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Noms commençant par D

Da Costa-Dansot
Dantec-Davy
Dawance-Decroix
Decrop-Delavierre
Delavigne-Demay
Demaya-Desandrouins
Désannaux-Detournay
Detrait-Diner
Dingremont-Doudelet
Doudement-Ducarouge
Ducasse-Dupas


Désannaux Rencontré en Normandie, semble désigner celui qui est originaire des Aulneaux, dans la Sarthe.
Desaphy Le nom est porté dans le Limousin (87, 23), la Charente et le Lot-et-Garonne. Variantes : Desaphi, Desaphie, Desaphis, Desaphix, Desafit, Desafy. Il désigne celui qui habite un lieu-dit “les Affis” ou en est originaire. Le toponyme pourrait avoir le sens de “fief” (sens donné par La Curne de Sainte-Palaye). Il est présent sur la commune de Brillac (16) et sur celle de Saint-Sornin-Leulac (87), où il est écrit aujourd’hui “La Zaphix” (Lezafit sur la carte de Cassini, les Affis ou les Affix aux XVIIe et XVIIIe siècles). Il est également possible que le hameau de Saphy à Saint-Eutrope-de-Born (47) ait la même origine.
Desaules Nom rencontré en Suisse. Originaire d’une localité nommée Saules. On trouve des villages portant ce nom à la fois en Suisse et en Franche-Comté. Désigne un bois de saules.
Désaulniers Le nom est essentiellement porté au Québec, où son premier porteur s’appelait Lesieur dit Désaulniers. Sauf erreur de graphie, il devrait désigner celui qui appartient à la famille, au domaine des Saulnier (voir Saunier). La localisation est très malaisée. Sachant que le nom Lesieur est surtout porté en Normandie et en Picardie, c’est sans doute de ces régions que les Désaulniers devraient être originaires.
Désaunay Peut-être un rapport avec un arbre, l’aune, mais plutôt originaire de Saunay (ou Saulnay), communes de l’Indre, je pense, dont le nom n’a aucun rapport avec le sel, mais correspond à un nom de domaine gallo-romain (Solonacum).
Desaute, Desauté, Désauté Nom de famille surtout porté dans la Marne. Certainement une variante de Desautels (voir ce nom), un patronyme lui aussi rencontré dans la Marne.
Desautels Désigne celui qui est originaire d’une localité nommée les Autels. Trois communes portent ce nom (02, 14, 28), ainsi que plusieurs hameaux. Le toponyme vient du latin altare (= autel), et a été utilisé avec le sens de petite chapelle. Il est possible que la forme plurielle ait aussi évoqué la présence de mégalithes. C’est dans la Marne que le patronyme Desautels est le plus répandu. Variante : Desautez. On trouve aussi en Bourgogne le nom Desautel, qui pourrait avoir une autre origine : une localité appelée Sautel (il y a d’ailleurs une commune portant ce nom, mais elle se trouve dans l’Ariège).
Desbaillet Nom porté en Suisse. Désigne sans doute celui qui est originaire du domaine appartenant aux Baillet (voir ce nom).
Desbains Nom renconté en Alsace. Originaire d’un lieu-dit les Bains (sans doute une source thermale).
Desbiailhs Nom rare porté dans les Landes (Hagetmau). Renvoie certainement à un lieu-dit les Biailhs, mais impossible de le localiser.
Desbiens Nom porté surtout dans le département du Nord, où on trouve aussi le patronyme Biens, plus rare. Désigne apparemment celui qui est originaire d’un lieu-dit les Biens, toponyme paraissant évoquer un type particulier de propriété qui reste à définir.
Desbois Fréquent dans la Haute-Saône et en Bretagne. Désigne celui qui habite un lieu-dit les Bois.
Desbonne, Desbonnes Nom porté dans l’Ain. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Bonnes, les Bones, toponyme très fréquent qui a le plus souvent le sens de “bornes”.
Desbordes Celui qui est originaire d’une localité appelée les Bordes (voir Bordes pour le sens). C’est dans le Limousin que le nom est le plus répandu (variante Desborde). A noter dans la Haute-Vienne les hameaux des Bordes à Oradour-sur-Glane et à Saint-Brice.
Desbouvries Surtout porté dans le département du Nord (variantes : Desbouvrie, Desbouvry), désigne celui qui habite un lieu-dit les Bouv(e)ries (= étables ou enclos pour les boeufs).
Desbruères Désigne celui qui habite un lieu-dit les Bruères (= les bruyères). Le nom est surtout porté dans le Centre (18, 45). Variante : Desbruère. Formes voisines : Desbrugères (87, 03), Desbruyère (63), Desbruyères (58).
Desbuquois Patronyme du département du Nord. Variantes : Desbucquois, Desbuquoit, Desbuquoy, Debuquoy, Debucquoi, Debucquois, Debucquoy. Désigne celui qui est originaire d’un lieu dit le (ou les) Buquois, toponyme évoquant un petit bois. Une commune du Pas-de-Calais s’appelle Bucquoy.
Descamps, Deschamps Celui qui habite près des champs, ou qui possède des champs, ou plutôt qui habite au lieu-dit les Champs. C’est en Normandie et en Picardie que le nom est le plus répandu.
Descarpentries Voir Decarpentrie pour le sens. Le nom est porté dans le Nord. Variantes : Descarpenterie, Descarpenteries, Descarpentrie, Descarpentris, Descarpentris.
Descarsin Surtout porté dans l’Aisne, notamment à Bichancourt, c’est un nom de sens obscur, peut-être formé sur un toponyme, ou encore désignant celui qui habite la ferme, la maison des Carsin (autre nom obscur, surtout porté en Bretagne aujourd’hui). Variante : Décarsin.
Descat Porté dans les Landes et les départements voisins, semble correspondre au terme gascon escat, nom d’une ancienne mesure agraire. Ce devrait être un toponyme. Difficile de savoir si le patronyme Descate en est une variante, vu sa rareté et l’absence de données anciennes.
Descaux Nom très rare, rencontré dans le Loiret et le Calvados, ainsi que dans le Nord-Pas-de-Calais. Pour cette dernière région, on pensera évidemment au fleuve de l’Escaut et à sa région. Mais Caux est aussi le nom de nombreux hameaux un peu partout en France, avec des sens divers (ravin, terrain calcaire).
Deschamphelaere Nom flamand rattaché par Debrabandere à schampelen, schamfelen, schanfelen, verbes qui signifient en moyen néerlandais “avoir la langue qui fourche”. Ce serait donc le surnom d’un homme qui bégaie ou bafouille. Variantes : Deschamphamlaere, Deschamphelaire, Deschampheleere.
Deschanel Nom porté dans l’Ardèche. Variante : Deschanels. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit le Chanel, les Chanels (conduit d’eau, canal). Il s’agit sans doute du hameau des Chanels à Payzac (07).
Deschard C’est apparemment dans le Finistère que le nom a été le plus répandu, mais on le rencontrait en Franche-Comté au XVIIe siècle. Il pourrait désigner celui qui habite chez les Chard (hypocoristique de Richard), à moins qu’il ne s’agisse d’un toponyme : on trouve dans le Jura la commune du Deschaux, nom dont la signification n’est pas clairement établie.
Deschaseaux Nom porté dans les Vosges et en Franche-Comté. Variantes : Deschasaux, Deschazeaux. Il désigne celui qui habite un lieu-dit “les Chaseaux” ou en est originaire. Sens du toponyme : les enclos, les fermes. De nombreux lieux-dits ou hameaux de Franche-Comté s’appellent “les Chaseaux”. Équivalents occitans : Descazal, Descazals, Descazaux, Descazeaud, Descazeaux.
Deschenaux Désigne celui qui habite le lieu-dit les Chenaux (= les canaux). C’est dans le Dauphiné et en Savoie que le nom est le plus répandu.
Deschene Nom rare, rencontré dans les Vosges, mais aussi dans les Deux-Sèvres. Dans les Vosges, il désigne certainement celui qui est originaire du petit village d’Eschêne-Autrage (90). Ailleurs, il doit s’agir d’un toponyme lié au chêne.
