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Noms commençant par G

Ga-Gareau
Garel-Gehay
Gehenne-Gigat
Gigault-Goerens
Goerg-Goutet
Goutetoquet-Grieu
Griffard-Guhur
Guiard-Gydé

Goutetoquet Très rare, le nom s’écrit aussi Gouttetoquet, Goutte-Toquet. Difficile de donner avec certitude la région d’origine, qui semble se situer dans un secteur allant de l’Auvergne au Lyonnais. On a affaire soit à un nom de famille composé, soit à un toponyme composé. Goutte a le sens de source, ruisseau dans cette région, Toquet étant plus incertain : peut-être une variante de Touquet (= petit bois, mais en Normandie), ou alors une petite toque (occitan “toquet”).
Goutherot Nom porté en Franche-Comté, où il semble être un diminutif de Gouthier, variante du nom Gauthier rencontrée dans l’Est. On trouve aussi des Goutherot dans l’Allier (variantes : Gouteraud, Gouteraut, Goutereau, Goutereaud, Gouttereau), où c’est un diminutif de Goutte, Goute, toponyme désignant un petit ruisseau, une source.
Goutorbe Nom surtout fréquent dans l’Allier. Désigne celui qui est originaire du lieu-dit Goutorbe ou qui y habite. Sens du toponyme : source obscure, source souterraine. Le nom est formé à partir de goutte (= source) et orbe (= privé de lumière, aveugle).
Gouttebaron Désigne celui qui est originaire de Gouttebaron, nom de deux hameaux de la Loire, à Saint-Jean-Saint-Maurice-sur-Loire et à Saint-Romain-la-Motte. Signification : la source, le ruisseau (occitan gota) de Baron, nom de famille (éventuellement du baron).
Gouttebroze Le nom est originaire du Massif Central (essentiellement départements 63, 43 et 42). Il est composé de GOUT(T)E et de BROZE, et c’est un toponyme (nom de lieu) qui signifie source dans les broussailles. On trouve en effet beaucoup de toponymes composés avec GOUTE (transformé en GOUTTE par confusion avec le mot français), nom occitan qui signifie source. Quant à BROZE, le nom vient de BROT(S), BROSA qui signifie broussaille.
Gouttefangeas Porté dans la Loire, le Puy-de-Dôme et la Corrèze, c’est un toponyme désignant un ruisseau ou une source fangeux, bourbeux. Variantes : Gouttefange, Gouttefangheas. Le nom s’est transformé dans les Deux-Sèvres pour devenir Goutefangea, Goutefongea.
Gouvart Nom porté dans le département du Nord (variante : Gouvaert). Egalement écrit Govart, Govaert, Govaerts, Govaere, c’est un nom de personne d’origine germanique, équivalent flamand du français Godefroy, Geoffroy. La forme voisine Gouvard, surtout portée en Vendée, est plus incertaine.
Gouveia Patronyme portugais désignant celui qui est originaire de Gouveia, nom de localité très fréquent au Portugal. Le sens du toponyme demeure obscur. Pourrait correspondre à un anthroponyme germanique, Gaudila.
Gouvenou Surtout porté dans la Manche, le nom semble d’origine bretonne (suffixe -ou). Il devrait s’agir d’un diminutif de Gauvain (voir ce nom), mais ce n’est pas une certitude.
Gouvernet On trouve ce nom à la fois en Languedoc et en Normandie. C’est un diminutif de Gouverne (occitan Govern Gobern, Goubern). On pense en général qu’il s’agit de celui qui gouverne, éventuellement d’un sobriquet pour un homme autoritaire. On ne peut cependant négliger, surtout dans le Sud, une déformation du nom de personne d’origine germanique Gobert. Signalons enfin qu’en occitan le governet est une pièce du rouet qui règle les mouvements de la bobine.
Gouverneur Issu du latin gubernator (celui qui tient le gouvernail), le nom a désigné au moyen âge un chef militaire, puis un fonctionnaire dirigeant une province ou une ville. Comme nom de famille, il peut avoir été utilisé en tant que sobriquet. C’est dans les Ardennes et le Nord-Pas-de-Calais qu’il est le plus répandu. Variantes : Gouvernaire, Gouvernayre, Gouverneyre (Massif Central), Gouverner (Allier).
Gouvion Variante de Goujon (voir ce nom) rencontrée en Moselle et dans les Ardennes.
Gouvrit Surtout porté en Vendée, le nom semble devoir être rapproché de Gouvry, associé au hameau de Saint-Gouvry à Rohan, dans le Morbihan. Quant à Gouvry, ce pourrait être une métathèse de Gourvil, Gourmil, nom de personne breton (gour = homme + mil = soldat). Tout cela demande cependant à être vérifié.
Goux Surtout porté en Saône-et-Loire et dans la Nièvre, désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Goux, nom de six communes françaises dont quatre en Franche-Comté, également nom de plusieurs hameaux. Sens du toponyme : on évoque souvent l’idée de villages peuplés par les Goths, mais il doit plutôt s’agir d’une forme plurielle de Gour, lieu-dit désignant un trou plein d’eau, un gouffre de rivière.
Gouy Le nom est porté dans la Loire-Atlantique, mais aussi dans l’Ardèche, la Haute-Loire et l’Isère. Voir Goy pour le sens. Plusieurs localités s’appellent Gouy, mais on les renontre dans le nord de la France, et elles ne semblent donc pas à l’origine du nom de famille.
Gouyer Le nom est surtout porté dans la Sarthe et en Normandie. C’est une variante (attestée) de Gouhier, lui-même variante de Goudier, nom de personne d’origine germanique (Godeharius : god = dieu + hari = armée). À noter aussi des Gouyer dans le Morbihan (variante : Le Gouyer), qui pourraient correspondre au breton “gaouier” (= menteur). Voir aussi Goyer pour une autre possibilité.
Gouyon Nom porté en Corrèze et dans le Puy-de-Dôme. C’est un dérivé de Goy (voir ce nom).
Gouysse Nom rare porté notamment en Dordogne. Je n’en connais pas le sens, mais il est possible d’envisager un nom de personne germanique, Gosso (racine “gos” = le peuple goth).
Gouzènes Nom porté dans le Sud-Ouest, notamment dans le Gers. Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Gouzène, Gouzenne, nom de divers hameaux dans cette région. Pour le seul département du Gers, on notera Gouzène à Cuélas et Troncens, et le Gouzenne à Mirande. Variantes : Gouzène, Gouzenne, Gouzennes. Le sens du toponyme me demeure inconnu.
Gouzerh Ancien nom de personne breton de sens incertain, peut-être Gurserch (gur = homme + serch = amour). Autre possibilité signalée par A. Deshayes (Dictionnaire des noms de famille bretons) : Uuoderch, mais les racines envisagées ne donnent rien de bien satisfaisant (uuo = sous + derch = apparence). A noter enfin que la daurade se dit en breton gouzerc’h, ce qui est peut-être une autre piste.
