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Noms commençant par C

Cabaillès-Candavoine
Candel-Cart
Carta-Cavanna
Cavarelli-Chamboissier
Chambolle-Chasles
Chaslon-Chiappini
Chiaradia-Clavreul
Cléach-Collomb
Collonge-Corbière
Corbillé-Coulombe
Coulombel-Cretier
Cretin-Czura


Cretin, Crétin Variante de Chrétien (voir ce nom), rencontrée surtout en Franche-Comté, où l’on trouve aussi la variante Chretin, Chrétin. Diminutifs : Cretineau, Crétineau (37), Cretinon, Crétinon (38), Chretinat, Chrétinat (10).
Creton Le mot creton signifie en ancien français graillon. On peut donc penser à un sobriquet désignant un cuisinier. Le patronyme peut aussi désigner une personne originaire de Creton, village de l’Eure qui a donné son nom à la cretonne.
Creully Le nom est surtout porté dans la Manche (variante : Creuly). On trouve aussi en Picardie la forme Creuilly. Il désigne celui qui est originaire de Creully, nom d’une commune du Calvados. Signification probable : le domaine de Croll(i)us, nom d’homme gaulois.
Creusaton Rare et porté en Bourgogne, c’est un diminutif de Creusat, Creuzat, des noms qu’on rencontre surtout dans les Vosges. Il semble qu’on ait affaire à un toponyme avec le sens d’endroit creux (éventuellement une mine, un fossé ou une grotte). Deux hameaux de l’Ain s’appelle le Creuzat, à Frans (la Creusa sur la carte de Cassini) et à Chalamont. À envisager secondairement un dérivé de “croix”, avec le sens de carrefour.
Creusot Surtout porté dans les Vosges et en Haute-Saône, c’est un toponyme désignant un creux, une cavité. Variante : Creuzot (88, 71, 45).
Creuzard Surtout porté dans l’Yonne et la Seine-et-Marne, où l’on trouve la variante Crouzard, semble être un toponyme évoquant un terrain creux (cf le lieu-dit les Crousarts à Pailly, 89).
Crevant Rare et porté en Île-de-France, désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Crevant ou Cravant, toponyme très répandu. Deux communes se nomment Crevant (36, 63), trois autres Cravant (37, 45, 89), sans compter de nombreux hameaux. Deux explications différentes pour le toponyme : selon E. Nègre, il correspond au nom de personne latin Creventius. Pour Dauzat et Rostaing, il faut y voir un lieu pierreux.
Crèvecoeur C’est dans le Pas-de-Calais et la Seine-Maritime que le nom est le plus répandu. Il désigne celui qui est originaire de Crèvecoeur, nom de diverses communes (14, 59, 60, 77) et de plusieurs hameaux. Le mot “crève-coeur” évoque une grande douleur mêlée de dépit. On suppose que, comme toponyme, il a désigné un sol pauvre, peu productif.
Crevier On rencontre le nom en Normandie (76) mais aussi dans la région lyonnaise (42, 69). Ce serait, selon M.T. Morlet, un dérivé de l’ancien français creve, qui avait le sens de fissure, fente, et donc un toponyme. Il existe un Ruisseau Crevier à Notre-Dame-de-Courson (14).
Crevisier Surtout porté en Lorraine, correspond au métier de cordonnier (en ancien français corvisier). Formes voisines : Crevissier, Crevoisier.
Crevits Porté en Belgique et dans le département du Nord, c’est un surnom lié à l’écrevisse (vieux-haut-allemand “krebiz”). Avec le même sens : Crevisse (59). Voir Grewis pour le sens.
Creyssels Originaire de la commune de Creissels, dans l’Aveyron.
Criado Patronyme espagnol. Surnom donné en principe à un enfant adopté (participe passé de criar = élever). On envisage parfois l’hypothèse d’un enfant de vassal élevé par son seigneur, ce qui me laisse plutôt sceptique. Autre piste à ne pas négliger : en portugais et en espagnol, le mot ‘criado’ désigne un domestique.
Cribeillet Le nom est surtout porté dans les Pyrénées-Orientales, les plus anciennes mentions le situant à Sournia, ce qui supposerait une origine occitane. Variantes : Cribaillet et peut-être aussi Cribellé (même si l’accent final a souvent disparu). En occitan, le terme désigne un petit crible, mais aussi un tourbillon d’eau (F. Mistral) ou une gaufre (Alibert). Reste à savoir quel sens choisir et quelle signification donner au surnom.
Cribier Porté dans la Mayenne et le Loiret, c’est une variante de Criblier (45, 21), désignant un fabricant ou un marchand de cribles. Avec le même sens : Cribelier (27, 76), Cribellier (45).
Crichan Egalement écrit Crichen, le nom, assez rare, est porté dans les Côtes-d’Armor. Il semble que ce soit une variante des prénoms Chrétien, Christian (source : A. Deshayes).
Crickx Forme génitive de Crick, lui-même variante de Krick, nom de famille flamand de sens incertain. On pensera notamment au criquet (néerlandais kriek), mais aussi à la guerre (krijg), d’autres interprétations étant sans doute possibles.
Crié Le nom est surtout porté dans la Sarthe (variante : Crier) et le Loir-et-Cher, on le rencontre aussi dans le Nord et en Belgique (variante : Criez). Sens incertain, mais il semble s’agir d’un toponyme, avec le sens probable de terrain crayeux. A noter le hameau de la Crière à Cerisy-Belle-Étoile (61).
Crincket Nom porté dans le département du Nord, également écrit Crinquet, Crinquette. Il semble que ce soit un toponyme, le mot “crinquet” (ou “criquet”), qui désigne une butte pierreuse, étant fréquent comme lieu-dit dans le Nord et en Picardie. Autre possibilité : un surnom lié au criquet (terme ayant désigné, outre le criquet, le grillon et plus généralement les sauterelles).
Cripia Le nom est porté dans les Vosges au moins depuis 1700. Je n’ai hélas aucune idée quant à sa signification.
Criq, Cricq Nom de baptême relativement fréquent au moyen âge dans le Sud-Ouest. Il s’agit d’une forme issue du latin Quiricus, qui a donné en français Cyr (en catalan Quirç), avec ici métathèse du r fréquente dans les Pyrénées. Quatre communes portent le nom de Saint-Cricq, une dans le Gers et trois dans les Landes.
Crisci Nom porté dans le sud de l’Italie, surtout en Campanie (province de Naples), où on trouve aussi la forme Criscio, beaucoup plus rare. Criscio et Crisci devraient être les équivalents méridionaux de Crescio, Cresci, noms de personne médiévaux. Le second est le plus répandu : il a été popularisé par un martyr toscan du IIIe siècle, décapité vers l’an 250. Ces noms sont des dérivés du latin “crescere” (= croître). On retrouve ce verbe dans le nom de personne augural Crescimbene (Lazio), qui devient Criscimbini dans le Sud.
Crison Le nom est porté dans la Sarthe et dans la Mayenne. C’est une variante de Grison (= celui qui a les cheveux gris).
Crispiels Nom flamand (avec s de filiation), sobriquet désignant une personne frisée (latin crispus). Autres formes rencontrées en Belgique : Crispel, Crespel, Crispeel(s), Chrispeels, et aussi Crépez (également présent dans le Nord).
Crispin Voir Crépin. Le nom est surtout porté dans le Var et en Martinique.
Crispyn Surtout porté dans le département du Nord, c’est un nom de baptême d’origine latine (Crispinus < crispus = crépu), plus courant sous la forme Crépin. Les saints Crépin et Crépinien, tous deux cordonniers, furent martyrisés à Soissons en 287. Au Moyen Âge, le nom était souvent donné dans des familles de cordonniers.
