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Noms commençant par C

Cabaillès-Candavoine
Candel-Cart
Carta-Cavanna
Cavarelli-Chamboissier
Chambolle-Chasles
Chaslon-Chiappini
Chiaradia-Clavreul
Cléach-Collomb
Collonge-Corbière
Corbillé-Coulombe
Coulombel-Cretier
Cretin-Czura


Candel Nom porté dans le Sud-Ouest (31, 82). Variantes : Candeil, Candeilh. Désigne celui qui habite un lieu-dit Candel, Candeil, toponyme évoquant un lieu humide, où poussent les roseaux (cannetellum, diminutif du latin canna = roseau). On notera dans la Haute-Garonne les hameaux de Candel à Cambiac et à Montgiscard.
Candela Sans doute un surnom donné à un fabricant de chandelles : le nom se rencontre aussi bien en Espagne qu’en Italie.
Candelier Surnom donné à un fabricant ou à un marchand de chandelles. Le nom de famille est surtout porté dans la Somme et le Nord-Pas-de-Calais. Variantes : Candeliez, Candellier, Candeiller, Canderlier. Avec passage de ca- à cha- : Chandelier (59, 76), Chandellier (10, 27, 45), Chandelliez (59). Avec un autre suffixe : Chandeleur (50).
Candeloro Nom italien surtout porté dans les Abruzzes. Il évoque la fête de la Chandeleur (plusieurs mentions médiévales sous la forme “la Candeloro”) et a été donné comme nom de baptême à des enfants (sans doute nés au moment de cette fête). Variantes : Candelora (Pouilles), Candiloro (Sicile surtout).
Candès Nom porté dans les Pyrénées-Orientales, attesté à Prades depuis le XVIe siècle. Sens obscur. S’il est catalan, ce qui n’est pas certain, on peut y voir une contraction de Canadés, nom présent en Catalogne du Sud, possible dérivé de Canet (lieu où poussent les roseaux).
Candillon Surtout porté dans la Somme, c’est une variante picarde de l’ancien français chandillon, qui désignait un fabricant ou un marchand de chandelles. Avec le même sens : Candilier, Candillier (59, 62, 80).
Candon C’est en Normandie (76) que le nom est le plus répandu. Il s’agit apparemment d’un toponyme : c’est le nom d’un ruisseau et de deux hameaux dans le Calvados (Livry et Saint-Germain-d’Ectot). A noter aussi en Seine-Maritime la Mare Candon à Saint-Vincent-Cramesnil et le Mont Candon à Bacqueville-en-Caux. Sens incertain (voir Chandon pour un éventuel rapprochement).
Candré Assez rare, le nom semble originaire du Cher, où il s’écrivait aussi autrefois Candray. Ces deux finales en -é, -ay laissent penser qu’on a affaire à un nom de lieu, mais je n’en trouve aucune trace.
Candusso Nom italien porté dans le Frioul (province d’Udine). On trouve dans la même région la forme plurielle Candussi. Il pourrait correspondre au nom de personne Candido, dont Cjandi serait une forme dans le Frioul.
Canella Nom italien porté notamment en Vénétie (provinces de Padoue et de Venise) et dans la province de Ferrare, en Émilie. On trouve en Sicile la forme Cannella. Difficile d’avoir une certitude sur son sens. Il peut désigner la cannelle (surnom possible de marchand d’épices), mais le mot “cannella” a aussi un autre sens : on le rencontre au Moyen Âge comme diminutif de “canna” (= roseau), puis il a pris le sens de “petit tuyau” (en particulier robinet de tonneau). Dans certains dialectes du Nord, le mot peut aussi désigner la gorge.
Caneparo Ce nom italien est un dérivé de Canepa (il existe bien sûr aussi le nom Canepari, avec le i de filiation typique de l’italien), sans doute variante de Canapa, qui signifie en italien chanvre. Donc, soit un toponyme désignant une plantation de chanvre, soit celui qui travaille le chanvre.
Canestro, Cañestro Nom de famille porté en Espagne. Il doit s’agir d’un toponyme désignant un lieu où poussent les roseaux.
Canet, Cannet Nom formé sur un toponyme = lieu planté de roseaux (latin = cannetum). Il désigne la plupart du temps une personne originaire de l’un des nombreux villages ou lieux-dits appelés (le) Canet ou (le) Cannet. Le patronyme Canet est présent dans tout le sud de la France, notamment dans l’Aude, le Cantal et le Lot. On trouve les Cannet surtout dans la Saône-et-Loire.
Canetto Nom de famille italien. Semble un diminutif de cane (= chien), tout comme Canello. Un sobriquet dont le sens reste à définir de façon plus précise.
Canevet Ou Canévet. Nom de personne breton (29) rencontré aussi sous la forme Cannévet. Les premières mentions, Canemet, Cadnemet, permettent de le décomposer en cad (= combat) + nemet (= temple, gaulois nemetum).
Cangardel Nom du Sud-Ouest (24, 47). Désigne celui qui habite le lieu-dit Cangardel ou en est originaire. Cangardel se décompose en effet en can + Gardel (Gardel, variante Gardeil, est un patronyme fréquent dans le même secteur géographique). Il semble que can ait signifié, comme en catalan, maison de (casa d’en). On rencontre, notamment dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, les patronymes Canguilhem, Canfrancq, qui sont formés de la même façon. Si ce n’était pas le cas, can signifierait tout simplement champ (on trouve aussi le patronyme Campguilhem, ainsi que Candessanche, qui semblent correspondre à cette seconde définition).
Canhan Le nom est porté en Seine-Maritime (variante : Canehan). Il désigne celui qui est originaire de Canehan, commune du même département. Signification possible : le hameau (ham) de Kano (nom de personne germanique) ou de Skamel (nom de personne norrois).
Canillos Nom porté en Espagne. C’est apparemment un toponyme qu’il faut rapprocher de Canillas, nom de plusieurs localités espagnoles. Peut-être un lieu où poussent les roseaux ?
Canitrot Nom surtout porté dans l’Aveyron et le Tarn-et-Garonne. Désigne celui qui est originaire de Canitrot, toponyme assez fréquent dans le Rouergue, où divers hameaux s’appellent ainsi : à Sainte-Juliette-sur-Viaur (12), Monestiés et Saint-Agnan (81), Montesquieu et Espinas (82). Autres lieux-dits à Esperce et Marignac-Lasclares (31). Sens incertain : peut-être un lieu où pousse la violette (occitan “canitorta”), mais ce n’est qu’une timide hypothèse, ou encore le mot “canitort”, qui désignerait pour sa part une variété de raisin.
Canivet Assez fréquent dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique, le nom signifie en ancien français ‘petit couteau’, surnom pour l’utilisateur ou le fabricant de cet instrument (une allusion grivoise est également possible). Variante : Canivez.
Cañizares Fréquent en Espagne, c’est un toponyme désignant un lieu planté de roseaux (cañizar). À noter, entre autres lieux, la commune de Cañizares dans la province de Cuenca.
Canlay Nom rencontré essentiellement dans l’Aube. Désigne sans doute celui qui est originaire d’une localité portant le même nom. Je n’en connais aucune dans l’Aube, mais il y a Canly dans l’Oise, qui semble avoir la même origine (en principe un nom de domaine gallo-romain terminé par le suffixe -acum).
Cannella C’est en Sicile que ce nom italien est le plus répandu. On pensera d’abord à la cannelle (italien “cannella”), surnom possible pour un marchand d’épices. Autre possibilité : un toponyme désignant un lieu où poussent les roseaux (“canna” = roseau).
Cannelle Le nom est surtout porté dans le Doubs. On peut évidemment penser au surnom d’un marchand d’épices, mais le mot “can(n)elle” a eu d’autres sens au Moyen-Âge : tuyau, conduit d’eau, robinet. De plus, un rapprochement avec le roseau est également possible. Difficile de faire un choix. Variante probable : Canelle (62), à rapprocher de la forme masculine Canel.
Canneton Assez rare, le nom est porté dans la Vienne. On hésitera entre un petit canard ou une petite cruche (sobriquet), ou bien un lieu planté de roseaux. A noter le hameau des Cannetons à Orches (86).
Cannizzo Nom porté dans le sud de l’Italie (Sicile, Calabre). Sans doute un toponyme désignant un lieu où poussent les roseaux.
Cano Nom d’origine castillane. L’interprétation dépend de la présence ou non d’une tilde. Sans tilde, il s’agit de quelqu’un qui a les cheveux blancs. Avec, cela nous renvoie vers les roseaux (voir Canet).
Canoine Porté dans l’Aisne, le nom désigne un chanoine (voir Canonge pour le sens). La forme Canoen (59, 62) semble en être une variante.
Canonge Surtout porté dans le Gard et la Lozère (variante : Canonges, 38), le nom correspond à la fonction ecclésiastique de chanoine (latin canonicus), et a pu être employé comme sobriquet pour désigner un personnage gras, bien nourri. Attention cependant : il s’agit bien souvent d’un toponyme évoquant une possession ecclésiastique, et donc celui qui est originaire d’une localité appelée (la) Canonge, par exemple la Canonge à Saint-Hilaire-de-Lavit (48), ou Canonge à Laval-Pradel (30). On trouve dans le Doubs la variante rare Cannonge. Egalement Canourgues, Canorgue (83, 12). Variantes italiennes : Canonico, Canonici, Canonicci.
Canonne Le nom est assez fréquent dans le Nord-Pas-de-Calais. C’est la forme picarde du français ‘chanoine’, sans doute utilisé comme sobriquet.
Cánovas Le nom peut désigner celui qui est originaire de Cánovas, village de la province espagnole de Murcie. Cependant il semble surtout catalan, et est porté notamment aux Baléares, où de nombreuses fermes s’appellent Sa Cànova (pluriel : Cànoves), toponyme ayant le sens de maison neuve (contraction de “casa nova”).