Gouzien Porté dans le Finistère, c’est un nom de personne breton, dont la forme initiale devrait être *Uuoedgen (uuoed = cri de guerre, bataille + gen = race, descendance). Le nom a été popularisé par un saint breton dont le nom s’est parfois écrit Gouidian, Godian.
Gouzy Le problème est le même que pour Goze (voir ce nom). C’est sans doute un diminutif de Goze, encore que certains aient proposé une origine germanique différente, le nom de personne Godigisil. On remarquera qu’un lieu-dit de l’Ariège porte ce nom.
Goval Les plus anciennes mentions situent le nom dans le département du Nord (variante : Govalle) et en Belgique. Je n’en connais pas le sens. À envisager éventuellement une aphérèse de Mingoval, nom d’une commune du Pas-de-Calais.
Goven En France, le nom est surtout porté en Bretagne (35, 56) où il est, comme les noms picards Govain et Govin, une variante de Gauvain (voir ce nom). En Belgique, son sens devrait être différent : sans doute un hypocoristique de Govaert, nom de personne d’origine germanique identique à Godefroy.
Govignon Porté notamment dans l’Allier, c’est un diminutif du prénom Gauvin (voir Gauvain), dont on rencontre la variante Govin en Picardie (02, 80). Autres diminutifs : Govignaux, Govigniaux (08).
Goy Nom assez courant dans l’Ain (également Savoie et Franche-Comté). On pense généralement à l’ancien français goi (= serpe, couteau), et donc à l’utilisateur de ces outils. Cependant, la localisation du patronyme dans une seule région de France permet d’envisager d’autres hypothèses : peut-être le nom de personne d’origine germanique Godo (god = dieu).
Goya Patronyme basque. Désigne celui qui habite sur une hauteur (goi = le haut).
Goyard Désigne sans doute le fabricant ou l’utilisateur d’un goyard, sorte de grosse serpe. Nom porté dans la Saône-et-Loire et dans l’Ain.
Goyeneche Nom de famille basque. Désigne celui qui habite la maison la plus élevée, éventuellement la maison la plus importante (goien, goihen = le plus haut + etxe = maison). Variantes : Goyenetche, Goyeneix, Goyheneche, Goyheneix, Goyhenetche.
Goyens Patronyme flamand, génitif de Goyen, qui pourrait être un nom de personne d’origine germanique formé sur la racine god (= dieu).
Goyer Le nom est porté dans de nombreuses régions, en particulier la Normandie et le Poitou, ainsi que dans le département de Seine-et-Marne. Tout comme Gouyer (voir ce nom), il pourrait désigner celui qui utilise une serpe de vigneron ou de tonnelier (ancien français “goi”, “goie”, “goier”), mais il s’agit le plus souvent d’une variante de Gohier, nom de personne germanique.
Goyet C’est dans la Loire que le patronyme est le plus répandu. Le nom désigne une serpette, et donc l’utilisateur ou le fabricant de cet outil (diminutif de l’ancien français goi = serpe).
Goyetche Désigne en basque la maison (etxe) placée sur une hauteur (goi). Variante : Goyhetche.
Goynaud Nom rare porté en Gironde (variante : Goyneau). Sens identique à Goinaud (voir ce nom).
Goze L’étymologie de ce nom est incertaine. On a le plus souvent évoqué un nom de personne d’origine germanique, Goza (< Goda, féminin de Godo). On notera qu’une commune des Pyrénées-Atlantiques porte ce nom (Gouze), et que, au siècle dernier, la plupart des Goze étaient localisés en Cerdagne ou dans les Garrotxes. D’où l’idée d’y voir un nom d’origine pyrénéenne, mais quelle origine ?
Gozlan Porté par des Juifs d’Afrique du Nord, le nom correspond à l’arabe dialectal ghuzlân, pluriel de ghazâl (= gazelle). Variantes : Ghozlan, Ghozland, Gozland.
Graas Porté en Belgique et en Champagne-Ardenne, c’est une variante de Gras (voir ce nom).
Grabara Nom polonais à rattacher à grabarz (= fossoyeur). Le nom de famille Grabarz existe lui aussi, tout comme le dérivé Grabarczyk.
Grabowski Nom dérivé du polonais grab (= le charme, arbre). Désigne celui qui habite un lieu où pousse le charme.
Grabulosa Egalement écrit Grabalosa, Grabolosa, Graboloza, c’est une variante du catalan Grevolosa, toponyme désignant une terre où pousse le houx (catalan grèvol). Un hameau porte ce nom à Castellfollit del Boix.
Grac Nom rencontré dans le Sud-Est. Il s’agit sans doute d’un ancien nom de baptême correspondant à l’italien Gracco, Gracchi. Les Gracques, ou les frères Gracchus, sont restés célèbres pour avoir tenté, au IIe siècle av.J.C, d’imposer à Rome des réformes agraires permettant une meilleure répartition des terres.
Grace, Grâce Le nom est porté à la Réunion, où il s’agit certainement d’un prénom féminin devenu nom de famille. On le rencontre aussi dans l’Ain et les Côtes-d’Armor, où on pensera plutôt à un toponyme : une commune des Côtes-d’Armor s’appelle Grâces, et il existe dans l’Ain un hameau appelé La Grâce à Ambérieux-en-Dombes. Le nom est également porté en Angleterre, avec plusieurs possibilités : soit l’équivalent du français “gras”, soit l’équivalent de “grâce”, soit un nom de personne féminin.
Gracia Nom de baptême, souvent castillan mais également catalan, lié apparemment à la Vierge Marie pleine de grâce (latin gratia), mais qui peut dans bien des cas être une aphérèse du prénom Engracia, popularisé par une sainte martyre à Saragosse en compagnie de ses dix-huit autres compagnons (304).
Gracieta Originaire d’Espagne (Saragosse ?) et assez rare, c’est sans doute un diminutif du prénom féminin Engracia (voir Gracia). On trouve le même nom en Gascogne sous la forme Graciette (masculin : Graciet).
Graczyk Nom polonais, diminutif de “gracz”, terme qui désigne celui qui joue (soit un musicien, soit un joueur de cartes, de dés etc.).
Gradelet Un nom que l’on trouve dans l’Est, depuis la Bourgogne jusqu’à la Meuse. C’est un diminutif de Gradel, lui-même diminutif du nom de personne d’origine germanique Grad (= avide), selon M.T. Morlet. A noter cependant que Gradel peut aussi désigner un terrain montant par paliers (par degrés).
Gradoz Porté notamment dans la Haute-Saône et le Jura, le nom s’écrit aussi Grados, Gradot (10, 25). C’est apparemment un sobriquet qui semble s’être appliqué à une personne maigre (“gras d’os”, l’un des surnoms de l’inspecteur Pinaud dans San Antonio). Le dictionnaire de M.T. Morlet lui donne cependant un sens inverse, et y voit un homme gras (“gras dos”). On envisagera aussi, et peut-être surtout, un diminutif du nom de personne d’origine germanique Grad (voir Gradelet), porté dans la même région, et qui a donné aussi Gradet (70).