Cristofari Variante du prénom Christophe portée notamment en Corse et, en Italie, dans le Lazio. Formes voisines : Cristofaro (surtout Calabre et Campanie), Cristofano (Campanie, Molise), Cristofani (Lazio, Corse). Autres formes italiennes (ou corses) et diminutifs : Cristoferi, Cristofini, Cristofoleti, Cristofoli, Cristoforetti, Cristofori, Cristoforo, Cristoforoni.
Cristofol Nom de baptême équivalant au français Christophe. Vient du grec Christophoros (= qui porte le Christ). Pour les premiers chrétiens, il s’agissait sans doute de porter le Christ en soi, mais on connaît la légende de saint Christophe, ce géant qui aurait porté le Christ sur ses épaules au passage d’une rivière, et dont la popularité était très grande au Moyen Âge.
Cristot Nom porté dans l’Eure, où il est plus fréquent sous la forme Christot. Il devrait désigner celui qui est originaire du village de Cristot, dans le Calvados, ou plutôt de Crestot, dans l’Eure (Cristot en 1263). Signification du toponyme : le domaine, l’habitation (norrois “topt”) de Crisso, nom de personne germanique. A noter aussi, avec la même origine, les hameaux de Crétot et de Critot en Seine-Maritime (communes de Goderville et Saint-Saëns), devenus eux aussi noms de famille. Crestot est également un nom de famille.
Criton Le nom est surtout porté dans la Vienne, où on le rencontrait aussi autrefois sous la forme Criston (la variante Christon apparaît également parfois). Il semble qu’on ait affaire à un diminutif de Christophe (ou de Chrétien).
Crittin Fréquent autrefois en Haute-Savoie, le nom s’écrit aussi Critin. Tout comme Cristin (38), c’est l’équivalent du nom de baptême Chrétien.
Croatto On trouve plus souvent pour ce nom italien la forme Crovato. Désigne une personne originaire de Croatie.
Crochemore Curieux nom rencontré en Normandie (76, 27). Serait un surnom donné à celui qui frappe (sens du verbe crocher au moyen âge) les Maures, peut-être celui qui a participé à une croisade.
Crocheray Le nom est porté en Martinique. La finale -ay laisse penser qu’il devrait s’agir d’un toponyme, sans doute Crucheray, nom d’une commune du Loir-et-Cher.
Crochet Le nom est surtout porté en Vendée et dans le Cher, mais on le rencontre aussi dans d’autres régions. Il correspond au mot ‘crochet’, avec au moins deux possibilités : surnom pour l’utilisateur de cet outil ou sobriquet pour un homme courbé, tordu. La deuxième solution paraît la meilleure, mais c’est loin d’être sûr et il peut y avoir d’autres possibilités.
Crochez Autre forme de Crochet (voir ce nom) portée dans le Nord-Pas-de-Calais.
Crockett Ce nom est considéré comme une anglicisation du français Crochet (ou Croquet), surnom dérivé du mot ‘croc’ ou toponyme désignant un petit sommet, uen petite butte. A noter cependant, pour le personnage de Davy Crockett, une curieuse forme ‘de Crocketagne’ rencontrée dans le Sud-Ouest au début du XVIIe siècle.
Crocquevieille Curieux nom porté dans la Manche et le Calvados. Variantes : Crocquevielle, Croquevieille, Croquevielle. Le verbe “croquer” a signifié “frapper” au Moyen Âge. Peut-être un sobriquet pour un joueur de vielle. On envisagera aussi la déformation du toponyme Cricqueville.
Crohas Assez rare, le nom est porté dans la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme. Il s’agit d’un toponyme, peut-être Crohat, hameau à Escoutoux (63), ou encore l’un des trois hameaux du même département s’appelant Crohet. Signification possible : lieu pierreux (racine cro-), ou encore grande fosse, grand creux (sens signalé par Pégorier pour le mot “crouas” dans les Alpes-Maritimes).
Croisant Nom rare porté dans la Haute-Vienne (variante Croizant). Il devrait s’agir d’un toponyme désignant un carrefour.
Croisel Surtout porté dans le Pas-de-Calais et la Somme, le nom est attesté en ancien français avec le sens de lampe à quatre becs et a désigné aussi une sorte de balance. Le nom de famille paraît correspondre à un de ces objets (nom de fabricant ou d’utilisateur), mais on n’oubliera pas un éventuel toponyme avec le sens de petite croix ou carrefour. Variantes avec vocalisation de la finale : Croiseau (72), Croiseaux (57).
Croisille Nom porté dans le Limousin, notamment en Corrèze. Variantes : Croizille, Croisilles. C’est un toponyme ayant le sens de petit carrefour (éventuellement petite croix). De très nombreuses localités françaises s’appellent (la) Croisille ou Croisilles.
Croissant Le nom est porté en Haute-Saône ainsi qu’en Bretagne (53, 29). Deux possibilités : soit une variante du nom de personne Crescent (voir Cressent), soit un toponyme avec le sens de carrefour (solution qu’on préfèrera pour la Bretagne, où existe la variante Croassant et où plusieurs hameaux s’appellent Croissant, le Croissant).
Croisset (de) Le nom devrait renvoyer au village de Croisset, en Seine-Maritime (commune de Dieppedalle-Croisset).
Croizer Nom breton porté dans le Morbihan, également présent dans les Côtes-d’Armor (variante : Croiser). Dérivé de “kroaz” (= croix), il désigne un fabricant ou un marchand de crucifix.
Croizier Nom surtout porté dans la Loire. Sans doute un toponyme avec le sens de croisement (carrefour) ou de croix. Il existe un hameau le Croizier à Chirac (48). On trouve aussi la forme Croisier (22, 88, 76).
Croizon Nom assez rare, rencontré dans les Ardennes notamment, ainsi que dans la Vienne. Il signifie petite croix. On peut penser à une monnaie frappée d’une croix (et donc à celui qui la frappe), ou encore à un toponyme qui aurait le sens de carrefour.
Crolard Surtout porté dans l’Ille-et-Vilaine, le nom se rencontre sous la forme Crollard dans l’Isère. Sans doute le surnom d’un homme agité ou qui tremble (deux des sens du verbe croler en ancien français).
Crolet Nom surtout porté dans le Jura et les Vosges. On le considère comme un dérivé du verbe croler, croller (= remuer, trembler) et donc un surnom donné à un homme agité, tremblant, branlant le chef, à chacun de choisir la définition qu’il préfère ! Il pourrait cependant s’agir plutôt d’un toponyme, avec le sens de fondrière, ou encore d’une variante de Grolet (voir Groleau pour le sens).
Crombet Un nom assez fréquent dans le nord de la France. Variantes : Crombette, Crombez. Surnom donné à un bossu. Vient de l’ancien picard (également wallon, néerlandais et même breton) crom, crombe, adjectif signifiant courbé, voûté. On trouve le même adjectif en ancien français sous la forme combre (étymologie obscure).
Crommelinck Le nom est porté dans le département du Nord. Variantes : Crommelynck, Cromelynck. C’est un dérivé du néerlandais krom, surnom donné à un individu déformé, tordu.
Crône, Crone Nom d’origine lorraine. C’est apparemment l’équivalent de l’allemand Krone (= couronne), avec une signification qui reste à préciser (peut-être enseigne d’une maison ?). A noter cependant que les formes Crone, Crosne, ne sont pas inconnues en toponymie (voir Crosne).
Cropat Nom rare porté surtout dans l’Aube. Semble, tout comme Cropet (71), venir du verbe croper, qui en ancien français signifiait être accroupi. Sans doute un sobriquet pour un homme tout petit.