Deschênes Désigne celui qui habite un lieu-dit les Chênes. Le nom est surtout porté dans l’Est (70, 25), on le rencontre aussi dans le Centre (41). Voir aussi Deschene.
Deschepper, De Schepper Nom flamand correspondant à un métier, le couturier (sans doute tailleur d’habits).
Deschiens Voir Desquiens.
Deschodt Nom flamand désignant un Ecossais (néerlandais schot). Variantes : De Schodt, Deschotte.
Descieux Nom porté dans les Vosges et le Doubs. Désigne peut-être celui qui est originaire du hameau des Essieux au Ménil (88).
Descimon Nom rare porté dans la Creuse. Désigne sans doute celui qui habite le domaine ou la ferme des Cimon, Cimon étant une variante du nom de baptême Simon.
Desclaux Origine toponymique. Signifie mot à mot des enclos (latin clausum).
Desclève Nom porté en Picardie, que l’on trouve aussi sous la forme Desclèves en Normandie. Semble désigner celui qui est originaire d’un lieu-dit appelé Esclève(s), à rapprocher éventuellement d’Esclavelles (76), qui signifierait le village peuplé par les Slaves. Reste à savoir si un tel lieu-dit a bel et bien existé !
Descoins Porté dans l’Ariège et le Lot-et-Garonne, désigne celui qui habite un lieu-dit “les Coins”, avec un sens qui demeure incertain : terres en forme d’angle, terres à l’écart, dans un recoin, éventuellement maison située à l’angle de deux routes, telles sont les hypothèses les plus probables. Avec le même sens : Descoin (47), Descoings (49).
Descombes Fréquent en Savoie et dans la région lyonnaise, désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Combes ou qui y habite. Sens du toponyme : les vallées, les vallons (prélatin cumba). Variantes auvergnates : Descombas, Descombat.
Descossy Peut-être formé sur Escossy, signifiant originaire d’Ecosse, avec suffixe -Y souvent utilisé dans le Sud-Ouest.
Descottes On donne généralement deux hypothèses pour l’origine de ce nom, et je ne sais pas laquelle est la bonne : 1. Une forme altérée de Descostes, Décôtes (maison située sur les côtes). 2. Un fabricant ou un marchand de cottes, version qui, au moins linguistiquement, paraît plus logique. Dernière précision, il y a 119 Descottes dans l’annuaire, assez dispersés géographiquement (mais on en trouve beaucoup dans l’Ain et la vallée du Rhône, ainsi qu’en Ille-et-Vilaine et dans le Puy-de-Dôme). Quant aux Decotte, au nombre de 10, on les trouve surtout dans le Pas-de-Calais.
Descoubet Nom porté en Gascogne. Sens identique à Escoubet (voir ce nom).
Descouleurs Curieux nom porté dans l’Oise, également écrit Descouleur. Difficile de se prononcer, la graphie ayant pu subir pas mal de modifications. Faut-il y voir un nom de lieu (les Couleurs ?) ou la transcription d’un nom flamand qui pourrait être De Schooler (l’écolier, l’étudiant), je suis incapable de me prononcer.
Desdoits Le nom est porté en Normandie (61, 50), où on trouve aussi les formes Desdoit (14), Desdoigts (28), Desdouet, Desdouets (50), Desdouits, Desdouys (61, 27). Diminutifs : Desdouitils, Desdoity (50, 76). Rien à voir avec les doigts. Le nom correspond à l’ancien français ‘doit’ (variantes : doet, douet), avec le sens de canal, conduit d’eau.
Deseigne Porté dans le Nord-Pas-de-Calais, pourrait renvoyer à une localité portant ce nom, mais je ne trouve pas grand-chose dans cette région. Le toponyme est en effet fréquent sous les formes Seigne(s), Saigne(s), mais dans des région plus méridionales (= étang, marécage). Il y a eu autrefois des Deseigne dans l’Allier.
Deseille C’est dans le Pas-de-Calais que le nom a toujours été le plus répandu. Variantes : Desseille, Desseilles. Il semble désigner celui qui est originaire de La Seille, ancien fief à Baincthun (62), ou encore de la commune de Selles, dans le même département (Seilleis au XIIe siècle). Dans les deux cas, les formes les plus anciennes renvoient au latin “cella” (= cellule, puis ermitage). Le nom a aussi été porté en Belgique, où il pourrait renvoyer à Seilles, localité proche de Namur.
Desemberg Rare et porté en Belgique, pourrait désigner celui qui est originaire de Semberg, nom d’une localité en Rhénanie du Nord-Westphalie (mais peut-être aussi hameau en Belgique ou en Alsace-Lorraine).
Desemery Désigne apparemment celui qui est originaire d’une localité appelée Semery. On pourrait penser au village de Semeries, dans le département du Nord, près d’Avesnes-sur-Helpe, ou encore à Sepmeries près du Quesnoy, mais c’est en Charente que le nom se rencontre le plus. Même problème avec le nom de famille Semery, qui pour sa part est porté surtout dans l’Ille-et-Vilaine. Peut-être a-t-il existé autrefois dans l’Ouest un ou des villages appelés Semery ? A noter cependant que Desemery peut très bien désigner celui qui appartient à la famille ou à la maison des Emery (nom de famille).
Désenclos Surtout porté dans la Somme (variante : Désenclot), désigne celui qui habite un lieu-dit “les Enclos” ou en est originaire.
Désenfant Nom porté à la fois en Limousin (87), dans les Landes et dans le Nord-Pas-de-Calais. Variantes : Désenfans, Désenfants. Il désigne celui qui habite la ferme, la maison appartenant aux enfants (par opposition à la maison du père).
Desenlis Porté en Picardie (60, 80), désigne celui qui est originaire de la ville de Senlis (60) ou des deux autres communes portant le même nom (62, 80). La ville de l’Oise tire son nom du peuple gaulois des Silvanectes. Pour les deux autres communes, on propose parfois des dérivés du latin “scindula” (= bardeau).
Desermeaux Très rare et porté dans la Loire, désigne celui qui habite un lieu-dit les Erm(e)aux, toponyme évoquant en occitan des terres incultes (èrm, du latin eremus). A noter le hameau des Ermaux à Saissac (11).
Désessard Porté notamment dans l’Aube et la Seine-et-Marne, désigne celui qui habite un lieu-dit les Essarts (terres défrichées par brûlis) ou qui en est originaire. Variantes : Désessards (33, autrefois 49, 14), Désessart (60), Désessarts (80).
Deseure Le nom est porté dans le département du Nord et en Belgique (Flandre Occidentale). Variantes : Deseur, Dezeure. Il semble que ce soit un surnom flamand désignant une personne ayant mauvais caractère (néerlandais zuur = aigre).
Désévedavy Le nom est porté dans l’Ille-et-Vilaine. Il est attesté à Chevaigné dès le début du XVIe siècle et désigne celui qui est originaire de Sève-Davy, hameau à Sains (35). Le premier élément a le sens de forêt (latin silva), le second étant Davy (forme bretonne de David). Parmi les variantes graphiques, les plus répandues sont Desevedavy (aucun accent) et Désévédavy (trois accents !).
Desfachelle Le nom est surtout porté dans le Pas-de-Calais. Variantes : Desfachel, Desfachelles. Il désigne celui qui habite un lieu-dit les Fachelles (= bandes de terres allongées, toutes orientées dans le même sens, voir aussi Fasquel).
Desfargeas Nom porté dans le Limousin et le Périgord. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Fargeas (= les forges). Il existe un hameau appelé Fargeas en Dordogne (commune d’Abjat).
Desfemmes Porté dans l’Allier et la Creuse (variante : Desfemme), c’est un nom de sens incertain. Peut-être un hameau ou une ferme “les Femmes”, qui devrait son nom à l’absence d’homme à la tête de la famille. Le nom est à rapprocher de Desfilhes, Desfille, Desfilles, noms rencontrés dans la Haute-Loire. On n’oubliera pas cependant que de tels noms peuvent avoir été déformés au fil des temps et posséder une tout autre origine.