Gradziel Le nom correspond au polonais “gradziel” (écrit avec une cédille sous le a, montrant qu’on a affaire à une voyelle nasale, prononcée “on”), qui désigne un manche, notamment un mancheron de charrue. Variante : Grzadziel.
Graehling Nom porté dans le Haut-Rhin (Colmar). Variantes : Grahling (68), Graeling (67) et sans doute Greling (57). Normalement il s’agit d’un nom de localité (suffixe -ing) formé à partir de Graehl, Grahl, patronyme dont le sens m’échappe. A noter que, pour Greling, M.T. Morlet propose un diminutif de Grell, formé sur le moyen-haut-allemand grël (= en colère, irrité).
Graell Nom de famille catalan formé sur un toponyme ayant le sens de degré, terrain en forme d’escalier. Variante : Graells.
Graf, Graff Patronyme assez répandu en Alsace-Lorraine. Le sens le plus courant est celui de comte (allemand Graf), c’est donc l’équivalent du français Lecomte, utilisé comme sobriquet. Variantes : Graef, Graefe, Graeff.
Graffand Nom porté dans le Gard et le Vaucluse. Variante : Graffant (34). Sens incertain : on peut penser à un scribe (ancien français grefe, grafe = poinçon à écrire, occitan grafa). Mais on pensera aussi au verbe grafar (= agripper, empoigner) ou encore à un autre sens de grafa (pillage). Le même problème se pose avec le nom Graffard (72, 61).
Graffeuil Nom surtout porté en Corrèze. Désigne un lieu où pousse le houx (latin acrifolium). Variantes : Grafeille, Grafeuil, Grafeuille, Graffeuille.
Graffouillère Nom porté en Corrèze. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit (la) Graffouillère, lieu où pousse le houx. Variantes : Graffoulière, Grafouillère, Grafoulière.
Graglia Nom de famille fréquent en Italie dans le Piémont, également assez courant dans les Alpes-Maritimes et le Sud-Est. Il désigne celui qui est originaire de Graglia, commune du Piémont située dans la province de Biella. Le toponyme est peut-être à rapprocher de l’occitan “gralha” (= corneille).
Graham Nom de famille écossais. Désigne celui qui appartient au clan Graham, qui tire son nom de Grantham, localité du Lincolnshire.
Graïc Nom breton de signification incertaine. Peut-être faut-il le rapprocher de gwrac’hig, terme désignant une petite vieille, mais c’est loin d’être sûr. A. Deshayes (Dictionnaire des noms de famille bretons) évoque le mot ‘gra’ (= affaire, convention), mais sans grande conviction.
Grail Nom porté dans le Forez et le Velay. C’est un terme ayant le sens de corbeau, utilisé soit comme sobriquet (personne à la voix criarde ?), soit plutôt comme toponyme (lieu fréquenté par les corbeaux) : de très nombreux lieux-dits s’appellent le Grail dans la Haute-Loire, ainsi qu’un hameau à Devesset (07).
Graille Nom de famille fréquent dans le sud de la France (13, 83, 12). Variantes : Grailles, Grailhe, Grailhes. C’est le plus souvent un toponyme désignant un lieu fréquenté par les corneilles (occitan gralha), et donc celui qui y habite ou en est originaire. On peut aussi envisager parfois un sobriquet donné à celui qui a une voix criarde.
Grain Nom porté en Picardie et en Normandie (80, 02, 76). Peut-être un surnom donné à celui qui est triste ou coléreux (sens de l’ancien français graim, grain).
Graindépice Porté en Lorraine, le nom semble une francisation de l’allemand Pfefferkorn (= grain de poivre), surnom possible pour un marchand d’épices ou pour celui qui a un grain de beauté.
Graindor Surtout porté en Seine-Maritime, le nom peut aussi s’écrire Graind’or. Son sens n’est pas facile à définir avec précision. M.-T. Morlet y voit le surnom d’un orfèvre. On peut aussi penser au blé (nom de moulin ?), ou encore à un nom d’auberge, d’autant qu’un hameau s’appelle Le Graindor à Bréauté (76), et deux autres Le Grain d’Or dans le Loir-et-Cher. A noter aussi la Ferme du Grain d’Or à Saint-Maurice-d’Etelan (76). La même difficulté se rencontre avec le nom Graindorge, porté pour sa part dans l’Orne.
Graissaguel Porté dans le Tarn, le nom s’écrit aussi Grayssaguel, nom également porté autrefois dans l’Aveyron. Il devrait s’agir d’un dérivé de Graissac, nom d’une commune de l’Aveyron, ou de Grayssac, ancienne paroisse du Tarn (commune de Lautrec). À noter, sur la carte de Cassini, un hameau appelé “la Graissigalier” juste au sud de Grayssac.
Grajoszek Peut-être un dérivé du verbe polonais grac (prononcer gratch) qui signifie ‘jouer’.
Gralepois Nom porté en Vendée, où l’on trouve aussi la forme Graslepois, qui nous invite à imaginer un marchand médiéval vendant ses pois sur le marché et vantant leur grosseur (sens fréquent de l’adjectif gras dans l’Ouest). Mais il faut se méfier des apparences, d’autant qu’on trouve dans le Maine-et-Loire la forme Grellepois, qui semble équivalente (voir ce nom).
Gralet Nom très rare porté dans les Pyrénées-Orientales, mais sans doute pas vraiment catalan. C’est apparemment un toponyme associé à une vallée, à un passage : on trouve des ravins de Gralet à Saint-Andéol-de-Berg (07) et à Puget-Théniers (06), ou encore un Passage de Gralet à Péron (01). Le nom de famille Gral existe aussi, on le rencontre surtout dans l’Aveyron et lui aussi semble renvoyer à un toponyme (plusieurs lieux-dits, notamment en Lozère). Sens obscur.
Gralha Nom portugais identique à Graille (= corneille, lieu fréquenté par les corneilles).
Grall Nom fréquent dans le Finistère. Voir Abgrall.
Gramage, Gramatge On rencontre ce nom en Catalogne, mais il est également présent dans l’Aveyron. Il vient du latin grammaticus, et devait désigner un lettré (un clerc ou un maître d’école).
Grambert Surtout porté dans la Nièvre, c’est selon M.-T. Morlet un nom de personne d’origine germanique, Garamberht. À noter cependant que Grambert et Grandbert sont deux variantes d’un même nom, sans que je puisse savoir quelle est la forme primitive. S’il s’agit de Grandbert, on a affaire à un de ces nombreux noms formés de l’adjectif “grand” suivi d’un nom de personne (ici Bert, voir ce nom). Le nom de famille Grandbert est aujourd’hui présent dans la Sarthe, mais il était attesté autrefois dans la Nièvre. À envisager aussi pour Grambert une variante (attestée) de Grembert (voir ce nom).