Croquelois Nom porté dans le Pas-de-Calais. Croque est une forme picarde correspondant à l’ancien français crocher (= frapper). Donc, mot à mot, celui qui frappe l’oie, un sobriquet à rapprocher de Croquemore (qui frappe les Maures).
Croquison Le nom est porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique. Sens incertain. Peut-être une contraction de ‘croque oison’ (celui qui frappe les petits oiseaux, qui les attrape).
Cros Origine toponymique. Désigne un endroit creux, un vallon (mot d’origine préromane *crosus). Le nom est très répandu dans tout le Midi, notamment dans le Rouergue.
Crosas Surtout porté en Catalogne, c’est une forme hispanisée du catalan Croses (voir Cros et Croze pour le sens). Le nom de famille Croses est également occitan, et se rencontre dans le Tarn.
Crosby Egalement écrit Crossby, désigne celui qui est originaire de l’une des nombreuses localités portant ce nom, en Angleterre et en Ecosse. Signification : la ferme, le hameau (ancien anglais byr) près de la croix ou du carrefour (cross).
Crosne Désigne celui qui est originaire de Crosne, commune de l’Essonne. Sens du toponyme : peut-être un creux de rivière, un trou d’eau favorable à la pêche.
Crosnier Surtout porté dans le Loir-et-Cher et les départements voisins, c’est un dérivé du mot “crône” (ancien français “crosne”), terme régional désignant un trou d’eau dans une rivière, favorable à la pêche. Sans doute le nom d’un pêcheur, celui qui utilisait un “crosnel” ou “croniaux”, engin pour pêcher dans les crônes. Variantes : Cronié, Cronier, Crognier. Le nom de famille se rencontre en composition en Martinique : Crosnier de Bellaistre, Crosnier de Briant, Crosnier de Lassichère.
Cross Fréquent en Grande-Bretagne, désigne celui qui habite auprès d’une croix, éventuellement à un carrefour.
Croteau Désigne celui qui habite un lieu-dit (le) Croteau, toponyme ayant le sens de petite grotte, petite caverne (ancien français crot, du latin crypta emprunté au grec), mais en Normandie on pensera aussi à une terre autour de la maison (voir Croutte). C’est dans l’Eure-et-Loire que le nom est le plus répandu, on le rencontre aussi au Québec. On trouve dans ce département un hameau appelé Croteau à Bonneval. Variante : Croteaux. Formes voisines : Crotel, Crotiau, Crotiaux (Normandie, Picardie), Crotat (84), Crotet (21).
Crotte, Lacrotte Nom qui désigne celui qui est originaire d’une localité portant le même nom. Le toponyme vient du latin crypta, et a le sens de souterrain, caverne, grotte. Il existe une commune appelée les Crottes dans les Hautes-Alpes, et de nombreux hameaux portent ce nom, notamment à l’est du Massif Central. Le patronyme Crotte se rencontre dans la Loire et le Rhône. Quant aux Lacrotte, c’est dans le Bordelais qu’ils sont le plus nombreux (également présents dans l’Ardèche et le Lyonnais).
Crouail C’est en Charente-Maritime que le nom se rencontre le plus souvent. Il désigne celui qui est originaire du hameau de Crouailles, à Monts-sur-Guesnes (86). Le toponyme pourrait évoquer les habitations troglodytiques creusées dans le tuffeau de cette région (source : Pascal Crouail).
Croué Porté notamment en Vendée et dans les Deux-Sèvres, devrait désigner celui qui est originaire d’une localité appelée Croué. C’est le nom d’un hameau à Celles-sur-Belle (79). Le nom se rencontre aussi en Lorraine, où il est également écrit Crouet (toponyme désignant soit une croix, soit une terre cultivée entourée de murs).
Crouillebois Le nom est surtout porté dans l’Orne. On trouve dans les départements voisins les variantes Crouilbois, Croulbois, Croulebois, Croullebois. Sens incertain. M.T. Morlet propose pour le nom voisin Crolbois le surnom d’un bûcheron (celui qui ébranle le bois). Il pourrait s’agir plutôt d’une fête, dont nous ne savons pas grand-chose : le dictionnaire de Godefroy cite deux exemples, “le jeudi devant la crollebois” et “le lundi après la crollebois”.
Crouillère Le nom est porté dans l’Eure et dans l’Orne. Variantes : Crouillière, Croulière, Croullière. C’est un toponyme désignant un lieu marécageux, une fondrière (ancien français “croliere”). Deux hameaux de l’Orne s’appellent la Crouillère, à Saint-Julien-sur-Sarthe et à Torchamp. À noter aussi la Crouillière à Neuville-près-Sées.
Croulet Nom rare porté dans le Loiret. Désigne celui qui est originaire du hameau du Croulet, à Chilleurs-aux-Bois (45). Sens du toponyme : fondrière.
Croutelle Le nom est surtout porté en Picardie et en Seine-Maritime. Il pourrait désigner celui qui est originaire de la Croutelle, hameau à Acy (02). Sens du toponyme : petite grotte, anfractuosité (ancien français crote). Le nom Croutel, porté dans la même région, en est certainement une variante.
Crouts de Paille Ou Crouts-de-Paille. Curieux nom porté dans les Landes. Il signifie “croix de paille”, et il devrait s’agir d’un sobriquet attribué à une personne qui prononçait souvent cette expression, sorte de juron gascon difficilement traduisible, mais attesté (cf. le Trésor du Félibrige, de F. Mistral). L’expression a aussi servi à désigner une situation dont on s’exagère la gravité.
Croutte Le nom est surtout porté dans la Seine-Maritime. Les plus anciennes mentions le situent dans la Somme au XVIIe siècle. C’est un toponyme à rapprocher peut-être de Crotte (voir ce nom), mais dont le sens est sans doute différent : en Normandie, il a désigné un terrain enclos et cultivé autour d’une maison. Portés dans la même région, les noms Croutel et Croutelle en sont des diminutifs.
Crouvezier Variante avec métathèse de Courvoisier (voir Corvaisier) rencontrée dans les Vosges. Formes voisines : Crouvisier, Crouvizier, Crouvoisier.
Crouzal Nom assez rare surtout porté en Dordogne. Il semble s’agir d’un nom de lieu, mais que je ne connais pas. Il peut être formé soit sur cros (= creux, qui donne notamment crosol = caverne), soit sur crotz (= croix), avec le sens de carrefour.
Crouzet, Crozet Diminutif de Croze (voir ce nom) très répandu dans le Forez. De très nombreux hameaux et communes portent ce nom.
Crouzières Le nom est surtout porté dans les Pyrénées-Orientales. Variante ancienne : Crousière (11). Sans doute un toponyme avec le sens de carrefour, croisée des chemins (occitan “crosièra”). La forme masculine Crouzier est assez fréquente dans l’Allier.
Crouzil Surtout porté dans la Haute-Garonne, pourrait désigner celui qui est originaire de Crouzil, hameau à Anthé (47), ou être une forme masculinisée de Crouzille, toponyme fréquent dans le Tarn. Sens probable : carrefour (plutôt que petite croix).
Crouzillac Nom porté notamment dans la Corrèze et l’Hérault. Variantes : Crouzilhac (34, 87), Crousillac (19), Crousilliacq, Crouzillacq (17), Crousillat, Crouzilhat, Crouzillat. Dans la Corrèze, c’est le nom d’un hameau à Benayes. Sens du toponyme : peut-être le domaine de *Crucilius (nom d’homme latin), ou tout simplement un dérivé de Crousille, Croisille (= carrefour).
Crouzillard Dérivé de Crouzille (= carrefour), le nom, rare, est notamment porté en Dordogne.
Crouzille Variante de Croisille (voir ce nom) portée dans le Limousin et en Périgord. Autres formes : Crousilles, Crouzilles (09, 11 notamment).