Desfontaine Le nom est porté dans de nombreuses régions de France, tout comme sa variante Desfontaines. Outre la Vendée, on le rencontre dans le Nord et l’Aisne, ainsi qu’en Saône-et-Loire. Il désigne celui qui habite un lieu-dit “les Fontaines”, endroit marqué par la présence de sources ou de fontaines.
Desforges DESFORGES est un nom très courant, qu’il suffit de décomposer : DES FORGES pour obtenir un toponyme ou nom de lieu. Il y a en effet plein de villages, de hameaux ou de lieux-dits qui s’appellent ou se sont appelés Les Forges. Il s’agit bien sûr de lieux qui se consacraient à la métallurgie. Donc DESFORGES = originaire des FORGES. Mais impossible d’apporter des précisions géographiques, il y en a trop !
Desfour Patronyme surtout porté dans l’Hérault (variante : Desfours). Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Fours, toponyme évoquant des fours à chaux, éventuellement d’anciens fours rudimentaires pour la métallurgie.
Desgardins Nom surtout porté dans le Pas-de-Calais, tout comme sa variante Desgardin. Désigne celui qui habite un lieu-dit les Gardins (= les Jardins, variante picarde du mot).
Desgeorges Nom porté en Haute-Savoie, dans le Lyonnais et le Puy-de-Dôme. Variante : Desgeorge. Désigne celui qui habite le domaine appartenant à une famille Georges.
Desgrandchamps Le nom est porté dans la Haute-Saône. Il désigne celui qui habite un lieu-dit ‘les Grands Champs’. Variantes : Desgranchamps, Desgrandchamp, Desgrandschamps.
Desgré Nom rencontré dans l’Ouest. Il doit s’agir de celui qui est originaire du lieu-dit les Grés (ou qui y habite), toponyme désignant un lieu pierreux. Plusieurs communes s’appellent Grez ou le Grez (Oise, Sarthe, Mayenne).
Desgrugillers Porté dans le Pas-de-Calais, désigne celui qui habite un lieu-dit les Grugilliers, variante du mot ‘groseilliers’. Autres formes : Desgrugillier, Desgrugilliers, Desgrousilliers. Avec le même sens : Desgroisilles (76), Desgroseille.
Desgué Nom porté dans la Manche et l’Ille-et-Vilaine. Désigne celui qui est originaire du lieu-dit le Gué (éventuellement les Gués), toponyme très fréquent dans l’Ouest.
Desguetz Le nom peut aussi s’écrire Desguet, Desguetz, Desguez. Vu sa rareté, son origine géographique est difficile à situer. Peut-être le Calvados ou l’Orne. Il renvoie à un toponyme, pour lequel on hésitera entre les sens de poste de guet et de gué.
Deshayes, Deshaies Pluriel de Delahaye (voir ce nom). On trouve les Deshayes en Normandie (76, 27), pas très loin d’ailleurs des Deshaies, qui sont pour leur part dans le Maine.
Deshors Nom porté en Corrèze. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit le Hor(t)s = les jardins.
Deshours C’est dans le Gard (région d’Alès) que le nom est le plus répandu. Il y désigne celui qui habite un lieu-dit les Hours (= les jardins). A noter cependant qu’en Béarn le mot ‘hour’ évoque un fond de vallée en forme de cirque.
Deshuissard Nom rare porté en Seine-et-Marne et en Saône-et-Loire. Désigne sans doute celui qui habite la ferme des Hussard, ce dernier nom étant considéré comme un dérivé du nom de personne Hus (voir Hus). On trouve des Hussard dans l’Est (54) et dans l’Ouest (56, 28). Hu(i)ssard pourrait aussi être un toponyme désignant une houssaie.
Deshys Difficile de se prononcer sur ce nom très rare, rencontré en Loire-Atlantique et qui devrait être la graphie erronée d’un autre patronyme (peut-être Deshays ?).
Desiderio Equivalent italien de Didier (voir ce nom), le nom est surtout porté en Campanie et dans les Abruzzes. Le pluriel filiatif Desideri se rencontre en Corse et en Italie centrale.
Designe On rencontre le nom à la fois dans le Morbihan et le Pas-de-Calais, où on le trouve aussi sous la forme Dessine. Dans le Morbihan, les problèmes d’accents rendent l’interprétation malaisée, mais il semble que la forme du nom soit Désigné ou Designé, la seconde version étant peut-être la meilleure. Auquel cas il s’agirait de celui qui est originaire de Signé (c’est notamment le nom d’un hameau du Maine-et-Loire, à Soeudres). Dans le Pas-de-Calais, il doit aussi s’agir d’un nom de localité, mais je n’ai aucune idée précise à proposer, sinon éventuellement la commune de Sin-le-Noble (59).
Désile Le nom est surtout porté dans la Sarthe. Variantes : Désiles (72), Désille, Désilles (35). Il semble désigner celui qui habite un lieu-dit “les Îles”, toponyme fréquent évoquant des îles dans une rivière ou des terres isolées entre deux cours d’eau.
Desimpel Ou De Simpel. Nom flamand qui signifie en néerlandais “le simple”. La forme voisine Desimpelaere renvoie pour sa part au mot “simpelaar” (= niais).
Desingly Originaire de Singly, petit village des Ardennes. On rencontre le patronyme dans la Marne.
Desissaire Nom rare dont l’origine géographique est difficile à situer. On le rapprochera des formes Desissard, Desissert, Dezissert, originaires d’Auvergne et du Limousin et désignant celui qui est originaire d’un lieu-dit les Issards, les Isserts. Sens du toponyme : variante du mot “essart” (terre défrichée).
Desitter Porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique, ce nom flamand désigne un cordonnier (sitter est une variante du néerlandais sutter). Avec le même sens : Desutter.
Desjacques Porté en Haute-Savoie, désigne celui qui appartient à la famille, à la maison ou à la ferme des Jacques. Avec le même sens mais dans d’autres régions : Desjames, Desjammes (07), et sans doute aussi l’inattendu Desjambes (02). Avec diminutif : Desjacquot (54).
Desjardins Désigne celui qui habite le lieu-dit les Jardins, fréquent en toponymie pour désigner une partie du village où se concentrent les jardins potagers. Le patronyme est surtout présent en Normandie et en Picardie (76, 60), où l’on rencontre aussi la variante Desjardin (80, 02). Autres variantes : Desgardins, Desgardin (62), Déjardin, Déjardins (59, 76, 02, 62).
Desjeux Porté notamment en Bourgogne, désigne celui qui habite un lieu-dit “les Jeux” ou en est originaire. Le toponyme, de sens identique à “Joux”, évoque un sommet, une colline (en particulier dans les Alpes et le Jura un sommet boisé). A noter qu’une commune de la Côte-d’Or s’appelle Jeux-lès-Bard.
Desjobert Désigne celui qui habite la ferme, la maison des Jobert (voir Jaubert). Le nom est surtout porté dans l’Allier et la Creuse.
Desjonquères Originaire du village ou du lieu-dit les Jonquères (lieu où poussent les joncs), toponyme fréquent rencontré à la fois dans le Nord et dans le Sud.
Desjoyeaux Surtout porté dans la Loire, désigne celui qui est originaire du domaine, de la ferme des Joyeaux, un nom qui peut avoir au moins deux significations : soit un bijoutier, soit celui qui est joyeux.
Desju Nom très rare porté en Picardie (60, 80). Sens obscur. Peut-être celui qui habitait le lieu situé en dessous (par exemple en dessous du village), de l’ancien français “jus” = sous, dessous.
Deslandes Fréquent dans le Calvados, l’Orne et la Mayenne, désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Landes (= landes, terres incultes). Variantes : Deslande, Deslandre, Deslandres.
Desliens Le nom est surtout porté dans l’Oise. Variante ancienne : Deslien. Il devrait renvoyer à un toponyme, mais lequel ? Peut-être Slins en Belgique (à l’origine des patronymes Deslin, Deslins), ou encore Liez, commune de l’Aisne, ou encore un hameau qui reste à découvrir. Le surnom d’un lieur, solution proposée par Dauzat, semble improbable.