Grambin Surtout porté dans l’Isère, semble avoir le sens de Grand Bin. Le nom Bin se rencontre en effet dans le même département (on le trouve aussi en Picardie et en Normandie), c’est une aphérèse de Robin (diminutif de Robert). On a donc affaire soit à un sobriquet, soit à un nom de famille composé. Autre possibilité : un diminutif du nom de personne d’origine germanique Grambert.
Grammont Désigne celui qui est originaire d’une localité ainsi appelée (signification la plus fréquente : le grand mont). C’est dans le département du Nord que le nom est le plus répandu, ainsi qu’en Haute-Vienne. Formes apparemment similaires : Grammon (33, 25), Grammond (25, 88), Gramon (17, 47, 49), Gramond (15, 40), Gramont (31, 32, 19, 15). Une contraction du nom de personne d’origine germanique Garamond est possible dans certains cas.
Gramunt Ce nom catalan est une aphérèse de Agramunt (voir ce nom).
Graña Nom espagnol désignant celui qui est originaire d’une localité appelée Graña, La Graña, toponyme fréquent en Galice dont le sens ne m’est pas connu. A noter que le nom Grana existe aussi, le plus souvent en Italie (province de Gênes), avec un sens incertain (en principe, grana = graine).
Granade Rare, le nom semble provenir des Pyrénées-Atlantiques. Il désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Grenade. Outre la grande ville espagnole, on notera deux communes françaises (31, 40), dont il faut cependant préciser qu’elles ne datent que de la fin du XIIIe siècle. Autre possibilité : lieu-dit où pousse un grenadier. Variante : Granada (fréquente en Espagne).
Grancher Variante de Granger (voir ce nom), le nom de famille est porté en Normandie (76, 27), où Granche est également une variante de Grange. Diminutifs de Granche : Granchet, Granchette. Porté dans le Puy-de-Dôme, le nom Granchier est aussi une variante de Granger.
Granchon Nom rare rencontré dans l’Aisne, où il est plus fréquent sous les formes Grançon et Granson. Sens obscur. Peut-être signifie-t-il ‘petit grain’, surnom possible pour un homme tout petit.
Grand Un nom de famille très répandu un peu partout en France. C’est dans la Loire et la Haute-Loire qu’il est le plus fréquent, ainsi que dans l’Allier. Il désigne bien sûr celui qui est grand ou plus âgé, surnom permettant de distinguer entre eux des frères.
Grand Dufay Nom de famille composé (voir Grand et Dufay) que les plus anciennes mentions connues situent dans l’Isère au XVIIIe siècle.
Grandadam Désigne le grand Adam, nom de baptême fréquemment utilisé dans l’Est au moyen âge. C’est d’ailleurs en Alsace qu’il y a le plus de Grandadam.
Grandal Nom galicien désignant celui qui est originaire de Grandal (province de La Corogne).
Grandazzi Nom italien. Dérivé en principe péjoratif formé sur l’adjectif grande (= grand). Autres dérivés : Grandini, Grandinetti, Grandone, Grandoni, Grandotto.
Grandblaise L’un des nombreux noms lorrains (celui-ci est porté dans les Vosges) formés avec l’adjectif ‘grand’ suivi d’un prénom. Contrairement aux apparences, l’explication n’est pas toujours aisée à fournir : ainsi une famille Grandblaise s’appelait au départ Des Ages, puis Des Ages dit Grandblaise, puis tout simplement Grandblaise, sans qu’aucun Blaise n’apparaisse parmi les prénoms portés dans cette famille.
Grandclément Le nom ne semble poser aucun problème (= le grand Clément). Attention cependant : dans la région où il se rencontre (Franche-Comté, notamment Jura), il peut très bien s’agir d’un nom de famille composé, hypothèse confirmée par l’existence des patronymes Grand Clément et Grand-Clément dans le Jura et en Savoie.
Grandclerc Porté en Lorraine, le nom se rencontre aussi sous les formes Grandclair, Grandclaire, Grandclère, tous ces noms étant surtout portés dans les Vosges. Sans doute une agglutination de “grand” et du prénom Clair, la graphie Grandclerc étant due à l’attraction du mot “clerc”. L’association de “grand” à un prénom est très fréquente dans les Vosges (Granclaude, Grandclaudin, Grandcolin, Grandgeorges par exemple).
Grande Surnom espagnol donné à celui qui est grand.
Grandemange Nom surtout porté dans les Vosges et la Meurthe-et-Moselle. Variantes : Granddemange, Grandemenge, et sans doute Grandmanche (52). Surnom formé de l’adjectif “grand” et du nom de baptême Demange (= Dominique). Autres noms formés sur un diminutif de Demange : Grandmangin, Grandmengin, Grandmongin.
Grandferry Nom porté dans les Vosges, présent aujourd’hui dans la Côte-d’Or. C’est un des nombreux exemples d’utilisation de l’adjectif grand accolé à un nom de baptême, ici Ferry, forme simplifiée de Frédéric.
Grandgirard Le nom est surtout porté dans la Haute-Saône, où on le rencontre aussi sous la forme Grandgérard. Il s’agit d’une formation fréquente dans cette région, où les adjectifs ‘grand’ et ‘petit’ sont souvent associés à des noms de personnes (ici Gérard, dont Girard est une variante). On trouve d’ailleurs, toujours dans la Haute-Saône, des Petitgérard et des Petitgirard.
Grandhaye Nom porté dans la Haute-Saône. Variantes : Grandhay, Grandhaie. C’est un toponyme dont le sens est en principe clair (la grande haie, le grand enclos).
Grandidier Autrement dit le grand Didier. Le patronyme est surtout porté dans les Vosges et dans la Meuse, les noms composés à partir de ‘grand’ ou ‘petit’ étant fréquents en Lorraine.
Grandin Diminutif de Grand (voir ce nom) porté notamment dans l’Aisne, la Manche et la Mayenne. Doubles diminutifs : Grandineau (41, 72), Grandinot (14). Avec d’autres suffixes : Grandet (23, 85), Grandel, Grandelle (34, 80), Grandeau (19, 42), Grandiou, Grandioux (58, 89), Grandon (86, 79, 28), Grandou (46, 24).
Grandison Assez courant en Angleterre, désignerait celui qui est originaire de la commune suisse de Grandson (c’est de toute façon un toponyme, comme l’attestent les premières mentions, toutes précédées de la préposition de). On trouve en France la forme Grandisson, qui semble pour sa part un diminutif de Grand.
Grandjean Le grand Jean. Pour l’origine géographique, voir Grosjean.
Grandmaire Surtout porté dans les Vosges, fait partie des nombreux noms de cette région composés avec l’adjectif “grand” (indiquant une différence de taille ou d’âge). Le second élément est Maire (voir ce nom). À noter que le nom s’est parfois transformé en Grammaire !
Grandmaison Le nom est surtout porté dans le Jura et en Savoie. On le rencontre aussi sous la forme Grand-Maison (72). Il désigne celui qui habite un lieu-dit (la) Grandmaison (la grande maison).
