigne soit un petit ruisseau, soit un petit col, un passage étroit. Le sens de petite cour est évidemment possible dans certains cas, tout comme celui de bois de noisetiers (coure = variante de coudre).
Courgenou Attesté dans la Mayenne dès le XVIIe siècle, le nom était aussi porté dans l’Orne, où il est plus fréquent sous les formes Courgenouil, Courgenoul, Courgenoult. Un sobriquet “court genou” ne semble pas signifier grand-chose, même si on connaît des Courtecuisse et des Courjarret (eux-mêmes d’interprétation délicate). Une autre solution paraît préférable : un toponyme signifiant le domaine, la ferme (“cour, court”) de celui qui s’appelle Genou (voir ce nom). Il existe des hameaux appelés Courgenou à Chaumont-sur-Tharonne (41) et à Oussoy-en-Gatinais (45), ou encore le Grand Courgenou et le moulin de Courgenou à Saint-Georges-le-Gaultier (72). A noter aussi dans la Mayenne la forme voisine Courgénil, hameau à Juvigné.
Courgibet Les plus anciennes mentions situent ce nom à la fois dans la Marne et dans l’Eure-et-Loir. Il désigne le possesseur d’un court gibet, ce dernier mot ayant au Moyen Âge le sens de bâton court muni d’une crosse, sorte de massue ou bâton muni d’une fronde (une allusion grivoise est envisageable éventuellement). À noter qu’il existe une ferme nommée “le Courgibet” à Yèvres (28), mais elle doit son nom à Louis Courgibet, qui en était le possesseur en 1523.
Courgnaud, Courgnault Ces noms se rencontrent depuis le Limousin jusqu’en Poitou-Charentes. Autre variante : Courgneau. Il semble s’agir de diminutifs de corne, dont le sens reste à préciser.
Courillon Nom surtout porté dans l’Aube. On le rencontrait aussi autrefois dans le Loiret. Désigne celui qui est originaire d’un lieu dit (le, les) Courillon (s), apparemment un diminutif de cour, avec le sens de petite ferme. Le toponyme est fréquent dans le Loiret (cinq hameaux y portent ce nom). A noter dans l’Aube la vallée aux Courillons (commune de Nogent-sur-Othe). Les noms Courillaud, Courilleau, Courilleault (79) devraient avoir le même sens, tout comme Couriau, Couriaud, Couriault, Couriaut, Couriaux (Bourgogne et Bretagne). Il existe un “Fief du Courilleau” à Chavagnes-les-Redoux (85).
Courjaret Surtout porté dans le Maine-et-Loire (variante : Courjarret), ce devrait être le surnom d’un boiteux.
Courmarcel Le nom est surtout porté dans l’Orne. Variante probable : Courmaceul. Signification : le domaine (cour) de Marcel. Un hameau s’appelle Courmaceul dans la commune du Bourg-Saint-Leonard (61), un autre Courmarceau à Luceau (72).
Courmont Nom surtout porté dans le Nord. C’est un toponyme pouvant évoquer un domaine (latin cortis) bâti sur une hauteur (mont). Autre possibilité : la petite colline (le mont court). Le nom désigne sans doute ce lui qui est originaire de la commune de Courmont, dans l’Aisne (il existe aussi une commune de ce nom dans la Haute-Saône).
Cournand Semble une variante de Cournaud, celui qui porte des cornes. Le nom est rare, ce qui rend difficile sa localisation.
Cournède Nom rencontré dans le Rouergue. Il semble s’agir d’un toponyme désignant un bois de cornouillers (corna = cornouille).
Cournoyer Très rare en France, le nom est surtout porté au Québec, où il est présent depuis le XVIIe siècle : Paul Hus dit Cournoyer, cité en 1668, était né à Montigny, près de Rouen. Il devrait s’agir d’un toponyme désignant un lieu où pousse le cornouiller.
Cournut Variante de Cornut (voir Cornu) rencontrée en Lozère, ainsi que dans le Rouergue. Autres formes : Cournou, Cournu, Cournud.
Couroble Rare, le nom est surtout porté en Martinique. C’est l’équivalent de Courouble (59), désignant celui qui est originaire de Quarouble, commune située près de Valenciennes. Le toponyme désigne un carrefour (latin quadrivium).
Couronne Surtout porté en Loire-Atlantique, le nom est le plus souvent un toponyme désignant une ceinture de rochers. On peut aussi penser à un fabricant de couronnes, ou à celui qui a été tonsuré. Dérivés : Couronnaud, Couronneau (16, 17, 33).
Courouge Porté notamment dans les Deux-Sèvres et la Gironde, pourrait désigner celui qui est originaire de Courrouge, hameau à Faux (24).
Courouscé Très rare, le nom est porté dans la Marne. On le trouve dans la Loire-Atlantique sous les formes Couroucé, Couroussé, Courroucé, Courroussé. Il s’agit en principe du surnom d’un homme coléreux.
Courprie Porté en Charente-Maritime, le nom est beaucoup plus fréquent sous la forme Couprie (16, 85, 79). Il désigne sans doute un lieu fréquenté par les corbeaux. A noter, en Charente-Maritime, la Petite et la Grande Couprie à Authon-Ébéon, ou encore Couprie, au Fouilloux. Il existe aussi un hameau la Couprie à La Bernardière (85). Le nom Courpron, porté également en Charente-Maritime, semble avoir le même sens.
Courrège, Courrèges Nom très fréquent dans le Sud-Ouest. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit Courrège, Corrège. Sens du toponyme : bande de terre allongée, terrasse cultivée (métaphore de correja = courroie).
Courrègelongue Le nom est surtout porté dans la Gironde. Variantes : Courègelongue, Courrège-Longue. C’est un toponyme avec le sens de longue bande de terre (voir Courrège). Deux hameaux s’appellent Courrègelongue : à Captieux (33) et à Fourques-sur-Garonne (47).
Courribaut Nom rare porté dans la Gironde. Variante : Couribaut. Il pourrait désigner celui qui est originaire de Courribau, hameau à Pardaillan (47). Voir aussi Corriveau.
Courriol Nom qui semble venir de l’Ardèche et des départements voisins. Pour le sens, voir Corriol.
Courroux C’est dans l’Allier et les départements voisins (18, 58) que le nom est le plus répandu (variante : Couroux). Il est également présent dans le Vaucluse. Il ne devrait avoir aucun rapport avec le mot “courroux”, même s’il n’est pas interdit d’y penser (ce mot était très courant au Moyen Âge). On pensera plutôt à un toponyme (divers lieux-dits en France), à rapprocher peut-être du terme “couro” (terrain pierreux en Bourgogne).
Cours Beaucoup de porteurs du nom dans le Sud-Ouest, où c’est un toponyme fréquent, nom de divers communes et hameaux (pluriel de “cour”, avec le sens de ferme, petit domaine). Le nom se rencontre aussi en Moselle, peut-être avec le même sens, peut-être comme francisation de Kurz (voir ce nom).
