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Noms commençant par C

Cabaillès-Candavoine
Candel-Cart
Carta-Cavanna
Cavarelli-Chamboissier
Chambolle-Chasles
Chaslon-Chiappini
Chiaradia-Clavreul
Cléach-Collomb
Collonge-Corbière
Corbillé-Coulombe
Coulombel-Cretier
Cretin-Czura


Collonge Désigne celui qui est originaire d’une localité portant ce nom (latin “colonica”, terre défrichée par des colons), qui s’écrit en général Collonges. Le patronyme est surtout porté dans la Drôme et la région lyonnaise. Variantes : Collonges (74), Collongues (32), Colonge (69, 26, 46), Colonges (46, 12), Colongue (65). Diminutifs : Collongeat (01), Collongeon, Colongeon (42, 69), Collongette (71), Colongin (26).
Collot Diminutif de Nicolas fréquent en Lorraine, notamment dans la Meuse. Variante : Colot (02). Autres variantes ou matronymes : Collotte, Colotte (88).
Colloud Diminutif savoyard de Nicolas, formé par aphérèse. On trouve à la finale le suffixe diminutif -oud, typique de la région Rhône-Alpes.
Collovray Nom porté dans l’Ain et la Saône-et-Loire. Variantes : Colovray, Colvrait, Colvray, Colovret. Peut-être un lieu fréquenté par les couleuvres, mais aucune certitude. On pensera aussi à un nom de cours d’eau sinueux, on en trouve plusieurs exemples dans l’Ain et en Savoie : ruisseau de Colovret à Bessans (73), ruisseau du Colovron à Détrier (73) etc.
Collumeau Le nom est porté notamment dans la Seine-et-Marne et dans l’Yonne. Variante : Columeau. C’est l’équivalent de l’ancien français colombel, colombelle (= petite colonne, du latin columellus, columella qui a aussi donné son nom à la coulemelle). Il devrait s’agir d’un toponyme lié à la présence d’une borne ou d’un petit menhir. On trouve avec le même sens les noms italiens Columella (Pouilles), Columello, Columelli.
Collus Porté dans l’Ardèche (variante : Colus, également portée dans les Vosges). Sens incertain. On peut penser, en particulier pour les Colus des Vosges, à une forme latinisée d’un diminutif de Nicolas. Il n’est pas sûr qu’il en soit de même dans l’Ardèche.
Colmar Nom porté en Normandie (76, 27), rencontré aussi sous les formes Colmard, Collemare, Collemarre, Colemard. Semble désigner celui qui est originaire de Colmare, hameau de la commune d’Yquebeuf (76). Le rapprochement avec la ville de Colmar est évidemment possible dans l’Est.
Colmars Désigne celui qui est originaire de la commune de Colmars, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Signification : on pense généralement à la colline de Mars (dieu romain).
Colnel Porté dans les Vosges, c’est une contraction de Colinel, diminutif de Colin (lui-même hypocoristique de Nicolas). On trouve dans le même secteur géographique et avec le même sens les noms Colnat, Colné, Colnet, Colney, Colnot (équivalents de Colinat, Colinet, Colinot).
Colom , Colomb Le nom Colom est très fréquent en Catalogne. On le trouve aussi dans la région lyonnaise, tout comme la forme Colomb. Il s’agit en principe d’un surnom désignant un éleveur de pigeons (latin columbus), éventuellement d’un sobriquet métaphorique.
Coloma Assez fréquent en Espagne, c’est en principe un prénom féminin, en français Colombe, popularisé par sainte Colombe, martyre au IIIe siècle. De nombreuses localités catalanes s’appellent Santa Coloma. À noter cependant qu’en catalan le mot “coloma” désignait au Moyen Âge le pigeon, mâle ou femelle.
Colombani Diminutif du nom de baptême Colombo (de sens mystique, le nom symbolise à la fois la pureté et le Saint Esprit). Le nom Colombani, fréquent en Corse et en Lombardie, peut éventuellement faire référence à saint Colomban qui, venu d’Irlande, fonda l’abbaye de Bobbio.
Colombet Diminutif de Colom, Colomb, surnom donné à un éleveur de pigeons, éventuellement à celui qui est comparé à un pigeon. Le nom Colombet est assez répandu dans le Forez et le Périgord.
Colombey Nom porté en Lorraine et en Franche-Comté (57, 90). Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Colombey, toponyme très fréquent dans l’Est : c’est le nom de plusieurs hameaux et de trois communes (52, 54). Signification : nom de domaine gallo-romain, Colombiacum (domaine d’un éventuel *Colombius), ou tout simplement colombier.
Colombeyron Porté dans la Creuse, le nom s’écrit aussi Colombéron. C’est un diminutif de Colombier (voir ce nom).
Colombien Porté en Belgique, c’est une variante du prénom Colombin (voir ce nom).
Colombier Celui qui possède un pigeonnier, ou qui est originaire d’un lieu-dit le Colombier. Nom fréquent dans le Limousin. Variantes : Collombier (surtout présente en Savoie), Coulombier, Coulombié (Manche, Nord-Pas-de-Calais).
Colombin C’est un diminutif de colomb (= pigeon), employé le plus souvent comme nom de baptême et rencontré notamment dans l’Aisne, la Haute-Saône et la Haute-Vienne. Le nom est très fréquent en Italie sous les formes Colombino, Colombini (également présente en Corse). Matronyme : Colombine.
Colomer Dérivé de colom (= pigeon) : celui qui habite près d’un pigeonnier, ou qui possède un pigeonnier (latin columbarium).
Colomine Nom porté dans la Creuse. Pour le sens, voir Colomines. On trouve également la forme Colomina dans l’Aude, l’Hérault et le Lot-et-Garonne.
Colomines Du latin condominium, le mot désigne une terre que le seigneur n’a pas attribuée à un particulier. Nom porté essentiellement dans les Pyrénées-Orientales.
Colón Porté en Espagne, le nom correspond au français Colomb ou à l’italien Colombo, surnom donné à un éleveur de pigeons ou nom de personne.
Colonna Nom corse qui signifie colonne, pilier. Sans doute un toponyme, mais peut aussi désigner un aspect de la maison.
Colosio Nom italien porté en Lombardie (provinces de Brescia et Bergame). Il semble s’agir de l’un des nombreux dérivés de Cola (= Nicolas).
Colpart Nom surtout porté dans le département du Nord. Variante : Colpaert. C’est un terme néerlandais (kolpaard) appliqué à un cheval qui a une tache blanche sur le front. Sans doute le surnom d’un homme ayant une tache sur le visage.
Colpin Nom assez fréquent dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique. C’est un diminutif du nom de baptême Nicolas, formé à la fois par aphérèse (Nicolas, Nicol > Col) et par suffixation (suffixe diminutif -epin).
Cols Nom rencontré dans l’Ardèche et dans les Cévennes. C’est un toponyme ayant le sens de colline (éventuellement col).
Colson Patronyme fréquent en Lorraine (55, 54). On le trouve aussi sous les formes Colesson, Collesson (59), et c’est un hypocoristique du nom de baptême Nicolas.
Coluche Nom rare rencontré dans l’Aisne. C’est un dérivé par aphérèse du nom de baptême Nicolas. Précisons qu’il en est de même pour l’italien Colucci, à l’origine du nom de l’humoriste Coluche.
Colvis Nom porté dans la Moselle depuis plusieurs siècles. Il paraît s’agir d’une variante par métathèse de Clovis.
Com Le nom est porté dans le Finistère. Variante : Le Com. Il correspond au breton “komm”, qui désigne une auge, un abreuvoir, mais qui a aussi en toponymie le sens de combe, vallon (sens qu’on retrouve dans le toponyme Commana). On pensera notamment au hameau du Com, à Plonévez-du-Faou (29), qui paraît être à l’origine du nom de famille.
Coma Porté dans les Pyrénées-Orientales, ce nom catalan désigne un vallon profond, une combe. En composition : Comalada (la combe large), Comallonga (la longue combe), Comamala (la mauvaise combe), Comabella (la belle combe). Le nom de famille Coma est également présent dans le Gers, avec le même sens.