Crovesi Porté dans les Alpes-Maritimes, le nom est italien, mais il est très rare en Italie. Il devrait désigner celui qui est originaire de Crova, commune du Piémont. À envisager aussi une métathèse de Corvesi, nom rencontré dans le Lazio (région de Rome). Dans ce cas il faudrait penser à Corva, nom de deux communes italiennes (provinces des Marches et du Frioul) et peut-être à d’autres lieux-dits.
Crovo Tout comme son diminutif Crovetto, le nom est caractéristique de la région de Gênes, où il désigne un corbeau (génois “crovu”, variante de l’italien “corvo”). Autres diminutifs : Crovello, Crovetti. Le nom piémontais Crova (diminutif : Crovella) pourrait avoir le même sens, mais renvoie plutôt à la commune de Crova (province de Vercelli).
Crozat Nom surtout porté dans la Lozère, le Cantal et le Lot. Variante : Crouzat (81, 34, 64). C’est un toponyme fréquent en pays occitan, pour lequel on peut hésiter entre un dérivé de crotz (= croix, nom d’un carrefour ou d’un lieu où il y a une croix) et de cros (= creux, fossé, ravin, vallon).
Croze Nom de famille très répandu dans la Haute-Loire. Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Croze. Sens du toponyme : vallon, lieu encaissé (gaulois *crosus). Variante : Crozes (12, 81).
Crozemarie Nom porté dans la Haute-Loire (variantes Crozemary, Crosmarie, Crosmary, rencontrées plutôt dans le Puy-de-Dôme). Désigne celui qui est originaire du hameau de Crozemarie ou Cros-Marie, dans le même département (commune de Collat). Sens du toponyme : en principe le vallon de Marie (voir Croze).
Cruanas Cette forme est castillane, mais on trouve le même nom en catalan, écrit Cruanyes. Le sens n’est pas évident du tout. Certains ont proposé une étymologie faisant remonter le mot à cros (= endroit creux), par l’intermédiaire d’un dérivé crosanya. Discutable…
Crubézy Le nom est porté dans l’Hérault. Variante : Crubézi (34, 12). Je n’en connais pas le sens, il pourrait s’agir d’un toponyme (hameau ou lieu-dit).
Cruchet Diminutif de cruche, sans doute appliqué à un marchand ou un fabricant de cruches. C’est dans la Sarthe que le nom est le plus répandu.
Crucière Rare, le nom est porté aujourd’hui en Saône-et-Loire, mais les plus anciennes mentions connues le situent dans les Ardennes et dans la Meuse. Il devrait s’agir d’une variante savante du mot “croisière”, avec le sens probable de carrefour (autre sens possible : croisade).
Crucifix C’est dans l’Oise que le nom est le plus répandu. Il désigne le Christ en croix, surnom dont le sens précis est incertain. M.T. Morlet propose le surnom d’un fabricant ou d’un marchand de crucifix ou d’images du Christ en croix.
Cruise Correspond le plus souvent au moyen anglais crus, cruse, surnom donné à un combattant audacieux, féroce. Dans certains cas, il peut s’agir d’un toponyme (Richard de Crues, 1214) évoquant sans doute une localité française.
Crupel Nom rare porté dans les Côtes-d’Armor où il est attesté depuis la fin du XVIIe siècle. Reste à savoir s’il en est bien originaire. On trouve en effet dans le Nord et dans la Marne les formes apparemment équivalentes Crupaux et Crupeaux. Le sens devrait être identique à Crépel et Crépeau (voir ces noms).
Crussard Nom assez rare, porté dans le Pas-de-Calais et la Haute-Saône notamment. Sens incertain. Pourrait désigner le porteur d’une béquille (ancien français croce, crosse, latin crucia).
Crusson Surtout porté dans la Loire-Atlantique, pourrait être une variante de Cresson (voir ce nom).
Cruveillier C’est en Limousin que le nom est le plus répandu. Variantes ou formes voisines : Cruveilher, Cruveilhier, Cruveillé, Cruveiller, Cruvelier, Cruvellié, Cruvellier, Cruvillier (certaines de ces formes étant portées en Provence et dans les Cévennes). Signification : marchand ou fabricant de cribles (cruvèl est une variante de l’occitan crivèl = crible).
Cruz L’un des noms de famille espagnols les plus répandus. On le rencontre aussi au Portugal. Il a le sens de croix : c’est un toponyme (lieu où se trouve une croix, plus rarement carrefour), mais sans doute aussi un ancien nom de baptême.
Cruzalèbes Nom porté dans les Pyrénées-Atlantiques. Variante : Crusalèbes. Sens incertain. Selon les spécialistes gascons (Palay notamment), le terme signifierait “productrice”, possible toponyme (terre productive).
Cuabos Nom porté en Saône-et-Loire (variante : Cuaboz). À noter l’équivalent Quabos (variante : Quaboz), porté autrefois dans le Jura (Chapelle-Voland). L’origine du nom semble d’ailleurs jurassienne, voire savoyarde. Le mot “cua” (ou “qua”) est l’équivalent du français “queue”, souvent employé en toponymie pour désigner une bande de terre, une extrémité, un bois très allongé. Quant à “bos” (“boz”), c’est soit le bois, soit le boeuf. Il nous reste donc le choix entre la queue du bois ou une queue de boeuf. Je préfère la première solution.
Cuadrado Le nom signifie “carré” en espagnol (latin quadratus). On peut penser à un surnom donné à un personnage trapu, comme c’est sans doute le cas pour le patronyme français Carré.
Cuaz Nom de famille savoyard. C’est un toponyme désignant une bande étroite de terre (du latin cauda = queue).
Cubaynes, Cubayne Nom porté dans le Sud-Ouest (46, 47, 82). Sens incertain, mais il devrait s’agir d’un toponyme désignant un endroit creux (dérivé de cuba = cuve). Deux hameaux s’appellent Cubayne à Lézat-sur-Lèze (09) et à Esperce (31). On trouve aussi Cubaynes à Lalbenque (46). Il existe aussi un cours d’eau du même nom à Gentioux-Pigerolles (23).
Cuberes Il s’agit à l’origine d’un toponyme dont le sens est incertain. Peut-être une cuvette (dérivé du latin cupa). On trouve le même toponyme en Languedoc sous la forme Cubières.
Cubertafond Nom porté dans la Haute-Vienne et les départements voisins. Variantes : Cubertafon, Cubertafont, Cubertefon, Cubertefond. C’est un toponyme désignant une source couverte (recouverte d’une toiture), sans doute le hameau de Cubertafon à Coussac-Bonneval (87).
Cubié Rare et porté dans le Sud-Ouest, le nom s’écrit aussi Cubier (15), et peut sans doute être rapproché des noms voisins Cubillé (11), Cubilié (09), Cubilier (24). Il désigne un marchand ou un fabricant de cuves, de cuviers et autres récipients similaires.
Cubizolles Le nom est porté dans la Haute-Loire. Variantes : Cubisolle, Cubisolles, Cubizolle. Il désigne celui qui est originaire de Cubizolles, nom d’un hameau à Cubelles (43). Cubizolles est un diminutif de Cubelles (les deux localités sont mentionnées au Moyen Âge sous les formes Coblelas, Coblesolas), qui semble avoir le sens de ‘coupole’, métaphore probable pour des collines arrondies.
Cucchi C’est en Lombardie que ce nom italien est le plus répandu. La forme Cucco, beaucoup plus rare, se rencontre notamment dans le Piémont. On pense automatiquement au mot “cucco”, qui désigne le coucou (sobriquet ou toponyme), mais il faut aussi envisager la racine oronymique cuc- (= sommet). Enfin, et c’est peut-être la meilleure solution, on pensera à une variante de Cocchi (voir Cocco).