Coursange Porté dans la Drôme, ce devrait être un toponyme, nom d’un ancien domaine gallo-romain formé avec le suffixe -anica(s) sur le nom de personne latin Curtius. Reste à le localiser !
Coursière Le nom est surtout porté dans le Massif Central et le Sud-Ouest (mais on le rencontre aussi dans le Calvados). Variantes : Coursieras, Coursières. C’est un toponyme qui désigne en Auvergne un raccourci, mais qui le plus souvent évoque un canal. De nombreux hameaux s’appellent Coursière ou Coursières. A noter, pour le Calvados, le hameau de la Coursière, à Saint-Denis-de-Méré.
Coursindel Nom porté dans l’Hérault (Mauguio). Il pourrait s’agir d’un diminutif de Coursin, celui qui est originaire de Cahors, également surnom d’usurier. Vu la rareté du nom et l’incertitude quant à son origine géographique, il est cependant difficile de se prononcer.
Court Nom fréquent dans la Haute-Loire et les départements voisins. C’est un toponyme correspondant au latin cortis, qui a donné aussi cour. Il désigne sans doute un domaine rural, et celui qui y habite ou en est originaire (voir Delcor).
Courtade Nom du Sud-Ouest. Pour le sens, voir Cortade.
Courtat Surtout porté dans le Loiret et dans l’Yonne, pourrait être un toponyme avec le sens de petite ferme, petit enclos. On pensera aussi à un dérivé de l’adjectif “court”, surnom d’un homme petit.
Courtaud Le nom est porté notamment dans le Limousin et l’Allier. Comme pour tous les dérivés de “court”, deux sens sont possibles : soit le surnom d’homme petit (adjectif “court”), soit un domaine rural, un enclos, une ferme etc. (nom “court”). En pays occitan au moins, la seconde solution semble préférable, “courtaud” étant alors sans doute l’équivalent de “cortal” (= enclos pour les bêtes, bergerie), mais on ne peut totalement négliger la première hypothèse. Variantes : Courtau, Courtault, Courteau, Courteaud, Courteault. Diminutif : Courtaudon. Dérivé : Courtaudière (la ferme ou le domaine de Courtaud). On trouve également dans l’Est (Bourgogne, Champagne, Lorraine) les formes Courtaut, Courtaux, Courteaux.
Courtebotte Nom très rare porté dans la Marne, mais surtout présent autrefois dans les Vosges. Il désigne certes celui qui a une botte courte, reste à savoir comment interpréter le surnom. Peut-être un sobriquet pour un boiteux. On trouve avec le même sens le nom Courteheuse en Normandie (heuse = botte).
Courtecuisse Un sobriquet surtout porté dans le département du Nord et dans la Sarthe (également présent en Belgique). On peut certes penser qu’il désigne un individu court sur pattes, mais la cuisse nous invite à imaginer une allusion beaucoup plus grivoise.
Courtel Le nom est surtout porté en Bretagne (56, 22, 35). On en trouve plusieurs mentions anciennes dans la Manche. Deux sens semblent possibles : soit un diminutif de l’adjectif “court”, soit un diminutif de “cour” (ancien français “cort”), avec le sens de petit enclos, petit domaine rural.
Courtens Porté dans le département du Nord et en Belgique, c’est un double génitif du nom de personne flamand Kort, forme courte de Koenraat (= Conrad, voir Conrard).
Courtès Voir Cortès pour le sens. Fréquent en Languedoc, le nom se rencontre aussi en Bretagne (29) , où il correspond à l’adjectif “courtois”. Variante : Courthès, sans doute d’origine occitane.
Courtet Surtout porté dans le Morbihan et dans l’Yonne, c’est le plus souvent un sobriquet appliqué à celui qui est petit, court sur pattes. En Bretagne, on peut cependant penser aussi à une variante de “courtois”.
Court-Fortune Joli nom porté en Savoie. Il est tentant d’y voir un surnom donné à un personnage aventureux. Méfiance malgré tout, car les patronymes Court et Fortune existent tous deux en Savoie, et il pourrait s’agir d’un nom composé (une spécialité savoyarde), hypothèse confirmée par l’existence de la forme ancienne Court-Fortunaz.
Courtiade Porté dans le Sud-Ouest (64, 40, 31), le nom désigne une ferme, tout comme Courtade et Cortade. Variante : Courthiade (40).
Courtial, Courthial Surtout porté dans l’Ardèche, désigne celui qui habite un lieu-dit le Courtial, ou est originaire d’un hameau ainsi appelé. Sens du toponyme : enclos, jardin (latin cohortile). Plusieurs hameaux de la Loire et de l’Ardèche se nomment (le) Courtial. Formes plurielles : Courtias, Courthias (26, 63). Variantes gasconnes : Courtiau, Courthiau (40).
Courtier Porté notamment dans la Meuse et la Seine-et-Marne, c’est souvent un toponyme, avec le sens de terrain clos, jardin potager. Autre possibilité, le mot “courtier” est attesté au Moyen Âge avec le sens de “juge”. Enfin, il n’est pas interdit de penser qu’on peut avoir affaire à un courtier (intermédiaire dans les transactions commerciales), même si la graphie moderne ne date que du XVIe siècle (le mot s’écrivait “corretier” au Moyen Âge).
Courtin Diminutif de Court, sobriquet désignant une personne petite. Patronyme fréquent en Normandie et en Picardie. A noter cependant que Cortin fut le nom de l’épée de Charlemagne, puis d’Ogier, ce qui pourrait avoir entraîné d’autres sens.
Courtine Surtout fréquent dans le Massif Central (63, 07, 19), désigne sans doute celui qui est originaire de la Courtine, petite commune de la Creuse. C’est également le nom de plusieurs hameaux en Auvergne. Origine du nom : peut-être un élément de fortification (courtine = mur entre deux tours, dans une forteresse), mais un diminutif du mot cour, avec le sens de ferme, petit domaine rural est préférable.
Courtiol Toponyme très fréquent dans le Midi. Il désigne un petit enclos, peut-être tout simplement un jardin. Le patronyme représente celui qui est originaire de l’un des nombreux lieux-dits portant ce nom. On rencontre surtout les Courtiol dans le Lot.
Courtis On rencontre le nom dans la Haute-Garonne, mais aussi dans l’Yonne et dans la Somme (variante : Courtisse, 59). C’est la forme latine (curtis) du mot cour(t), avec le sens de jardin, enclos, puis ferme. Autre possbilité : équivalent du mot ‘courtois’.
Courtois, Courtoise Très répandu en France, c’est peut-être un surnom s’appliquant à un homme très poli, raffiné, mais on peut penser, vu sa fréquence, qu’il a dû être utilisé comme nom de personne (prénom). À envisager aussi un dérivé du toponyme “court” (avec le sens de domaine rural). Quant à Courtoise, c’est un matronyme (= la femme de Courtois), rencontré notamment dans la Manche, mais aussi autrefois dans l’Allier et l’Aube.
Courtoison Surtout porté dans le Cher, devrait être un diminutif de Courtois (voir ce nom).