Deslogis Très rare aujourd’hui, le nom a surtout été porté dans la Seine-et-Marne. Il désigne celui qui habite un lieu-dit “les Logis” ou en est originaire. Le mot, utilisé dans la langue française depuis le XIVe siècle, semble avoir surtout désigné une habitation précaire (cabane, hutte, tente).
Desmaizières Nom porté dans la Saône-et-Loire (variantes : Desmaisières, Desmaizière). Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Maizières, toponyme à rattacher au latin “maceria” (souvent au pluriel : “maceriae”) qui désignait un mur de clôture généralement en pierres sèches. On pense que le toponyme s’applique souvent en France à des bâtiments ruinés, très anciens. C’est un lieu-dit fréquent en Bourgogne. Avec le même sens : Desmazières, Desmazière, Desmaziers (03, 59), Desmézières (76).
Desmarchelier Porté dans le Nord-Pas-de-Calais, désigne celui qui habite la ferme ou la maison des Marchelier, nom de famille rare rencontré sous les formes Marchellier, Marquellier (sens incertain, peut-être un marchand, dérivé de l’ancien français marchel).
Desmaretz, Desmarets Noms surtout rencontrés dans le Nord et le Nord-Est. Celui qui est originaire des Marets (= des marais), toponyme très fréquent dans toute cette région. Variantes : Desmarest, Desmarestz, Desmaret, Desmarez.
Desmariaux Très rare, ce nom est porté dans le Puy-de-Dôme. Il désigne celui qui est originaire des Mariaux (= la ferme des Mariaux, nom de personne dérivé de Marie). C’est le nom de deux hameaux à Marcillat et à Bertignat (63).
Desmars Nom porté dans la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire, ainsi que dans l’Indre. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Mars. Signification : domaine de la famille Mars selon M.T. Morlet, mais aussi lieu boisé (mar = grosse branche dans le Centre).
Desmazeau Porté notamment dans la Vienne et la Charente, désigne celui qui habite un lieu-dit “les Mazeaux” (= les petits mas, ou encore la ferme habitée par les Mazeau). Variantes : Desmazeaud, Desmazeaux. Avec le même sens : Desmazel, Desmazels (Rouergue).
Desmet, Desmedt Un nom flamand qui désigne le métier de forgeron.
Desmette Variante picarde ou wallonne du flamand Desmet (= le forgeron), tout comme le sont sans doute les formes Desmettre et Desmettres (avec une confusion possible avec l’ancien prénom Symètre, Smettre, popularisé par un saint vénéré en Wallonie). Autre possibilité : variante du flamand Desmeyter (= combattant, bagarreur, néerlandais “smijter”). Si le nom n’était pas d’origine flamande, il pourrait désigner celui qui habite la maison ou le domaine des maîtres.
Desmeulemester Le nom, rare et porté en Normandie (76), est à rattacher à Meulemeester, nom flamand désignant en néerlandais un maître meunier. Peut-être celui qui habite la maison ou la ferme d’une famille Meulemeester, mais plutôt une variante des formes Demeulemeester, Demeulemerster, Demeulemester, dans lesquelles “de” est un article défini néerlandais, équivalent de “le”.
Desmeules Le nom est surtout porté en Normandie. Variante : Demeules (ou Démeules ?). Il désigne en principe celui qui est originaire d’un lieu-dit “les Meules”, terme en général associé à des moulins ou à une carrière dont on extrait les meules.
Desmidt Nom flamand désignant, tout comme Desmet, un forgeron. Autres formes : De Smidt, Desmit, De Smit. Avec génitif : Desmidts.
Desmoineaux Nom surtout porté dans la Nièvre (variante Desmoinaux dans le Loiret). Désigne celui qui habite les Moineaux, sans doute au départ la ferme ou le domaine appartenant à une famille Moineau (voir Moinel), patronyme très porté dans le Centre.
Desmonceaux Surtout porté dans le Rhône (variante : Desmonceau), le nom se rencontre aussi dans l’Oise et les départements voisins. Il désigne celui qui habite un lieu-dit les Monceaux (= les petites collines).
Desmons Nom surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais, à rapprocher de Desmont (59, 62, 08) et Desmonts (27, 61). Il désigne celui qui habite un lieu-dit ‘les Monts’, le terme ayant désigné dans cette région des buttes, des petites collines plus que de grands sommets. Autres formes : Desmon (59), Desmond, Desmonds (59, 24, 14).
Desmorat Patronyme porté dans la Creuse. Variantes : Demauras, Demoras, Demorat. Désigne sans doute celui qui habite le domaine appartenant à la famille Morat (ou Moras), devenu ensuite nom de localité : Moras (ou Mauras) est le nom d’un hameau de la Creuse, dans la commune de Chatelus-le-Marcheix.
Desmoulins Qui habite près des moulins, ou qui est originaire d’un lieu-dit les Moulins. Nom assez fréquent dans l’Isère. Il existe aussi une forme Desmoulin (24, 87) qui pourrait éventuellement avoir un autre sens : le domaine des Moulin (patronyme).
Desmurs Assez courant en Saône-et-Loire (variantes : Desmur, Desmus, Démus), désigne celui qui habite un lieu-dit “les Murs”, toponyme fréquent évoquant une fortification.
Desmyter Nom flamand désignant un combattant, celui qui aime se battre (néerlandais smijter précédé de l’article flamand de = le). Variantes : Desmytter, Desmyttere, Desmeytere, De Smyter, De Smeytere.
Desnanot Rare et porté en Gironde, le nom vient sans doute du Limousin, où on trouve en Haute-Vienne la variante Dénanot (ou Denanot). Il désigne celui qui appartient à la famille, à la maison ou au domaine des Nanot (voir ce nom), patronyme lui aussi limousin. Un hameau s’appelle “chez Nanot” à Saint-Hilaire-Bonneval (87) et pourrait bien être à l’origine du nom de famille. À noter cependant qu’il y a aussi des hameaux ou des fermes appelés Nanot en Gironde (communes de Brouqueyran et Mauriac).
Desniault Le nom paraît originaire de la Nièvre. Il désigne celui qui est appartient à la ferme ou à la famille des Niault, nom de famille rencontré dans le même département. Quant à Niault, de sens incertain, ce pourrait être une aphérèse de Daniault, Deniault (= Daniel).
Desnos Il faut, selon M.T. Morlet, décomposer le nom en d’Esnos, fils d’Esnos ou d’Énos (hébreu ‘enôsh = homme), nom d’origine biblique (Enosch était l’un des fils de Seth). Il pourrait s’agir en fait d’une variante de Desnots (voir ce nom). C’est dans la Sarthe que ce nom est le plus répandu.
Desnots Nom porté dans l’Essonne, ainsi que dans le Calvados et les Yvelines. Graphie erronée : Desnois. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Nots, nom de hameaux à Biéville (50), Bully (76) et Muzy (27). Plusieurs explications possibles pour le toponyme : marécage, conduit d’eau, ou encore domaine appartenant aux Not, nom de personne d’origine germanique. Les noms Desnot, Desnost et Desnos semblent à rapprocher de Desnots.
Desnoues Le nom est surtout porté dans le Centre (45, 18, 41). Variantes : Desnous, Desnoux, Desnoulx, Desnouhes, Desnoue. Il désigne celui qui habite un lieu-dit “les Noues” ou en est originaire. Sens du toponyme : lieu marécageux.
Desnouveaux Le nom est surtout porté dans la Haute-Marne. Variantes : Desnouvaux, Dénouveaux. Il désigne celui qui est originaire de la commune d’Esnouveaux (52). Sens du toponyme : es (article contracté = en les) + nouveaux (= terres nouvellement défrichées).
Desnoyer, Desnoyers Assez fréquent autour du Limousin, également rencontré dans l’Yonne, désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Noyers (plantation de noyers).
Désobeau Porté notamment dans la Seine-et-Marne et dans l’Oise, le nom s’écrit aussi Désobeaux. On trouve dans l’Aisne la variante Désaubeau. Il devrait désigner celui qui habite un lieu-dit les Obeaux, les Aubeaux, pluriel de l’ancien français “aubel” (= peuplier blanc). A noter, dans le Nord, les hameaux des Grands Obeaux et des Petits Obeaux à Bondues.