Cucciol Un nom italien plutôt rare (quelques mentions dans le nord du pays). On trouve aussi les formes Cucciolo, Cuccioli, encore plus rares. Pourrait être un diminutif de Domenico (= Dominique), par l’intermédiaire de la forme Domenicucci. A noter cependant le mot ‘cucciolo’, qui désigne un jeune chien, et au sens figuré un jeune enfant.
Cuccioni Nom d’origine italienne. Dérivé (en principe augmentatif) de Cuccio, qui est un hypocoristique de Francesco (= François) ou de Domenico (= Dominique), forme par aphérèse de Francescuccio, Domenicuccio.
Cuchard Nom rare rencontré en Bretagne, notamment dans le Finistère. Peut-être un dérivé de Le Cuiche, qui, selon le dictionnaire des noms de famille bretons d’A. Deshayes, pourrait désigner un homme fatigué.
Cuchet On trouve ce nom dans le Dauphiné et la région lyonnaise. Il s’agit d’un toponyme, diminutif de cuche (= sommet arrondi, nom d’origine préromane, sans doute *cucca). Un hameau de l’Ain porte ce nom (commune de Murs et Gélignieux). Diminutif : Cuchetet (70). Avec un autre suffixe : Cuchot (25, 70, 71). De nombreux lieux-dits s’appellent “le Cuchot”, en particulier dans le Doubs.
Cucheval Nom caractéristique du Pas-de-Calais. Il pourrait s’agir d’un toponyme oublié (peut-être la vallée aux cochons : val = vallée + cuche = cochon en wallon). L’interprétation de M.T. Morlet (= qui a un cul de cheval) est amusante, mais elle me paraît un peu tirée par les crins.
Cucu C’est dans l’Eure, et plus généralement en Normandie, que le nom a toujours été le plus répandu. On le rencontre aussi dans le Pas-de-Calais. C’est une variante de Cocu (voir ce nom).
Cucurny Nom surtout porté dans les Bouches-du-Rhône, rencontré aussi sous la forme Cucurni. Il pourrait renvoyer à Cucurnis, hameau ou quartier à Carcassonne (11). Les toponymes commençant par Cucur- évoquent en principe un sommet arrondi, une colline.
Cucuron, Cucurou On rencontre surtout ce patronyme dans la Haute-Garonne. Il désigne celui qui est originaire du lieu-dit Cucuron, qui signifie colline, monticule. Une commune porte un nom voisin, celle de Coucouron, mais elle se trouve dans l’Ardèche. Il y a également Cucuron dans le Vaucluse. Patronymes similaires : Coucoureux, Coucourou, Coucouroux, Coucourron, Coucourus, Coucuron, Coucurou. On les rencontre tous dans la partie sud de la France.
Cudel Nom surtout porté dans la Haute-Marne. Il pourrait s’agir d’un toponyme à rapprocher du moyen néerlandais cudel, cudele (= trou, fosse). Il existe en tout cas dans le même département un hameau nommé La Cude (commune de Bay-sur-Aube).
Cudelou Le nom est porté dans la Manche, où on trouve aussi la forme Cudeloup. C’est un toponyme (l’anse de Cul-de-Loup) rencontré à Saint-Vaast-la-Hougue, qui pourrait n’avoir aucun rapport avec le loup et son anatomie. On envisage en effet parfois des racines scandinaves signifiant “marais” et “creux” (keyta + laut).
Cueff Porté dans le Finistère, c’est une variante de Cuff (voir ce nom).
Cueille Le nom est surtout porté dans la Corrèze. On trouve dans le Cantal les variantes Cueilhe, Cueilhes, Cuelhe, Cuelhes. À noter aussi la curieuse graphie Cueiuille (19). C’est un toponyme très courant, de sens identique à Queuille (voir ce nom).
Cuenca Originaire de la ville de Cuenca, en Espagne. Le toponyme a le même sens que le français conque.
Cuenot Fréquent dans le Doubs, il s’agit d’un diminutif du nom de personne d’origine germanique Cuono (= brave). Formes voisines : Cuenat (90, 88), Cuendet (25, 90), Cuenet (25), Cueney, Cuennet (70), Cuenod, Cuenoud. On trouve également les noms Cuene, Cuenne dans la même région.
Cuer Le nom est porté dans l’Ardèche et les départements voisins (84, 26). A priori, on peut penser à l’occitan et francoprovençal “cuer”, qui désigne le cuir, mais on remarque, dans la même région, l’existence des noms Cuerc, Cuercq et Cuerq, qui sont des variantes de Couderc (voir ce nom), et qu’on retrouve dans l’ancien hameau des Cuercs-Longs à Araules (43). Bref, on a certainement affaire à un toponyme. Un hameau s’appelle Cuer à Piolenc (84), tout près de l’Ardèche, et on n’oubliera pas la commune de Cuers, dans le Var (dont l’étymologie est incertaine, peut-être la racine oronymique “quer” = rocher). À noter que l’explication donnée par M.-T. Morlet (variante de Coeur) ne semble pas convenir pour cette région.
Cuesta Variante castillane de Costa (voir ce nom).
Cuevas Porté en Espagne, désigne celui qui est originaire d’une localité appelée (las) Cuevas, toponyme très fréquent qui évoque la présence de grottes ou d’un habitat troglodytique.
Cuff, Le Cuff Nom breton qui signifie doux, paisible.
Cuffel Le nom est porté en Normandie (27, 76) où il est présent au moins depuis le XVIIe siècle. Sens incertain : faut-il le rattacher au breton Cuff (= doux) ou à l’ancien français “cufart” (= paresseux, lâche, négligent) ? A noter aussi le nom anglais Cuff (= gant, moufle, surnom probable d’un gantier), et la forme apparemment allemande Kuffel, qui devrait renvoyer à “Kufe” (= cuve, surnom de tonnelier).
Cufi Assez répandu en Catalogne du sud et en Espagne. En supposant que l’accent tonique soit sur le i, on peut penser à une variante de cofí, qui signifie couffin, panier en sparterie. Donc un surnom désignant celui qui fabrique et vend ce type de paniers.
Cugat Nom catalan. C’est un nom de baptême qui correspond au français Cucuphat, popularisé par un saint originaire d’Afrique qui fut martyrisé près de Barcelone, peut-être en 303. Sa tête fut transférée en 835 à l’abbaye de Saint-Denis. Etymologie : sans doute le copte cacupat ou cucufat qui signifie huppe, qwqwpdt en égyptien tardif, en grec kukupha, en latin upupa. Cet oiseau aurait été un symbole de reconnaissance et de piété filiale.
Cugnet Le nom est surtout porté dans la Marne, on le rencontre aussi en Savoie et dans le Jura. Il s’agit apparemment d’un toponyme, assez fréquent en France. On notera dans la Marne le hameau du Cugnet à Épense, et en Savoie des hameaux à Aiguebelette-le-Lac, Montsapey, Saint-Colomban-des-Villards, Saint-André et Modane. C’est en principe un diminutif du mout coin (latin cuneus, avec le sens de petit espace, angle, lieu retiré). Variante : Cugnez (25). Avec un autre suffixe : Cugnot (54, 70).
Cugusi Le nom provient de Sardaigne, où il est assez répandu dans la province de Nuoro. Il devrait correspondre au sarde “cugusa”, qui désigne le céleri ou des plantes voisines.
Cuidet Nom assez rare surtout porté en Haute-Savoie. Sens incertain. On peut envisager un lien avec l’ancien français “cuidel”, instrument de pêche qui semble être une sorte de nasse, on peut aussi faire le rapprochement avec les mots “cuidart, cuidant”, désignant un personnage prétentieux (on trouve le nom de famille Cuidart dans l’Ain). Mais la meileure solution est sans doute une variante de Guidet, diminutif de Guy porté dans la même région.