Canqueteau Nom rare qui semble surtout vendéen. Sens qui me demeure obscur. Je ne pense pas en effet que la définition de M.T. Morlet (diminutif de Canque, surnom donné à un fabricant de bassins pour la cuisine) soit la bonne, car elle s’appuie sur le mot conque, un terme trop méridional.
Cans Surtout porté dans la Haute-Garonne et le Tarn-et-Garonne, désigne celui qui habite un lieu-dit las Cans ou les Cans, toponyme fréquent dans le Rouergue, en particulier dans l’Aveyron, avec le sens de sommet dénudé, pâturage de montagne (racine prélatine calm).
Cantaert Le nom, porté dans le Nord, désigne celui qui chante, peut-être un chantre d’église. On peut le considérer comme une variante du français Chanteur et du néerlandais ou alsacien Kanter.
Cantagrill Un nom charmant qui est au départ un toponyme désignant un endroit où chante le grillon.
Cantais Le nom est surtout porté en Seine-Maritime. Variante : Cantaix. Forme ancienne : Lecantais. Sens incertain. On peut éventuellement envisager une forme normande de l’ancien français “chanteis” (= chant, mélodie), surnom possible pour un chanteur ou un chantre.
Cantara Parfois écrit Cantera, le nom est en principe corse ou sarde. Sens incertain. En corse, le mot “cantera” (variante “cantara”) a le sens de case, casier (puis tiroir), également alvéole de ruche. En sarde, le mot “cantara”, variante de “cantaru”, désigne la daurade grise. En cas d’origine espagnole, ce qui est très possible pour la forme Cantera, on a affaire à un toponyme avec le sens de “carrière”.
Cantarel Nom porté dans le Lot et les départements voisins. On le retrouve dans les Pyrénées-Orientales sous les formes Cantareil, Cantarell. C’est un surnom donné à celui qui aime chanter, qui chante beaucoup. Variante corse (ou italienne) : Cantarelli. A noter cependant qu’en catalan le canterell est un pichet.
Cantat Porté dans l’Allier et les départements voisins (42, 71), c’est un nom de sens incertain. Difficile d’y voir le participe passé de l’occitan “cantar” (= chanter). On peut envisager éventuellement un diminutif de “cant” (= coin, angle). Un hameau s’appelle les Cantats à Varennes-sur-Tèche (03).
Cantave Patronyme porté dans l’île d’Haïti, dont je ne connais pas la signification.
Cantegril Nom languedocien ou gascon. Désigne celui qui est originaire du lieu-dit appelé Cantegril (également Cantagril), endroit où chante le grillon. Le toponyme est fréquent dans le Sud et le Sud-Ouest. Avec le même sens : Cantegreil, Cantegrel, Cantegric, Cantegrit.
Cantel On rencontre surtout ce nom en Normandie, mais il est également présent en Auvergne. Dans les deux cas, le sens n’est pas très clair. En Normandie (14, 27), c’est peut-être le surnom d’un chanteur ou d’un chantre (à rapprocher de Cantuel). En Auvergne, on peut penser également à Cantuel (toponyme rencontré dans le Cantal), et de toute façon à la racine cant (= sommet rocheux), autrement dit un toponyme (comme d’ailleurs le nom Cantal, de sens bien voisin apparemment).
Canteloube Nom rencontré notamment en Périgord. Fait partie des nombreux patronymes formés sur un toponyme désignant le lieu où l’on entend chanter, ou plutôt hurler, le loup ou la louve. Variantes ou formes voisines : Cantailloube, Cantalloube (66), Cantalaube, Cantelaube (24), Cantaloube (12), Cantalou (11), Cantaloup (32), Cantalouve (12), Canteloup (40, nom d’une rivière), Cantelouves (82). On trouve les formes Canteleu et Cantelou en Normandie. Variantes italiennes : Cantalupi, Cantalupo, Cantaluppi.
Cantet Le nom est porté dans la Vendée et les Deux-Sèvres, ainsi que dans les Hautes-Pyrénées. En Béarn, c’est un toponyme avec le sens de coin de terre, éventuellement petit croisement. A noter par exemple le hameau de Cantet à Arrodets-ez-Angles (65). Le sens devrait être le même dans l’Ouest. Diminutif : Canteteau (85).
Cantier Le nom est surtout porté dans les Pyrénées-Orientales et le Tarn. Variante : Cantié (11, 81, 66). Il paraît désigner celui qui est originaire de Cantié, hameau à Saint-Pierre-de-Trivisy (81). Le mot “cantier” désigne en occitan une planche de jardin, mais il a dû avoir d’autres sens (angle, coin, bord), sens attestés pour “cantet” et “cantiera”.
Cantillac Désigne celui qui est originaire de Cantillac, nom d’une commune de la Dordogne et d’un hameau à Sauveterre-de-Guyenne (33). C’est en Gironde quele nom est le plus répandu. Signification du toponyme : le domaine (suffixe -acum) de Cantilius, nom d’homme gallo-romain.
Cantin Surtout porté en Vendée et dans le Cher, c’est une variante graphique de Quentin (voir ce nom). Diminutifs : Cantinaud (17), Cantineau (59, 79, 50), Cantineaux, Cantiniau, Cantiniaux, Cantinieau (59).
Cantina Le nom est porté dans le Finistère au moins depuis le XVIIIe siècle. Variante : Cantinat. Il n’a cependant pas des allures très bretonnes. Faut-il le rapprocher de l’italien cantina (= cave), parfois porté comme nom de famille ? L’hypothèse est tentante, mais difficile à retenir faute de données généalogiques.
Cantini Très répandu en Toscane, ce nom italien devrait être un diminutif de canto (= angle, coin), lié à un toponyme. On trouve la forme Cantino en Piémont.
Canto Nom porté en Italie, où il est assez rare. On le trouve notamment en Sicile, vers Raguse et Syracuse. On peut évidemment penser au chant, mais il devrait plutôt s’agir d’un toponyme (= coin, angle).
Canton Nom très fréquent en Gascogne. Désigne celui qui habite un lieu-dit (le) Canton (= coin, angle de deux routes ou de deux rues).
Cantona Originaire de Sardaigne, où il n’est apparemment plus porté, c’est un toponyme avec le sens de coin, lieu reculé. Le nom existe aussi en Espagne, où il désigne celui qui est originaire de Cantoña, en Galice.
Cantraine Surtout porté dans le Pas-de-Calais (variante : Cantrainne), désigne celui qui habite un lieu-dit Cantraine (l’endroit où ‘chante’ la grenouille), nom de hameaux à Lillers (62), Sars-et-Rosières et Etroeungt (59).
Cantrel Le nom est porté dans la Somme et en Seine-Maritime. Variante : Cantrelle. C’est un diminutif du picard ‘canteur’, celui qui chante, qui aime à chanter.
Cantrin Rare et porté dans la Marne, pourrait être une déformation de Cantraine (voir ce nom).
Cantu Nom rare porté à la fois en Italie et en Espagne. En Italie, il désigne celui qui est originaire de Cantù, commune de Lombardie. En Espagne il faut peut-être le rattacher au basque “kantu” (= angle, rocher).
Cantuern Porté dans les Pyrénées-Orientales depuis la fin du XVIe siècle (première mention à Oms), le nom pourrait venir du Cantal. C’est en effet le nom ancien de divers lieux appelés aujourd’hui Cantuel. On pensera en particulier à un village de la commune de Prunet (15), mentionné en 1489 sous la forme Cantuern (puis Canthuern en 1549). Un nommé Bernard Cantuern était notaire à Aurillac en 1483.
Canu Nom fréquent en Normandie. C’est un sobriquet désignant celui qui est chenu (en normand et en picard l’initiale ca- ne s’est pas transformée en che-), autrement dit qui a les cheveux blancs. Le nom est également très répandu en Sardaigne, avec un sens identique (sarde “canu” = chenu).
Canuel Diminutif fréquent en Normandie, surtout dans la Manche, formé sur Canu (= chenu : celui qui a les cheveux blancs).
Canuet Diminutif fréquent en Normandie formé sur Canu (= chenu : celui qui a les cheveux blancs).
Canut Porté en Languedoc (31, 34, 11) ou dans le Nord-Pas-de-Calais, le nom désigne celui qui est chenu, autrement dit qui a les cheveux blancs (latin canutus). Les formes italiennes ou corses Canuto, Canuti ont le même sens.
Canva Le nom est porté dans le Pas-de-Calais. C’est un terme qui désigne en ancien picard une grosse toile de chanvre (canevach, à l’origine du français canevas), surnom probable d’un fabricant ou d’un marchand de cette toile.
Cany On rencontre le nom dans deux régions très différentes : d’une part le nord de la France (59 surtout), de l’autre le Rouergue (81). Dans le premier cas il pourrait désigner celui qui est originaire de Cany-Berville (76), le toponyme ayant le sens de ‘domaine de Canius’ (nom d’homme latin). En pays occitan, on pensera à un lieu où poussent les roseaux.
Canzano Ce nom italien peut désigner celui qui est originaire de Canzo, en Lombardie (province de Côme), ou encore de Canzano, dans les Abruzzes (province de Teramo). Vu la répartition géographique du nom de famille, la seconde solution est préférable dans la plupart des cas.
Canzian Nom italien fréquent à l’est de la Vénétie (province de Gorizia). Variantes : Canziano, Canziani (Lombardie, Frioul). C’est un ancien nom de baptême popularisé par saint Canziano, martyr du début du IVe siècle en un lieu appelé aujourd’hui San Canzian d’Isonzo. A noter aussi la commune slovène de San Canziano, célèbre pour ses grottes.
Cao Nom porté au sud de la Sardaigne (province de Cagliari), beaucoup plus fréquent dans toute l’île sous la forme Cau. Sens incertain, du moins pour moi. La langue sarde connaît deux mots “cau” différents : le premier signifie “mouette”, le second “trognon”, reste à savoir lequel des deux est à l’origine du nom de famille. Le nom Cao est aussi porté en Vénétie, avec le sens probable de “tête”.