Combal Nom occitan ayant le même sens que “combe” (vallon profond, combe), porté dans les Hautes-Alpes et en Languedoc (12, 34, 11). De très nombreux hameaux et lieux-dits s’appellent (le) Combal.
Combalat Le nom est surtout porté dans l’Hérault. Il renvoie à un toponyme ayant sans doute le sens de vallon large. Il existe un lieu-dit Combalat à Félines (Ardèche), mais ce n’est pas forcément le seul.
Combaluzier Le nom est porté dans l’Ardèche et les départements voisins (26, 30). Variante : Combalusier. Il devrait désigner celui qui est originaire de Combaluze, hameau à Thueyts (07).
Combaret Surtout porté dans l’Allier, désigne celui qui est originaire de Combaret, hameau à Arfeuilles (03). D’autres hameaux s’appellent Combaret à Sainte-Bazeille (47), Lavaurette (82), Lemps (07) et Rumilly (74). Signification : dérivé de l’occitan Comba (= combe, vallon, ravin).
Combarieu (de) Originaire de Combarieu, un toponyme signifiant le ruisseau de la combe. A ma connaissance, aucune commune ne porte ce nom, mais il existe plusieurs lieux-dits appelés ainsi.
Combarmond, Comarmond Nom originaire du Forez. Il s’agit certainement d’un nom de localité, mais qui ne correspond à aucun village actuel. Il est forme du mot combe (= vallée encaissée) et d’Armond, sans doute une variante d’Armand ou une forme voisine.
Combarnous Le nom est surtout porté en Languedoc (30, 34). Variante : Combarnoux. C’est un toponyme désignant le vallon (combe) d’Arnous, nom de personne germanique.
Combat Le nom est surtout porté dans la Drôme. C’est un toponyme assez fréquent en région Rhône-Alpes, avec le même sens que Combe (= vallée encaissée).
Combataladesse Porté dans la Mayenne, c’est le nom d’un enfant trouvé à Nantes en 1827. Autres graphies rencontrées : Combatalades (ou Combataladès), Combat à la Desse. Il faut sans doute le rapprocher du nom de famille Combatalade, porté dans l’Aveyron, désignant celui qui est originaire de Combetalade, hameau à Saint-Geniez-d’Olt (12). Le toponyme semble formé de l’occitan “combeta” (= petit vallon escarpé) et de l’adjectif archaïque “lada” (= large).
Combaut, Combeau, Combo Il s’agit vraisemblablement du même nom, avec des variations graphiques. Désigne celui qui habite une combe (voir Comes).
Combaux Variante rare de Combaut (voir ce nom).
Combaz Variante savoyarde de Combes (voir Combe).
Combe, Combes Nom de famille très fréquent dans la partie sud de la France. C’est un toponyme évoquant une vallée encaissée (gaulois cumba). Le patronyme Combe se rencontre surtout dans l’Ardèche, la Loire et l’Isère. On trouve les Combes dans le Tarn, et plus généralement en Languedoc. Variante : Combas (19, 87).
Combefreyroux Egalement écrit Combrefeyrou, le nom est porté en Dordogne. Il renvoie à un toponyme que je n’ai pu pour l’instant localiser (combe = vallée encaissée).
Combelle Surtout porté dans le Cantal, c’est un toponyme avec le sens de petit vallon. Variantes : Combelles (15, 81), Combellas, Combelas (24), Combèles.
Combemale Désigne celui qui habite un lieu-dit Combemale ou en est originaire. Signification : le mauvais vallon. C’est dans la Lozère et le Gard que le nom est le plus répandu. Variante : Combemalle. A noter les lieux-dits Combemale à Vialas (48), à Montpellier et à Cabrières (34), ainsi qu’un hameau à Saint-Jean-le-Centenier (07).
Combet Diminutif de Combe (voir ce nom) surtout porté en Savoie.
Combette, Combettes Nom fréquent dans les Cévennes (12, 48, 07). Désigne celui qui est originaire d’une localité ainsi appelée. Sens du toponyme : petite combe (vallon encaissé).
Combeuil Désigne celui qui est originaire de Combeuil, hameau à Chazelles, dans la Haute-Loire.
Combier Porté dans la Saône-et-Loire et en Rhône-Alpes (69, 42, 07), c’est un dérivé de “combe” (vallée ou vallon encaissé). Plusieurs hameaux de cette région s’appellent (le) Combier, notamment dans l’Ardèche.
Comblat Nom assez rare porté dans le Sud-Ouest. Il devrait s’agir du participe passé du verbe occitan comolar (comblar) qui signifie combler. On peut évidemment penser à une personne comblée, mais j’y verrais plutôt un toponyme désignant une terre rendue cultivable par comblement.
Comblet Le nom est porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Variante : Comblez. C’est un toponyme, diminutif de l’ancien français “comble” (= colline, sommet), lui-même à l’origine du nom de famille Comble (80, 62), qui paraît renvoyer à la commune de Combles (80).
Comboroure Le nom est porté dans l’Ardèche (variante : Comberoure). Il désigne sans doute celui qui est originaire de Comberoure, hameau à Desaignes (07). Sens du toponyme : le vallon (combe) où pousse le chêne rouvre (roure).
Combot Nom fréquent dans le Finistère. Désigne celui qui est originaire de Combot (commune de Guiclan). Sens du toponyme : division territoriale, fief (vieux breton kombot). Dans d’autres régions, Combot est une variante de Combaut (voir ce nom).
Combralier Nom porté dans le Limousin et le Forez (variantes : Combrailler, Combrallier). Désigne celui qui est originaire de la Combraille, ancien pays de la Creuse composé de cinq châtellenies (Evaux, Chambon, Lépaud, Auzances et Sermur). Sens du toponyme : sans doute le gaulois comboros (= confluent ou barrage), mais il peut s’agir aussi d’un dérivé de cumba (= ravin, vallée).
Combrisson Désigne sans doute celui qui est originaire d’une localité appelée Combrisson (diminutif de combre, combris = confluent, gaulois combaros). C’est dans l’Allier que le nom est le plus répandu. On n’y trouve apparemment aucune trace du toponyme, mais on rencontre trois hameaux appelés Combris dans le Puy-de-Dôme (Combris est aussi un nom de famille, et on peut éventuellement penser que Combrisson serait le fils de Combris).
Combry Tout comme Combris, le nom est surtout porté dans le Puy-de-Dôme. C’est un toponyme avec le sens probable de confluent ou barrage (gaulois “combaros”). Avec le même sens : Combre (63), Combres (12).
Comby Nom porté dans la région lyonnaise et en Corrèze. Rencontré aussi sous la forme Combin (30, 84), c’est un dérivé de Combe (voir ce nom).
Come, Côme Nom surtout porté dans la Mayenne et les Vosges. Dans la plupart des cas, correspond au nom de baptême Côme (voir Cosme). Peut aussi être parfois une variante de Comes, notamment en Roussillon.
Comeau Nom surtout porté en Saône-et-Loire. Variantes : Comeaud, Comeaux. C’est un toponyme, diminutif de come, qui désigne un petit vallon, une combe.
Comelade Désigne celui qui habite un lieu-dit (la) Comelade ou en est originaire. Signification du toponyme : la combe (vallée encaissée) large. C’est dans les Pyrénées-Orientales que le nom, rare, a été le plus répandu (variante : Comalada). Deux petites rivières de ce département s’appellent la Comelade (Millas, Le Tech), à noter aussi le hameau de Coumelade à Bonac-Irazein (09).
Comella Diminutif catalan de coma (voir Comes). Désigne un vallon, et donc celui qui y habite.
Comelli L’un des nombreux diminutifs italiens de Giacomo (= Jacques).
Comemale Porté dans les Pyrénées-Orientales (variante : Coumemale), c’est un toponyme avec le sens de “mauvaise combe” (combe = vallée étroite et encaissée).