Courtonne Nom surtout porté dans l’Aisne et dans l’Orne. Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Courtonne : dans l’Aisne, il s’agit certainement de la commune de Verneuil-Courtonne. Dans l’Orne, on a le choix entre deux communes du Calvados (Courtonne-la-Meurdrac et Courtonne-la-Ville). Etymologie : apparemment un dérivé de cour(t) = ferme, exploitation.
Courtot Sobriquet fréquent dans l’Est, désignant un homme court sur pattes.
Courtoux Le nom se rencontre d’une part dans l’Ille-et-Vilaine, de l’autre en Bourgogne et dans le Jura. Dans l’Ouest, il semble que ce soit un toponyme, nom entre autres d’un ancien fief à Saint-Pierre-sur-Orthe, dans la Mayenne (Courtour au XVIe siècle). Vers l’Est, le sens est différent : peut-être une variante de Courtois (voir ce nom), les deux noms étant parfois attestés pour une même famille. À envisager aussi un dérivé de l’adjectif “court”, à rapprocher de Courtaud. Variantes jurassiennes ou savoyardes : Courtoud, Courtout. Variante bretonne : Courtous.
Courty Très répandu dans le Limousin (23, 87), c’est un toponyme désignant un enclos (enclos pour les bêtes ou jardin clos). Avec d’autres graphies et dans d’autres régions : Courti, Courtil.
Courvalet Surtout porté dans la Seine-Maritime, le nom s’écrit aussi Courvallet (14, 76). C’est un diminutif de Courval (14, 76), qui devrait avoir comme toponyme le sens de “vallée courbe” (de la même façon, Courville signifie “la ville courbe”). Je ne trouve aucun lieu-dit Courvalet. Par contre, Le Courval est le nom de hameaux à Trouville-la-Haulle (27) et à Hodeng-au-Bosc (76), tout comme Courval à Vassy (14), ancienne commanderie de templiers.
Courville Le nom est porté dans l’Eure-et-Loir et dans l’Orne, ainsi que dans le Jura et la Saône-et-Loire. Il désigne celui qui est originaire de Courville, nom de deux communes françaises (28, 51) et sans doute de divers hameaux. Signification : la ville, le village courbe (Curvavilla, Curba Villa sont les premières mentions connues des deux communes).
Courvoisier Voir Corvaisier.
Cousin En tant que patronyme, le nom exprime sans doute un lien de parenté, mais on pensera aussi au sens d’ami très cher, comme c’est le cas notamment dans le Roman de Renart. Le nom est très répandu, c’est dans le Nord-Pas-de-Calais qu’il est le plus fréquent. Variantes : Couzin (17, 80), Cousi, Cousy (12), Cousins (62), Cousyn (59). Dérivés : Cousinard (27, 76), Cousinat (51, 10), Cousinaud (16), Cousineau (85, 79, 17), Cousinet (47, 79, 33), Cousiney (33), Cousinot (55), Cousinou (24, 19).
Coussart Rare, le nom est porté notamment dans la Somme. Formes similaires : Coussaert (59), Coussard (38). C’est une probable variante de Cossard (voir ce nom).
Cousseau Fréquent en Vendée et plus généralement dans l’Ouest (variantes : Coussaud, Cosseau), ce pourrait être le surnom d’un producteur de cosses (légumineuses), ou un toponyme avec le sens de ‘champ de cosses’.
Coussée Le nom est porté en Belgique et dans le Nord-Pas-de-Calais. On le rencontre aussi sous la forme Cossée. Sens obscur. À envisager éventuellement un champ où on récolte des cosses, ou encore une variante du mot “chaussée”, solution qui paraît plus plausible.
Coussemacker Porté dans le Nord-Pas-de-Calais, désigne un fabricant de chausses. Variantes : Coussemaeker, Coussemaker. Forme abrégée : Coussemacq.
Coussen Nom porté dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques. Peut-être une variante de Coussan, nom d’un village des Hautes-Pyrénées. On trouve aussi dans le Nord et en Belgique la forme Coussens, qui correspond à Cousin (voir ce nom).
Cousserans Essentiellement présent dans les Pyrénées-Orientales (Saint-Paul de Fenouillet), le patronyme désigne certainement celui qui est originaire de la région de l’Ariège qui porte ce nom (Couserans).
Coussirat C’est dans les Pyrénées-Atlantiques que le nom est le plus répandu. Il s’agit sans doute du participe passé du verbe “consirar” (= considérer). Selon Michel Grosclaude (voir bibliographie), il signifie “estimé, recherché” et a été donné comme nom de baptême au Moyen Âge. A noter l’existence d’un hameau Coussirat à Lucq-de-Bearn (64). En composition : Coussirat-Bourg, Coussirat-Coustère, Coussirat-Hortet.
Cousson Nom assez répandu dans le Centre et le Centre-Ouest (58, 03, 86). C’est une variante de Cosson (voir ce nom).
Cousteau Le nom est surtout porté dans le Sud-Ouest. C’est un diminutif de Couste (même région), avec le sens de colline, coteau, petite côte. Formes similaires : Coustau, Coustaud, Coustaut, Coustaux, Cousteaux, Coustel.
Coustellié, Coustellie Nom rare porté notamment dans l’Hérault. On trouve la forme sans doute équivalente Coustellier dans les Bouches-du-Rhône. Sens incertain : on peut penser à un surnom pour celui qui habite un lieu-dit “la Cousteille”, avec le sens de “coteau”, mais il ne faut pas oublier que le mot “costel” (“coustel”) a pu aussi désigner un couteau au Moyen Âge. Dans ce cas, on aurait affaire à un coutelier. À noter l’existence d’une ferme ou d’un hameau appelé “les Cousteliers” à Lautrec, dans le Tarn, le toponyme étant sans doute issu du nom de famille.
Coustol Porté notamment dans l’Hérault, le nom désigne une colline, un coteau (dérivé de l’occitan “costa”). Avec le même sens : Coustols, Coustou (12), Couston (84, 26), Coustolle (24, 33). Les noms provençaux Coustoulin, Coustoulier, Coustoullier désignent sans doute quant à eux ceux qui habitent les collines.
Cousty Nom porté dans le Limousin (19, 87). Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit la Cousty (= la côte). A noter le hameau de la Cousty, dans le Cantal (Riom-ès-Montagnes).
Coutable Le nom est surtout porté dans la Sarthe (également 17, 37, 41). Le rapport avec l’adjectif d’ancien français “coustable” (= coûteux) semble à exclure, car on ne voit pas pourquoi il aurait donné naissance à un surnom. Mieux vaut envisager une contraction du mot “connétable” (ancien français “conestable”), par l’intermédiaire d’une forme “constable” qu’on trouve à la fois en anglais et ancien français (Godefroy signale le mot “constablerie”). Le terme “connétable” correspondait à un titre militaire. Comme nom de famille (on trouve des Connétable dans l’Oise et des Leconnétable dans la Manche), il faut le considérer comme l’un des nombreux titres de noblesse employés comme sobriquets. Le nom de famille Constable est pour sa part assez fréquent en Angleterre. A noter aussi quelques Contable en France, notamment dans l’Oise autrefois.