Desobry Porté dans le département du Nord et en Normandie, semble désigner le domaine qui était tenu par les Obry, nom de famille rencontré dans le même secteur géographique (voir Aubry pour le sens). Variantes : Desoubry, Desoubrie, Desoubries, Desobrie, Desaubry.
Desole Le nom est porté dans le nord de la Sardaigne. Il faut sans doute y voir une agglutination de *De Sole, nom formé à partir de Sole (= le soleil, nom de famille porté en Campanie, en Sicile et en Sardaigne, sans doute au départ nom de personne, équivalent du grec Helios).
Desombre Surtout porté dans le Pas-de-Calais, désigne celui qui est originaire de Sombre, hameau dans le même département (commune de Wissant). Le toponyme a sans doute le sens de terre en jachère (sens attesté en ancien français). Variante : Desombres.
Desorcy Originaire de Sorcy, petite commune de la Meuse. C’est d’ailleurs dans ce département que le nom est le plus porté.
Desormais Ou Désormais. Originaire d’un lieu-dit les Ormais (bois d’ormes). Nom surtout porté dans le département du Nord.
Desormeaux Originaire d’un lieu-dit les Ormeaux (dérivé de orme). Le nom de famille est fréquent dans l’Eure et la Somme. Variantes : Desormeau (17, 44, 02), Desormaux (80).
Desormes Le nom est surtout porté dans la Haute-Loire (variante : Desorme). On le rencontre aussi dans l’Yonne et la Seine-et-Marne. Il désigne dans la plupart des cas celui qui habite un lieu-dit les Ormes, mais on pensera aussi à (la) Sorme, nom d’un cours d’eau en Saône-et-Loire, également hameau à Charmoy (71). Avec le même sens : Desorne, Desornes (Belgique), sachant cependant que l’orne a aussi désigné une variété de frêne.
Desormiers Rare, le nom est notamment porté dans l’Indre. Il a dû désigner celui qui habite un lieu-dit “les Ormiers” (= lieu où pousse l’orme). Avec le même sens : Desormière, Desormières (03).
Despages Nom rare porté notamment dans le Lot. Variante : Despage. Désigne sans doute celui qui habite un lieu-dit les Pages, avec le sens probable de rejetons de plantes, bourgeons.
Despaigne Désigne celui qui est originaire d’Espagne. Rare aujourd’hui, on le rencontre notamment dans la Loire-Atlantique. Variantes : Despagne (33, 80), Despeigne (24). Diminutifs : Despagnet, Despaignet (Gascogne), Despagnot (27).
Despales Rare, le nom est porté dans le Cher. On trouve plus couramment les formes Despalle, Despalles (Allier). Il devrait renvoyer à un lieu-dit Espal(l)es, toponyme ayant soit le sens de bois réservé au seigneur (ancien français espal), soit plutôt celui de caverne, crypte (espalle, latin spelunca). Un hameau s’appelle Espale à Saint-Christophe-sur-Dolaison (43).
Despard Patronyme rare porté au Canada, rencontré en France en composition dans le nom Despard-Day. Il faut sans doute le rapprocher de Despart (35), voire Despars (50). Aucune idée précise pour ces noms, hélas.
Desparois Le nom est porté au Québec. On le trouve encore en Normandie sous la forme Desparrois. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Parois (= les murs), toponyme évoquant peut-être une ancienne forteresse. En Normandie, c’est le nom d’un lieu-dit à Osmoy-Saint-Valery (76). A noter aussi le hameau des Parois à Challans (85).
Despature Nom porté dans le département du Nord, rencontré aussi sous la forme Despatures. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Pastures (= les pâturages).
Despaux Le nom est porté dans le Gers. Variantes : Despau, Despeaux, et sans doute aussi Despax. Il renvoie certainement à un lieu-dit Espau, toponyme qui a en Périgord le sens de bois défendu, sens également attesté en ancien français.
Despée Nom rare porté dans le Centre (45, 41). La logique voudrait qu’il désigne le porteur d’une épée, amis il faudrait avoir des formes anciennes du nom pour en être sûr.
Despiau Porté dans les Hautes-Pyrénées et le Gers, désigne celui qui habite un lieu-dit Espiau ou en est originaire. Sens du toponyme : lieu où poussent des arbustes épineux, notamment l’aubépine (gascon “espia” après chute du n intervocalique de “espina”). Le dictionnaire de M.T. Morlet signale la présence d’un tel lieu-dit à Sainte-Dode (32).
Despicht Nom rencontré dans le département du Nord, où l’on trouve aussi la forme Spicht. Il s’agit visiblement d’un nom flamand, dans lequel spicht est une variante de specht (= pic ou pivert). Donc soit un surnom donné à l’ouvrier qui utilise un pic, soit un sobriquet comparant la personne à un pivert.
Despiegeleer Patronyme flamand désignant celui qui fabrique ou vend des miroirs (cf l’allemand Spiegel = miroir). Variante : Despiegelaere.
Despineto Le nom est porté en Belgique, où il est attesté depuis le XVIe siècle. On a tendance à y voir un nom noble d’origine italienne (= possédant la seigneurie de Spineto, nom de localités en Calabre et en Piémont et d’une abbaye en Toscane). Mais une autre explication (cf. Herbillon/Germain, voir bibliographie) en fait une forme latinisée de Despineux, désignant celui qui est originaire de Spineux (= épinaie), nom de divers lieux-dits en Belgique.
Despinoy Le nom est surtout porté dans le département du Nord. Variante : Despinois. Il désigne celui qui habite un lieu-dit (l’)Espinoy, toponyme évoquant un lieu où pousse l’aubépine ou autres buissons épineux.
Desplat Porté dans le Sud-Ouest (24, 33, 46), le nom s’écrit aussi Desplats (46), Desplas (12). Il désigne celui qui habite un lieu-dit “les Plats” ou “Esplas” (= les plateaux) ou en est originaire. A noter, dans l’Aveyron, les hameaux d’Esplas à Rebourguil et Coupiac, ou encore, dans l’Ariège, les deux communes d’Esplas.
Desplobins Le nom est surtout porté dans la Vienne. Variantes : Desplobain, Desplobains, Desplobin, Déplobin, Déplébain, Desplébain, Desplébains, Desplébin. Il devrait désigner celui qui habite le hameau des Plébins à Saulge (86), ou qui en est originaire. Sens incertain. Peut-être un rapport avec l’occitan “plovina” (bruine ou gelée blanche), les formes avec un é étant dues à l’influence du mot “plèbe” et de son dérivé “plébain”.
Desplous Nom rare porté notamment dans les Hautes-Pyrénées. Désigne celui qui habite un lieu-dit les Plous. A noter un hameau la Borde d’Esplous à Bedous (64). Le terme Plous est lié à la présence de l’eau. Il signifie en gascon ‘pleurs’, et a dû être employé de façon métaphorique. On peut aussi faire le rapprochement avec la pluie.
Despois Le nom est porté dans l’Île-de-France. Au XVIIe siècle, c’est dans l’Orne qu’il était le plus répandu. Il devrait désigner celui qui est originaire d’un lieu-dit “les Pois” ou “Espois”, avec une préférence pour ce dernier terme qui désignait en ancien français un fourré.
Despond Également écrit Desponds, le nom est surtout porté dans le Loiret, où il est attesté depuis la fin du XVIe siècle (commune de Coullons). Malgré la présence d’un d, le nom semble une variante de Despont, Desponts (celui qui habite un lieu-dit “les Ponts”). Le nom Despont est d’ailleurs attesté à Coullons au XVIIe siècle.
Desport Plus rarement écrit Desports, le nom est surtout porté dans la Dordogne (également 16, 86, 87). Il devrait correspondre à un lieu-dit “les Ports” (avec le sens de col, passage). Dans la région concernée, on peut penser au hameau des Ports à Gouex (86).
Desportes Le nom est surtout fréquent dans l’Ouest (49, 27, 76), mais on le trouve aussi dans la Marne. Désigne peut-être celui qui est originaire du lieu-dit Les Portes, toponyme relativement courant mais dont le sens n’est pas forcément très clair : une forteresse avec plusieurs portes ou un terme géographique ayant le sens de passage ? Une autre hypothèse est cependant à envisager : celui qui avait la charge de garder les portes de la ville.