Grandmont Nom assez rare porté dans l’Aisne et dans l’Yonne. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit (le) Grand Mont (un mont n’étant pas forcément un très haut sommet, il suffit de penser aux monts belges). On rencontre plus souvent les formes Grammont, Gramont, Grammond, Gramond, qui ont le même sens.
Grand-Moursel Nom de famille composé, rencontré surtout en Charente. Variantes : Grand-Morcel, Grand-Mourcel. Voir Morceau pour le second élément.
Grando Forme italienne du français Grand (également Grandi, avec -i de filiation). On trouve aussi le nom en Espagne, notamment en Catalogne où, écrit Grandó, c’est un dérivé de l’adjectif gran.
Grandpierre Les sobriquets formés à partir du nom Pierre sont beaucoup moins fréquents que ceux rencontrés avec Jean. On trouve des Grandpierre surtout en Lorraine.
Grandpré Toponyme fréquent désignant un grand pré, le nom de famille est porté notamment dans la Seine-et-Marne, les Vosges et le Haut-Rhin. Variante rare : Granpré (74). Forme occitane : Grandprat (23).
Grandsaigne Porté notamment dans le Puy-de-Dôme et la Vienne, c’est un toponyme avec le sens de grand étang, grand marais. Variantes ou formes voisines : Grandsaignes, Grandsagne, Grandsagnes, Grandseigne, Gransagne, Gransagnes, Granseigne (les formes Granseigne et Grandseigne semblent originaires de la Creuse).
Grandsart Porté notamment dans la Seine-et-Marne et le Pas-de-Calais, c’est un toponyme avec le sens de grand essart (terre défrichée, essartée). Variantes : Grandsard (27, 17), Grandsare, Grandsert (80), Gransard (59, 80, 60), Gransart (59, 62) et sans doute Grandserre (76, 77). A noter le hameau de Grandsart à Bailleul (80).
Grandsimon Un des nombreux exemples de l’utilisation de l’adjectif grand accolé à un nom de baptême. Comme c’est souvent le cas, le patronyme se rencontre dans l’Est, notamment en Haute-Marne.
Grandsire Nom porté en Normandie et en Picardie (variantes : Grandsir, Gransir, Gransire). Mot à mot, signifie grand seigneur, sans doute un sobriquet ironique donné à celui qui a des allures hautaines.
Grandtener Nom assez rare porté en Champagne-Ardennes, rencontré aussi sous la forme Grandtner. Il devrait s’agir d’une déformation de Gaertner, Gartner (allemand Gärtner = jardinier), avec métathèse due à l’influence de l’adjectif grand.
Grandvalet Nom porté dans le Morbihan, mais aussi dans l’Est (51, 25). Variantes : Grandvallet (88, 60, 56), Grandvarlet (Picardie). Surnom donné à un grand domestique.
Grandveau Malgré les apparences, le nom n’a certainement rien à voir avec le veau. C’est une autre forme de Grandval, toponyme désignant une grande vallée. C’est dans la Charente et la Haute-Vienne qu’il y a le plus de Grandveau. Variantes : Grandval (14, 76), Grandvaud (16, 87), Grandvaux (39, 73), Grandveaud (24, 87), Grandveaux (57, 87), Granval (46, 72), Granvaud (24, 87), Granvaux (17), Granveau (28, 87, 77), Granveaud (24, 17, 16), Granveaux (57).
Grandville Tout comme Granville, c’est un nom de famille assez peu fréquent, dont l’origine géographique est difficile à situer. Il désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Gran(d)ville, toponyme courant avec le sens de grand domaine (puis ville, village).
Granelli Porté dans le nord de l’Italie, le nom peut éventuellement être rapproché de l’italien “granello” (= semence de blé, ou encore petit grain). On pensera aussi au diminutif d’un ancien nom de personne, à rapprocher du latin Granius. On trouve également les formes Granello, Granella (cette dernière présente aussi en Corse), ainsi qu’une graphie erronée Graneli dans le Sud-Est de la France.
Granet Dérivé de grain. Sans doute un sobriquet désignant celui qui a sur le visage un grain de beauté, une verrue ou des boutons. Mais il peut aussi s’agir d’un toponyme avec le sens de halle aux blés. C’est dans la Haute-Vienne que le nom est le plus répandu (également 16, 83).
Grange Du latin populaire *granica, dérivé de granum, le nom désigne l’endroit où l’on conserve les grains. Mais, par extension, il s’applique à une ferme, à un petit domaine (souvent fortifié et dirigé par des religieux). C’est en ce sens qu’il faut comprendre le toponyme, et bien sûr le patronyme qui en résulte. Le nom de famille est surtout porté dans le Forez et la Savoie. Variante : Granges (47, 74). On trouve dans le Sud-Ouest (64) la forme Grangé, équivalent de Granger (exploitant d’une “grange”).
Grangeon Diminutif de Grange (voir ce nom) porté dans la Haute-Loire, la Loire et le Vaucluse. Avec d’autres suffixes : Grangeat (73), Grangeau (16), Grangeaud (87, 85), Grangeot (70), Granget (84, 88, 79), Grangey (70), Grangez (51).
Granger Désigne soit celui qui possède une grange (au sens de petite ferme, voir Grange), soit celui qui engrange les récoltes. Le nom est très répandu dans le Forez et le Limousin. Variantes : Grangié (46), Grangier (13, 42, 63).
Grangetaud Porté en Dordogne, le nom se rencontre aussi sous la forme Grangeteau. Il s’agit d’un diminutif de Granget, toponyme désignant une petite grange (sans doute avec le sens de métairie).
Granier Deux possibilités pour ce nom. La première, la plus évidente, c’est d’y voir un surnom désignant celui qui possède un grenier ou habite un lieu-dit “le Granier” (occitan “granier” = grenier), ou encore qui vend du grain. Mais c’est souvent une variante par métathèse du nom de personne Garnier (voir ce nom). Le patronyme est fréquent en Languedoc. On trouve la variante Granié dans le Tarn-et-Garonne.
Granjon Diminutif de Grange (voir ce nom), que l’on rencontre surtout dans le Lyonnais et le Forez.
Granotier Nom de famille porté dans la Loire. Variantes : Granothier, Granottier. Il désigne un marchand de grains (cf. l’occitan “granatier”).
Granozio Nom italien fréquent dans la région de Naples, rencontré aussi dans le nord du pays. Une localité du Piémont s’appelle Granozzo, je n’en sais pas plus sur ce nom.
Grant Nom britannique qui désigne dans la plupart des cas un personnage grand, éventuellement l’aîné par opposition au cadet.
Grapignon Porté dans le département du Nord et en Belgique (dont il semble originaire), c’est un nom rare, diminutif de Grapin, Grappin (voir Grapin).