Coutadeur C’est dans l’Eure-et-Loir que le nom est le plus porté. On le rencontre dans ce département (également Loiret et Loir-et-Cher) au moins depuis le XVIIe siècle. Le dictionnaire de M.T. Morlet le rattache à l’occitan cotador (= garde-champêtre), ce qui pose un petit problème géographique mais semble pourtant correct.
Coutant Variante du prénom Constant très fréquente en Poitou-Charentes. Autres formes : Coutan, Coutand. Matronyme : Coutance (= Constance), qui peut aussi être un toponyme (Coutances, nom d’une commune de la Manche). Diminutifs : Coutanceau, Coutancin (85).
Coutard Fréquent dans la Mayenne, c’est une variante de Cotard (35 notamment), considéré par M.T. Morlet comme un dérivé de Cot, hypocoristique de noms tels que Jacot ou Nicot (diminutifs de Jacques et Nicolas).
Coutaudier Le nom est surtout porté dans la Loire. Variante : Coutodier (69). Sens incertain. S’il ne s’agit pas d’un nom formé sur un toponyme, on hésitera entre un gardien (dérivé de custode) et un garde-champêtre (ancien occitan cotador).
Couteau Désigne celui qui fabrique, vend des couteaux, ou encore un porteur de couteau. On rencontre le nom surtout dans le Nord et le Loiret. Attention cependant : il peut aussi s’agir d’un toponyme, variante de coteau. Le problème est le même avec Coutel, porté dans le Cantal et le Nord.
Coutellec, Le Coutellec Nom breton (22) désignant soit un fabricant de couteaux, soit un porteur de couteau. Variante : Le Contellec (en moyen breton contell = couteau).
Couterie Porté dans le Nord-Pas-de-Calais, dont il n’est pas forcément originaire, désigne celui qui habite un lieu-dit (la) Couterie (ancien français coterie = terre rotutière). Un hameau s’appelle Couterie à Gorses (46). Le toponyme est également présent en Bretagne et en Normandie. Le nom de famille était porté dans le Tarn au XVIIe siècle.
Coutheillas Porté dans le Limousin, désigne celui qui est originaire de Coutheillas, hameau de la commune de Compreignac (87). Sens du toponyme : dérivé de côte ou de coteau.
Couthures Nom de famille porté dans le Sud-Ouest. C’est une variante de Couture, Coutures, toponyme très fréquent à la fois en Normandie et dans le Sud, qui désigne une terre cultivée (du latin cultura). Le nom Couthures pourrait désigner celui qui est originaire de Couthures-sur-Garonne (47).
Coutil Nom surtout porté dans l’Allier, où l’on trouve aussi la forme Coutild. Il désigne en principe celui qui fabrique ou vend du coutil, sorte de toile croisée et serrée, en fil ou en coton.
Coutin Nom fréquent à la fois dans les Ardennes et en Poitou-Charentes (variante Coutain). Sans doute un dérivé de Cot, aphérèse de Nicot (= Nicolas) ou de Jacquot (= Jacques).
Coutinho Nom de famille portugais, diminutif de Couto, toponyme fréquent qui a désigné un bois ou un pâturage interdit, réservé au seigneur.
Coutolle Nom rare porté en Gironde. Il devrait désigner celui qui est originaire de Coutolle, hameau à Montguyon (17). Sens possible du toponyme : petit sommet, coteau.
Couton Patronyme fréquent en Vendée. L’un des nombreux diminutifs formés sur Cot, aphérèse de Nicot (= Nicolas), éventuellement de Jacquot. On trouve avec le même sens les variantes Coton, Cotton (59, 62).
Coutou Le nom est surtout porté en Dordogne (également 47, 12). On trouve la variante Coutoux dans l’Indre-et-Loire. Tout comme Coustou (12, 82), c’est un toponyme désignant un coteau. Le nom de famille désigne donc celui qui habite un lieu-dit (le) Coutou. A noter cependant que le dictionnaire de M.T. Morlet fait de Coutou un diminutif de Cot, hypocoristique de noms tels que Jacquot, Nicot.
Coutre Porté notamment dans le Loiret, le nom a dû désigner un sacristain (ancien français costor, costre). On trouve avec le même sens les noms Lecoustre (62, 76, 63) et Lecoutre (62, 76).
Couttenier Nom porté dans le département du Nord et en Belgique, rencontré aussi sous les formes Cottenier, Cottenie, Cottenye. Désigne celui qui travaille le coton ou un marchand de coton (latin médiéval cutto, arabe quTun).
Couturas Porté en Limousin, c’est une forme plurielle de Couture (voir ce nom). A noter les hameaux de Couturas à Saint-Hilaire-les-Courbes (19) et à Saint-Vincent-de-Connezac (24).
Couturaud Nom porté notamment dans l’Indre, la Haute-Vienne et la Vienne. C’est un diminutif de Couture, toponyme désignant une terre cultivée, un champ. Variantes : Coutureau (79), Coutureaux (60), Couturiaux (62). Avec d’autres suffixes : Couturat, Couturelle, Couturet (25), Couturon (19), Couturou (24).
Couture Fréquent en Normandie et dans le Nord-Pas-de-Calais, désigne une terre cultivée, un champ (latin cultura), et donc celui qui cultive une terre ou plutôt qui habite un lieu-dit (la) Couture. Variante plurielle : Coutures (33, 65).
Couturejuzon Porté dans les Pyrénées-Atlantiques, le nom peut désigner une terre cultivée (“couture”) située en bas, en dessous (“juzon”, variante de “jusanx”). Autre possibilité : un nom de famille composé, comme semble l’indiquer la variante Couture-Juzon. Un hameau s’appelle Couturejuzon à Araux (64).
Couturier Il s’agit bien sûr d’un métier, mais attention : rien à voir en principe avec la couture. Le nom, très fréquent dans la région lyonnaise, désigne en effet un cultivateur, le tenancier d’une couture (du latin cultura). Fréquent comme toponyme, le mot couture avait le sens de terre cultivée.
Couty Le nom est surtout porté en Limousin (23, 87). C’est l’équivalent de Coutin, lui-même variante de Cotin, diminutif par aphérèse de Nicolas (Nicot) ou de Jacques (Jacquot).
Couval Nom porté notamment dans les Vosges, où il est présent au moins depuis le XVIIe siècle (Le Val-d’Ajol). Il pourrait s’agir d’un toponyme avec le sens de vallon, lieu encaissé. Un vallon s’appelle justement Coval à Bocquegney (88).
Couve Nom surtout porté dans les Cévennes (48, 43, 30). C’est un toponyme évoquant sans doute une grotte (à rapprocher du catalan cova), parfois écrit Cauve. La form Couvé, plutôt bretonne, renvoie dans la plupart des cas à un hameau de la commune de Plouer (29).