Comerly Nom très rare, uniquement rencontré dans les Pyrénées-Orientales, en Fenouillèdes. Il renvoie certainement à un toponyme (nom de lieu). L’initiale semble évoquer le mot coma, combe (vallon encaissé). La variante Commerly, rencontrée dans le Cantal, laisse penser que le nom pourrait venir d’Auvergne : il existe d’ailleurs un lieu-dit Commerly dans la commune de Saint-Mamet-la-Salvetat (15), qui est visiblement à l’origine du patronyme (cité par P.G. Gonzalez, Dictionnaire des noms de famille en Auvergne, qui donne comme signification : le domaine de Commercius).
Comerma Nom de famille catalan désignant celui qui habite un lieu-dit Comerma (Coma erma) ou en est originaire. Sens du toponyme : le vallon (coma) inculte (erma). La Comerma est un lieu-dit à Felanitx (Majorque) et à Santa-Maria de Corcó (plaine de Vic).
Comes Du mot d’origine gauloise cumba, désigne celui qui habitait dans une combe, vallée étroite et encaissée. C’est dans les Pyrénées-Orientales que le nom est le plus répandu.
Comfaits Rencontré dans l’Eure, c’est un nom très rare sur lequel je n’ai hélas aucune idée précise. Le mot confait existe en ancien français et signifie ainsi fait. Peut-être un sobriquet appliqué à celui qui prononçait souvent ce mot ?
Commaille Le nom est porté dans la Nièvre et les départements voisins. Variante : Comaille. C’est un toponyme désignant une vallée encaissée (combe), formé avec le suffixe -aille, plutôt péjoratif. Ce toponyme se rencontre notamment en Saône-et-Loire (hameaux ou lieux-dits à Tavernay et Autun). Le nom, sous une forme apparemment masculine, se rencontre aussi dans les Pyrénées-Orientales : Comaills, Comails, Commails. Diminutifs : Commaillaud, Commailleau (17, 85).
Commaincas Nom très rare porté dans la Haute-Vienne, un peu plus fréquent sous la forme Commencas. Autres variantes probables : Commincas, Commincat. La terminaison -as, fréquente en Limousin, est en principe liée à un toponyme, mais il n’y a dans cette région aucun lieu qui corresponde. À envisager éventuellement une déformation de noms tels que Commenge, Commenges, Comminge, Comminges, qui désignent celui qui est originaire de l’ancien comté de Comminges, dans la région toulousaine.
Command Le nom est surtout porté en Haute-Savoie. Variantes rares : Commant, Commend. Il correspond en principe à l’ancien français “commant” (= mandataire, commis, lieutenant, procureur). Les formes Comman et Comment, portées dans le Doubs, devraient avoir le même sens.
Commandoux Nom porté dans le Morbihan. Variante : Le Commandoux. Il faut le rapprocher du verbe breton “komman” (= fouler le drap, piler les ajoncs ou le chanvre dans une auge, surnom pobable pour celui qui se livre à l’une de ces activités). Le mot “kommadou” désigne le contenu d’une auge, et “kommadur” le foulage du drap. Le nom de famille est attesté à Caro depuis le début du XVe siècle. Si toutefois le nom n’était pas de langue bretonne, on penserait à un dérivé de l’ancien français “commant” (= mandataire, délégué, procureur).
Commandre Surtout porté en Lozère, le nom s’écrit en principe Commandré. Il devrait s’agir d’un toponyme (la combe d’André), mais je n’en trouve aucune trace.
Commarmond Nom porté dans la Loire et le Rhône. Variantes : Combarmond, Commarmont, et sans doute aussi Commarmot et Commarmoud. Il s’agit visiblement d’un nom de lieu formé à partir de “combe” (souvent écrit “comme” dans cette région), terme qui désigne un vallon encaissé. Le second élément, Armond ou Marmond, devrait être un nom de personne. Seul problème, je ne trouve aucune trace d’un tel lieu.
Commeinhes Nom porté dans l’Hérault, où l’on trouve la variante Commeignes. Semble renvoyer à un ancien nom de localité, hypothèse qui reste à confirmer.
Commelin C’est dans l’Oise que le nom a toujours été le plus porté, tout comme sa variante Comelin. Il était également présent dès le début du XVe siècle à Douai (un mariage en 1435), d’où une famille est partie s’implanter aux Pays-Bas (variantes : Commelijn, Commelyn). Il faut sans doute le rapprocher de noms anciens tels que Gommelin, Gomelin, qui ont été portés dans la même région. Dans ce cas, on aurait affaire à un diminutif de Gomel, Gommel, eux-mêmes diminutifs de noms de personnes formés sur la racine germanique “gomo” (= homme), par exemple Gomard.
Commenchail Nom surtout porté dans la Manche. Variantes : Commenchal, Commençal. Semble correspondre à l’actuel commensal, nom apparu dans les textes au début du XVe siècle et désignant celui qui partage la table commune. Il existe un hameau appelé Hameau Commenchail à Grosville (50).
Commeureuc Le nom est porté dans les Côtes-d’Armor. Variantes : Commeurec, Commereuc. Faut-il en faire un dérivé du breton komaer (= commère ou comparse) ? Je n’en sais trop rien mais je n’y crois guère.
Commiot Nom rare porté en Lorraine (54). Variante : Comiot. Peut-être un diminutif du prénom Côme, mais on pensera aussi à un diminutif de “comme”, terme qui désigne dans les Vosges un vallon, une combe.
Commun Porté en Picardie (02, 80), le nom a désigné au moyen âge un bourgeois, mais il peut aussi s’agir d’un toponyme avec le sens de bien communal.
Communal Surtout porté en Savoie, présent aussi en Auvergne, c’est un toponyme avec le sens de bien communal (pâturage, forêt).
Communaudat Le nom est porté à Avallon (89) depuis la fin du XVIIe siècle. On le rencontre dans l’Indre-et-Loire sous la forme Communoda. Son origine semble plutôt occitane (comunautat = communauté) ou francoprovençale. Il devrait s’agir d’un toponyme désignant des vacants communaux. Plusieurs hameaux en France s’appellent la Communauté.
Communay Paraît désigner celui qui est originaire de la commune de Communay, dans le Rhône. C’est cependant dans l’Aude que le nom est le plus répandu. Signification probable : terres cultivées en commun, vacants communaux.
Communier Nom surtout porté dans l’Ille-et-Vilaine. Variante : Communié (22, 55). A dû désigner celui qui avait la garde des biens communaux dans un village.
Como Patronyme italien surtout porté en Piémont et en Lombardie, ainsi qu’à l’extrémité occidentale de la Sicile. Il s’agit souvent d’un hypocoristique de Giacomo (= Jacques), mais on pensera aussi à celui qui est originaire de la ville de Côme, en Lombardie.
Comolet Le nom est rare. Les plus anciennes mentions le situent dans le Cantal, l’Aveyron et l’Hérault. C’est sans doute un diminutif du nom Coumoul, porté dans le Cantal et qui devrait correspondre à l’occitan “comol”. Employé comme adjectif ou comme nom, “comol” est l’équivalent du français “comble”. Il a parfois eu aussi le sens de “couvercle”. On pourrait avoir affaire à un toponyme évoquant un sommet arrondi, hypothèse en partie confirmée par l’existence d’une hauteur appelée Pioch Coumoulet à Saint-Pargoire (34), sachant cependant que ce toponyme est peut-être formé à partir du nom de famille.
Comont Nom présent en Seine-Maritime et dans la Somme. Le dictionnaire de M.T. Morlet y voit un surnom désignant celui qui exhorte, qui fait des sommations (du verbe d’ancien français comonir = exhorter, sommer). Je suis assez sceptique, mais je ne vois rien de très fiable. Cependant, j’ai l’impression qu’il doit s’agir d’un nom de lieu, à rapprocher peut-être de Combon (Eure).
Comor Nom rencontré en Seine-Maritime et dans la Somme, également présent en Guadeloupe. Sens obscur.
Comos Nom de famille castillan à rapprocher peut-être de como (= moquerie, farce), mais qui devrait plutôt correspondre à un lieu-dit Coma (= combe, vallon).
Comoy Nom de famille surtout porté dans le Jura, où il est attesté au moins depuis le XVIIe siècle, notamment à Saint-Claude. Variante : Commoy. Sens incertain. Il semble que ce soit un toponyme évoquant une combe (vallée encaissée), c’est du moins le sens probable de deux lieux-dits bourguignons appelés Commoy, qui renvoient tous deux à des vallons.