Grapin Porté notamment en Bourgogne, en Champagne et en Franche-Comté, également présent en Belgique, le nom s’écrit aussi Grappin. Il évoque un crochet, et plusieurs auteurs pensent au surnom d’un avare. Mais il faut aussi penser que le mot “grape” désigne en Lorraine et en Franche-Comté un chemin en pente raide, et donc on pourrait avoir affaire à un toponyme devenu nom de famille. Diminutifs : Grapinet, Grappinet.
Grapotte Surtout porté dans l’Aube, le nom se rencontre aussi en Haute-Marne et en Saône-et-Loire. Sens incertain, mais ce devrait être une variante de l’ancien français crapot (= crapaud), avec sonorisation de la consonne initiale. Le nom de famille Crapotte existe d’ailleurs aussi, mais il est plus rare. A noter qu’un hameau à Charmauvillers (25) s’appelle la Grapotte.
Grappe Le nom est surtout porté en Franche-Comté, en particulier dans le Jura. On peut l’expliquer par l’ancien français “grape” (= grappin, crochet, surnom éventuel d’une avare), mais, dans cette région, on devrait plutôt avoir affaire à un toponyme, le mot “grape” y désignant une montée en forte pente, parfois aussi un pierrier.
Graradji Le nom est sans doute à rapprocher du kabyle agraraj (= gros gravier, pierraille), avec un sens qui reste à préciser.
Grard Forme contractée de Gérard (voir Girard), le nom est surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Diminutif : Grardel.
Gras En règle générale, il s’agit d’un sobriquet désignant un homme assez enveloppé. C’est dans la région marseillaise que le nom est le plus fréquent. A signaler cependant d’autres possibilités : d’abord un nom de localité issu du latin Crassus (nom de personne), par exemple Gras dans l’Ardèche. Ensuite un nom de personne (toujours latin Crassus). Enfin, mais uniquement en Alsace-Lorraine, une variante de Grass, surnom métonymique de celui qui fauche l’herbe.
Grasland Le nom est porté en Bretagne, notamment dans l’Ille-et-Vilaine. Variantes : Gralan, Graland, Grallan, Gralland, Graslan. On le considère comme une variante du nom de personne Gradlon (= plein de grâce), porté par un roi légendaire de Cornouaille. À noter cependant que la forme Graalendis est mentionnée dans le cartulaire de Redon, ce qui laisserait supposer une origine différente.
Grasoignon Nom rare porté en Seine-Maritime (Forges-les-Eaux, Doudeauville). Sens incertain. L’adjectif “gras” ayant eu parfois le sens de “gros”, on peut penser au surnom d’un marchand d’oignons (qui vante la grosseur de ses oignons). En composition : Grasognon-Latinville, le second terme renvoyant sans doute à la commune de Lattainville, dans l’Oise.
Grasset Diminutif de Gras (voir ce nom), le patronyme est fréquent dans l’Ouest (49, 44, 85, 17), mais on le rencontre aussi vers le Massif Central (87, 43 notamment).
Grassi Un nom très répandu dans toute l’Italie, notamment en Lombardie. C’est la forme plurielle de Grasso, surnom donné à une personne grosse (éventuellement nom de baptême, issu du latin Crassus). Dérivés : Grassino, Grassini, Grassone.
Grassin C’est dans la Sarthe que le nom est de loin le plus répandu. On le rencontre aussi dans la Charente, la Vendée et le Loiret. Deux possibilités : soit un diminutif de Gras (voir ce nom), soit une variante de Grassien, nom qui correspond lui-même au prénom Gratien. Diminutifs : Grassignoux (86), Grassineau (85).
Grastilleur Le nom est attesté depuis le XVIIe siècle dans l’Aude (Brénac), où il s’est d’abord écrit Gastilleur. Il n’est apparemment pas occitan, et pourrait avoir été le surnom d’un soldat. Je ne trouve aucune trace du mot “gastilleur” dans les dictionnaires, mais un restaurant portant ce nom dit qu’il signifierait “fin gourmet” en “langue rabelaisienne”.
Gratacap Surtout porté dans le Cantal, c’est apparemment un surnom occitan donné à celui qui se gratte la tête, mais aussi le nom d’un hameau à Saint-Santin-de-Maurs (15). Autre forme : Gratecap (17, 81, 47), qui peut renvoyer à d’autres hameaux à Gensac (33), Saint-Amand-de-Belvès (24), Saint-Paul-d’Espis et Caylus (82).
Gratacos, Gratecos Curieux sobriquet. Mot à mot il signifie gratte le corps, et semble désigner quelqu’un qui est toujours en train de se gratter. Autre signification possible : une personne qui est toujours collée à une autre.
Grataloup Désigne celui qui habite un lieu-dit Grataloup ou en est originaire. Sens du toponyme : endroit où le loup gratte, laisse des traces. Le nom est assez répandu dans la région lyonnaise, notamment dans la Loire, où deux hameaux s’appellent Grataloup (communes de Poncins et Boisset-lès-Montrond). Variantes : Grataloupt, Grataloux.
Gratianne Porté en Gascogne, c’est un matronyme formé sur le prénom Gratien (voir ce nom), ou encore sur Grat, nom d’un évêque d’Oloron. Variante : Gracianne (à partir de Gracian). Diminutifs : Gratiannette, Gracianette, Graciannette.
Gratien Patronyme rencontré notamment dans l’Ille-et-Vilaine, la Vienne et le Pas-de-Calais. C’est un nom de baptême (latin Gratianus, dérivé de gratia = grâce) popularisé par plusieurs saints. L’un d’entre eux fut martyrisé à Amiens sous Dioclétien.
Gratier, Grattier Patronyme porté en Savoie et dans le Dauphiné. On peut penser à celui qui laboure la terre (en ancien français, gratter = labourer superficiellement), mais il doit plutôt s’agir d’une variante du mot regrattier (attesté vers 1180), désignant celui qui vend des articles de seconde main.
Gratigny Le nom est porté en Seine-Maritime (variante : Gratigni). Il semble que ce soit une autre forme de Glatigny (voir ce nom).
Gration Ce nom anglais est considéré (A Dictionary of english surnames) comme une contraction de Graveson, le fils de celui qui s’appelle Grave, nom donné à un intendant (moyen anglais greyve).
Gratraud Nom porté en Poitou-Charentes (variantes : Gratreau, Gratreaud). C’est une forme contractée de Gratereau, diminutif de Gratier. La signification du nom est incertaine. On peut y voir celui qui gratte la terre (gratter = labourer légèrement, à l’aide de la houe), ou encore une aphérèse de regratier (= revendeur, mais le terme est tardif).
Gratry Forme contractée de Grattery, nom porté notamment dans l’Yonne. Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Grattery : une commune de la Haute-Saône porte ce nom (également Le Gratteris dans le Doubs) ainsi que plusieurs hameaux ou lieux-dits. Le toponyme évoque un terrain pierreux (racine supposée *kratt).
Grattenoix Porté dans la Somme (variante : Grattenois), paraît désigner celui qui écale les noix. C’est aussi un toponyme, nom d’un hameau à Beaussault (76).