Couvenance Apparemment disparu aujourd’hui, le nom était porté autrefois dans l’Est, notamment dans la Meuse. Le terme “covenance” désignait au Moyen Âge un accord, une convention. Même sens pour le patronyme Couvenant (41, 28, 37). Variantes : Convenance (69, 62, 52), Convenant (35, 44, 22). Voir Convenant pour le sens précis du nom.
Couvenhes Nom porté dans l’Aveyron, rencontré aussi sous les formes Couveignes, Couveinhes, Couvegnes. Désigne celui qui est originaire de Couveignes, hameau à Sérénac, dans le Tarn. Il existe un autre hameau du même nom à Saint-Pierreville (07). Signification : soit un dérivé de cova (= grotte), soit une autre forme de Cubaynes (voir ce nom).
Couvert Nom porté notamment dans l’Ille-et-Vilaine et le Puy-de-Dôme, également présent en Belgique. Semble une variante de Convert (voir ce nom). De la même façon, le mot convent est devenu couvent. Autre possibilité : toponyme désignant un lieu couvert (abrité par les arbres).
Couvertier Porté dans le Maine-et-Loire et la Vienne, le nom semble correspondre à un métier. On a le choix entre un fabricant de couvertures (ancien français coverte = couverture) et un couvreur (covertiere = toiture).
Couvidat Nom surtout porté dans la Haute-Vienne et la Charente (variante : Couvida). Il semble correspondre à l’occitan convidat (= convié, invité), avec un sens précis qui reste à déterminer. Couvidat est en tout cas le nom d’un hameau à Confolens (16).
Couvidou Le nom est surtout porté dans la Haute-Vienne. Variante : Couvidoux. Il faut sans doute le rattacher au verbe occitan convidar (= convier, inviter), avec un sens qui reste à déterminer.
Couvillers Le nom est porté dans le Pas-de-Calais et la Somme. Variantes : Couviller, Couvilliers, Quevillier. Il renvoie certainement à un ancien nom de localité (cf. les communes de Couville ou de Quevilly), mais je n’en trouve pas trace. A envisager éventuellement une contraction de Quevauvillers (voir ce nom).
Couvret Surtout porté dans l’Eure-et-Loir, c’est un nom de sens incertain. Peut-être un terme rural à rapprocher de Couvrie (voir ce nom) et de l’ancien français “couvrel” (= herse). Peut-être aussi un diminutif de Couvreur, Couvreux (= couvreur).
Couvreur Nom de métier (celui qui fait les toitures des maisons). C’est dans le Nord-Pas-de-Calais qu’il est le plus répandu, ainsi que dans l’Oise. Variantes : Couvreux (35, 60), Lecouvreur, Lecouvreux (14, 50).
Couvri Nom rencontré surtout dans la Mayenne. On trouve plus souvent la variante Couvry (35, 61). Autre forme : Couvrie (53). Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée la Couvrie. 23 hameaux portent ce nom, répartis dans les trois départements mentionné plus haut. Sens du toponyme : peut-être une terre ensemencée.
Couyras Nom porté aujourd’hui dans le Puy-de-Dôme. Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Couyras, nom de plusieurs hameaux dans le Massif Central et le Sud-Ouest (le plus connu se trouve dans la commune de Carcans, en Gironde). Variante : Coyras (07, 42). Sens incertain : peut-être un rapport avec le cuivre (occitan coire), ou une déformation de Queyras (rocher escarpé). Autre possibilité : contraction de Coudeyras (= terrain herbeux).
Couzin Variante de Couzin (voir ce nom) portée en Poitou-Charentes et dans la Somme. Dérivés : Couzineau (47, 79), Couzinet (09, 31, 33, 85), Couzinou (24, 47).
Couzinier Surtout porté dans le Tarn, le nom est aussi écrit Couzinié, Cousinié, Cousinier, Cousigné, Couzigné. Il correspond au métier de cuisinier (occitan “cosinièr”).
Covès Nom de famille d’origine catalane. Désigne celui qui habite un lieu-dit la Cova (également les Coves) ou qui en est originaire (catalan cova = cavité, grotte).
Cox Forme avec s de filiation de l’anglais Cock, qui correspond au français coq. Les raisons possibles de ce surnom sont multiples, et il est impossible de savoir laquelle est la plus pertinente. On pensera notamment à un jeune homme, un fanfaron, un séducteur.
Coyac Le nom est porté dans le Morbihan et les départements voisins (35, 44). Variante ancienne : Coiac. Il désigne celui qui est originaire de Coyac, hameau à Saint-Vincent-sur-Oust (56).
Coyard Nom surtout porté dans la Meuse. Sans doute une variante de Couillard (voir ce nom). Variante : Coyart (59).
Coye Nom rare rencontré dans les Bouches-du-Rhône. Pourrait évoquer le testicule (occitan colha), sobriquet que chacun interprétera comme il l’entend, mais M.T. Morlet préfère un terme d’ancien français désignant la courge (du latin codia).
Coyère Le nom est porté en Guadeloupe. Chaque nom antillais ayant sa propre histoire, il convient d’être prudent. On peut cependant envisager un lien avec la commune de La Coyère, dans l’Ille-et-Vilaine, également à l’origine du patronyme Coyer (35). Le sens du toponyme est obscur. Peut-être un dérivé du moyen français “coye” (= courge).
Coymat Rencontré aujourd’hui en Colombie, le nom était porté autrefois dans les Pyrénées-Orientales (Saint-Marsal). Variante : Coimat. Sens incertain. Il devrait s’agir d’un diminutif du prénom Côme.
Coyne Le nom est surtout porté dans le Tarn-et-Garonne. Variante : Coynes. Il désigne celui qui est originaire de Coyne, hameau à Castelsarrasin (82),
Coyot Le nom est porté dans le Pas-de-Calais et dans l’Est (90, 52). Il devrait s’agir d’une variante de Coilliot, Coillot (mêmes régions), dérivés de l’ancien français “coille” (= couille).
Coysevox Le nom n’existe plus, mais il fut porté par un célèbre sculpteur, l’un des artistes préférés de Louis XIV. Il désigne celui qui est originaire de Coisevaux, village de Haute-Saône proche de Montbéliard. Le père de Coysevox était né non loin de là, à Dampierre-sur-le-Doubs.
Coz Nom porté dans le Finistère, qui signifie le vieux, l’ancien (breton kozh). Diminutifs : Cozic, Cozigon, Cozigou.
Cozanet Nom de famille breton (29). C’est un diminutif de Cozan, lui-même formé sur Coz (nom donné à celui qui est vieux, au plus ancien de la famille).
Cozette Le nom est assez fréquent en Picardie (80, 60), où l’on trouve plus rarement la variante Cosette. Sens incertain : on pense automatiquement à l’héroïne de Victor Hugo, dont le prénom serait un hypocoristique de Nicole, Nicolette. Le dictionnaire de M.T. Morlet voit dans Cosette le surnom d’une petite personne (= petite chose). A noter aussi l’existence d’un toponyme : La Chosette est un hameau à Retiers (35).
Cozien Porté dans le Finistère, c’est un nom de personne breton, variante de Gouzien (voir ce nom). Avec le même sens : Cozian, Couzien.