Compagnon C’est dans la Saône-et-Loire que le nom est le plus répandu. On le rencontre aussi dans le nord de la France (variante : Compagnion). On peut hésiter entre le sens le plus courant aujourd’hui (ami, camarade), déjà attesté au moyen âge, et celui de membre d’une compagnie civile ou religieuse (on pensera notamment aux artisans). Le nom se rencontre aussi en Italie du Nord (Frioul). Toujours en Italie, on trouve les formes Compagnone, Compagnoni, ou encore Compagno (Sicile), Compagni, et leurs diminutifs Compagnino et Compagnini.
Compant Le nom a toujours été assez fréquent dans la Meuse, et plus généralement dans l’Est, depuis l’Aisne jusqu’à la Meurthe-et-Moselle. Sens incertain. On peut y voir un toponyme avec le sens de “raccourci” (latin “compendium”), par lequel on explique des noms de communes comme Compans (77) et surtout Compiègne (60). On ne peut cependant négliger une variante de “compain” (= compagnon).
Company Nom de famille catalan qui correspond au nom commun company (= ami, compagnon). Le sens actuel était déjà le plus répandu au moyen âge, mais il a pu aussi désigner le membre d’une compagnie, militaire ou civile. Le cas régime a donné le patronyme Companyó, Companyo. Variantes : Compain (72, 86), Compaing (18, 86, 82), Compaings (16).
Compas Surtout porté dans les Ardennes, le nom désigne un compagnon (voir ce nom). En wallon ancien, ‘compas’ était le cas-sujet du mot ‘compagnon’.
Compère Nom surtout porté dans la Manche et la Somme. Au moyen âge, le compère est en principe le parrain (latin compater).
Compiègne, Compiégne, Compiegne Désigne celui qui est originaire de Compiègne, dans l’Oise. Le toponyme vient du latin compendium (= raccourci). Variantes : Compiene, Compienne.
Compignie Porté dans le Nord-Pas-de-Calais, pourrait être une variante de Compagnie, Companie, noms portés dans la même région. Le mot “compagnie” (ancien français “compaignie”) a eu le sens d’association, confrérie, également suite d’un seigneur. On ne confondra pas ce nom avec Compigny (nom d’une localité de l’Yonne) et avec Compigne (nom d’un hameau de la Loire, commune de Fourneaux).
Compper Porté en Guadeloupe, semble une graphie fautive de Comper (60), Compère (50, 80). Voir Compère pour le sens.
Compta Nom catalan. Graphie erronée de Comte (voir Conte).
Comptour Porté en Auvergne, devrait correspondre à l’occitan “comtor” (= vassal immédiat du comte).
Comte Voir Conte pour le sens. Le nom se rencontre dans de nombreuses régions. C’est dans l’Ardèche, la Saône-et-Loire et le Doubs qu’il est le plus fréquent.
Comtet Le nom est porté dans l’Ain et les départements voisins (69, 71). C’est un dérivé de Comte, soit comme diminutif, soit pour désigner celui qui vient de Franche-Comté.
Comtois Surtout porté dans le Doubs autrefois, le nom se rencontre aussi à la Réunion et au Québec. En principe, il désigne celui qui est originaire de Franche-Comté. Variante : Contois (88).
Comy Assez rare, le nom est notamment porté dans le Gard. Il faut sans doute le rattacher au prénom Côme (voir Cosme), soit comme diminutif, soit comme forme latinisée. Autre possibilité : aphérèse de Jacomy (voir ce nom).
Cona Nom italien assez rare, surtout porté en Sicile. Sens incertain. Peut-être un toponyme : une commune s’appelle Cona, mais elle se trouve en Vénétie. Il existe des lieux-dits du même nom dans les Pouilles, dont on pense qu’ils se rattachent au mot “cona” (= icône, image sacrée). A noter aussi l’existence des noms de famille Cono (Sicile) et Coni (Lazio, Sardaigne), qui pourraient être des hypocoristiques de noms tels que Francesco, Domenico ou Franco (Franco > Franconi > Coni).
Conan Nom breton (22), qui est un vieux nom de personne formé sur le mot kon (= chien ou guerrier). Plusieurs chefs et un saint bretons ont porté ce nom.
Conard, Connard C’est un nom de personne d’origine germanique, Conhard (kuono = brave + hard = dur). On le rencontre surtout en Normandie (Conard) et dans le Nord (Connard). Variante : Connart (59, 62). A noter qu’en Normandie, au XVIIIe siècle, le mot cônard est mentionné avec le sens de “fier”.
Conca Catalan ou italien, c’est une toponyme très fréquent avec le sens de cuvette, terrain encaissé (voir Conques).
Conceiçao Nom portugais (également nom de baptême féminin) évoquant l’Immaculée Conception. Variante espagnole : Concepcion.
Concourdel Porté dans le Puy-de-Dôme, le nom s’écrit aussi Concordel. On trouve dans le même département la forme voisine Concordet. Tous ces noms sont très rares, et rien ne dit qu’ils soient vraiment d’origine auvergnate. Ainsi, le nom Concordel est attesté dans la Haute-Marne au XVIIe siècle. Quant au sens, il faut sans doute penser à un diminutif du nom de personne Concorde (latin Concordius), porté par un martyr du IIe siècle et par un évêque de Saintes à la fin du Ve siècle (il existe aussi une sainte Concorde, martyrisée avec saint Hippolyte). Une autre solution, si le nom est bien occitan, serait d’y voir un diminutif de “cocorda”, variante de “cogorda” (= courge).
Condamine C’est un toponyme issu du latin condominium. Voir Colomines pour le sens. On le rencontre notamment dans le Cantal et le Tarn. Variantes : Condamines (12), Condaminas (24), Condamin (69, 42). Diminutifs : Condaminat (19, 17), Condaminet (77, 89).
Condat Désigne celui qui est originaire d’une des nombreuses localités portant ce nom (gaulois condate = confluent). C’est dans le Tarn que le patronyme est le plus fréquent (également 19, 63).
Condé Porté notamment dans le Calvados, désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Condé, toponyme très fréquent en France (22 communes) issu du gaulois condate (= confluent). Dans le Calvados, on notera les communes de Condé-sur-Ifs et Condé-sur-Seulles.
Conderine Correspond au latin condominium, domaine réservé du seigneur, qui n’est pas attribué à des exploitants individuels. C’est en Béarn que le nom est le plus répandu.
Condette Assez fréquent dans le Nord-Pas-de-Calais, désigne celui qui est originaire de la commune de Condette (62).
Condevaux Le nom est porté en Haute-Savoie. Il s’agit certainement d’un toponyme, le sens pouvant être celui de ‘confluent’ (gaulois condate = confluent + vaux = vallée).
Condis C’est dans la Haute-et-Garonne que le nom est le plus répandu. Il y est attesté depuis le XVIIIe siècle mais il pourrait très bien venir d’une région voisine. À noter le hameau des Condies à Beauville (47) et le lieu-dit Condis à Lafitte (82). Sens obscur. Peut-être un dérivé de “conde”, une des formes occitanes du mot “comte”.
Condom Porté dans le Sud-Ouest, notamment les Landes et la Gironde, désigne celui qui est originaire de la commune de Condom (32) ou de l’un des divers hameaux portant ce nom (Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques). Le toponyme semble pouvoir s’expliquer par une forme *Condomagus, composée de deux racines gauloises (condo, condate = confluent + magos = marché).
Condoure Nom porté en pays gascon, où l’on trouve aussi le diminutif Condouret (variante : Condoret). C’est sans doute un nom de baptême médiéval, Condor, attesté fréquemment dans cette région, dont l’étymologie demeure incertaine.
Conduché Désigne celui qui est originaire d’une localité portant ce nom, sans doute Conduché dans le Lot (commune de Bouziès). C’est d’ailleurs dans ce département que le patronyme est le plus répandu.
Conejeros Désigne celui qui est originaire d’une localité espagnole appelée Conejeros (lieu où les lapins sont nombreux). Une commune de la province de Toleda porte ce nom.