Caouette Porté au Québec, c’est une variante de Cauet, Cauette, surnoms liés à la chouette. Le nom Caouette n’existe apparemment plus en France. On le rencontrait au XVIIe siècle en Bretagne. On trouve par contre encore les formes Cahouet, Cahouette (Île-de-France aujourd’hui).
Caouren Ancien nom de personne breton d’étymologie obscure (à rapprocher peut-être de l’ancien irlandais cobir = secours). On le rencontre surtout dans le Finistère. Variantes : Caourin, Caurant, Courant. Diminutifs : Courantin, Corantin, Corentin, Corenthin.
Cap Le nom est surtout porté dans le Finistère. Variantes : Capp, Le Cap. Peut-etre le porteur d’une cape (breton “kab”), peut-être aussi un toponyme lié au mot “kap” (= cap), par exemple le Cap Sizun. Le sens de “tête” est sans doute également possible (surnom d’un personnage têtu).
Capaldo Nom italien assez fréquent en Campanie, rencontré aussi dans d’autres régions. Forme plurielle : Capaldi. Je n’en conais pas la signification. Une hypothèse timide : autre forme de Capalto (qui a la tête haute).
Caparros, Caparrós Fréquent en Espagne, le nom pourrait être galicien. Il faut sans doute le rattacher au basque k(h)aparr, avec le sens de buisson épineux, broussailles, pâturage. Autre solution : un sobriquet avec le sens de ‘tête rouge’ (surnom d’un rouquin). Variante : Caparos. Forme voisine : Caparrus (64).
Capart Nom porté dans la Somme (également 59, 77). Variantes : Cappart (62, 80), Capard (76). Dérivé de cap (= tête), c’est sans doute le surnom d’un homme têtu, ou encore de celui qui a une grosse tête. Autre hypothèse : surnom donné à celui qui porte une cape.
Capdau Nom rare porté dans les Pyrénées-Atlantiques et la Haute-Garonne. C’est une variante gasconne de l’occitan capdel, qui signifie chef, directeur. A noter cependant qu’il pourrait s’agir d’un toponyme (cf le hameau de Capdeau à Cardaillac, dans le Lot).
Capdeboscq Porté surtout dans les Pyrénées-Atlantiques, désigne celui qui habite à l’extrémité du bois (ou est originaire d’une localité appelée Capdeboscq). Variantes : Capdebos (40), Cabdebosq (64).
Capdefer Nom rare porté dans la Gironde, où il s’est écrit aussi Cadefer. On peut penser à un surnom gascon (celui qui a la tête dure comme le fer). Mais il peut aussi s’agit d’un toponyme, écrit Capdeher (en gascon le f de “fer” se transforme en h). C’est le nom d’un hameau à Beaumarchés (32), ainsi que d’un ancien hameau à Mano (40), écrit Cap de Hé sur la carte de Cassini.
Capdegelle Nom gascon désignant celui qui habite un lieu-dit Capdegelle ou Cap de Gelle, nom de hameaux à Fustérouau (32) et à Auriébat (65). Variantes : Capdegel, Capdejelle. Signification : le lieu situé au-dessus, en amont de la Gelle, un terme qui est sans doute un hydronyme (nom de rivière).
Capdellayre, Capillaire Il s’agit d’un nom de métier, celui qui fait des capdells (ou cabdells) : autrement dit celui qui met le fil en écheveaux. Le mot capdell vient du latin capitellus (= petite tête). La forme Capillaire n’a rien à voir avec les cheveux, c’est une déformation par contamination de Capdellayre (on trouve aussi Capellaire en Catalogne du sud).
Capdepon Surtout porté dans les Pyrénées-Atlantiques, rencontré sous la forme Capdepont dans le Gers, désigne celui qui habite la maison ou le hameau situé à l’extrémité du pont.
Capderou Nom porté dans les Pyrénées-Atlantiques. C’est le nom de hameaux à Gelos, Rontignon, Gan, dans le même département. Selon M. Grosclaude (Dictionnaire étymologique des noms de famille gascons), Capderou serait un diminutif de Capdet (= le cadet, le plus jeune).
Capderrey Nom rare porté dans les Hautes-Pyrénées. Mot à mot il signifierait “tête de roi”, mais il semble que ce soit plutôt une déformation de Capdetrey, nom présent dans le même département, toponyme désignant la maison ou le hameau situé en haut (“cap”) du carrefour (“trei”, probable forme béarnaise de l’occitan “trivi”).
Capdevila, Capdeville, Capdevielle L’un des nombreux noms composés formés à partir du mot ville (vila). Il désigne la maison qui se situe à l’extrémité, au début de la ville. La forme Capdevielle est originaire du Sud-Ouest.
Capelain Porté notamment dans la Manche, c’est une forme normande du mot “chapelain”.
Capelani Rencontré aujourd’hui dans la Haute-Loire notamment, correspond aux noms italiens Capellani, Cappellani (italien “cappellano” = chapelain), également Capellano, Cappellano. Ces noms de famille ne sont pas très fréquents, on les rencontre notamment en Sicile.
Capelle Variante normande et surtout picarde de Chapelle (voir ce nom).
Caperaa Nom porté dans les Pyrénées-Atlantiques. Variantes : Capera (64), Caperan (32). Il désigne un prêtre, un chapelain (occitan capelan), terme employé comme sobriquet ou pour nommer celui qui habite la maison du prêtre. Dérivé : Caperet. En composition : Caperaa-Bourda et Caperaa-Grange (voir Bourda et Grange).
Capiaux Nom surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Variante : Capiau. C’est une variante de Capel, forme picarde de Chapel (= chapeau, surnom d’un porteur de chapeau ou d’un marchand de couvre-chefs).
Capillon Nom surtout porté en Poitou, rencontré aussi dans le Nord. Variante : Capillion (02). Il signifie ‘petit chapeau’, surnom probable de celui qui portait cette coiffure.
Capiod Nom porté dans le Jura. On le rencontre dans le Cher sous la forme Capiot. Sens incertain. Peut-être le porteur d’une petite cape.
Capirossi Surnom corse ou italien donné à un rouquin (= tête rouge). Variantes : Caporossi, Caporusso.
Capitaine C’est en Bretagne que le nom est le plus répandu (29, 22), on le rencontre aussi dans les Ardennes. Il désigne celui qui était à la tête d’une troupe, d’une garnison (latin capitaneus). Le sens de capitaine de bateau n’est attesté qu’au XVIe siècle mais c’est malgré tout celui que l’on retiendra pour la Bretagne, où l’on trouve les variantes Capiten, Cabiten et Cabitaine. Autres formes : Capitain (21, 35, 64), Capitan, Capitant (Savoie, Dauphiné). On trouve en Italie les formes Capitano, Capitani, Capitanio, Capitaneo (diminutif : Capitanelli).
Capliez Nom porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, rencontré aussi sous la forme Caplier. C’est une contraction de Capelier, Capeliez (= chapelier).
Caplot Nom picard. C’est sans doute un dérivé de capel (= chapeau), désignant un porteur ou un marchand de chapeaux. Il n’est cependant pas interdit d’y voir un dérivé de cape, ou encore de capele (= chapelle en picard). Dans tous les cas, il y a eu amuïssement du e devant l.
Capman Porté dans l’Hérault et dans l’Aude, c’est un nom rare de sens très incertain. A tout hasard, on proposera une graphie erronée de Capmau, lui-même variante de Capmal, nom d’un lieu-dit à Saint-Jean-de-la-Blaquiere (34), toponyme à rapprocher de Campmau (= le mauvais champ), hameau à Mialet (30), ou de Campmal, autre hameau à Saint-Étienne-Vallée-Française (48). Seconde hypothèse : variante du nom catalan Capmany, lui-même variante de Campmany (= le grand champ).
Capmartin Surtout porté dans le Gers et le Tarn-et-Garonne, désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Capmartin, nom de plusieurs hameaux : à Lasserade et à Montiron (32), à Saint-Germain-du-Puch (33), à Castelnau-Rivière-Basse (65), à Coutures, Larrazet et Saint-Sardos (82). Sens du toponyme : sans doute le champ de Martin, le mot “camp” s’étant transformé en “cap” (= tête), phénomène qu’on retrouve en Catalogne pour la localité de Campmany (= le grand champ), souvent écrite Capmany. De la même façon, Campmajo (voir ce nom) devient parfois Capmajo. Variantes : Capmarti, Capmarty.
Capocchiani Nom italien porté dans les Pouilles (province de Bari), où on trouve aussi la forme Capocchiano. Sens incertain. Le mot “capocchia” a désigné en italien l’extrémité arrondie d’une massue, il désigne maintenant une tête d’épingle, l’extrémité d’une allumette, ou tout simplement la tête. À noter aussi le mot “capocchio”, qui s’est appliqué à une personne manquant de bon sens et à qui on ne peut faire confiance. Il semble que Capocchiano soit le dérivé d’un de ces deux mots.
Capocci Assez rare, ce nom italien est porté dans le Lazio et l’Ombrie. Il faut le rapprocher de Capoccia, beaucoup plus répandu, présent dans les mêmes régions et au sud des Pouilles (province de Lecce). Le mot “capoccia” (ou “capoccio”) désigne dans le centre de l’Italie le chef d’une famille paysanne, ou celui qui dirige l’ensemble des ouvriers agricoles, des bergers ou des vachers. Autre sens possible, mais moins probable, celui de grosse tête, caboche.
Capoen, Capoën Nom porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique. Variante : Cappoen. Correspond au moyen néerlandais capoen, qui signifie chapon, mais aussi pauvre diable ou garnement, fripon (source : Dictionnaire des noms de famille en Belgique romane). Les formes plus françaises Capon et Cappon (même région) ont le même sens.
Capolaghi Nom de formation italienne désignant celui qui habite un lieu-dit Capolago (l’extrémité du lac). On pensera en particulier à la commune suisse de Capolago, dans le Tessin.