Cuillé Apparemment un fabricant de cuillères (latin cochleariu), mais peut-être plutôt celui qui cueille, un vendangeur. Nom surtout porté dans les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Orientales.
Cuillerier Le nom désigne un marchand ou un fabricant de cuillers (sens attesté en ancien français : Jehan le culierier, 1282). On le rencontre dans le Centre-Ouest (28, 41, 49). Formes similaires : Cueillerrier, Cuillerdier, Cuillerrier (28), Cuilleyrier (43), Cuillierier (86), Cuillierrier (61), Cullerier (49), Cullerrier (72), Cullierrier (84), Cullieyrier (69). Forme ancienne : Cuierrier (28).
Cuillière Le nom est notamment porté dans la Meurthe-et-Moselle. Désigne-t-il par métonymie un fabricant de cuillers ? Peut-être, mais il convient de rester prudent, tout comme pour les noms voisins Cuillier (51) et Cullière (89).
Cuin Le nom est porté notamment dans la Gironde, l’Aude et les Pyrénées-Orientales. Variante : Cuing. Il pourrait s’agir d’un nom de personne d’origine germanique, Cueno (kuoni = brave). A envisager aussi un toponyme avec le sens de ‘coin’.
Cuisinier Désigne un cuisinier. D’abord écrit quisinier (vers 1200), le mot a peu à peu remplacé ‘queux’ dans la langue médiévale. C’est dans le Nord et la Haute-Vienne qu’il est le plus fréquent. Variantes : Cuisenier, Cusenier, Cusinier (Franche-Comté), Cuisigniez, Cuisiniez (59), Cuisnier (72). Le nom de famille Cuisine (51, 10) doit avoir le même sens par métonymie. Matronyme : Cuisinière (72).
Cuissard Surtout porté aujourd’hui dans le Rhône, mais présent dans plusieurs autres régions, c’est apparemment un dérivé du mot “cuisse”, de sens incertain : peut-être celui qui a de grosses cuisses. Le sens de “partie d’une armure” ne semble pas convenir, puisque le mot n’apparaît avec ce sens qu’à la fin du XVIe siècle. Variante : Cuissart (Picardie).
Cuit Nom porté dans les Deux-Sèvres (variantes anciennes : Cui, Quit). Voir Lecuit pour le sens.
Cujus Nom rare rencontré notamment dans la Haute-Garonne et les Alpes-Maritimes. Faut-il y voir le pronom relatif ou interrogatif latin cujus (génitif de qui, quis), terme utilisé en droit successoral pour désigner le testateur (de cujus) ? Ce pourrait être dans ce cas le surnom d’un notaire ou de son clerc. Mais la prononciation évoque aussi l’occitan colhons (= couilles, prononcer couillous), souvent employé sous forme de juron.
Cukierman Nom polonais désignant un marchand ou un fabricant de sucre (polonais “cukier” = sucre). Formes voisines : Cukier, Cukierski.
Cul Le nom, rare, est porté dans la Somme. Peut-être une déformation de Cool, Col, hypocoristiques flamands de Nicolas, mais un surnom péjoratif n’est pas à exclure. Autre sens possible : toponyme désignant un fond de vallée. Variante : Lecul (80). Parmi les formes anciennes, on notera en Haute-Savoie un curieux Cul dit Pissot (Thonon-les-Bains), et dans l’Ille-et-Vilaine un superbe Cul de Truye (Saint-Sulpice-des-Landes).
Culaz, Cullaz Nom savoyard. Toponyme qui désigne un endroit isolé.
Culembourg Le nom semble désigner celui qui est originaire de Culemborg (écrit aussi Culembourg), localité des Pays-Bas, dans le Gelderland. Variante : Culambourg. Sens obscur : Culem pourrait être un nom de personne, c’est en tout cas un nom de famille rencontré dans le Nord-Pas-de-Calais.
Culié Le nom est surtout porté dans le Tarn. Il a dû désigner celui qui cueille, qui récolte (occitan “culheire”), sens préférable à celui de fabricant de cuillères évoqué par plusieurs ouvrages. Le nom se rencontre également dans le Nord-Pas-de-Calais, où son sens est obscur. Variante : Culier (voir aussi Cuillé).
Cullmann Porté en Alsace (variante : Culmann), c’est une autre forme du nom allemand Kullmann (voir ce nom).
Culot Porté notamment dans le Nord et dans la Marne, ainsi qu’en Belgique, le nom a été interprété de plusieurs façons : M.-T. Morlet propose un homme de petite taille, court sur pattes (cf. l’ancien français culot = basset). Le dictionnaire des noms de famille en Belgique romane pense à un toponyme (= bout, coin, comme dans le nom Duculot). Troisième solution : le dernier-né d’une famille (ce dernier sens n’est apparemment attesté qu’en 1606, encore que Greimas le signale dans son dictionnaire d’ancien français).
Culoto Très rare et porté dans le Morbihan, devrait être un diminutif de Culot (voir ce nom).
Culpin Porté dans l’Aisne, c’est une variante de Colpin (voir ce nom).
Culpo Nom italien rare porté en Vénétie (province de Vérone), rencontré aussi sous les formes Culpi, Colpo, Colpi. On peut y voir l’italien “colpo” (dialectal “culpo”), qui signifie “coup”. Cependant, la localisation du nom de famille n’interdit pas d’y voir une italianisation de l’allemand Kolb (voir ce nom).
Cultien Nom rare porté en Vendée, dont on connaît une variante sous la forme Culquin. Sens obscur, d’autant qu’il est difficile de savoir quelle forme est antérieure à l’autre. À noter qu’il y a des Culquin en Belgique, où le nom pourrait être, selon Herbillon et Germain (voir bibliographie), un diminutif de Nicolas. Si la forme d’origine est Cultien, on pourrait avoir affaire à un nom de personne latin : un nommé Culcianus est mentionné dans quelques textes, mais comme tortionnaire de chrétiens, ce qui rend douteuse son utilisation comme nom de baptême.
Cumenal Nom assez rare rencontré dans le Sud-Ouest. Variante de Cuminal, toponyme désignant un terrain communal (bois ou pâturage).
Cung Rare, le nom est porté dans l’Aude. Les plus anciennes mentions le situent dans la Haute-Garonne, notamment à Villenouvelle. Il faut sans doute le rattacher à l’occitan “cunh” (= coin, angle) et y voir un toponyme.
Cunha Nom portugais très répandu. Voir Da Cunha pour le sens.
Cunningham Désigne celui qui est originaire de Cunningham, localité du Ayrshire (comté du sud-ouest de l’Ecosse).
Cuntigh Nom très rare originaire de Lombardie, où il est encore porté par une ou deux familles. Je n’en connais pas le sens. Peut-être un diminutif de l’allemand Kunth, lui-même forme courte du nom de personne Konrad.
Cunuder Porté dans les Côtes-d’Armor (variantes : Le Cunuder, Lecunuder), désigne une personne gémissante (breton “kunuder”, dérivé de “kunud” = gémissement).
Cuny Patronyme lorrain (88, 54), forme régionale du prénom Quirin (voir ce nom). Variante : Cuni, qui peut aussi être un nom corse désignant celui qui est originaire de Cuneo.
Cuoq Le nom est porté dans la Haute-Loire et dans les départements voisins (07, 42). On trouve la variante Cuoc dans l’Aveyron. C’est un terme qui désigne un cuisinier, variante de l’ancien occitan “coc” (du latin “coquus”). Le même nom existe en Italie sous les formes Cuoco et Cuoci (Campanie), Cuoghi (Émilie-Romagne), Coco, Lo Coco (Sicile).