Cozier, Cozié Nom rencontré dans le département du Nord et en Belgique. Son sens demeure obscur. Peut-être un surnom donné à un bavard, mais vraiment aucune certitude.
Cozzarolo Nom rare porté en Italie dans le Frioul. Faut-il y voir un dérivé de l’italien cozzare (= cogner, heurter) ? Je n’en sais rien, car le Frioul possède son propre dialecte, et le sens y est peut-être tout autre.
Cozzolino Patronyme italien. Diminutif de Cozzo, Cozzi, qui est lui-même un hypocoristique de Francesco ou Domenico (François, Dominique) : Francescozzo, Domenicozzo > Cozzo. A noter cependant qu’en napolitain le mot cuozzo désigne une personne bourrue et impolie.
Crabbe Également écrit Crab, le nom est porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique. Il désigne en néerlandais le crabe, surnom éventuel pour un pêcheur ou métaphore moqueuse, ou encore nom d’enseigne. Le nom existe aussi en Allemagne sous la forme Krabbe.
Crabié Un exemple amusant de métathèse. Ce nom désigne en effet un gardien de chèvres, et n’a strictement rien à voir avec le crabe. En occitan et dans une bonne partie de la chaîne pyrénéenne, cette métathèse est fréquente, et la cabra devient la craba. Le nom est surtout porté dans les Pyrénées-Orientales (variante : Crabier). On trouvé la forme Crabé, avec le même sens, en Béarn. À noter aussi les noms Crabarie, Crabère, Crabières, toponymes évoquant un enclos à chèvres. Très rare, le nom Cabremorte (= chèvre morte) est également un toponyme, nom de hameaux ou lieux-dits à Montgeard (31) et à Cabanac-et-Villagrains (33).
Crabouillet Le nom est porté en Lorraine (54, 88). Formes voisines : Crabouiller (77), Crabouliet. Le nom est sans doute à rapprocher de Crapoulet (80, 60), sobriquet lié au crapaud.
Cracco Nom italien essentiellement porté dans la région de Vérone, où il est fréquent. On trouve vers Bologne la forme plurielle Cracchi, beaucoup plus rare. Sens incertain. Il semble s’agir d’une variante de Gracco, nom de personne d’origine latine (Gracchus).
Craddock Nom de personne gallois qui signifie aimable (sens conservé en gallois moderne sous la forme caradog). Il a été popularisé par le meneur d’une révolte contre l’occupation romaine, dont le nom fut latinisé en Caractacus.
Craig Variante écossaise de Cragg, nom désignant celui qui habite un lieu escarpé (gaélique creag, moyen anglais crag).
Craipeau Surtout porté en Vendée, c’est une variante de Crépeau (voir ce nom).
Crais, Craïs Le nom est porté dans le Tarn-et-Garonne. C’est un toponyme fréquent en Bourgogne et en Franche-Comté, où il désigne un terrain pierreux, un gravier calcaire, mais je n’en trouve aucune trace dans le Rouergue sous cette forme (par contre le nom Crès, avec le même sens, y est fréquent). A noter dans le même département les noms Craissac et Craissat, qui devraient renvoyer au hameau de Craissac, à Saint-Georges-de-Luzençon (12).
Crama Nom porté en Belgique. Semble correspondre au wallon crama (= crémaillère). Reste à préciser exactement pourquoi ce surnom : celui qui se servait d’une crémaillère ou qui en fabriquait ? Un sobriquet ? Difficile de se prononcer, d’autant que la présence de ce nom aux Pays-Bas laisse supposer une autre étymologie.
Crambes Un bel exemple de métathèse, dans lequel la chambre (cambra) se transforme en cramba. Qu’appelait-on chambre au moment où s’est formé ce patronyme ? Peut-être une petite demeure féodale, c’est du moins le cas dans plusieurs régions de France. Le nom de famille est surtout porté dans l’Aude et dans les Pyrénées-Orientales. Avec le même sens : Crampe, Crampes (Gascogne, région où l’on trouve aussi la forme Crampé, sans doute pour désigner un chambrier).
Cramet, Crametz, Cramez Nom porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Le dictionnaire de M.T. Morlet évoque le verbe médiéval cramer (= brûler, sans doute en parlant d’une terre), mais ce verbe semble inusité dans le Nord. Il faut sans doute penser à un diminutif du moyen néerlandais cram (= crampon, crochet, crémaillère) évoquant un nom de métier. A noter que la cramette est aussi une petite écumoire pour écrémer le lait (le nom de famille Cramette existe également).
Cramoisy Désigne sans doute celui qui est originaire de Cramoisy, nom d’une commune de l’Oise. On notera cependant que c’est dans l’Est que le nom est le plus répandu (52, 88, 71), ce qui rend possible un surnom lié à la couleur ou à la teinture extraite de la cochenille (l’adjectif cramoisi est mentionné en 1315).
Cramponne Le nom est porté dans la Haute-Saône. Sens incertain. Le rapport avec le mot “crampon” paraît douteux. Peut-être un toponyme, métathèse de formes telles que Cambronne (voir ce nom), dérivé probable de *cambo = courbe de rivière.
Crance Le nom a surtout été porté autrefois dans la Meuse et la Haute-Marne. On trouve dans ces deux départements la forme voisine Crancée. Il semble qu’on ait affaire à un toponyme : le glossaire de l’IGN (voir bibliographie) signale les mots “cranche” et “crance” en Champagne avec le sens de trou, lieu où la marche et difficile. Le sens de lieu pierreux est également envisageable, c’est celui qui est retenu de plus en plus pour expliquer des noms de localités tels que Crans ou Crançot (39), voire Crancey (10). Un rapprochement avec l’allemand Kranz (= couronne) pourrait à la rigueur expliquer Crance, mais certainement pas Crancée. Il semble donc logique de l’éliminer.
Crantelle Surtout porté dans le Cantal, le nom se rencontre aussi dans le Tarn-et-Garonne. Sens incertain. J’aurais tendance à y voir une variante par métathèse de Cantarel (voir ce nom), mais c’est loin d’être une certitude. A noter dans le Lot le lieu-dit Pech de Crantèle à Esclauzels.
Crapart Nom surtout porté dans la Marne et la Seine-et-Marne. Variantes : Crapard, Crapat, Grapard. La dernière variante laisse penser à un dérivé du verbe graper (= saisir avec un crochet) qui a pu désigner un homme avide, éventuellement un avare. Si l’on considère que la racine est bien crap-, il faut peut-être envisager un lien métaphorique avec le crapaud (écrit d’abord crapot au moyen âge, mais un changement de suffixe est très possible). Pour les noms voisins Crapet, Crapez (59 surtout), M.T. Morlet envisage un surnom donné à un homme sale, mais là non plus rien de très certain.
Crapeau C’est dans le Loiret que le nom a toujours été le plus répandu. Il y est attesté dès la fin du XVIe siècle à Égry, puis à Auxy. A priori, on peut penser à une image liée au crapaud. À envisager aussi une variante de Crépeau (voir ce nom). La racine toponymique “crap” (= lieu rocheux, caillouteux) ne semble pas convenir, car elle est beaucoup plus méridionale.