Caponio Nom porté en Italie dans les Pouilles. Tout comme les formes voisines Capone et Caponi, on le considère comme un dérivé de l’italien capo (= tête) appliqué sans doute à un personnage têtu.
Capot Surtout porté dans le Lot-et-Garonne et le Gers, c’est un dérivé de l’occitan cap (= tête), peut-être le surnom d’un homme têtu (cf. l’occitan caput = têtu), mais plutôt toponyme avec le sens de petit sommet. Plusieurs hameaux s’appellent (le) Capot, par exemple à Labretonie, Villeton et Fourques-sur-Garonne (47).
Capouillez Nom porté en Belgique et dans le Nord-Pas-de-Calais. Variante : Capouillet. C’est un nom à rapprocher des mots chape, capuchon, avec un sens qui reste à préciser.
Capoul Surtout porté aujourd’hui en Martinique, le nom vient du Sud-Ouest (24, 33 notamment). Sens incertain. M.T. Morlet le rattache à l’occitan capolar (= couper à la hache, hacher), mais il faut aussi penser à un dérivé possible de cap (= tête, sommet).
Capoulade Le nom est surtout porté dans l’Aveyron. On trouve la forme voisine Capoulat dans le Tarn. Il correspond à l’occitan “capolada”, qui a le sens de “hachis”, mais aussi de “bois chablis” (abattu par le vent, tombé en vétusté). C’est sans doute ce dernier sens qu’il faut retenir, et on a affaire à un toponyme devenu nom de famille. Un hameau s’appelle la Capoulade à Combes (34).
Capovilla Nom italien originaire de Vénétie. Il désigne celui qui habite au sommet, à l’extrémité de la ville ou du village (sens identique au catalan Capdevila et au gascon Capdevielle).
Cappannelli Nom italien, diminutif formé sur capanna (= cabane). Celui qui possédait une cabane ou y vivait (le terme désignant en général un abri de berger).
Cappe Fréquent dans le Nord-Pas-de-Calais (également 02, 89), a dû désigner le porteur d’une cape (également écrit “chape”, le mot désignait un manteau, du latin cappa = capuchon).
Cappelaere Porté dans le département du Nord et en Belgique (variante : Cappelaire, 62), c’est peut-être une forme flamandisée de Cappelier, Cappeliez, Cappellier (= chapelier). Autre éventualité : celui qui est originaire d’une des nombreuses localités appelées Kappel, Cappel(le).
Cappello, Cappelli Surnom italien donné à un marchand ou à un fabricant de chapeaux. Variantes : Capello, Capelli.
Cappi En Italie, le nom est porté en Lombardie et en Emilie-Romagne. C’est une variante de Capo, Capi, des noms qui évoquent la tête, avec toutes les interprétations possibles du terme : celui qui a une grosse tête ou qui est têtu (sobriquet), mais aussi celui qui habite en haut du village, d’autres interprétations étant évidemment possibles.
Cappy Le nom est porté en Lorraine (55, 54), on le rencontre aussi dans la Somme. Il désigne celui qui est originaire d’une localité ainsi appelée. On pensera surtout à la commune de Cappy (80). C’est également le nom d’un hameau à Saint-Vaast-de-Longmont (60). Signification : le domaine de Cappius, nom d’homme latin. Le nom de famille peut aussi correspondre à l’italien Cappi (assez courant en Lombardie et en Émilie), surnom possible d’un porteur de cape ou équivalent de capo (= la tête).
Capredon Le nom est porté dans le Cantal. Il signifie mot à mot ‘tête ronde’, soit comme surnom, soit comme toponyme (sommet arrondi). A noter le hameau de Capredonde à La Bastide-l’Évêque (12) et ceux de Capredon à Verdelais (33) et à Valprionde (46).
Caprin Nom assez rare porté notamment en Seine-et-Marne. Les mentions les plus anciennes le situent cependant en Provence, et nous invitent à le rapprocher de l’italien Caprino, Caprini (= chevreau) surnom possible pour un homme agile ou un gardien de chèvres. A noter que le nom Caprin se rencontre aussi en Italie (Vénétie).
Capron Fréquent dans le Nord, le nom est une contraction de caperon, chaperon (= capuchon, manteau à capuche). Désigne sans doute celui qui fabriquait et vendait des chaperons.
Capronnier Fabricant ou marchand de chaperons (voir Capron).
Capsek Nom rare porté en Gironde. C’est une amusante transformation de Capsec, un toponyme rencontré en Gascogne. On trouve des hameaux portant ce nom dans les Landes (Losse, Parleboscq) et dans le Gers (Lectoure). Sens du toponyme : l’occitan capsec (= tête sèche) désigne soit un bolet, soit une variété de peuplier.
Capsié Porté dans les Pyrénées-Orientales (variante : Capsier), le nom pourrait désigner un fabricant de boîtes (catalan capser).
Capt Le nom est porté dans l’Isère, on le rencontre aussi dans les Vosges et en Suisse. Le dictionnaire de M.T. Morlet en fait une variante de l’occitan cap (= la tête, le chef, latin caput).
Capuani Assez courant dans la région de Rome, le nom désigne celui qui est originaire de Capoue (italien Capua), ville de Campanie. Le nom de famille est beaucoup plus fréquent sous la forme Capuano, très répandue en Campanie, mais aussi portée dans les provinces du Nord et dans le Lazio. A noter que le nom Capuani s’est transformé en Caponi au Québec.
Capus Surtout porté dans le Tarn, le nom peut désigner celui qui a une grosse tête (sens de l’adjectif occitan capus), ou encore par métonymie un bûcheron ou un charpentier (capus = billot, capusaire = charpentier). On trouve avec la même incertitude le nom Caput, qui pour sa part est rarement occitan, puisqu’on le rencontre surtout dans les Vosges. Le sens de grosse tête (éventuellement tête dure) est par contre à peu près certain dans les formes italiennes Caputo, Caputi, fréquentes dans le sud de la péninsule.
Caqué Surtout porté dans la Marne, le nom paraît avoir un rapport avec la caque (tonneau pour les harengs salés) et a pu désigner un marchand de harengs. Signalons aussi l’ancien français “caqueux” (= lépreux), qui pourrait être la meilleure solution. On trouve également dans la Marne les formes Caquet, Caquez et Caquot. Le nom de famille Caqueux est pour sa part porté dans l’Aube. A noter aussi les formes Caquard, Caquart (54).
Caquineau Nom assez courant en Vendée et en Poitou-Charentes. Variante : Caquinaud. C’est un diminutif de Caquin, nom beaucoup plus rare et présent dans le Cher. En ancien français, le mot “caquin” a désigné un petit tonneau, une caque pour les harengs salés. C’est sans doute là l’origine du surnom qui a donné naissance au nom de famille.
Car Le nom peut avoir deux origines différentes, la Provence ou la Bretagne. Dans le premier cas (nom attesté depuis le XVe siècle et assez courant à Marseille), il devrait s’agir d’un nom de personne correspondant au latin “carus” (= cher, aimé, occitan “car”), même si un lien avec le mot “char” est également possible. En Bretagne (variantes Carr, Le Car), on pensera au mot “kar”, qui a le sens de “parent”, mais qui en vieux breton signifiait “ami”.
Carabasse Nom porté dans l’Aveyron et l’Hérault. C’est en principe un équivalent occitan (“carabassa”) du français “calebasse”, surnom possible d’un producteur ou d’un marchand de courges, voire d’un tavernier (les calebasses faisant souvent office de bouteilles). À noter cependant qu’en toponymie Carabasse et sa variante Carbasse sont souvent utilisés pour désigner des vallons ou des cours d’eau, soit en lien avec la forme creuse de la calebasse, soit comme déformations de “crabassa” (occitan “crebassa” = crevasse).
Carabin Surtout porté en Moselle, le nom se rencontre aussi en Guadeloupe. Il peut s’agir d’une variante de Carrabin (voir ce nom), ou d’un terme ayant désigné un soldat de cavalerie légère utilisant une arbalète (seul problème, le nom n’apparaît avec cet emploi qu’à la fin du XVIe siècle).
Carabis Nom espagnol très rare sur lequel je n’ai aucune idée précise. Le mot carabe désigne l’ambre, mais y a-t-il un rapport ? A noter aussi que deux communes s’appellent Carabias (provinces de Ségovie et de Guadalajara) et qu’on trouve également en Espagne le nom de famille Carabes.
Caraccioli Nom porté en Corse, forme plurielle de Caracciolo. Le nom semble évoquer l’escargot (surnom d’une personne lente), mais je n’en ai pas la certitude.
Caracenna Désigne celui qui est originaire de Caracena, nom de diverses localités espagnoles, dont deux communes dans les provinces de Soria et de Cuenca.
Caradec Nom surtout porté dans le Finistère. Variantes : Carradec (56, 22), Caradeuc (22), et sans doute Caradeu et Caradeux (35, 53). C’est un ancien nom de personne qui correspond au gallois Craddock (voir ce nom).
Caraës Ce nom breton désigne celui qui est originaire de la ville de Carhaix, ou de divers hameaux portant un nom à peu près identique. Le toponyme a le sens de carrefour.
Caraguel Porté surtout dans l’Aude (variante : Caragel), le nom pourrait venir d’un toponyme. M.T. Morlet propose un village espagnol (Caracuel ?), mais il est possible qu’un lieu-dit Caraguel existe dans l’Aude. Le rapprochement avec l’escargot (caragol) est tentant, mais il faut sans doute résister à la tentation.
Caramante Ce nom italien a sans doute le sens d’ami cher (caro amante). Assez rare, on le rencontre notamment à Piombino (Ile d’Elbe). Avec le même sens : Caramico.
Caramaro D’origine italienne, le nom est aujourd’hui très rare. Apparemment absent d’Italie, il se rencontre en Bretagne ! Signification probable : agglutination de caro (= cher) et Amaro, nom de personne de sens incertain. Le patronyme Amaro se rencontre en Sicile, en Campanie et plus rarement en Piémont.