Cuordifede Le nom est originaire d’Italie, où il est aujourd’hui très rare (Pozzuoli, près de Naples). Il signifie “coeur de foi” et a pu être donné à une personne loyale, digne de confiance, mais aussi à un enfant abandonné et élevé par une institution ecclésiastique.
Cuper Rare et porté notamment dans l’Oise, le nom se rencontre dans le Nord sous la forme Cupers (avec génitif). Egalement écrit Cupper, Cuppers, Cuypers, Kuiper, Kuypers, il correspond au métier de tonnelier.
Cupillard Le nom est originaire de Franche-Comté (25, 90). Il semble devoir être rattaché à l’ancien français copille (= petite branche). Le copillard (cupillard) était peut-être celui qui faisait des fagots.
Cuppari Nom italien qui semble originaire du sud de la Calabre. C’est le pluriel de filiation de Cupparo, nom de famille rencontré lui aussi en Calabre, mais au nord de la région. Il devrait correspondre au métier de potier (celui qui fait des coupes, des vases).
Cuq Le nom est surtout porté dans le Tarn et l’Aveyron. Variante : Cuc. C’est un toponyme désignant un sommet, une butte. Deux communes du Tarn s’appellent Cuq (Cuq-lès-Vielmur et Cuq-Toulza).
Curaudeau Nom porté en Charente-Maritime, où il s’écrit aussi Cureaudeau. Sens obscur. Un hameau s’appelle Curaudeau à Saulgé-l’Hôpital (49), mais il probable qu’il soit formé à partir du nom de famille. M.-T. Morlet explique ce nom de famille par le verbe “curer” (= nettoyer).
Curcio Le nom est fréquent dans le sud de l’Italie, en particulier en Calabre. Il s’agit d’un surnom donné à un homme petit (équivalent méridional de l’italien “curto”). Le dictionnaire de De Felice signale que “curcio” peut aussi désigner le sexe de la femme, mais il est peu probable qu’il y ait un lien avec le nom de famille. Le nom est également porté en Espagne, mais il y est assez rare.
Cure On trouve ce nom en Lorraine. Le sens de presbytère semble trop tardif (1496) pour que le rapport avec un curé prenne le pas sur d’autres acceptions, plus courantes au moyen âge. Par exemple une variante de cuere (= confrérie), ou encore un char et celui qui le fabrique (variante de core), ou tout simplement celui qui soigne ou qui nettoie. Reste à savoir laquelle de ces définitions est la bonne !
Curely Le nom est porté dans la Meuse (premières mentions à Woël au XVIIe siècle), où il s’écrit aussi Curelly. Je n’en sais pas plus pour l’instant.
Curet Nom rencontré dans le Loir-et-Cher, également présent dans les Bouches-du-Rhône. Difficile de se faire une idée tant l’éventail des possibilités est large (voir Cure). M.T. Morlet propose un surnom pour celui qui utilisait un écuroir de charrue (bâton pour nettoyer la charrue).
Curie Le nom est porté dans le Doubs et en Haute-Saône. C’est une forme francisée du toponyme francoprovençal Curia, Curiaz, pour lequel on a proposé plusieurs solutions : terre dont l’exploitant était soumis à la corvée (latin corrogata), aphérèse de ‘écurie’, cour de justice.
Curiel Assez courant en Espagne, devrait désigner celui qui est originaire de Curiel de Duero, dans la province de Valladolid. Je ne connais pas la signification du toponyme.
Curinier Le nom a certainement un rapport avec le verbe latin CURARE (soigner, nettoyer). Nous avons donc affaire à une personne qui nettoie (qui cure). Reste à savoir ce qu’elle nettoie, sans doute les puits, les citernes et les fosses. En tout cas le nom est géographiquement très concentré sur la vallée du Rhône. Je me suis aperçu que 120 abonnés au téléphone portaient ce nom (ce qui est assez peu), et que la plupart se trouvaient concentrés dans les départements de l’Ardèche (46), de la Drôme (17), de l’Isère (13) et du Rhône (13).
Curmer Le nom, rare, est surtout porté en Normandie (76) et dans l’Essonne. Je n’en connais pas le sens. Peut-être un ancien toponyme terminé par -mer (normand marr = étendue d’eau stagnante).
Curot Difficile de se prononcer sur ce nom, présent un peu partout en France. Peut-être un nom de métier, celui qui cure les mares et les puits, mais vraiment sans la moindre certitude.
Curreaux Nom rare porté dans le Jura. Correspond sans doute à des formes plus courantes telles que Cureau (Saône-et-Loire) ou Cureaux (Aisne). Le sens de tous ces noms n’est pas évident. Faut-il les rattacher au verbe core, corre (= courir) ou au verbe curer (= soigner, nettoyer) ? Cela nous donne évidemment des significations très différentes, et il est difficile de faire un choix, hélas. Le dictionnaire de M.T. Morlet penche pour le verbe curer, ce qui nous donnerait un surnom désignant celui qui soigne ou qui nettoie.
Cursio Nom de famille rare porté en Italie dans le nord des Pouilles (province de Foggia). Sans doute, comme le prénom Curzio, un nom de personne correspondant au latin Curtius.
Curtet Surtout porté en Savoie, c’est un nom qui peut avoir deux significations : soit un homme de petite taille (diminutif de l’adjectif ‘court’), soit une petite ferme, un petit domaine (diminutif de ‘cour’). En composition : Curtet-Pécherand.
Curtil De sens identique à Courtil (voir Courty), le nom se rencontre dans l’Ain et les départements voisins. La forme Curty, présente aussi dans le Doubs, en est une variante. Diminutifs : Curtillat, Curtillet (Savoie).
Curtis Dans la plupart des cas, ce nom anglais est l’équivalent du français Courtois (surnom d’un homme poli, raffiné). On le rencontre souvent au moyen âge comme nom de baptême.
Curto Le nom est porté au Portugal, en Espagne (formes catalanes : Curt, Curtó) et en Italie (avec pluriel filiatif : Curti). Il correspond à l’adjectif français “court”, surnom pour un homme petit.
Curull Nom catalan, sans doute un toponyme désignant un monticule, une colline. Le mot “curull” désigne en catalan la partie du contenu d’un récipient qui s’élève au-dessus du bord de celui-ci. D’où divers emplois métaphoriques, plusieurs microtoponymes s’appelant ainsi.
Curutchet Semble un dérivé du basque kurutze (= croix), désignant soit un calvaire, soit un carrefour.
Curveur le nom est porté dans l’Ain au moins depuis la fin du XVIe siècle. Faut-il y voir celui qui courbe les objets, par exemple un tourneur ? Peut-être, à moins qu’on ait affaire à une métathèse de “couvreur”.
Cussac Le nom est surtout porté dans le Cantal, on le rencontre aussi dans le Sud-Ouest (variante : Cussacq). Il désigne celui qui est originaire de Cussac, nom de plusieurs communes, dont une dans le Cantal (également 24, 33, 43, 87). Signification : le domaine (suffixe -acum) de Cuttius, nom d’homme latin.
Cussaguet Nom porté en Charente et dans la Haute-Vienne. Il semble désigner celui qui est originaire de Coussaget, hameau à Bonnat, dans la Creuse. M.T. Morlet évoquet aussi un hameau Cussaguet dans le Cantal, mais je n’en ai pas trouvé trace.
Cussat Porté en Auvergne ainsi que dans le Lot, c’est une variante de Cussac (voir ce nom). En composition : Cussat-Blanc, Cussat-Bouton, Cussat-Goninet, Cussatlegras (devenu aussi Cussalgras, Cussalegras), tous ces noms étant portés dans le Puy-de-Dôme, apparemment à Ceyrat.