Conesa Semble d’origine toponymique. Un village de Catalogne (province de Barcelona) porte ce nom. Le sens du toponyme demeure obscur.
Confavreux Surtout porté dans la région lyonnaise, le nom est attesté en Savoie et dans l’Ain au XVIIe siècle. Sens obscur. Il pourrait s’agir d’un toponyme, dans la mesure où un hameau s’appelle Confavreux. Mais celui-ci se trouve en Picardie, à Armentières-sur-Ourcq (02). Ceci dit, une migration est toujours possible.
Confort Nom surtout porté dans l’Ardèche. On peut lui donner un sens moral (celui qui réconforte), mais il s’agit plutôt de celui qui est originaire d’une localité appelée Confort : une commune de l’Ain porte ce nom. Sens du toponyme : forteresse qui protège (du latin confortare = secourir).
Confuron Rare, le nom est porté en Bourgogne, notamment dans la Côte-d’Or. Sens obscur.
Congar Ecrit également Congard, le patronyme est surtout porté dans le Finistère. C’est un ancien nom de personne breton, popularisé par un saint irlandais qui aurait abordé en Bretagne (cf. la commune de Saint-Congard, dans le Morbihan). Le nom est composé des racines con (= élevé, éminent) et car (= ami). Avec le même sens : Cougard (29, 56) et sans doute Congal (56).
Congrain Aujourd’hui très rare et porté en Gironde, le nom se rencontrait autrefois en Bourgogne (21). Je n’en connais pas le sens.
Congratelle Porté dans le Morbihan, le nom est plus fréquent sous la forme Congratel. Variante : Congretel (22). Son sens est incertain, mais il pourrait s’agir d’un diminutif de Congard (voir Congar), avec métathèse du r.
Congy Porté notamment dans la Seine-et-Marne et dans l’Oise, désigne celui qui est originaire de Congy, nom d’une commune de la Marne, également hameau à Saint-Andelain (58) et lieu-dit (le Congy) à Chèvreville (60).
Conif Rencontré dans l’Aisne au XVIIe siècle, pourrait être une forme normande de conil (= le lapin). Les noms Connif, Conniff, Cunnif, Cunniff sont pour leur part irlandais. Je n’en connais pas la signification, mais il pourrait s’agir d’un ancien nom de personne formé sur la racine cú (= chien courant).
Conill Porté dans les Pyrénées-Orientales, c’est un sobriquet lié à un nom d’animal, le lapin (latin “cuniculus”, catalan “conill”, occitan “conilh”). Comme pour la plupart de ces surnoms animaliers, l’origine est difficile, voire impossible à établir avec certitude, même si l’on a tendance à imaginer un individu peureux ou aux incisives développées. Variantes : Conil (13, 83, 84), Conilh (04, 33), Connil (85). Dérivés : Conilhère, Conilière, Connilhère, Connilière (30), désignant un lieu fréquenté par les lapins ou un terrier. Le nom se retrouve en Italie sous les formes Coniglio (Sicile, Calabre, Piémont, Lombardie), Conigli (Marches). Dérivé : Coniglione (Sicile).
Conin Tout comme sa variante Connin, le nom est surtout porté dans la Sarthe, mais on le rencontre aussi dans l’Yonne et dans d’autres départements. Il correspond en principe à l’ancien français “conin, connin” (= lapin), et serait donc un sobriquet. A envisager aussi un diminutif du nom de personne germanique Cono (voir Conne).
Conne Un nom difficile à porter aujourd’hui. On le trouvait en Normandie (61) et en Bretagne (35). C’est un nom de personne d’origine germanique, Cono (= brave).
Conneau, Connault, Conneault, Connaud Ces noms sont des diminutifs de Conne (voir ce nom), et éventuellement on peut y trouver à la finale une autre racine germanique, Wald (= qui gouverne). On les trouve surtout dans l’Ouest, la variante Conneault semblant cependant localisée dans la Nièvre. La forme Connaud est plus rare, et difficile à situer. Autres formes : Conault (58), Coneau (44, 49, 72). Avec changement de suffixe : Conot, Connot (Lorraine), Conesson, Connesson, Connessons (Champagne, Lorraine).
Connes Le nom est porté dans l’Aveyron (et l’Hérault), ainsi que dans les Pyrénées-Orientales, où il est attesté à Baixas depuis le début du XVIIe siècle (parfois écrit Connas). Dans tous les cas, il devrait être originaire de l’Aveyron, où trois hameaux s’appellent Connes (communes de Trémouilles, Salles-Curan et Ségur). Il semble s’agir au départ d’un hydronyme, pour lequel Ernest Nègre (voir bibliographie) envisage une racine préceltique *cona, ayant donné naissance à plusieurs noms de cours d’eau : dans l’Aveyron, la Cone est un affluent du Giffou (riu de Cona vers 1150) et le ruisseau de Connes est un affluent du Vioulou. On ne peut cependant négliger une possible déformation de “cauna” (= grotte, caverne).
Connolly Patronyme irlandais. C’est une forme anglicisée du gaélique O’ Conghalaigh (= le descendant de Conghalach, nom de personne ayant le sens de ‘vaillant’).
Conquer Nom porté dans le Morbihan. Variante : Conqueur. Sens incertain. Le rapprochement avec la ville du Conquet (Konk en breton) semble douteux. A. Deshayes (voir bibliographie) signale que Dom Le Pelletier avait noté le mot “conk”, proposant entre autres le sens de “meule” (également “piquer une pierre dure pour lui donner une forme”). Dans ce cas, on pourrait avoir affaire à un producteur de meules de moulin.
Conques Porté notamment dans la Haute-Garonne et l’Hérault, désigne celui qui est originaire d’une localité portant ce nom. Le toponyme désigne une cuvette, un terrain encaissé (métaphore du latin concha = coquille). On pensera en particulier aux deux communes appelées Conques, dans l’Aude et l’Aveyron.
Conquet Surtout porté dans l’Aveyron, c’est un toponyme désignant une petite cuvette (latin concha = coquille).
Conrairie Désigne celui qui est originaire d’une localité portant ce nom. On trouve les hameaux de la Conrairie à Ceaucé (61) et à Châteauneuf-sur-Sarthe (49). Le toponyme (rencontré dans la même région sous la forme Conraie) pourrait se rapporter à une tannerie (ancien français conreor = corroyeur).
Conrard Patronyme fréquent en Lorraine, c’est une variante de Conrad, nom de personne d’origine germanique (con = hardi, brave + rad = conseil). Autres formes : Conradt, Conrat, Conrate, Conrath, Conratte.
Conrardy Nom luxembourgeois formé à partir de Conrard (nom de personne germanique), dans lequel la finale -y laisse penser qu’il s’agit d’un nom de localité (suffixe -acum > y), le domaine de Conrard. Mais il doit s’agir simplement d’une forme latinisée ou d’un diminutif de Conrard. On trouve également en Lorraine la variante Conrady.
Conrazier Le nom peut aussi s’écrire Conrozier. Les plus anciennes mentions le situent dans un périmètre incluant l’Ardèche, la Lozère et le Gard. Le sens m’en est pour l’instant inconnu.
Conreur On rencontre ce nom dans le Nord et le Nord-Est. Il s’agit d’un métier, celui de corroyeur (qui apprête le cuir). Vient du verbe d’ancien français conreer (= préparer, avoir soin de).
Consalves Variante de l’espagnol Gonçalves (voir Gonzalez pour le sens), le nom a été parfois porté en Italie du Sud (quelques mentions aussi en Espagne et au Portugal).
Conscience Essentiellement porté en Franche-Comté (25, 70), présent également dans l’Indre, serait un surnom donné à un homme sincère, honnête.
Conseil Le nom est surtout porté en Normandie et en Bretagne (76, 29). On le rencontre aussi sous les formes Consil, Consille (59). Plutôt qu’un surnom donné à un homme de bon conseil, il faut sans doute envisager un ancien nom de baptême (latin Consilius, mentionné comme nom de personne en Italie au XIe siècle). Ce nom de baptême pourrait être une simplification de ‘bon conseil’ (italien Buonconsiglio), nom de dévotion ou nom augural. Variantes italiennes ou corses : Consiglio, Consigli.