Caramelle Porté notamment dans l’Aisne, le nom devrait désigner un joueur de chalumeau (variante de l’ancien français ‘calamel’ = flûte de berger, du latin calamus = roseau). On trouve avec le même sens le nom Caramel dans l’Hérault et le Tarn, ainsi que Carameaux et Caramiaux dans les Ardennes et le Nord-Pas-de-Calais. Formes italiennes : Caramella (Lombardie), Caramelli (Toscane), Caramello (Piémont, diminutif : Caramellino), Caramelo.
Carames Ou Caramés. Nom espagnol dont je ne connais pas la signification.
Caramigeas Nom porté dans le Périgord et le Limousin. Désigne celui qui est originaire de Caramigeas, hameau à Lubersac (19).
Caranana Le nom est porté en Espagne, notamment en Catalogne, où il s’écrit Carañana (variantes anciennes : Caranyena, Caranyana). Il désigne celui qui est originaire de Cariñena, localité de la province de Saragosse dont le nom ancien était Caranyena. C’est cette commune qui est à l’origine du cépage appelé “carignan”.
Caranhac Originaire du Cantal, le nom s’écrit aussi Caragnac. Il renvoie certainement à un ancien village, le suffixe -ac ayant servi à former des noms de domaine gallo-romains. Reste à localiser ce village. A noter l’existence de formes Charagnac, Charannac, Charannat, Charamnac (Limousin) qui pourraient renvoyer au même village.
Carassus Porté en Gascogne, le nom désigne la maison exposée au sud (= face au sud). Avec le même sens, mais avec une autre formation, on trouve dans la même région le nom Carassou (= face au soleil).
Caraty Le nom est porté dans l’Indre-et-Loire. Variantes : Carati, Caratis. Sens incertain. S’il s’agit réellement d’un nom tourangeau, on peut penser à un dérivé du verbe ‘incarater’, qui signifiait dans cette région ‘ensorceler’. Ce serait donc le surnom de celui qui est victime d’un sort (source : Jean Moreau, ‘les Noms de famille en Touraine’). Cependant, la finale en -i nous invite à nous tourner vers l’italien. Le nom Carati (variante : Caratti) est en effet assez courant en Lombardie, où il semble désigner celui qui est originaire de Carate, localité de la province de Milan.
Caraud Le nom est surtout porté dans le Limousin (87), on le rencontre aussi dans l’Aude. Apparemment dérivé de l’occitan ‘cara’ (= visage), il pourrait désigner un personnage renfrogné (sens de l’occitan carut). A noter aussi les hameaux de Caraud à Tourtouse et à Saint-Quentin-la-Tour (09).
Caravano Un nom italien à rapprocher du français caravane. Il a pu désigner celui qui effectuait du commerce avec l’Orient. Introduit en Europe au moyen âge, le mot vient du persan kârwân (= file de chameaux, troupe de voyageurs). Autre possibilité : déformation du nom d’une ville italienne, par exemple Caravino ou Carvanno (provinces de Turin et de Brescia).
Caravatte Rare, le nom est porté notamment dans l’Ain et paraît venir de Saône-et-Loire, où un hameau s’appelle Caravattes à Jouvençon. Sens incertain, mais la première mention connue, au XVIIIe siècle, nous indique que le nom Caravatte viendrait de Pologne. Dans ce cas, on peut penser à des noms tels que Karwacz, Karwat, formés sur l’ancien polonais “karwa” (= vache). A noter en Italie les noms voisins Caravatti (Lombardie) et Caravatta (Molise), de sens assez obscur.
Caravel Nom porté dans le Sud-Est (06, 83). Variante : Caraveu. C’est un toponyme désignant un gouffre, un précipice (variante de l’occitan caravenc) ou tout simplement un creux (occitan caravèl = creux, cavité, souvent employé pour un creux d’arbre pourri).
Carayon Le nom est originaire du Tarn. Il s’agit d’un toponyme correspondant à un ancien domaine, devenu par la suite village ou hameau. L’origine semble le nom de personne gaulois Caraius, auquel s’est ajouté le suffixe -onem. Toujours dans le Tarn, on trouve le toponyme Carayol, lui aussi devenu patronyme, qui a la même origine (suffixe -olum).
Carbillet Surtout porté dans la Haute-Marne (Pisseloup), c’est un nom de sens obscur, du moins pour moi. A envisager éventuellement un lien avec l’ancien français “escarbellier” (mettre en pièces, écrabouiller).
Carbonell, Carboneil, Carbonneil, Carbonnel, Carbonnell Porté dans les Pyrénées-Orientales, c’est un diminutif du catalan Carbó = charbon (du latin carbone), qui a été utilisé comme nom de personne au Moyen Âge (cf. Carbonellus Coquinarum, 1130, cartulaire de Saint-Sernin de Toulouse).
Carbonne Porté dans l’Ariège et les Pyrénées-Orientales, devrait désigner celui qui est originaire de Carbonne, commune de la Haute-Garonne très proche de l’Ariège. Carbonne est une bastide fondée en 1256, mais le lieu existait auparavant. Ernest Nègre pense qu’il pourrait être composé de “calm” (= lande, plateau dénudé, pâturage) et de “bona” (= bonne), le mot s’étant transformé sous l’attraction de “carbon” (= charbon).
Carbonnier Autre forme de Charbonnier (producteur ou marchand de charbon) surtout portée en Picardie et en Normandie, également rencontrée dans le Sud-Ouest. Variante : Carbonnié, Carbonié (81, 82, 33), Carbonier.
Carbuccia Désigne celui qui est originaire du village corse de Carbuccia. Le sens du toponyme est obscur. Il comporte une racine “carb” que l’on retrouve dans Carbini, autre commune corse. Signalons qu’en Sardaigne une “carba” est une longue branche, une gaule.
Carcaillet Le nom, rare, est porté dans les Côtes-d’Armor et s’écrit aussi Carcaillé. Il paraît s’agir d’un toponyme lié au colchique (breton “karkailh”). À envisager aussi un rapport avec la caille (cf. le picard de formation onomatopéique “carcaillou” = caille).
Carcassonne Originaire de la ville portant ce nom.
Carcaud Le nom est fréquent en Loire-Atlantique, mais on le trouve aussi dans la Creuse. Il s’agit en principe d’un surnom désignant un portefaix ou l’ancêtre du docker (celui qui charge, qui porte des charges).
Carcenac Le nom est surtout porté dans l’Aveyron. Variantes : Carcenat, Carcennac, Carsenac, Carsenat (surtout rencontrées en Corrèze). Il désigne celui qui est originaire de Carcenac, nom de deux hameaux de l’Aveyron (communes de Salmiech et de Baraqueville), le toponyme se rencontrant aussi à Lisle-sur-Tarn (81) et à Montaigut-sur-Save (31).
Carcopino Nom corse désignant celui qui est originaire de Carcopino (en corse Carcupinu, commune de Sarrola-Carcopino, 2A). Sens incertain : carcu signifie ‘fagot’ en corse, ce qui donnerait ‘fagot de pin’. En composition : Carcopino-Tusoli (véritable nom de Francis Carco). Le nom Tusoli est fréquent en Corse, on le rencontre dans la famille de Napoléon, mais je n’en connais pas le sens.
Cardeilhac Le nom est surtout porté dans les Hautes-Pyrénées (également 32, 87). Variantes : Cardeillac, Cardeillat. Il désigne celui qui est originaire de Cardeilhac, commune de la Haute-Garonne, également hameau à Belbèze-de-Lauragais (31), ou encore de Cardeillac, nom de hameaux à Mourède, Saint-Martin-d’Armagnac, Escorneboeuf, Saint-Blancard (32), Lunax et Cintegabelle (31). Il faut aussi envisager un rapport avec Cardaillac, commune du Lot et nom de plusieurs hameaux (47, 82 notamment). Le nom de famille Cardaillac est pour sa part porté dans l’Aveyron et le Lot. Signification : domaine de Caratilius, nom d’homme gaulois.
Cardenas Ou Cárdenas. Nom porté en Espagne. Désigne celui qui est originaire de Cárdenas, nom d’une commune de la province de La Rioja. On rencontre aussi la forme Cardeñas, toponyme rencontré à Huelva, en Andalousie. Le nom renvoie au chardon, ou à d’autres fleurs de couleur bleue.
Cardet Diminutif de Richard, formé par aphérèse (Ricardet > Cardet). Le nom se rencontre à la fois dans la Manche et les Pyrénées-Atlantiques.
Cardillo Même si on en trouve quelques mentions en Espagne, le nom est surtout originaire du sud de l’Italie : Sicile (province de Catane), Campanie (provinces de Naples et de Caserte), Lazio (provinces de Latina et de Rome). Il a également gagné la région milanaise et celle de Marseille. Il peut s’agir d’un diminutif de Riccardo (= Richard), mais on n’oubliera pas que, dans plusieurs dialectes du Sud, le mot “cardillu” désigne le chardonneret.
Cardin Nom porté notamment en Bretagne (22), en Vendée et dans la Manche. C’est un hypocoristique de Ricard (= Richard) formé par suffixation et aphérèse.
Cardinael Variante de Cardinal (voir ce nom) portée dans le département du Nord et en Belgique, rencontrée aussi sous la forme Cardinel.
Cardinal Nom très courant, rencontré surtout dans le Finistère et le Limousin. On le considère généralement comme un sobriquet donné à un homme orgueilleux, fier de lui (de l’adjectif cardinal = important, puis nom donné dès le VIIIe siècle à un prélat désigné par le pape). Mais d’autres solutions sont possibles, notamment un diminutif de Ricard (Richard), ou encore, dans le Sud, un lieu planté de cardons (plante potagère).
Cardon Surtout porté dans la Somme et le Nord-Pas-de-Calais, devrait, comme le nom savoyard Chardon, être un diminutif de Richard, dont la forme picarde est Ricard, Ricart. Autres possibilités : lieu où pousse le chardon ou surnom d’homme désagréable, peu avenant.