Grattepain Nom porté dans la Haute-Saône, rencontré sous la forme Gratpain dans le Pas-de-Calais. Difficile d’avoir une certitude sur ce nom assez surprenant. Pourrait désigner un revendeur de pain (gratter serait ici une aphérèse du verbe regratter = vendre en seconde main), hypothèse qui est d’ailleurs celle de M.T. Morlet, dans la dernière édition de son dictionnaire.
Grattepanche Nom porté dans l’Aisne et le département du Nord. Variantes : Gratepanche, Gratpanche, Gratpenche. Désigne celui qui est originaire de Grattepanche, commune de la Somme, également nom de divers lieux-dits. La tradition veut que le toponyme corresponde à un lieu très pauvre, où il ne reste à ceux qui l’habitent qu’à se gratter la panse pour tromper leur faim.
Gratton Nom porté en Vendée (variante Graton). Les grattons sont les résidus de la fonte de la graisse de porc, d’oie ou de canard qui sont salés chauds et consommés froids en hors d’oeuvre (on les appelle aussi frittons). Il devrait s’agir d’un surnom donné à un cuisinier ou à un marchand de grattons.
Gratuze Nom rare porté dans la Haute-Loire (variante : Gratus). Semble désigner celui qui est originaire de Gratuze, lieu-dit et mas à Ouides, dans le même département. On retrouve ce nom de famille dans l’Aveyron sous la forme Gratusse, nom d’un hameau à Lalinde (24) et d’un mas à Cajarc (46). Il existe également dans la Drôme une source appelée la Gratuse (Saint-Nazaire-le-Désert). Bref, il s’agit certainement d’un toponyme, dont le sens reste incertain.
Grau Ce nom catalan donne l’impression d’être au départ un toponyme, et pourtant il n’en est sans doute rien. Il s’agit d’un prénom d’origine germanique, Gairoald (gari = lance + waldan = gouverner), équivalent des formes Garau, Guerau, Garaud, Giraud, Guéraud, Guiraud etc… L’origine toponymique semble exclue, car Grau est utilisé comme nom de saint dans de nombreux lieux en Catalogne.
Graule Très fréquent autrefois à Joch (66) et dans les villages voisins, le nom s’écrivait au Moyen Âge Garaula. Il s’agit donc dans ce cas d’un matronyme correspondant aux noms de personne Grau, Garau. Mais le nom est également porté en Languedoc, en particulier dans la Haute-Garonne. Dans ce cas, comme pour la variante Graulle (11), on pensera plutôt à l’occitan “graula”, variante de “gralha” (= corneille), sobriquet ou toponyme (de nombreux hameaux s’appellent “la Graule”).
Graulich Nom assez rare rencontré en Alsace, plus courant sous la forme Greulich. Correspond à l’adjectif allemand gräulich (= grisâtre, mais aussi effrayant, sinistre), surnom donné soit à celui qui est apeuré, soit à celui qui terrifie les autres. Autre possibilité : celui qui a les cheveux gris.
Gravant, Grevant Egalement rencontré sous la forme Gravan dans le Calvados, c’est un nom assez rare, apparemment normand. Peut-être s’agit-il d’une contraction de Graveran, Graverand (Bretagne, Normandie), qui correspond à l’ancien français “graverenc” (officier chargé de percevoir les impôts). Ou bien c’est tout simplement un toponyme évoquant un endroit pierreux (il existe un lieu-dit le Gravant, mais en Charente-Maritime). On trouve les noms de famille Gravand et Gravend dans l’Ain et l’Isère.
Grave Quand il est porté dans le Sud-Ouest (65 notamment), le nom évoque un terrain caillouteux, graveleux (variante : Graves, 46, 81). Dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique, où il est bien représenté, il a le plus souvent le sens de “comte” (voir Degraeve).
Gravel Toponyme désignant un lieu gravillonneux ou caillouteux, le nom est notamment porté dans l’Orne et dans l’Oise. Avec le même sens : Graveau, Graveaud (17), Gravelle (59, 25).
Gravelat Le nom est surtout porté dans la Haute-Vienne. Variantes : Gravellat, Gravelas. C’est un toponyme avec le sens de lieu caillouteux. Avec le même sens : Gravelaud, Graveleau (85), Gravelais (27, 61), Gravelier, Gravellier (33), Gravelot, Gravelotte (26, 79, 57, 54), Gravelard, Gravellard (77, 41).
Graveline Assez courant en Picardie et dans le Nord, désigne celui qui est originaire d’une localité portant ce nom, en principe la commune de Gravelines, dans le Nord. Si dans d’autres régions le toponyme évoque un lieu caillouteux, ce n’est pas le cas ici : la forme ancienne Graveninga vient du néerlandais gravan, désignant un ensemble de fossés de drainage. Variantes : Gravelin, Gravelines, Gravelaine, Graveleine.
Graver, Gravez Ces deux noms sont surtout portés dans le Nord-Pas-de-Calais. Il faut les rapprocher de Gravet (Picardie) et de Gravier (Vosges notamment), autant de noms pour lesquels on dispose de deux solutions connues : soit celui qui utilise une sorte de fourche recourbée ou de pic (ancien français graue), soit un toponyme évoquant un lieu graveleux, caillouteux (solution la meilleure pour Gravier).
Gravereau Porté dans diverses régions, notamment le Centre, c’est en Gironde que le nom est le plus répandu. Il s’agit d’un toponyme avec le sens de terrain caillouteux, graveleux. Pour la Gironde, on peut penser au hameau de Gravereau à Teuillac (33). Formes similaires : Graveraud (16), Gravereaux (Île-de-France), Graverot (89). Avec d’autres suffixes : Graveret (25, 70), Graverol, Graverolle (03, 63), Graveron (23).
Graviassy Le nom est porté dans l’Aude, où il est attesté au moins depuis le début du XVIIe siècle à Villasavary. Variante ancienne : Graviassi. Sens incertain. Il pourrait s’agir d’un dérivé de l’occitan “gravilhas” (= terrain caillouteux, graveleux).
Gravil Le nom est originaire de la Lozère, d’où il s’est répandu dans les départements languedociens (34, 30). Il s’agit sans doute d’un toponyme désignant un terrain graveleux.
Graviou Nom surtout porté en Bretagne (22). Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit Graviou (du breton grav = côte). Un hameau porte ce nom dans la commune de Canihuel (22).
Gravot Le nom est surtout porté dans l’Ille-et-Vilaine (variante : Gravost), on le rencontre aussi en Saône-et-Loire. C’est en principe un toponyme désignant un sol graveleux.
Gravoueille Nom porté dans la Loire-Atlantique, où l’on trouve aussi les formes Gravoil, Gravoille, Gravouil, Gravouille. Deux possibilités : soit un terrain graveleux, caillouteux, soit un lieu où pousse le houx (latin acrifolium, qui donne l’occitan grevol).
Gray Surnom donné en Grande-Bretagne à celui qui a les cheveux gris.