Considérant Nom rare originaire de Franche-Comté, où l’on trouve aussi la forme Considéré. Désigne sans doute celui qui a un caractère réfléchi (au moyen âge, considérer = réfléchir).
Consigny Porté dans l’est de la France, désigne celui qui est originaire de Consigny, commune de la Haute-Marne. Le toponyme apparaît sous la forme “Consignés” en 1245 (“Consigneis” en 1252). Ce pourrait être le participe passé du verbe “consigner” (en ancien français : délimiter par une borne). Variante : Consigney (58).
Consolle Rare, le nom est surtout porté dans le Lot-et-Garonne. On trouve la variante Consola dans les Pyrénées-Orientales. C’est apparemment un matronyme formé sur Consol, terme occitan qui correspond au français ‘consul’ (officier municipal élu par la communauté villageoise). Le nom Consol est plus fréquent en Italie sous les formes Console, Consoli (diminutifs : Consolin, Consolino, Consolini).
Constancias Le nom est porté dans le Puy-de-Dôme. Il renvoie à un toponyme, sans doute La Constancias, hameau à Sermentizon (63). Sens possible : le domaine de Constant (ou Constance).
Constans, Constant Nom de baptême formé sur l’adjectif latin constans (= ferme), qui a donné Constantius.
Constantin Porté dans diverses régions, le nom se rencontre notamment en Savoie, dans le Bordelais et en Provence. C’est un nom de baptême (latin Constantinus, diminutif de Constans = constant, ferme), popularisé par l’empereur qui fit du christianisme la religion quasi-officielle de l’empire romain. Variante gasconne : Constanti. Formes italiennes ou corses : Constantino, Constantini. Diminutifs de filiation : Constantinesco, Constantinescu (roumain), Constantinides (grec).
Contador Nom espagnol relativement rare. Le mot “contador” peut désigner en castillan celui qui tient des comptes, un comptable, mais aussi un conteur. La première solution paraît plus vraisemblable. À noter aussi une autre possibilité : celui qui est originaire du village d’El Contador (province d’Almería, en Andalousie).
Contamine Variante de Condamine (voir ce nom) portée notamment dans l’Allier et la Haute-Vienne. Variantes : Contamain, Contamin (71, 38), Contamines (87, 24). Dérivé : Contaminard (71).
Contandin Rare, le nom est surtout présent dans les Bouches-du-Rhône, et a été porté autrefois dans les Alpes du Sud (04, 05). Il pourrait venir d’Italie, et ce serait alors une variante du nom Contadin, porté en Vénétie, qui désigne un paysan (italien “contadino”). A envisager secondairement un diminutif du prénom Constant. A noter que Contandin est le vrai nom de Fernandel.
Contant Variante du nom de baptême Constant (latin constans = ferme, solide) portée surtout en Bourgogne.
Contassot Le nom est porté en Saône-et-Loire (Le Creusot) où on trouve aussi la forme Contessot. C’est un diminutif de Comtesse, Contesse (57, 59), titre de dignité qui a été parfois utilisé comme nom de baptême.
Conte, Comte, Compte Comme pour la plupart des autres titres de noblesse employés afin de désigner des gens qui étaient presque tous des paysans, on peut formuler une hypothèse assez crédible : chaque paysan dépendait d’un seigneur, auquel il versait des redevances pour sa maison et ses terres, et dont il était l’homme au Moyen Âge. Mais, dans le même village, les biens (et les hommes) n’appartenaient pas tous au même seigneur. On pouvait donc très bien appeler Comte celui qui était l’homme du comte, par opposition aux autres villageois qui dépendaient d’un autre seigneur. On peut bien sûr envisager aussi un sobriquet railleur, ou encore un surnom désignant celui qui était au service d’un comte. La forme Conte est surtout portée en Provence et dans le Sud-Ouest. Les Comte se rencontrent notamment dans l’Ardèche, en Rhône-Alpes et en Franche-Comté. Quant aux Compte, c’est en Auvergne qu’ils sont le plus nombreux.
Conter Porté dans la Moselle, apparemment originaire du Luxembourg, le nom s’est parfois transformé en Contor (à moins que ce ne soit l’inverse), nom également présent en Belgique. On trouve aussi la forme Condor. Le sens est forcément incertain : peut-être celui qui tenait les comptes (cf. l’ancien français “conteor”, qui a aussi désigné un conteur, ou l’allemand “Kontor” = comptoir). On peut aussi signaler qu’en ancien français le mot “contor” a désigné un comte (c’était au départ un pluriel).
Contezac Très rare (variante ancienne : Contezat), le nom paraît désigner celui qui est originaire de Contezac, hameau situé entre Grèzes et Chavagnac (24). La finale -ac montre en principe qu’il s’agit d’un ancien nom de domaine gallo-romain.
Conti Nom italien qui correpond au français Comte. Pour le sens, voir Conte.
Contini Diminutif de l’italien Conti (voir Conte pour le sens). Le nom est très fréquent dans toute l’Italie, en particulier dans le Nord et en Sardaigne.
Contival Le nom est surtout porté dans la Vienne, on le rencontre aussi dans le Lot. Il devrait renvoyer à un nom de localité (val = vallée), mais je ne trouve rien qui corresponde.
Contremoulin Ce nom et sa variante Contremoulins ne se rencontrent qu’en Seine-Maritime. Ils désignent celui qui est originaire du village de Contremoulins, près de Fécamp. Sens du toponyme : le moulin du comte (déformé en contre), ou encore le moulin de Lecomte.
Contreras Désigne celui qui est originaire de Contreras, nom de trois communes espagnoles et de nombreux lieux-dits. Le sens est apparemment le même que celui du français contrée (= lieu environnant, région).
Contrino Nom italien surtout porté en Sicile, qui semble une contraction de Contarino. Sens incertain. Peut-être un toponyme. Une commune s’appelle Contarina, mais en Vénétie. A envisager éventuellement : une autre forme de contadino (= paysan).
Convard Un nom lorrain assez rare. Les Convard paraissent tous provenir du même village (Courcelles). Le nom semble une variante de Convert, nom donné soit à un converti au christianisme (sans doute un juif), soit à un frère convers.
Convenant Le nom est notamment porté dans l’Ille-et-Vilaine, et plus généralement en Bretagne et en Normandie. Variante rare : Convenand. Il correspond à l’ancien français “covenant”, qui désignait un accord, une convention. En Bretagne, ce terme s’est appliqué à un contrat par lequel un seigneur louait à un paysan une terre pour une durée de neuf ans. Le nom de famille désigne soit celui qui exploitait une telle terre, soit celui qui habitait un lieu-dit le Convenant.
Converset Probable diminutif de Convers (voir Convert) porté en Savoie. Formes voisines : Conversy (73, 74), Conversey (70), Conversat (89, 52).
Conversin Surtout porté dans l’Ille-et-Vilaine, le nom n’est pas un diminutif de Convers (voir Convert), malgré les apparences. Le père du premier Conversin connu, originaire des Côtes-d’Armor, s’appelait en effet Le Cavorzin. Autres formes rencontées autrefois : Cavorzin, Cavorsin, Le Cavorsin, Cauversin, Conversain. On a donc sans doute affaire à une variante bretonne de l’ancien français “caorsin” (= usurier, prêteur).
Converso Équivalent italien du français Convers (voir Convert). Le nom est rare, porté notamment dans le Piémont et en Calabre. Le pluriel Conversi est lui aussi rare (Émilie-Romagne, Lazio). Rencontrée en Savoie, la forme Conversy devrait en être une variante.
Convert Nom surtout porté dans l’Ain, la région lyonnaise et l’Auvergne. Désigne celui qui est converti au christianisme, ou encore un frère convers (personne qui se consacre aux travaux manuels dans un couvent). Variante : Convers (43, 70, 74). Attention cependant : le mot Convers (et parfois aussi Convert) est un toponyme assez fréquent désignant un lieu touffu, repaire de bêtes sauvages.