Cardona Originaire de la petite ville de Cardona, en Catalogne du Sud.
Cardoner Un nom de Catalogne du Sud, qui désigne celui qui est originaire de la région de Cardona (petite ville de Catalogne), arrosée par la rivière qui s’appelle le riu Cardoner.
Cardonnel Porté dans le Tarn-et-Garonne (également 12, 46), c’est peut-être un hypocoristique de Richard (Ricard). Autres possibilités : comparaison avec le chardonneret ou lieu où pousse le chardon.
Cardoso Fréquent au Portugal et en Espagne, c’est un toponyme désignant un lieu où pousse le chardon (portugais “cardo”).
Cardot Surtout porté en Haute-Saône et dans le Territoire de Belfort, c’est une aphérèse de Ricardot, diminutif de Ricard (= Richard).
Carducci Porté en Corse et en Italie (notamment dans le Lazio et les Marches), c’est un diminutif du prénom Riccardo (= Richard).
Carduner Assez fréquent dans le Finistère, pourrait correspondre au moyen breton carden (= litière qu’on met à pourrir pour en faire du fumier), et désignerait celui qui effectue ce travail (source : A. Deshayes, Dictionnaire des noms de famille bretons).
Cardy Surtout porté dans les Pyrénées-Atlantiques, devrait être une variante de Cardin, diminutif de Richard.
Caré Variante probable de Carré (voir ce nom) portée en Picardie (02, 80).
Carel Nom surtout rencontré en Normandie (76, 14) et en Bretagne (22), mais que l’on trouve aussi en Lorraine (54). C’est une variante du prénom Charles, à rapprocher du flamand Karel.
Caret Le nom est surtout porté en Bretagne (56, 29). Il signifie ‘bien aimé’, surnom donné à une personne aimable.
Carette Le nom est fréquent dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie. Il désigne une charrette (forme picarde du mot), et par métonymie le conducteur de ce véhicule. Variante : Carrette.
Carez Porté dans la Meuse et le Nord-Pas-de-Calais, le nom est considéré comme une variante de Carré, surnom donné à un homme trapu. La forme Carrez est beaucoup plus fréquente.
Carfantan Surtout porté dans les Côtes-d’Armor, désigne celui qui est originaire de Carfantin (également écrit Carfantan), nom de deux hameaux à Dol-de-Bretagne (35) et au Hinglé (22). Signification : le hameau (ker) de la fontaine.
Cargoët, Cargouet C’est une variante de Kergoat, nom de lieu très fréquent en Bretagne sous diverses graphies, et qui signifie le village situé près du bois. Donc celui qui est originaire d’une localité (hameau ou lieu-dit) portant ce nom. Les formes Cargoët et Cargouet semblent typiques du Morbihan.
Cargol, Caragol Sobriquet lié soit à une métaphore avec l’escargot (on pense bien sûr à la lenteur), soit à une métonymie (par exemple un gros mangeur de gastéropodes). Nom essentiellement porté par des familles gitanes.
Cargouet Nom porté dans le Morbihan, également écrit Cargoet, Kergouet. On trouve l’équivalent Kergoët dans les Côtes-d’Armor, la forme la plus courante étant Kergoat, nom porté dans le Finistère. C’est un toponyme très fréquent. Voir Kergoat pour le sens.
Carignano Essentiellement porté en Piémont, le nom désigne celui qui est originaire de Carignano, localité de la province de Turin.
Carignon, Carrignon Nom surtout porté dans le Loiret et l’Isère. C’est un surnom désignant par métonymie un sonneur de cloches (ancien français quaregnon = carillon).
Carillet On trouve ce nom à la fois en Lorraine (57) et en Bretagne (35), où il admet la variante Cariguet (22). Pour la Bretagne, il devrait s’agir d’un dérivé de karreg (= rocher). Pour la Lorraine, je n’ai aucune idée, sinon une variante de Carillon (surnom donné à un sonneur de cloches).
Carillo Nom espagnol, diminutif de Caro (= cher, terme affectueux).
Carimalo Le nom se rencontre surtout en Bretagne (22), parfois en Picardie. Il pourrait avoir désigné un sorcier (sens attesté en picard pour le mot carimaro). Une solution du type ker + Malo (le hameau de Malo) ne donne aucun lieu breton qui puisse correspondre, et n’explique de toute façon pas le i de ‘cari’.
Carincotte Nom rencontré surtout dans le Pas-de-Calais (Coyecques). Je n’ai hélas aucune idée certaine sur sa signification. On rencontre dans le même département le patronyme Carin, de sens lui aussi obscur, mais qui pourrait être une variante picarde de Quirin, nom de baptême (voir ce nom), comme le flamand Caryn. Peut-être donc un diminutif de Carin, ou bien un vieux terme picard apparemment inconnu.
Carine Porté à la Réunion et dans le Loir-et-Cher, le nom est rare. C’est un nom de baptême (diminutif formé sur le latin carus = cher, aimé) popularisé par une sainte du IVe siècle, martyrisée à Ancyre (Ankara).
Cario Porté dans le Morbihan, c’est un diminutif du breton ‘car’ (= ami), surnom probable d’une personne aimable, éventuellement nom de baptême.
Cariou, Carriou Nom très répandu en Bretagne, notamment dans le Finistère. C’est un dérivé du vieux breton car (= ami).
Carissan Nom porté dans l’Ille-et-Vilaine. Variantes : Carissant, Carrissant. Il semble désigner celui qui est originaire de Carissan, hameau à Iffendic (35).
Carissimo Nom italien porté surtout dans les Pouilles, le Lazio et la Lombardie. C’est le superlatif absolu de Caro, nom donné à celui qui vous est cher, pour lequel on a la plus vive affection.
Carita Un nom rare qui correspond au mot charité. Peut-être un toponyme correspondant à un hôpital des pauvres.
Caritey Nom porté dans la Haute-Saône et les départements voisins (90, 88). C’est l’équivalent du mot ‘charité’, avec un sens incertain : soit celui qui demande l’aumône, soit un toponyme évoquant un hôpital des pauvres (où l’on servait aux pauvres un repas appelé charité). Variantes : Carité (60, 76), Caritez (88), Caritté (51), Charita, Charitat (43), Charritat (18), Charitas (62).
Caritg En France, le nom, très rare, est porté dans les Pyrénées-Orientales (Albères, Vallespir), avec comme variante Caritx. Il est un peu plus fréquent en Espagne, au nord-est de la Catalogne. Son sens est incertain, mais on considère généralement qu’il s’agit d’un nom de personne germanique, Kerwic, variante de Gheirwig. À noter cependant que le catalan “càrritx” désigne une graminée (Ampelodesmos mauritanicus), le mot étant assez proche de “càrex”, qui désigne pour sa part le carex (ou laîche), genre proche des graminées.
Carjuzaa Nom porté dans les Pyrénées-Atlantiques. Il s’agit d’un toponyme qui, selon Michel Grosclaude (voir bibliographie), désigne la maison située sur un versant nord (cara = face + jusan = au-dessous, au nord). A noter qu’un hameau s’appelle Carjuzan, mais dans la Gironde (Saint-Michel-de-Rieufret).
Carlà Porté en Catalogne, c’est l’équivalent du catalan castlà, qui désigne un châtelain. Le nom de famille se rencontre parfois aussi en Italie (Lombardie), je ne sais si son sens est le même.
Carles, Carlos, Charles Variantes catalane, castillane et française du même nom de personne d’origine germanique Karl (= homme, viril) latinisé en Karolus. Le nom a été surtout popularisé par le véritable culte rendu à Charlemagne tout au long du Moyen Âge.
Carlevan Nom rencontré dans les Alpes-Maritimes. Correspond à l’italien Carnevali (= carnaval). Le patronyme Carnevali peut désigner soit un enfant né pendant la période du carnaval, soit une personne fêtarde. L’italien connaît lui aussi la forme Carlevani, ainsi que Carlevaro ou encore Carlevari.
Carli Forme plurielle de l’italien Carlo (= Charles) assez fréquente en Corse.
Carlier Nom fréquent en Picardie et en Artois, notamment dans l’Aisne, qui est une forme contractée de carrelier (= charron). Avec le même sens : Carliez, Carlié (59, 62).
Carlig Nom italien rare porté das le Frioul (province d’Udine). Il semble logique d’en faire un dérivé de Carlo (= Charles), équivalent du slave Karlic. Mais, les noms du Frioul étant pour moi bien obscurs, je me garderai d’en faire une certitude.
Carlin Rencontré notamment en Savoie, c’est un diminutif de Charles, le plus souvent d’origine italienne (Trentin, Vénétie).
Carlo Patronyme porté en Bretagne (22, 56). Apparemment un diminutif du prénom Charles, formé avec le suffixe -o.
Carlotti Diminutif de Carlo (= Charles), assez fréquent dans le nord de l’Italie. Autres formes : Carlotto, Carlotta (matronyme). Avec un autre suffixe : Carlin, Carlino, Carlini, Carluccio, Carlucci. Augmentatifs : Carloni, Carlon.
Carlu Surtout porté en Picardie (80, 62), c’est peut-être une forme contractée de Carolus, forme latinisée de Charles, mais restons méfiants.
Carly Dans la plupart des cas, le nom désigne celui qui est originaire de Carly, commune du Pas-de-Calais. Rencontré aussi dans les Vosges, il devrait y être un diminutif de Karl (= Charles).
Carlyle Egalement Carlisle. Nom anglais désignant celui qui est originaire de Carlisle, dans le Cumberland.
Carmagnac Porté dans la Charente, désigne celui qui est originaire de Carmagnac, nom de deux hameaux de ce département, à Vaux-Lavalette et à Gurat. Sens du toponyme : peut-être le domaine (suffixe -acum) de Carmanius, nom d’homme latin. Variantes : Carmagnat, Carmaignac. Le nom Carmignac, porté dans le Loiret, semble avoir la même origine.