Cussenot Nom surtout porté dans les Vosges. Il devrait s’agir d’un diminutif de Cusson (variante de cosson = marchand, revendeur).
Cusset Le nom est surtout porté dans la Loire, on le rencontre aussi dans le Tarn. Il désigne celui qui est originaire de Cusset, nom de divers hameaux : à Saint-Marcellin-en-Forez (42), à Dunières (43), à Tauves (63), à Malicorne (03) et à Valence (82). C’est également le nom d’une commune de l’Allier. Signification généralement retenue mais pas forcément exacte : le domaine de Cucius ou Cussius, nom d’homme latin. A noter aussi le nom de famille voisin Cussey (25, 70), renvoyant lui aussi à diverses localités : Cussey-sur-l’Ognon et Cussey-sur-Lison (25), Cussey-les-Forges (21).
Cusson C’est dans l’Orne et la Sarthe que le nom est le plus répandu. Il s’agit d’une variante de l’ancien français “cosson” (= marchand, revendeur, courtier). Dérivés : Cussonneau (44, 85, 86), Cussonnet (42, 63), Cussonnier (28).
Custody Nom porté dans le Tarn-et-Garonne et le Lot-et-Garonne. Semble désigner soit un gardien de prison, soit une prison ou un poste de garde (toponyme), du latin custos, custodis (garde, geôlier) ou custodia (surveillance, prison). A noter aussi l’espagnol et le portugais Custodio, renvoyant pour leur part à l’ange gardien (surnom protecteur et sans doute aussi nom de baptême).
Cusumano Nom italien très répandu en Sicile, où on le rencontre aussi sous les formes Cusmano, Cusimano. Le dictionnaire de De Felice en fait un dérivé de Cosma, équivalent italien du prénom Côme (voir Cosme). Il me semble plus logique de le rapprocher de l’espagnol Guzman (voir ce nom), d’autant qu’on trouve, toujours en Sicile, des formes telles que Gusmano ou Gusumano.
Cutajar Ecrit aussi Cutayar, c’est un nom d’origine maltaise. Il correspond à l’arabe kuthayyir, diminutif de kathîr (= nombreux, abondant), rencontré comme nom de personne (Al Kuthayyir fut un célèbre poète de l’époque omeyade). Le nom de famille Cuttaia, fréquent au sud de la Sicile (province d’Agrigente), également présent autrefois en Tunisie, en est certainement une variante.
Cuter Porté en Lorraine, tout comme la forme Cutter, c’est une variante de Kuter, Kutter (Alsace), terme qui a désigné un boucher en moyen-bas-allemand. À noter cependant une autre possibilité : un dérivé de l’alémanique “kute” (= pigeon), surnom probable d’éleveur (solution proposée par le dictionnaire Familiennamen).
Cuturier Variante de Couturier (voir ce nom) portée dans l’Ain.
Cuvelier Surtout porté dans le département du Nord, le nom désigne un fabricant de cuves, de vaisselle vinaire, bref un tonnelier. Variantes : Cuveiller, Cuveillier (62), Cuveller (59), Cuvellier, Cuvelliez (62, 80), Cuveiller, Cuveillier (60, 62), Cuvilier, Cuviliez (55), Cuviller, Cuvillez, Cuvillier, Cuvilliez (62).
Cuven Nom très rare porté dans le Finistère. Selon A. Deshayes (voir bibliographie), c’est un ancien nom de personne breton (Cuman dans le cartulaire de Redon) correspondant à la racine “cum” (breton moderne “kuñv”) = doux, débonnaire.
Cuvert Nom rare porté dans l’Eure-et-Loir. Il correspond à l’ancien français cuvert. Ecrit aussi au moyen âge culvert, le terme a d’abord désigné un serf, puis un homme de basse condition, un lâche, un traître, bref beaucoup de choses pas forcément très flatteuses (latin collibertum = affranchi).
Cuvier Nom surtout porté en Normandie (76) et dans l’Indre-et-Loire. Désigne celui qui fabrique, vend ou utilise des cuviers (grands baquets pour la lessive, également cuves à vin).
Cuvigny Porté en Basse-Normandie (61, 14), le patronyme renvoie certainement à un nom de localité, reste à savoir laquelle. Il existe un bois de Cuvigny à Divion (62), mais on pensera plutôt au hameau de Couvigny à Livry (14). Le nom de famille Couvigny existe d’ailleurs dans le Calvados.
Cuxac Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Cuxac. On a le choix, dans l’Aude (département où le partronyme est le plus répandu), entre Cuxac-Cabardès et Cuxac-d’Aude. Sens du toponyme : domaine gallo-romain formé avec le suffixe -acum sur le nom de personne latin Coccius.
Cuzin Patronyme assez fréquent dans l’Isère. C’est peut-être une variante de Cousin (voir ce nom). A noter cependant qu’un hameau de l’Isère (commune de Saint-Pierre-de-Bressieux) s’appelle Cuzin, et que d’autres hameaux se nomment Cusin (Ain, Jura). Le patronyme semble donc plutôt désigner celui qui est originaire de Cuzin. Sens du toponyme : sans doute au départ un hydronyme (nom de cours d’eau) formé sur la racine préromane *cosia (= rivière de région montagneuse), ou encore l’occitan cusa (= grotte, caverne).
Cygankiewicz D’origine polonaise, ce nom est un dérivé de Cygan, patronyme fréquent en Pologne qui désigne un tzigane. Autres dérivés : Cyganek, Cyganik.
Cyprien Surtout porté en Guadeloupe, le patronyme se rencontre aussi en Dordogne. C’est un nom de baptême popularisé par un évêque de Carthage, chef de l’Eglise d’Afrique, martyrisé en 258. Le nom vient du grec Kyprianos, celui qui est originaire de Chypre. Formes voisines : Cypria (972), Cyprian (64), Cypriani (2A), Cypriany (56). Matronyme : Cyprienne (972, 34).
Cyr Nom de baptême popularisé par un saint qui, à Alexandrie, reçut la palme du martyre pour être allé au IVe siècle dans les prisons réconforter les chrétiens et les chrétiennes qui attendaient d’être sacrifiés par amour du Christ. Saint Cyrille d’Alexandrie exhuma ses reliques au Ve siècle et les transféra à Ménouthis pour christianiser ainsi un sanctuaire dédié à la déesse Isis. Des foules de malades accoururent dès lors vers ce sanctuaire pour obtenir de l’intercession de saint Cyr (et d’un autre saint nommé Jean, martyrisé avec lui) la guérison de leurs maladies. Etymologie : Cyricus, du grec kurios (= maître, seigneur). Patronyme surtout porté dans la Vienne.
Czajka Le nom désigne en polonais le vanneau (oiseau). On peut aussi le rapprocher du russe chaika (= mouette, goéland). Il est à l’origine du dérivé Czajkowski (parfois écrit Czajkovski, notamment en Tchéquie), sans doute formé sur un nom de localité. L’équivalent russe est Tchaikovsky (également Chaikovski). Avec le même sens : Czaja, Czayka.
Czapka C’est un nom polonais ayant le sens de bonnet, toque, surnom probable pour un porteur de cette coiffure. Dérivé : Czapski.
Czirok Le nom est en principe hongrois. Je n’en connais pas le sens.
Czosnowski Dérivé possible du polonais czosnek, qui désigne l’ail. Noms voisins : Csoznek, Czosnyka. A noter que deux communes polonaises s’appellent Czosnów et Czosnowo. Les porteurs du nom pourraient être originaires de l’une d’entre elles.
Czura Nom polonais de sens incertain. Souvent, les noms commençant par Czur- sont considérés comme liés au prénom Cyryl (= Cyrille).

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