Conxicoeur Curieux nom porté en Franche-Comté. Je n’en connais pas la signification (en principe, le x devrait se prononcer comme un ch).
Conzimu Nom italien très rare porté en Sardaigne (province de Sassari), où il s’écrit aussi Conzinu. Il correspond au mot sarde “contzinu” (également “cunzinu, aconcimu”), qui désigne un chaudronnier ou un rétameur.
Cook, Cooke Nom anglais désignant un cuisinier, éventuellement un marchand de plats cuisinés. Variante : Coke.
Cools Nom flamand. C’est un hypocoristique de Nicolas, formé par aphérèse, avec ajout d’un s marquant la filiation. Autre forme : Cool.
Coope, Coupe Nom porté en Angleterre (première mention connue : William le Coupe, 1296). Il vient du latin cupa (= tonneau), et on pense qu’il s’agit le plus souvent d’un surnom métonymique donné à un tonnelier.
Cooper Nom de famille très répandu en Angleterre. Désigne un tonnelier.
Copado Fréquent en Espagne, devrait être un toponyme désignant un bois aux hautes frondaisons (copado = adjectif évoquant un arbre à la haute cime). On pensera éventuellement à un sobriquet pour un homme grand.
Copard Nom porté dans le Calvados, rencontré dans le Nord sous la forme Copart. Difficile d’avoir une certitude avec les noms commençant par Cop-, car les solutions sont nombreuses. Peut-être, comme pour l’anglais Coppard, un surnom pour celui qui a une grosse tête (latin cuppa = coupe employé avec le sens métaphorique de tête, attesté pour l’anglais copp).
Copeau Porté notamment dans l’Oise, le nom est aujourd’hui assez fréquent à la Réunion. Difficile de choisir la bonne solution parmi les divers sens possibles : surnom d’un menuisier (celui qui fait des copeaux), surnom d’un mesureur (ancien français cope, coupe = mesure de grain), ou encore toponyme avec le sens de colline, monticule (ancien français copel).
Copéré Nom surtout porté dans la Loire. Désigne celui qui est originaire de Coppéré, hameau de Saint-Priest-la-Prugne (42). Variantes : Copéret, Copérey, Coppéré, Coppéret. Le sens du toponyme (Coperei en 1402) est incertain : peut-être un dérivé de coupe (= bois taillis) ou de copa (ancienne mesure agraire, terme employé dans le Lyonnais).
Copie Surtout porté dans le département du Nord, le nom est aussi présent en Bourgogne (21). L’ancien français “copie” signifie “abondance” (cf. l’adjectif “copieux”), mais peut difficilement expliquer le nom. Mieux vaut penser à un toponyme désignant un bois taillis, un lieu où on peut couper du bois. À noter cependant que, dans les documents anciens, le nom est souvent écrit Copié, ce qui en change sans doute le sens : on pourrait alors avoir affaire à un fabricant de coupes, à un échanson (voir Copier pour plus de précisions).
Copier Nom porté dans la Saône-et-Loire et dans la région lyonnaise. On le rencontre en Savoie sous la forme Coppier. Le sens est incertain, tant les acceptions du mot cope (coupe) sont nombreuses en ancien français. La solution la plus probable est celle d’un coupeur de bois, un bûcheron. Autre possibilité : un échanson. M.T. Morlet propose pour sa part un toponyme, avec le sens de bois-taillis.
Copieux Nom très rare porté à Rouen. Le mot copieu désigne en picard un copeau, ce devrait être le surnom d’un menuisier. Formes voisines et plus fréquentes : Copeau (60), Copeaux (Lorraine), Coupeau (53), Coupeaux (50), Coupeaud (33, 87, 76). A noter cependant que d’autres solutions sont possibles pour tous ces noms, qui sont des diminutifs de l’ancien français cope, dont les sens étaient très nombreux : coupe ou vase, cuve, mesure pour le grain, et enfin monticule. Ce dernier sens se retrouve en ancien français dans le mot copel, et donc aussi dans copeau.
Copin, Copain Nom très courtant dans le département du Nord et en Belgique. Dans certains cas, on peut y voir une variante de Compain (= compagnon), mais, le plus souvent, il s’agit d’un diminutif du nom de baptême Jacques formé par aphérèse : Jacob, Jacop > Cop > Copin.
Copitet C’est dans la Marne que le nom est le plus répandu. On trouve aussi la forme Copit (08) dont Copitet semble le diminutif. Sens incertain : peut-être un dérivé de Cop, forme par aphérèse du prénom Jacob (= Jacques), que l’on trouve en Belgique et dans le Nord-Pas-de-Calais. Autre possibilité : un toponyme évoquant une coupe de bois, hypothèse renforcée par la présence d’un lieu-dit Bois Copitet dans l’Aube (commune de Poivres).
Coppa D’origine italienne, le nom est porté dans toute la péninsule, mais il n’y est pas très fréquent. Son sens est difficile à déterminer et peut varier selon les régions. On peut penser à un matronyme, identique à Coppi (voir ce nom), mais on n’oubliera pas qu’en italien le mot “coppa” a le sens de “coupe”, surnom possible pour un fabricant de coupes et de vases.
Coppel C’est en Haute-Savoie que le nom est le plus répandu. On peut penser au surnom métonymique d’un menuisier (copel = copeau). A noter cependant qu’il peut s’agir d’un toponyme (cf. la commune de Saint-Julien-de-Coppel, dans le Puy-de-Dôme). On trouve la forme Copel dans l’Ain.
Coppenolle Porté en Belgique et dans le Nord-Pas-de-Calais, désigne celui qui habite un lieu-dit Koppenol ou en est originaire. C’est un toponyme courant en pays flamand. Signification selon le Dictionnaire des noms de famille en Belgique romane : ‘vallée avec des crêtes arrondies’. Variantes : Capenol, Koppenol, Vancapernolle, Vancopenolle, Vancopernolle, Vancoppenolle, Vancoppernolle, Vancompernol, Vancompernolle, Van Compernol, Van Compernolle, Van Copenolle, Van Coppenael, Van Coppenole, Van Coppenolle.
Coppens Diminutif de Cop, forme avec aphérèse du nom de baptême Jacob (= Jacques). C’est un nom flamand très répandu en Belgique.
Coppey Le nom est originaire soit du Nord-Pas-de-Calais, soit de l’Est (sans doute la Haute-Saône). Voir Coupey pour le sens.
Coppi Porté en Lombardie et plus généralement dans l’Italie du Nord, c’est un hypocoristique de Giacopo (= Jacques, Jacob), formé de la même manière que l’allemand Kopp.
Coppin Variante de Copin (voir ce nom).
Coppolani Porté en Corse, le nom est à rapprocher de l’italien Coppola, sobriquet évoquant le porteur d’un béret rond appelé coppola dans le sud de l’Italie (région napolitaine notamment). Autre dérivé : Coppoletta.
Copre Nom porté autrefois en Haute-Saône. Sens obscur. Il existe bien un hameau appelé le Copre, mais à Francs (33), ce qui fait un peu loin !
Copus Porté en Belgique (également présent en Grande-Bretagne), c’est une variante de Kobus, aphérèse de Jacobus, Jakobus (forme latinisée de Jacques ou Jacob).
Copy Nom surtout porté dans le Finistère. Sens obscur. Peut-être un toponyme (= bois taillis).
Coqblin Le nom est porté dans la Nièvre, tout comme ses variantes Coquebin et Coqueblin. Il devrait correspondre au moyen français “coquebin”, terme aujourd’hui archaïque désignant un jeune homme naïf et un peu niais.
Coquanty Nom porté dans le Morbihan, rencontré aussi sous les formes Coquantif, Coquentif, et sans doute Coquantin et Coquentin. Faut-il y voir un dérivé de coq ou la transformation d’un autre nom (Constantin, Cotentin) ? Je n’en sais rien.
Coquard Le nom est surtout porté dans la région lyonnaise (69, 42) et dans la Nièvre. Variante : Coquart (62, 59, 02). Voir Cochard pour le sens.