Carmantrand Le nom est surtout porté dans le Jura. Autres formes : Carmantrant (77), Carmentran (47, 59), Carmentrand (70), Carimantran, Carimantrand, Carimantrant, Carimentrand (71), Carementrant (21). Il désigne le début du Carême (Carême entrant) et les festivités qui l’accompagnent (le Caresmentrant était un homme de paille que l’on promenait dans les rues le mercredi des Cendres). Reste à savoir les raisons qui en ont fait un nom de famille. On notera à ce sujet que le terme est souvent utilisé comme toponyme : ainsi, dans le Lot-et-Garonne, il faut penser à celui qui est originaire de Carmentran, hameau à Villeneuve-sur-Lot.
Carmarans Surtout porté dans l’Aveyron, le nom s’écrit aussi Carmaran. Il désigne celui qui est originaire de Carmarans, hameau à Estaing (12), à condition bien sûr que le toponyme soit antérieur au nom de famille. Signification obscure, mais le nom semble bien proche de celui de Carmaux au Moyen Âge (Caramans en 1125).
Carmaux Nom porté dans les Ardennes (variante : Carmeaux). Il devrait s’agir d’un dérivé du picard carme (= le charme, arbre).
Carmené Ou Carméné. Nom rare porté dans les Côtes-d’Armor. Il désigne celui qui est originaire de Kerménez ou Kerméné, nom de plusieurs hameaux. Signification : le hameau (ker) de la montagne (menez). On pensera notamment à Kermené, hameau à Saint-Gouéno (22).
Carment Le patronyme est surtout porté en Seine-Maritime et dans l’Oise. C’est sans doute un nom de personne d’origine germanique, Caraman, Garaman (gar = lance + man = homme). Variante : Carmant (60). Autre solution : variante du flamand Carman, qui désigne un charretier.
Carmes, Carmès Le nom est porté à la fois dans les Côtes-d’Armor et dans le Tarn. En Bretagne (Carmès), c’est un toponyme désignant un hameau (ker) situé dans un champ ouvert (maes, selon A. Deshayes, Dictionnaire des noms de famille bretons) : Carmès est un hameau à Saint-Tugdual (56), A. Deshayes cite aussi un lieu-dit à Lescouet-Gouarec (22). Dans le Tarn (Carmes), c’est le nom de hameaux à Puycelci et à Rosières, de lieux-dits à Saint-Paul-Cap-de-Joux et à Massals. Signification probable : couvent de carmes.
Carmet Le nom est surtout porté dans le Maine-et-Loire, où il est présent depuis le XVIIe siècle au moins. Reste à savoir si c’est bien la région d’origine du nom. Il devrait s’agir d’un toponyme désignant un bois de charmes , mais on pensera aussi à un religieux de l’ordre des Carmes.
Carminati Fréquent en Lombardie, c’est un dérivé de Carmine, désignant celui qui est originaire de Carmine, commune située au bord du Lac Majeur, à la limite du Piémont et de la Lombardie.
Carmona Désigne celui qui est originaire d’une localité espagnole portant ce nom. On trouve notamment une commune de Carmona dans la province de Séville.
Carmont Nom surtout présent en Normandie (variantes Carmon, Carmond). Il semble s’agir d’une contraction de Caremon, dérivé de carême, avec un sens qui reste à préciser.
Carnaille Nom rare porté dans le Nord, rencontré dans l’Oise sous la forme Carnail. Peut-être un toponyme évoquant un lieu où pousse le charme (carne en picard) : la Carnaille est le nom d’un étang à Ohain (59). Autre possibilité : surnom d’un homme bien en chair.
Carné C’est en Bourgogne que le nom est le plus répandu. Il semble qu’il s’agisse d’un surnom donné à celui qui est bien en chair. En Bretagne, où l’on rencontre aussi des Carné, c’est un nom de baptême, que l’on retrouve dans la commune de Saint-Carné (22) : saint Carné (forme latine : Carnetus), fêté le 15 novembre, était particulièrement honoré à Dinan.
Carnelutto Porté à la limite de la Vénétie et du Frioul, le nom est très rare. C’est un diminutif de Carniel, nom de famille très répandu en Vénétie et rencontré aussi sous les formes Carniello, Carnielli, Carnielo. Le nom désigne celui qui est originaire de la Carnia, région des Alpes orientales correspondant à la haute vallée du Tagliamento. Il peut aussi désigner un tisserand, sens du nom commun carnièl (les tisserands étaient sans doute très nombreux dans cette région).
Carnero Surnom espagnol donné par métonymie à un gardien de moutons (carnero = mouton, bélier), éventuellement par métaphore à celui qui est fort ou entêté comme un bélier. Forme portugaise : Carneiro.
Carnis Essentiellement porté dans l’Eure-et-Loir, pourrait désigner un lieu où pousse le charme (l’arbre se rencontrant en Normandie et en Picardie sous les formes carme, carne), à rapprocher de noms de lieux tels que Carnoy ou Carnois.
Carnot On rencontre ce nom dans le Finistère, où il semble désigner celui qui est originaire d’une localité appelée Carnoët (nom d’une commune des Côtes-d’Armor, également Clohars-Carnoët dans le Finistère). Sens du toponyme : dérivé de carn = tas de pierres, cairn. Mais il y a aussi beaucoup de Carnot en Saône-et-Loire, où le sens du nom est différent : selon M.-T. Morlet, c’est une contraction de Carrenot, apparemment diminutif de l’adjectif “carré” (surnom d’un homme trapu, corpulent). On envisagera aussi un toponyme (bois de charmes).
Caro Fréquent dans le Morbihan, c’est un nom de personne qui évoque le cerf (breton karw, voir Caroff). C’est aussi le nom d’une commune de ce département. Mais il y a également beaucoup de Caro en Espagne, où c’est un nom de personne correspondant au latin “carus” (= cher, aimé). Quelques Caro aussi en Italie, où on rencontre surtout la forme Di Caro (Sicile).
Caroff Fréquent dans le Finistère (variante : Carof), c’est un surnom comparant son porteur à un cerf (breton karw). Peut-être un sobriquet pour un mari trompé, encore qu’on ne soit jamais sûr de rien avec les surnoms liés aux animaux.
Carol, Querol Originaire de la commune de Carol (66), ou bien d’un lieu-dit portant ce nom (pour le sens, voir Quère).
Caroly Le nom est trop rare pour en déterminer l’origine géographique. C’est en tout cas une forme savante du prénom Charles (éventuellement aussi une francisation de l’italien Caroli, qui a le même sens).
Caron Forme surtout picarde de Charron, qui correspond au métier du même nom (fabricant de voitures). A noter cependant que Caron (Charon) était aussi un nom de baptême (voir Chéron).
Carosio Nom italien porté notamment dans la région de Gênes. On trouve les diminutifs Carosiello et Carosielli dans le nord des Pouilles. L’équivalent Carusio se rencontre à Naples (diminutif : Carusiello). Sens incertain. Peut-être un ancien nom de personne, Carausius, porté par un chef militaire autoproclamé empereur à la fin du IIIe siècle.
Carouge Surtout porté en Picardie, c’est un toponyme désignant un carrefour (latin quadruvium). Variante : Carrouge (51).
Carpe Le nom se rencontre surtout en Limousin et en Périgord, où il semble désigner un lieu où pousse le charme (latin carpinus). Mais il peut aussi s’agir soit d’un lieu-dit où les carpes sont nombreuses, soit d’une métaphore appliquée à une personne taciturne, muette comme une carpe. C’est ce dernier sens qu’il faut privilégier dans le Nord-Pas-de-Calais, où l’on trouve aussi les diminutifs Carpeaux, Carpiaux.
Carpenter Correspond en anglais au métier de charpentier.
Carpentier voir Charpentier.
Carponcy Nom rare porté dans les Landes depuis le XVIIIe siècle, rencontré aussi sous la forme Carponcin (31). Le premier porteur du nom dans les Landes venait de l’Ariège (Montagagne), où le patronyme est inconnu des registres paroissiaux. Par contre, il y avait à Montagagne des Campourcy au XVIIe siècle, et il est logique de penser que Carponcy est une déformation de Campourcy (voir ce nom).
Carpuat Porté dans le Sud-Ouest (82, 47), désigne sans doute celui qui est originaire de Carpuat, hameau à Mansonville (82), à condition bien sûr que le toponyme soit antérieur au nom de famille.
Carquillat Surtout porté en Haute-Savoie, c’est en principe le participe passé du verbe “écarquiller” (“escartiller” en ancien français), qui signifiait “écarter” (les bras, les jambes, plus tardivement les yeux). Le sens précis du surnom est obscur (sobriquet pour celui qui a les jambes cagneuses ?).
Carr Nom anglais dont les plus anciennes mentions se rencontrent sous la forme Ker. On trouve également la variante Kerr, notamment en Ecosse. Désigne celui qui habite un lieu humide, marécageux (moyen anglais kerr). En Irlande, Carr peut avoir deux autres significations : soit une forme anglicisée de O’Carra (descendant de Carra, un nom qui signifie ‘lance’), soit une autre anglicisation de Mac Giolla Chathair (le descendant du serviteur de Cathar, nom de personne formé sur cath = combat). Source : A Dictionary of surnames (P. Hanks et F. Hodges).
Carrabin Porté en Rhône-Alpes, le nom désigne dans cette région un fossoyeur. On le trouve attesté en moyen français pour désigner celui qui ensevelissait les pestiférés (escarrabin, Montélimar 1521).
Carracedo Assez courant en Espagne (variante portugaise : Carrazedo), c’est un toponyme désignant un lieu où pousse le carex (plante appelée aussi “laiche”, qui croît au bord de l’eau). De nombreuses communes s’appellent Carracedo (Carrazedo au Portugal). Le carex (castillan “carrizo”) est aussi à l’origine du nom de famille Carrizo.