Crassous Le nom est surtout porté dans l’Hérault et l’Aveyron. Quelques mentions aussi dans les Pyrénées-Orientales. On trouve une forme sans doute similaire Crassus dans les Hautes-Pyrénées. Il faut apparemment penser à l’occitan “crassós”, qui signifie “crasseux”, mais aussi, au sens moral, “avare”. À noter que deux hameaux de l’Aveyron s’appellent Crassous, à Durenque et à Saint-Affrique. Si le toponyme ne vient pas du nom de famille, on peut penser à un dérivé de l’occitan “crès” (= terrain pierreux).
Crastes Le nom est surtout porté dans l’Ariège et les Pyrénées-Orientales. Variante : Craste (66, 09, 81). C’est une métathèse de Castre(s), toponyme désignant un lieu fortifié. On pensera évidemment à la ville de Castres, mais il y a de nombreux hameaux portant le même nom. Les formes Crastre, Crastres, rencontrées dans le même secteur géographique, semblent avoir le même sens.
Crawford Désigne celui qui est originaire de Crawford, localité du Lanarkshire (Ecosse).
Crayencour (de) Rare et porté en Belgique, désigne celui qui détenait la seigneurie de Crayencour, un toponyme que je n’arrive pas à situer. C’est le nom de Marguerite Yourcenar (Yourcenar étant l’anagramme de Crayencour).
Crayol Nom rare porté dans le Tarn et les départements voisins (31, 34). Il est beaucoup plus fréquent sous la forme Carayol (même région). C’est un toponyme, soit les Carayols, hameau à Viviers-lès-Montagnes (81), soit Carayol, hameaux à Albiac et Fourmagnac (46). Voir Carayon pour le sens.
Crea Nom italien originaire de la province de Reggio di Calabria, une région où on a longtemps parlé un dialecte grec, en particulier autour de Bova. Dans ce dialecte, le mot “crea” a le sens de “chair, viande” (grec “kreas”). Peut-être le surnom d’un boucher.
Créange, Créhange Désigne celui qui est originaire d’une localité portant ce nom, en principe le village de Créhange, dans la Moselle. Etymologie : nom de domaine formé avec le suffixe germanique -inga sur le nom de personne Kerico.
Crebessègues Le nom est porté dans le Lot-et-Garonne et le Tarn-et-Garonne. On trouve dans la même région les formes Crebessac (47) et Crebassac (12, 34), ainsi que Crebassol (34, 81) ou Crebassan (34). Tous ces noms sont des toponymes à rapprocher de Crebassa (12, 34), avec le sens de crevasse, éventuellement terrain crevassé.
Crégut Le nom est fréquent dans le Puy-de-Dôme (variante : Crégu) et le Cantal, ainsi que dans l’Ardèche et le Gard. A priori, on peut penser au mot occitan “cregut”, participe passé du verbe créisser (= croître, pousser), et dans certaines régions du verbe “creire” (= croire). Cependant, au moins en Auvergne, il semble qu’on ait affaire à un toponyme, la Crégut, hameau à Trémouille (15), nom qui devrait correspondre à l’occitan “creguda” (= crue).
Creignou Surtout porté dans le Finistère, devrait correspondre au breton “kreniou” (= tremblant, dérivé de “kren”). Variante : Craignou.
Cremades Surtout porté dans les provinces d’Alicante et de Valence, c’est un toponyme catalan évoquant des terres défrichées par brûlis.
Crémas Le nom est porté en Martinique. Difficile d’en connaître l’origine (je n’en trouve qu’une seule mention à Marseille à la fin du XVIIIe siècle). En principe, il est lié au verbe occitan cremar (= brûler), reste à savoir avec quel sens. En occitan, un cremàs est un tison.
Cremaschi Nom italien désignant celui qui est originaire de la ville lombarde de Crema, ou de sa région. Avec le même sens : Crema, Cremasco.
Crémel Surtout porté en Lorraine (54), le nom est à rapprocher de Crémer, variante francisée de l’allemand Kremer, Krämer (= marchand), dont il paraît être un diminutif. Le passage de -er à -el en Lorraine est attesté pour le patronyme Karquel (voir ce nom).
Crémieux Désigne celui qui est originaire de la commune de Crémieu, dans l’Isère. Le nom a surtout été porté par des juifs, une communauté israélite ayant vécu à Crémieu à partir du XIVe siècle. Variante : Crémieu.
Crenan Rare et porté dans les Côtes-d’Armor, paraît désigner celui qui est originaire de Crenan (ou Crénan), hameau de la commune du Foeil (22). A signaler aussi que l’adjectif breton “krenan” signifie “tremblante”.
Créno, Creno Porté dans le Morbihan et les Côtes-d’Armor, c’est un diminutif de Crenn, Crenne (29, 56), surnom probable pour un homme trapu (breton krenn).
Crépeau Diminutif de l’ancien français cresp, crespe (celui qui a les cheveux frisés, latin crispus) porté dans l’Ouest, notamment en Vendée et dans l’Eure-et-Loir. Variantes : Crépaud (85, 71), Crépaux (80, 71), Crépeaux (02, 60, 77).
Crépel Surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais, rencontré aussi dans l’Ouest (44 notamment), c’est un diminutif de l’ancien français cresp, crespe (latin crispus) désignant celui qui a les cheveux frisés. Variante : Crépelle (08, 59, 80).
Crépellière Désigne celui qui est originaire de la Crépellière, ferme ou domaine appartenant à Crépeau (voir ce nom). Le toponyme est fréquent dans l’Ouest, notamment en Vendée, où plusieurs hameaux portent ce nom (la Crépelière). Quant au nom de famille, outre la Vendée, on le rencontre surtout dans le Maine-et-Loire. Variantes : Crépelière, Crépilière.
Crépet, Crepet Le nom est surtout porté dans la Loire (il est notamment attesté à Firminy depuis le XVIe siècle). On peut y voir le surnom d’un homme aux cheveux frisés, crépus, mais on pensera aussi à un diminutif du nom de personne latin Crispus (qui a donné Crespo en Espagne et en Italie). Il n’est pas interdit de penser aussi à un toponyme (“crep” pourrait être une variante de “crap”, “clap” = rocher). À noter un lieu ruiné appelé Crépet à Chenereilles (42). Il existe quelques familles Crepet en Italie (Vénétie), le sens du nom étant très incertain.
Crépieux Le nom est surtout porté dans les départements du Nord et de l’Oise. Vu sa localisation, il semble difficile de le rattacher au village de Crepieux-la-Pape, dans le Rhône (commune de Rillieux-la-Pape), même si ce n’est pas forcément impossible. Il devrait plutôt s’agir d’une variante de Crépel (= frisé).
Crépillon Nom surtout porté dans l’Isère. Sans doute un surnom donné à celui qui a les cheveux crépus. Peut également être un diminutif du prénom Crépin (voir ce nom).