Coquatrix Le nom est porté dans la Seine-Maritime et le Nord-Pas-de-Calais. Variantes : Cocatrix (76, 62) et sans doute Cocatre (51). Il a servi à désigner le crocodile, mais surtout toutes les bêtes fantastiques, en particulier le dragon. Godefroy signale dans son Lexique de l’ancien français que le terme a été utilisé comme surnom pour désigner celui qui portait le dragon dans les processions (mentions à Troyes, Sens et Auxerre).
Coquenlorge Porté notamment dans la Loire-Atlantique (où il est attesté depuis le début du XVIIe siècle), c’est un nom dont le sens ne m’est pas connu. L’expression “coq en l’orge” semble avoir existé, puisque c’est le titre d’une chanson du XVe siècle, mais je n’en sais pas plus. A noter cependant le mot assez voisins “coquelourde”, qui désignait en moyen français une personne niaise.
Coquery C’est dans le Cher et le Loiret que le nom est le plus répandu. On trouve l’équivalent Coquerie dans le Maine-et-Loire. C’est un toponyme très fréquent en Normandie et dans le Centre, qui semble désigner un élevage de volailles. Avec le même sens : Cocherie, Cochery, Cocherye (35).
Coquet Diminutif de coq, nom très fréquent qui est un sobriquet désignant le plus souvent une personne vaniteuse.
Coquette Variante de Coquet (voir ce nom) surtout portée dans le département du Nord.
Coquiart Rare, le nom est porté dans le Doubs. Il faut y voir une contraction de Coquillard (77, 08), Coquillart (59), terme qui a pu désigner un pèlerin (penser à la coquille Saint-Jacques), mais qui avait surtout le sens de sot, benêt, mari trompé (également amant d’une femme mariée). Ces sens péjoratifs sont également attestés pour Coquard (58, 69) et Coquart (02, 59, 62), qui peuvent aussi désigner un personnage vaniteux ou un débauché.
Coquibus Curieux nom recontré dans la Haute-Saône. C’est un sobriquet désignant un nigaud, un ignorant, sens du mot ‘coquibus’ en moyen français (cf. l’expression ‘ung tas de quoquibus ignorans’, XVe siècle). Le nom Coquebert a le même sens.
Coquigny Nom porté dans l’Aisne, où il est attesté dès l’an 1122 (Arnould de Dorengt, dit Coquigny). La finale en -y laisse penser qu’il devrait s’agir d’un ancien nom de localité, mais je n’en sais hélas pas plus. La variante Coquignier peut aussi évoquer l’ancien français coquillier, celui qui fabriquait des coquilles (coiffes pour les femmes). Enfin, en dernier recours, il faut envisager un dérivé du mot coquin (= gueux, mendiant).
Coquille Nom porté dans l’Aube et dans l’Yonne, ainsi que dans le Limousin. Il a pu désigner un pèlerin étant allé à Saint-Jacques de Compostelle, mais dans bien des cas il s’agit d’un toponyme évoquant un terrain concave, une dépression. On préfèrera ce dernier sens lorsque le nom se rencontre en Limousin ou en Poitou-Charentes, avec ses diminutifs Coquilleau et Coquillaud.
Coquillet Le nom a dû désigner un pèlerin (celui qui allait à Saint-Jacques de Compostelle). On le trouve notamment dans le Loiret et l’Ille-et-Vilaine.
Coquinot Diminutif de Coquin, surtout porté dans l’Yonne. Durant tout le moyen âge, le mot coquin a été utilisé pour désigner un gueux, un mendiant. C’est sans doute le sens qu’il faut retenir ici. C’est en Normandie (76) que le patronyme Coquin est le plus répandu.
Coquio Porté dans les Côtes-d’Armor, pourrait être un diminutif du mot “coq” (breton “kog”).
Coquoin Surtout porté dans la Manche, il semble que le nom soit une variante de Coquin, qui désignait au moyen âge un mendiant.
Coraboeuf Nom porté dans la Loire-Atlantique. Variante : Corabeuf. L’origine géographique semble cependant très différente : Corabeuf est en effet le nom d’un château à Ivry-en-Montagne (21).
Corai Porté dans le Finistère (variante : Coray), devrait désigner celui qui est originaire de la commune de Coray, dans le même département. Le sens du toponyme est incertain. Selon Hervé Abalain (voir bibliographie), il correspondrait à un saint Coray, sur lequel on ne sait apparemment rien.
Coral Le nom se rencontre en Lorraine, où il semble désigner un personnage amical, sympathique (sens de l’adjectif coral en ancien français). On le trouve également en Catalogne et dans le Sud-Ouest, où il peut avoir trois sens : soit un nom de personne d’origine germanique fréquemment attesté au Moyen Âge (variante de Conrad), soit un toponyme (corral) ayant le sens d’enclos, soit enfin un autre toponyme ayant désigné le chêne (au départ coeur de chêne). Il existe à Prats-de-Molló (66) un ermitage appelé Nostra Senyora del Coral (ou del Corral), pour lequel le sens de (coeur de) chêne est très plausible.
Coray Nom rare rencontré dans le Finistère (Penhars). Semble désigner celui qui est originaire de la commune de Coray (même département). A noter cependant l’existence d’un ancien nom de baptême, Coroe (XIe siècle, formé sur la racine cor = armée), qui pourrait éventuellement avoir donné naissance au patronyme, mais c’est beaucoup moins probable.
Corbeau Le nom est notamment porté dans le Loir-et-Cher et le Nord-Pas-de-Calais, région où on trouve la variante Corbeaux. Il évoque certes le corbeau et a pu être employé comme sobriquet, mais il a été fréquemment utilisé au Moyen Âge comme nom de baptême, en particulier en Belgique. Variantes : Corbault (41), Corbaux (59), Corbeil et sans doute Corbeille (59, 62), Corbel (22), Corbelle (62), Corbiaux (08). Diminutifs : Corbelet (56, 76), Corbelin (53, 70, 80), Corbelon (01). Formes italiennes : Corbelli, Corbellino, Corbellini, Corbelletto. Formes flamandes : Corbeel, Corbeels.
Corberon Relativement rare, le nom semble avoir été surtout porté dans l’Yonne (Saint-Clément). Il désigne celui qui habite un lieu-dit Corberon ou en est originaire. On pensera à la commune de Corberon (21), mais aussi à des hameaux du même nom à Autun (71), Augers-en-Brie et Vieux-Champagne (77). Sens du toponyme : peut-être le domaine (“cort”) de Béron (nom de personne germanique), mais on pensera aussi à la racine *korb (voir Corbière).
Corbett Ce nom anglais (parfois écrit Corbitt ou Corbet) correspond à l’ancien français “corbet” (= corbeau), et devrait être un sobriquet lié à la couleur des cheveux (éventuellement aussi à la voix ou à la forme du nez). Il semble que le premier porteur du nom en Angleterre ait été un nommé Hugues Corbet, venu de Normandie et installé dans le comté du Shropshire dès le XIe siècle. On précisera que le nom Corbet est également présent en France, et que c’est dans la Manche qu’il est le plus répandu.
Corbiat Nom porté dans le Bordelais, rencontré aussi sous les formes Corbia et Corbiac. On trouve également dans le même secteur la forme voisine Courbian. Désigne celui qui est originaire d’une localité portant ce nom, peut-être Corbiac, faubourg de Saint-Médard-en-Jalles (33). Signification : ancien nom de domaine (suffixes -acum ou -anum), soit formé à partir d’un nom de personne (Corbius), soit évoquant un lieu fréquenté par les corbeaux (autre possibilité : racine prélatine corb = terrain rocheux). A noter que Corbian semble être aussi un ancien nom de baptême, si l’on en croit le hameau de Saint-Corbian à Saint-Estèphe (33).
Corbière Fréquent dans le Tarn et plus généralement en Languedoc, désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit (la) Corbière, toponyme très répandu évoquant des montagnes ou des collines généralement calcaires, avec une végétation de garrigue. Le rapprochement fait avec le corbeau (corb) pour expliquer l’étymologie du mot est très douteuse. Il vaut mieux envisager une racine pré-indo-européenne *korb, qui a dû désigner des lieux montagneux. Variante : Corbières (81, 82).

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