Carradot Nom assez rare porté surtout dans la région lyonnaise (42, 69, 71). C’est un diminutif de Carrade, toponyme et nom de famille qu’il faut sans doute rapprocher de mots tels que le catalan carrerada (= chemin, notamment chemin de transhumance).
Carral Nom espagnol qui peut correspondre au mot “carral” (= tonneau ou baril pour le vin), mais qui devrait plutôt être d’origine topographique : des localités s’appellent Carral en Galice et en León, régions où le nom de famille est le plus répandu. Faute de mentions médiévales, je suis incapable de donner le sens du toponyme, même si on peut penser à une route ou à un chemin (dérivé de “carro”).
Carrant Nom rare porté notamment dans le Cher (variante : Carant), rencontré dans l’Indre sous la forme Carrand. Diminutif : Carantin (37). Il faut peut-être le rapprocher de Quarante (voir Quaranta)
Carrasco Fréquent en Espagne, rencontré également au Portugal, c’est un toponyme désignant un lieu où pousse le chêne vert (latin Quercus cerris = chêne chevelu). On trouve également le nom collectif Carrascal avec le même sens. Diminutif : Carrasquillo.
Carrasset Nom porté en Gironde et dans le Gers. Variante : Carasset. Forme voisine : Carrassé. Sens incertain : l’occitan “carràs” désigne un traîneau pour le foin dans le Rouergue et l’Ariège, ailleurs il peut avoir le sens de radeau ou de passerelle provisoire sur une rivière. On pensera aussi au mot “carrassa”, ayant désigné en Gascogne une pile de bois selon F. Mistral. À noter l’existence d’un hameau Carrasset à Anzex (47), mais aussi plusieurs hameaux ou fermes Carasset à Allons et Saint-Martin-Curton (47), à Mios et Uzeste (33). Comme dans bien des cas, il est difficile de savoir si le nom de famille vient du toponyme ou si c’est l’inverse.
Carrat Assez fréquent dans l’Indre et le nord de la Creuse, le nom se rencontre aussi dans la région Rhône-Alpes. Il correspond à l’occitan “carrat” (= carré), soit comme surnom pour une personne trapue, soit comme toponyme (gros rocher de forme plus ou moins cubique, sens attesté dans les Alpes).
Carratier Forme méridionale correspondant au métier de charretier.
Carrayrou Surtout porté dans le Lot, c’est un toponyme désignant une petite route, un sentier (diminutif formé à partir de l’occitan carraire, du latin *carraria = route charretière). Variantes : Carrayroux, Carreyrou.
Carré Patronyme très fréquent en France, notamment dans le Pas-de-Calais. Tout le monde propose un surnom donné à un homme large d’épaules. Je suis un peu surpris qu’un tel surnom ait pu être si fécond, mais je n’ai rien d’autre à proposer.
Carreau Nom de famille surtout porté dans la Sarthe et le Loiret. Son sens est particulièrement difficile à définir, car les solutions sont trop nombreuses : on peut penser au carreau d’arbalète (et donc à celui qui le fabriquait ou l’utilisait), mais aussi à une ancienne mesure agraire (en particulier dans l’Ouest), à un rocher (racine prélatine kar), à un pavé, une pierre de taille (latin quadratus). Faire un choix est bien malaisé !
Carrega Nom porté en Corse, en Ligurie et au sud du Piémont. Désigne sans doute celui qui est originaire de Carrega Ligure, localité du Piémont située à une soixantaine de kilomètres de Gênes. Il semble qu’en Italie du Nord le mot carrega désigne une chaise, mais je n’ai pas eu la possibilité de le vérifier.
Carrel Porté dans l’Ain et le Rhône ainsi qu’en Haute-Savoie, le nom est attesté comme variante de Carret (38, 69, 73), peut-être avec le sens de chariot (surnom de conducteur), mais aussi toponyme assez fréquent (racine kar = rocher, ou latin quadratus = carré).
Carrelore Nom basque porté dans les Pyrénées-Atlantiques. Il semble que la forme ancienne soit Carrelare, avec le sens de lande pierreuse.
Carrère, Carrera, Carreras Celui qui habite la route (du latin carraria, qui désignait une voie où les chars pouvaient passer). Carreras est la forme castillane.
Carrey Le nom est très courant en Franche-Comté, mais aussi dans les Pyrénées-Atlantiques. Dans ce dernier département, c’est un toponyme désignant un chemin, une rue (nom d’au moins cinq hameaux ou fermes). En Franche-Comté le sens est plus incertain : peut-être une variante de “carroi” (= carrefour, place publique), mais le dictionnaire de M.-T. Morlet propose une variante de Carré (surnom éventuel d’un homme carré, trapu).
Carrez Nom porté surtout dans le département du Nord. On peut le rattacher à Carré (voir ce nom), ou encore à Carret, qui est un diminutif de car = char (conducteur d’un petit char).
Carrica Porté dans les Pyrénées-Atlantiques, correspond au basque “karrika” (= rue). Composés et dérivés : Carricaber (peut-être la rue neuve, basque “berri”), Carricaburu (l’extrémité de la rue, parfois aussi carrefour), Carricano (ruelle, suffixe diminutif -no), Carricart (carrefour, lieu situé entre les rues), Carriconde, Carricondo (lieu situé à côté de la rue ou au fond de la rue, deux sens possibles pour le mot “ondo”).
Carriço Assez courant au Portugal, pourrait désigner celui qui est originaire de Carriço, localité portugaise de la province de Leiria, ou d’un lieu-dit portant le même nom (carriço = carex, nom de plante). Autre possibilité : surnom pour celui qui a les cheveux frisés (sens de carriço dans certaines régions du Portugal). Variante espagnole : Carrizo.
Carrié Le nom est porté dans le Tarn et l’Aveyron. Voir Carrier pour le sens.
Carrier On hésitera pour ce nom entre le sens de voiturier et celui d’ouvrier travaillant dans une carrière. En occitan, le nom peut aussi désigner celui dont la maison est située près de la rue (occitan “carrièr” = rue). C’est en Savoie et en Dauphiné que le nom est le plus répandu. Variante : Carrié (12, 81, 31).
Carrière Désigne celui qui habite près de la route (latin carraria, qui désignait une voie où les chars pouvaient passer). C’est dans l’Aveyron et les départements voisins que le nom est le plus répandu. Forme plurielle : Carrières (46, 81, 82). Variantes rares : Carrierre, Carière.
Carrieu Surtout porté dans le Sud-Ouest (65, 64, 47), c’est un toponyme avec le sens probable de chemin creux, lit de rivière (gascon “carriu”). Variante : Carrieux (47). Voir aussi Cadrieu.
Carrillo Le nom correspond en principe à l’espagnol carrillo (= joue), et serait un surnom donné à celui qui a de grosses joues, ou encore à un goinfre. Il faut cependant se méfier de telles interprétations, qui ne reflètent peut-être absolument pas la pensée des populations médiévales lorsqu’elles ont utilisé ce surnom. Forme portugaise : Carrilho.
Carrin Le nom est surtout porté en Savoie (également 87, 89). Faut-il en faire une variante de Carin (= charmant, aimable, cf l’italien carino) ? Peut-être. Mais on pensera aussi, vu le doublement de la consonne, à un dérivé du mot char.
Carrion Nom surtout porté dans le Centre (36, 18), rencontré aussi en Bourgogne. Correspond sans doute au métier de charron.
Carriorbe Rare et porté dans les Pyrénées-Atlantiques, devrait être une forme contractée de l’occitan “carrièra òrba” (= impasse, cul-de-sac).
Carris Nom breton porté aujourd’hui dans le Finistère, autrefois dans les Côtes-d’Armor. Sens incertain. Peut-être, comme Carric et Caric, un nom de personne formé sur la racine “car” (= ami).
Carron Porté en Savoie et en Franche-Comté, le nom peut désigner un charron, mais on pensera plutôt au terme régional “carron, carrou”, avec le sens de “carreau”, également “coin ou parcelle de terre”.
Carrot Nom assez fréquent dans la Loire et la Haute-Loire. Il semble s’agir d’un toponyme avec le sens de lieu rocheux (racine pré-indoeuropéenne kar, car). Un hameau s’appelle Carrot à Tiranges (43). Autre possibilité : diminutif du mot ‘char’ (surnom pour un conducteur de char). Forme féminine : Carrotte (01, 73, 71).
Carroy Nom surtout porté dans la Nièvre et le Cher. Variantes : Carroi, Carrois, Carroit (37, 18). Désigne celui qui habite un lieu-dit (le) Carroi, (le) Carroy. Sens du toponyme : carrefour (latin quadrivium).
Carru Variante de Carré (voir ce nom) portée dans le Nord et la Somme. Forme voisine : Carrue, qui peut aussi désigner une charrue.
Carruelle Nom porté notamment dans la Somme. Variante : Carruel. C’est un diminutif du picard carue (= charrue), surnom possible d’un laboureur. Variante : Caruelle.
Carry Porté notamment dans l’Ain (également 70), c’est sans doute un toponye avec le sens de lieu rocheux (racine pré-indoeuropéenne kar, car). On connaît la commune de Carry-le-Rouet (13), mais Carry est aussi le nom de plusieurs hameaux ou lieux-dits (cf. le bief du Carry à Jasseron, 01)
Carsignol Nom rare porté dans la Drôme et le Rhône. Il devrait s’agir d’un toponyme (aujourd’hui disparu) évoquant un petit bois de chênes (du latin quercinus). Le nom est à rapprocher de Carsine, hameau à Serrières-en-Chautagne (73).
Carsoule Nom porté dans la Gironde. Variante : Carsoulle. C’est le nom d’un hameau et d’un ruisseau à Montussan (33). Je n’en connais pas le sens.
Cart Patronyme assez courant en Franche-Comté, où l’on trouve aussi la variante Card. Deux possibilités : soit le surnom d’un cardeur de laine, soit une aphérèse du prénom Richard, la seconde solution semblant la meilleure. A noter dans le Doubs les noms composés Cart-Grandjean, Cart-Lamy et Cart-Tanneur.

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