Despréaux Originaire d’un lieu-dit les Préaux (= les petits prés). On rencontre le nom surtout dans le Forez, mais aussi en Normandie et en Picardie.
Despres, Després On rencontre parfois le nom en Roussillon, mais c’est dans d’autres régions qu’il est le plus répandu, en particulier le Maine. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Prés. Variantes : Despras (69), Desprat (15), Desprats (81, 82), Despratx (38), Despray (14), Despré (72), Despret, Desprets, Despretz, Desprey, Desprez (59).
Despujols Désigne celui qui habite un lieu-dit les Pujols (= les petites collines). Le nom est surtout porté en Gironde. Variantes ou formes voisines : Despugeol, Despujol, Despujos, Despuyols, Despuyoos, Despuyos (Landes et Pyrénées-Atlantiques pour les deux dernières). Diminutif : Despujoulets (65, 40).
Desquand On m’a signalé ce nom comme provenant de la Savoie, mais la plupart des Desquand semblent originaires du Nord. Le sens demeure obscur. Peut-être une forme erronée de Descamps ?
Desquenes, Desquesnes Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit “les Quesnes” (= les chênes). Variantes : Desquene, Desquenne, Desquennes, Desquesne. Tous ces noms se rencontrent depuis le département du Nord jusqu’à la Manche.
Desqueper Variante un peu francisée du flamand Deschepper, De Schepper, qui signifie le couturier (nom de métier).
Desquermes Nom rare rencontré à Lille. Désigne celui qui est originaire d’Esquermes, ancienne commune rattachée à Lille en 1858.
Desqueyroux Nom porté dans le Bordelais. Variantes : Desqueroux, Desqueyrous. Désigne celui qui est originaire des Queyrous (nom d’un hameau de Cars, en Gironde) ou des Queyroux (plusieurs hameaux du Périgord s’appellent ainsi). Sens du toponyme : lieu pierreux.
Desquiens Nom porté dans le département du Nord. Variantes : Desquien, Desquiends. Les dictionnaires évoquent tous le surnom possible d’un éleveur de chiens (quien = chien en picard), d’autant qu’on rencontre aussi parfois les formes Deschien, Deschiens. Cette solution ne me satisfait guère, mais que trouver d’autre ? A noter cependant l’existence du Fort d’Esquin, localité à Laventie (62).
Desquilbet Le nom est surtout porté dans l’Aisne (variante : Desquilbert). On trouve la graphie Desquilbé dans la Marne. Sens obscur. Le rapprochement avec la commune d’Esquelbecq (59) est tentant, mais très hypothétique.
Desquiret Porté dans le Nord-Pas-de-Calais (variante : Desquirez), désigne celui qui appartient au domaine ou à la famille des Quiret (nom de personne porté dans la même région, diminutif probable de Quirin).
Desquirez Nom porté dans le Nord-Pas-de-Calais (variante : Desquiret). On rencontre aussi les formes Dequiret et Dequirez dans la même région. On peut éventuellement penser à celui qui est originaire d’Equirre (62), mais ce n’est sans doute pas la bonne solution. Peut-être un rapport avec l’écureuil ?
Desramaut Nom porté dans le département du Nord. C’est une variante de Desramaux, Desrameaux, celui qui est originaire du lieu-dit les Rameaux (= les bois, les bosquets). Autre forme : Desramault.
Desrayaud Surtout porté en Saône-et-Loire, le nom se rencontre aussi dans l’Isère et la région lyonnaise. Variante : Desrayaux. Il devrait désigner celui qui habite le hameau des Rayauds à Émeringes (69). Quant à Rayaud, c’est un nom rare qui semble venir du Limousin. Sens incertain : peut-être un dérivé de rai, ray (source jaillissante) ou de reille (rangée, sillon), ou encore une variante du nom de personne germanique Radaud.
Desrentes Porté en Charente-Maritime (variantes : Desrente, Desrante et peut-être Desrennes), désigne celui qui habite un lieu-dit les Rentes ou en est originaire. Le toponyme est très répandu dans les Charentes (plusieurs dizaines de lieux-dits ainsi qu’un hameau à Taugon). Il semble désigner des rangées de vigne (rende en Poitou) plutôt qu’une terre affermée.
Desriac Porté dans le Finistère, le nom demeure pour moi assez mystérieux. Aucune solution pour l’instant.
Desroches Un nom que l’on trouve surtout dans le Centre (18, 45). Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Roches, endroit très rocheux ou encore lieu où l’on trouve de petites tours fortifiées (pour ce dernier sens, voir Roca).
Desrosiers Fréquent dans le Centre (18, 37), porté aussi en Seine-et-Marne, désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Rosiers, toponyme évoquant un lieu où pousse le rosier ou l’églantier.
Desrousseaux Désigne celui qui est originaire du lieu-dit les Rousseaux (= la ferme, le domaine de la famille Rousseau). Le nom de famille est surtout porté dans le Nord, la Marne et les Ardennes.
Desrues C’est dans l’Ille-et-Vilaine que le nom est le plus répandu. On le rencontre aussi en Normandie (14, 27, 50) et dans le Cher. Il désigne celui qui habite un lieu-dit “les Rues” ou en est originaire. Plus d’une centaine de hameaux portent ce nom en France, avec des sens sans doute différents selon les régions. Dans la plupart des cas on pensera à un chemin (lieu situé à la croisée des chemins), mais dans l’Ille-et-Vilaine le mot “rue” est attesté avec le sens d’aire à battre. A envisager enfin un troisième sens, signalé en Thiérache : réunion d’habitations sur une direction plus longue que large.
Desrumaux Porté dans le Nord-Pas-de-Calais, le nom s’écrit aussi Desrumeaux, Desreumaux, Desreumeaux, Desremaux, Desremeaux. Il désigne sans doute celui qui appartient à la famille ou à la ferme des Rumeau (nom de personne d’origine germanique).
Dessaivre Plus rarement écrit Dessaivres, le nom est porté dans les Deux-Sèvres. Il devrait désigner celui qui est originaire de Saivres, commune du même département. Sens du toponyme : peut-être le domaine de Severus, nom d’homme latin.
Dessalces Le nom est porté dans la Loire et la Haute-Loire. Variante : Dessalce. Il désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Salce(s). Dans la Haute-Loire, on pensera à Salce, hameau à Araules, et à Salces, ferme à Monastier. Le toponyme pourrait évoquer le saule, mais on pensera plutôt à un lieu aux eaux salées : le hameau de Salce est toujours mentionné au féminin dans les textes anciens (la Salsa, 1507, la Salse, 1549).
Dessandre Rare, le nom est surtout porté dans la Saône-et-Loire (varante : Dessendre). Il devrait désigner le fils de Sandre, forme courte du prénom Alexandre. On trouve plus fréquemment les formes Desandre (86, 73, 52), et dans le Nord-Pas-de-Calais Desander, Desandere (“de” pouvant être ici l’article défini néerlandais, le sens de “Sandre” restant le même).
Dessane Nom rare porté dans le Vaucluse. Il devrait désigner celui qui est originaire de Sannes, commune du même département. Le toponyme (Acianae en 1045) semble correspondre au nom de personne latin Accianus. Il existe une ferme ou un hameau appelé Dessane à Saint-Saturnin-les-Apt (84), le toponyme étant certainement formé à partir du nom de famille.
Dessaulx Le nom est porté dans les Ardennes. Il désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Essaux, dont la localisation n’est pas évidente : peut-être le lieu-dit les Essaux à Mars-sous-Bourcq (08). On pensera aussi à une forme d’origine les Saux ou les Saulx (= les saules).
Dessay Porté notamment dans le Loir-et-Cher et dans l’Orne, devrait désigner celui qui est originaire d’Essai, commune de l’Orne (on pensera aussi à Essé, dans l’Ille-et-Vilaine).