Crépin Nom de baptême d’origine latine (Crispinus < Crispus = crépu). Les saints Crépin et Crépinien, tous deux cordonniers, furent martyrisés à Soissons en 287. Au Moyen Âge, le nom était souvent donné dans des familles de cordonniers. Le nom de famille est surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais et la Somme. Variante : Crespin (44, 48), dont la forme rouergate est Crespy ou Crespi (ce dernier nom étant aussi d’origine italienne). Diminutifs : Crépineau, Crépineaud (85), Crépinel (50), Crépinet (70, 58)
Crépu Surtout porté aujourd’hui à la Réunion, le nom était assez courant autrefois dans la région lyonnaise, tout comme sa variante Crépus (ou Crepus). Forme similaire : Créput (ou Creput). Apparemment, il devrait désigner celui qui a les cheveux frisés, crépus. À envisager aussi un nom de personne latin, Crispus, surnom notamment de Salluste.
Crépy Le nom est surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais et la Somme. Il désigne celui qui est originaire de l’une des diverses localités appelées Crépy (trois communes dans l’Aisne, l’Oise et le Pas-de-Calais). Sens du toponyme : le domaine de Crispius, nom de personne latin.
Crescioni Porté en Corse, le nom pourrait évoquer le cresson (“crescione”), mais il est préférable d’en faire un dérivé de Crescio, ancien prénom attesté en Italie et contenant l’idée de croissance (à rapprocher de Crescenzo), qu’on retrouve en Corse comme nom de famille sous la forme Cresci. Autres dérivés de Crescio : Crescini, Cresciucci.
Crespet Sans doute surnom pour un homme frisé ou diminutif du prénom Crépin, c’est un nom auquel il est difficile d’attribuer une origine géographique précise. Il est aujourd’hui porté dans l’Isère.
Crespo Patronyme porté à la fois en Espagne et en Italie (également Crespi, Crispi). C’est un ancien nom de baptême, issu du latin Crispus (crispus = crépu). Peut aussi être parfois un surnom donné à celui qui a les cheveux crépus.
Cressac Nom rare porté en Charente, désignant celui qui est originaire de Cressac, commune du même département (voir aussi Decressac).
Cressent Fréquent en Normandie et en Picardie (76, 80, 62), c’est un ancien nom de personne correspondant au latin Crescens (= qui croît, qui s’élève). Saint Crescent fut un compagnon de saint Paul au premier siècle (il existe également un martyr appelé saint Crescence, à l’origine du nom Crescence, porté à la Réunion). Variantes : Crescent (76, 972, 974), Cressen (76), Cressend, Cressens (73). Ces noms sont fréquents en Italie sous les formes Crescente, Crescenti, Crescentini (= Crescent), Crescenzo, Crescenzio, Crescenzi (= Crescence). On trouve parfois en Provence les formes Crescenty et Cressenty.
Cressever Egalement écrit Cresseveur, Le Cresseveur, ce nom breton correspond apparemment à un métier ou à une fonction. Je n’en sais guère plus, hélas. Peut-être l’équivalent de l’ancien français croisseor (= celui qui enchérit).
Cressiot Le nom est surtout porté dans l’Aisne. Il faut le rapprocher de Cressot (52, 70). Sens incertain. Le lien avec Crès (terrain pierreux) proposé par Dauzat et Morlet ne convient pas, Crès étant un toponyme occitan. Difficile de trouver autre chose, sinon éventuellement une forme locale du mot ‘cresson’, mais dont on n’a aucune attestation. A noter en Lorraine plusieurs lieux-dits ‘les Cressottes’.
Cresson C’est dans le Nord-Pas-de-Calais que le nom est le plus répandu. Il y désigne par métonymie un producteur ou un marchand de cresson. A noter que Cresson est aussi un toponyme, notamment dans l’Ouest : hameaux à Cezais (85), Puy-du-Lac (17), Saint-Vincent-du-Boulay (27).
Cressy Rare, le nom est porté notamment dans l’Eure et les Yvelines. Il désigne celui qui est originaire d’une des nombreuses localités appelées Cressy ou Crécy dans cette région. Sens probable : le domaine de Crixsus, forme latinisée du nom de personne gaulois Crixsos.
Crest Surtout porté dans le Sud-Est (04, 84, 83), désigne celui qui est originaire d’une localité appelée (le) Crest, toponyme évoquant une crête, un sommet escarpé. Vu la localisation du patronyme, il pourrait s’agir notamment de la commune de Crest, dans la Drôme.
Crestanello Nom italien assez rare, porté en Vénétie. C’est un diminutif de Crestan, Crestani, noms portés dans la même région et qui correspondent au prénom Cristiano (= Chrétien, Christian). Variantes très rares : Cristanello, Cristanelli, diminutifs de Cristan, Cristani.
Crestel Surtout porté dans les Côtes-d’Armor (il y est attesté depuis le XVIe siècle), le nom peut avoir plusieurs sens : soit celui de petite crête ou de créneau (ancien français “crestel”), soit un surnom pour un homme orgueilleux (sens attesté pour “crestelet”). Les noms Cresteau et Cresteaux, également présents en Bretagne, devraient en être des variantes.
Crestia Porté dans le Sud-Ouest (11, 64 notamment), c’est l’équivalent occitan du prénom Chrétien (voir ce nom). Variantes : Crestian, Crestias (47).
Creta Nom de famille italien porté notamment dans le Lazio, au nord de Rome. Le mot “creta” désigne en italien la craie. Il pourrait s’agir d’un toponyme.
Crétaigne Nom présent en Normandie (37, 76). On trouve également la variante plus rare Crétagne. Aucune idée précise. Peut-être un rapport avec l’ancien français crestiane (= tribunal ecclésiastique), mais je n’y crois guère.
Crétal Nom porté dans la Somme et le Pas-de-Calais. Difficile de se prononcer. Faut-il y voir un dérivé de crête (surnom donné à un homme orgueilleux comme un coq) ? Peut-être. On peut éventuellement penser à un toponyme. Il existe un hameau nommé Crétal, mais en Savoie, ce qui fait tout de même loin.
Crétel Le nom est surtout porté dans le Pas-de-Calais et la Somme. Variante : Crételle (02). C’est en principe un dérivé de “crête”, soit comme surnom donné à un homme orgueilleux comme un coq, soit comme toponyme (petit sommet).
Cretet Surtout rencontré en Savoie, désigne celui qui est originaire d’une localité portant ce nom. Fréquent en Savoie, le toponyme est un diminutif de Crest, Crêt (= crête, sommet). Variante : Crettet.
Crétien Variante de Chrétien (voir ce nom) portée notamment en Seine-Maritime (également 16, 70). Variantes : Crétient (76), Créthien (62), Crettien.
Crétier On rencontre le nom notamment dans l’Allier et en Haute-Savoie. Il semble s’agir d’un toponyme, dérivé de Crest (= crête, sommet), que l’on retrouve dans le hameau de Crétier à Saint-Nicolas-la-Chapelle (73). Variantes : Crettier, Crettiez (74).

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