Desseix Surtout porté dans la Haute-Vienne et la Dordogne, devrait désigner celui qui habite un lieu-dit (le) Seix ou en est originaire. Le toponyme a le sens de “rocher” (latin : “saxum”). Outre la commune de Seix (09), un hameau s’appelle Le Seix à Reygade (19). A noter aussi le lieu-dit “les Esseix” à Lafat (23).
Dessenne Nom porté dans le Pas-de-Calais et en Picardie. Sans doute celui qui est originaire d’une localité appelée Senne, toponyme que l’on retrouve dans le mont de Senne à Wierre-Effroy (62). La Senne est également une rivière belge. Variantes : Desenne (59), Dessennes.
Dessens C’est aujourd’hui dans les Pyrénées-Orientales que le nom est le plus fréquent, mais on le rencontre aussi dans la Haute-Garonne et dans les Hautes-Pyrénées, dont il pourrait être originaire. Signification : le fils de Sanz, Sans (orthographié parfois Sens), nom de baptême issu du latin Sanctius, et très répandu en Béarn.
Dessèvre Le nom est porté dans les Deux-Sèvres et les départements voisins. Variante : Dessèvre. Vu la localisation, il devrait se rapporter à la Sèvre, rivière dont le nom correspond à une forme supposée *Savara (composée de deux racines pré-indoeuropéennes). Autre possibilité : la commune de Sèvres (Sèvres-Anxaumont), dans la Vienne.
Dessi Nom fréquent en Sardaigne (dont il est originaire) et en Corse, ainsi qu’en Italie du Nord. Il est en principe accentué sur la dernière syllabe (Dessì). Il désignerait celui qui est originaire de Sini (écrit parfois Sii dans les textes anciens), localité sarde de la région d’Oristano.
Dessimond Désigne le fils de Simond (voir ce nom). Patronyme surtout porté dans la Haute-Loire et la Drôme. On trouve aussi le nom Dessimon dans l’Ardèche.
Dessombs Le nom est rare. On le rencontre aujourd’hui en Gironde, et dans le Gard sous la forme Dessombz. Sens incertain : pourrait renvoyer à un lieu-dit les Soms (= les sommets).
Dessommes Pourrait désigner celui qui est originaire de la commune d’Essômes-sur-Marne (02). Mais il est possible que plusieurs lieux-dits portent des noms similaires, car le patronyme se rencontre dans d’autres départements, notamment le Maine-et-Loire et la Côte d’Or.
Dessort Nom porté dans le département du Nord, mais aussi dans le Tarn. Dans le Nord, il semble que ce soit une variante de Dessart (= des essarts, terres défrichées par brûlis). Dans le Sud, il signifie “des jardins”.
Dessouls Aujourd’hui disparu, le nom était présent autrefois dans l’Aveyron, notamment à Mels. Il désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit “les Ouls”, “oul” étant ici l’équivalent de l’occitan “olm” (= orme). Un hameau s’appelle Les Ouls à Sorèze (81). C’est également le nom de ruines à Algans (81).
Dessus Nom porté dans plusieurs régions. C’est en Corrèze qu’il est le plus répandu. Peut désigner celui qui habite au-dessus du village. Peut aussi désigner celui qui est originaire de Sus, nom d’un village des Pyrénées-Atlantiques et de divers hameaux, notamment en Auvergne.
Dessy Porté notamment dans le département du Nord, également présent en Belgique, devrait désigner celui qui est originaire d’une localité appelée Sy. On pensera notamment à la commune de Sy (08), mais le toponyme existe aussi en Belgique. Sens probable : le domaine de Sigo, nom de personne germanique.
Destalminil Désigne celui qui est originaire d’Etalminil, hameau de la commune d’Hallencourt, dans la Somme. Sens du toponyme : la maison, le domaine (minil = mesnil) de celui qui s’appelle Stal, Estal. Variantes : Détalmini, Détalminil.
Destanne, Destannes Nom rencontré dans le Cantal. Semble correspondre à un ancien nom de localité qui serait Estanne(s), hypothèse qui reste à confirmer.
Destaville Le nom est porté dans les Pyrénées-Orientales (Saint-Laurent-de-la-Salanque). Il renvoie certainement à une localité, reste à savoir laquelle. Peut-être Estarvielle, dans les Hautes-Pyrénées (“vielle” étant une forme béarnaise de “ville”).
Destèphe Le nom désigne le fils d’Estèphe (= Étienne), ou celui qui appartient à sa famille, à sa maison. Il est porté dans le Sud-Ouest, où on trouve plus fréquemment la forme Destephen (40). On rencontre l’équivalent Destève en Corrèze. Formes italiennes ou niçoises : Destefano, Destefani, Desteffani, Destefanis, Destephanis.
Desternes Le nom est surtout porté dans le Cher. Variante : Desterne. Il désigne celui qui habite un lieu-dit les Ternes ou en est originaire. Signification du toponyme : bornes, limites. Avec le même sens : Destermes (87, 12).
Destoop Nom flamand qui correspond au moyen néerlandais “stoop” (= cruche, récipient, le terme désignant aujourd’hui un fût).
Destor Les plus anciennes mentions situent ce nom dans la Corrèze. Son origine est sans doute toponymique, deux solutions étant à envisager : soit une forme “des Tors”, désignant celui qui habite un lieu-dit “les Tours”, soit l’occitan “destorn” avec le sens de détour, écart, en ancien français “destor” (sans doute à l’origine de la commune de Destord, dans les Vosges). Formes voisines : Destord (24), Destors (93), Destour (15), Destours (63).
Destot Un nom assez rare, porté en Côte-d’Or au moins depuis 1600, où il apparaît dans le village de Créancey. Difficile d’en découvrir le sens, même s’il paraît renvoyer à un toponyme. Signalons à tout hasard le hameau des Touts à Colombier-le-Jeune (07), et celui d’Estout à Savignac (33), ainsi que de nombreux lieux-dits (l’)Étot, un peu partout en France. Estout et Étot ont tous deux le même sens et désignent le chaume.
Destouches Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Les Touches, toponyme fréquent dans le Centre-Ouest. Sens du toponyme : les petits bois, les taillis. C’est dans l’Indre et l’Indre-et-Loire que le patronyme est le plus fréquent.
Destouesse On rencontre ce nom dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques. Il semble désigner celui qui est originaire d’une localité appelée Estouesse, mais le toponyme m’est inconnu. Par contre, il existe dans les Pyrénées-Atlantiques une commune nommée Estos, et il est tentant de faire le rapprochement.
Destrebecq Nom porté dans le Nord-Pas-de-Calais et dans la Somme, ainsi qu’en Belgique. Variantes : Destrebec, Desterbecq. Deux possibilités : soit celui qui est originaire de Sterrebeek en Belgique (Brabant wallon), soit celui qui est originaire d’Estrebay, dans les Ardennes. Dans les deux cas, la finale vient du germanique -baki (allemand Bach), qui évoque un cours d’eau, un ruisseau.
Destrehem Désigne celui qui est originaire d’Estrehem, hameau à Leulinghem (62).
Destrel Porté dans le Lot, le nom s’écrit aussi Destreil. De la même façon que le mot occitan “estela” (= étoile) se transforme parfois en “estrelha”, on devrait avoir affaire ici au mot “estelh” (= petit cours d’eau, fossé), souvent écrit “destel” dans le Rouergue, et donc à un toponyme devenu nom de famille. A noter qu’un hameau s’appelle Destrels à Castelsarrasin (82), un autre Destels à Vézins-de-Lévézou (12).
Destrem Surtout porté dans l’Ariège (variante : Destrems), désigne celui qui habite un lieu-dit Estrem, nom de nombreux hameaux béarnais et bigourdans. Signification : le lieu éloigné, la vallée reculée.
Destrez Désigne celui qui est originaire de l’une des nombreuses localités appelées Estrée(s), en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais. Le toponyme évoque la maison ou le village bâtis auprès de la route (latin strata). Le nom de famille est surtout porté dans l’Aisne (également 60, 62, 51). Autres formes : Destré (80), Destrée (08, 62), Destrées (62, 80, 60), Destreez (51, 55).
Destribats Nom surtout porté dans les Landes et le Gers. Variantes : Destribois, Estribois (40). Il faut sans doute rapprocher ces noms du patronyme Estribeau, rencontré pour sa part en Gironde, lui-même proche de Estripeau, Estripeaut (12). Une solution peut-être : le verbe occitan estrifar, estripar (= défricher un terrain, essarter). Le rapport avec le verbe estribar (= étayer) ne semble par contre guère convaincant, de même que celui avec estriu (= étrier). A noter l’existence d’un hameau Lestribeau à Salleboeuf (33).
Destruels Désigne celui qui est originaire du lieu-dit les Truels, qui signifie les pressoirs. Origine géographique : sans doute l’Aveyron et les départements voisins.
Destruhaut Ce nom ne se rencontre que dans le département des Landes. A priori, il s’agit d’un toponyme désignant le domaine des Truhaut. Quant à Truhaut, c’est un nom de personne d’origine germanique, Trutwald (trut = force + wald = qui gouverne).
Destrumelle Le nom est surtout porté dans l’Aisne, on le rencontre aussi en Belgique. Variantes : Destrumel, Destrumelles. Son sens est assez obscur. Un lien semble possible avec l’ancien français “trumel”, qui a désigné le gras de la jambe, puis la jambe, une jambière (au pluriel des chausses), ou encore un pilier (sens attesté au XIIIe siècle, à l’origine du mot “trumeau”). Ce dernier sens pourrait avoir donné naissance à un lieu-dit “les Trumelles”. Il faut cependant savoir que le nom de famille Strumelle existe en Belgique. Dans ce cas, il faut peut-être penser à l’ancien français “estrume” (= goître), ou encore au mot “estrumelé” (= qui a les jambes nues).
Destruy Le nom est porté dans le département du Nord. Variantes : Destruys, Estruy. Il renvoie apparemment à une localité appelée Estruy, mais je ne trouve rien qui corresponde vraiment.
Destunder Nom porté dans le département du Nord. Forme ancienne : De Stunder. Peut-être un dérivé du néerlandais “stunt” (= artifice, acrobatie, tour de force).
Desuert Porté dans l’Aisne et le Nord-Pas-de-Calais, pourrait être une déformation du flamand De Sutter, Desutter (= le cordonnier).
Désuilières Le nom est très rare, on le rencontre dans l’Allier. Variantes : Deshuillère, Deshuillers. On le trouve dans la Vienne et la Haute-Vienne sous les formes Deshouillères, Deshouillers, Deshouillières, Deshoulière, Deshoulières, Deshoullière, Deshoullières, Deshoulliers. Les noms Houillère(s) et Huilière(s) sont des toponymes assez répandus dans ces régions, reste à en connaître le sens. M.T. Morlet évoque le charbon, mais ce n’est pas forcément la bonne solution.
Desumeur, Désumeur Le nom est surtout porté en Picardie (02, 60). Sens incertain. Tout comme Desomer (59, 62), il pourrait signifier “l’été” en néerlandais, la signification du surnom étant assez obscure.
Desurmont Nom assez rare. Désigne celui qui habite au-dessus de la colline (le mont), ou qui est originaire du village de Surmont (même sens), situé dans le Doubs.
Desvachez Nom assez rare porté dans le nord de la France. Désigne soit le fils du vacher (ou de celui qui s’appelle Vacher, Vachez), soit celui qui habite la ferme des Vachez.
Desvages Porté en Basse-Normandie, désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Vages, nom de hameaux à Mesnil-Clinchamps (14), à Cametours et à Fervaches (50). A noter aussi le hameau du Vage à Quibou (50), qui nous indique que le toponyme est en principe masculin. Je n’en connais pas le sens. On trouve dans la même région le nom de famille Desvagers, plus rare.
Desvarennes Porté en Saône-et-Loire et dans la région lyonnaise, désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit les Varennes (voir Varenne). Variantes : Desvarenes, Desvarenne.
Desvergnes Il s’agit d’un lieu planté d’aunes. Les variantes avec GN (car on trouve aussi VERNE, VERNEDE, VERNET et bien d’autres formes) sont plutôt du sud-ouest (vers la Gironde notamment). L’aune, sous son nom d’origine gauloise (vernos) est l’un des arbres, sinon l’arbre, ayant donné le plus de toponymes et de patronymes.
Desvernay Nom porté dans le Cher et la Loire. Désigne celui qui habite chez les Vernay, le nom Vernay signifiant pour sa part ‘bois d’aulnes’.
Desveronnières Désigne celui qui est originaire des Véronnières, nom de hameaux à La Roë (53), Joué-l’Abbé et Saint-Pierre-du-Lorouër (72). Sens du toponyme : sans doute le domaine de Véron, nom de famille assez courant dans la Sarthe.
Desvignes Originaire d’un lieu-dit les Vignes (plantation de vigne), toponyme très répandu dans toute la France, y compris dans les régions où la vigne a aujourd’hui disparu. Le nom de famille est lui aussi très courant, notamment en Bourgogne et dans la région lyonnaise. Variante : Desvigne.
Deswaerte Porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique, le nom signifie en néerlandais “le noir” (zwart = noir). C’est l’équivalent du français Lenoir. Variantes : Deswarte, Deswartes, Deswert, De Swarte.
Detaille Le nom est surtout porté dans la Somme et en Lorraine (54), mais il est assez courant dans toute la partie nord de la France. Variantes : Detalle (02), Detaye (59). Il désigne celui qui habite un lieu-dit (la) Taille, toponyme fréquent évoquant un bois taillis. Avec le même sens : Delataille (37, 41).
Detain, Détain On rencontre le nom à la fois en Bourgogne (21) et en Normandie (76). La forme la plus courante comporte un accent (Détain). Apparemment celui qui est originaire d’une localité portant ce nom. Le toponyme est très fréquent sous les formes le Pot d’Etain ou le Plat d’Etain, peut-être enseigne d’auberge. Il faut aussi penser à un étang.
Dethière Le nom est porté en Belgique et dans l’Aisne. Variantes ou formes voisines : Dethier, Dethiers. Il renvoie à un toponyme assez courant dans la région de Liège, avec le sens de colline, tertre (le dictionnaire d’ancien français de Godefroy cite les graphies suivantes : tier, thier, tyer, ter).
Déthune On trouve ce nom dans la Marne. Il semble qu’il faille le décomposer en d’Ethune. Dans ce cas, il pourrait s’agir du fils d’Ethuin, nom de personne d’origine germanique rencontré dans le même secteur géographique (eid = serment + win = ami). Mais ce n’est qu’une hypothèse, qui ne résout pas le problème posé par le e final. Autre hypothèse, un nom de localité, mais il n’y en a apparemment aucune qui corresponde.
Detiège Porté en Belgique et dans le département du Nord, le nom s’écrit aussi Dethiège. Il désigne celui qui est originaire de Tiège, village situé à proximité de Spa, ou d’un autre lieu portant ce nom. Le toponyme correspond au wallon “tîdje” (= chemin de terre).
Détienne Porté dans des régions très diverses (87, 73, 80), le nom désigne le fils d’Etienne. Variante : Destienne (80).
Détoc Nom surtout porté dans l’Ille-et-Vilaine, où l’on trouve aussi la variante Destoc, permettant de le rattacher à l’ancien français estoc, qui avait de nombreux sens : outre une épée ou la pointe de l’épée, il désignait une souche, un tronc, une bûche, un pieu, un bâton. Le fait qu’estoc soit ici précédé d’une préposition laisse penser qu’il pourrait s’agir d’un nom de lieu-dit (l’endroit où il y a des souches, éventuellement une borne). On rencontre d’ailleurs le toponyme l’Estoc, mais dans la Somme (commune de Monsures).
Detoisien Surtout porté dans la Somme, c’est un nom dont le sens ne m’est pas connu. Il devrait a priori désigner celui qui habite un lieu-dit Toisien, toponyme apparemment inexistant. Il faudrait déjà savoir si le nom est bien originaire de la Somme.
Detolsan Nom rare porté dans l’Aude. Désigne sans doute le fils de celui qui s’appelle Tolsan (= originaire de Toulouse).
Detournay Surtout porté dans le département du Nord, désigne celui qui est originaire de Tournai, en Belgique (Hainaut).

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