Graziani Nom porté en Italie (Lazio et moitié nord du pays) et en Corse. C’est un dérivé de Grazia, nom mystique lié à la grâce divine. L’équivalent français est Gratien. Le singulier Graziano se rencontre dans les régions méridionales (Campanie, Calabre, Sicile) ainsi qu’en Piémont et en Lombardie. On trouve la forme Grazian en Vénétie. Matronyme : Graziana (Piémont).
Gréa Nom surtout porté dans le Jura. Il existe un château Gréa à Rotalier (39). Sans doute une variante de Gré, toponyme fréquent, également nom de famille (10, 33, 30), qui désigne un lieu rocheux, escarpé.
Grébert, Grebert Surtout rencontré dans le Nord (59, 62) et dans les Vosges, c’est une variante de Gerbert, formée par métathèse du r. C’est un nom d’origine germanique, Gerberht (ger = lance + berht = brillant).
Grebet Patronyme porté dans le Pas-de-Calais. C’est une variante de Grebert (voir ce nom).
Gréboval Nom porté en Seine-Maritime. Variantes : Grébauval, Grébeauval, Grébonval, Grébouval. Il faut rapprocher ces noms de Gribauval, Gribeauval (80), Griboval, Gribovalle (62, 76), Gribouval (76, 02), Gribouva (08), Gribonval, Gribonvald (41, 51, 02). Si l’on excepte la dernière forme où l’on trouve l’allemand Wald = forêt), il semble qu’on ait affaire à un toponyme signifiant la vallée de Grébo, Gribo, ou encore Grébeau, Gribeau, noms de personnes germaniques. Reste à trouver de quel lieu il s’agit. Il existe un bois de Gribauval à Verchin et à Lisbourg (62). M.T. Morlet évoque aussi un ancien fief à Saint-Maxent (80).
Grech Tout comme sa variante Grec, le nom est surtout porté dans les Alpes-Maritimes. On trouve les variantes Geck et Grecq en Belgique et dans les Ardennes. Il devrait désigner celui qui vient de Grèce, mais le terme a souvent été employé de façon péjorative pour désigner un filou. Autre sens possible : le lieu où souffle le vent du nord-est (ancien français et occitan ‘grec’).
Grechez Porté dans les Pyrénées-Atlantiques (variante : Grechès), c’est un nom de sens incertain, dont Michel Grosclaude (voir bibliographie) précise qu’il se rencontre déjà en 1385 sous la forme Grexes. Peut-être un dérivé formé sur Grec, nom d’un petit cours d’eau à Orthez. À notre aussi l’existence d’un lieu-dit Grechez à Vielleségure (64).
Greco Très répandu dans toute l’Italie, le nom désigne le plus souvent celui qui vient de Grèce. Autre possibilité : surnom pour un filou, un fourbe. Le pluriel de filiation Grechi est plus rare : on le rencontre surtout en Lombardie (Milan). Autre pluriel de filiation : Greci (Lazio, Emilie-Romagne).
Green Désigne en anglais celui qui habite auprès de la place du village (green = place gazonnée). D’autres solutions sont souvent proposées pour ce nom très répandu, mais elles semblent moins probables.
Greeven Le nom est rare en France (quelques mentions dans la Moselle). Il semble flamand et correspond au néerlandais graaf (allemand Graf) qui signifie : comte. Il s’agit en principe d’un sobriquet. La finale -en est un génitif marquant la filiation. Variante : Greven (57, 59).
Greffard Porté en Vendée, c’est une nom de sens incertain, à rapprocher soit de Graffard (voir Graffand) soit de Griffard (voir ce nom).
Greffier Nom fréquent dans le Maine-et-Loire, rencontré aussi en Savoie et en Franche-Comté. Désigne sans doute un officier du greffe, bien que l’apparition du nom soit assez tardive dans les écrits (1378, la date de 1278 mentionnée par le Robert historique étant apparemment une erreur). Autre possibilité : un fabricant de stylets (sens primitif du mot greffe).
Gregerova Porté notamment dans l’ancienne Tchécoslovaquie, c’est un dérivé filiatif féminin de Greger (= Grégoire).
Greggory Cette forme du prénom Grégoire, rare, est portée dans la région parisienne. Elle est en principe d’origine anglaise (ou américaine).
Grégoire, Gregori, Gregory Nom de baptême issu du grec Gregorios (= celui qui veille). Plusieurs papes ont contribué à populariser ce nom, notamment Grégoire Ier dit le Grand (540-604), docteur de l’Église, qui fit de la papauté la principale puissance d’Occident, simplifia la liturgie, et se vit attribuer à tort l’origine des chants grégoriens.
Gregoris Le nom est porté en Italie dans le Frioul. Il correspond au prénom Gregorio (= Grégoire), la finale -is étant soit une latinisation, soit l’équivalent du suffixe filiatif slave -ic (on trouve également dans le Frioul les noms Gregoric, Gregorich).
Greiner Porté en Moselle, le nom désigne un personnage querelleur, grognon (moyen-haut-allemand grîner).
Greiveldinger Nom rencontré en Moselle. Désigne celui qui est originaire de Greiveldange (Luxembourg). Autres formes du nom : Greiweldinger, Greveldinger. Le suffixe -ange correspond à l’allemand -ing, -ingen, qui sert à former des noms de domaines à partir d’un nom de personne généralement d’origine germanique.
Grel On rencontre le nom dans la Drôme et l’Ardèche, mais aussi dans la Dordogne et la Gironde. Il s’agit d’un terme désignant le grillon, soit comme toponyme (lieu où chante le grillon), soit comme sobriquet.
Grelard, Grélard Nom porté en Vendée et en Poitou-Charentes. Variante : Grellard. Sens incertain. Peut-être celui qui est criblé de boutons ou de taches de rousseur, mais d’autres sens sont possibles (voir Grelier).
Grelier Nom fréquent dans l’Ouest (44, 79, 49) ainsi que dans le Limousin. Il pourrait désigner celui qui jouait de la trompette ou qui fabriquait cet instrument (en ancien français, graile = trompette, le nom vient du latin gracilem, et a sans doute été donné à l’instrument en raison de ses sonorités grêles). Un autre sens est cependant possible dans l’Ouest : le verbe greller (gréler, grâler) a eu le sens de passer au crible, puis de griller (au départ griller les châtaignes), rôtir, cuire. C’est sans doute dans ces divers sens locaux qu’il faut trouver la solution. À noter cependant que le mot “grelier” est attesté en ancien français pour désigner la grêle, et que souvent les mots commençant par grel- désignent le grillon. Variantes : Grellier, Greslier.
Grellepois Le nom est porté dans l’Ouest (49). Variantes : Grellepoix (72), Grelepois (49), Grelepoix (44) et sans doute Gralepoid, Gralepois, Graslepois (85, 17). Sens incertain, trop d’interprétations étant envisageables selon le sens qu’on donne à ‘grelle’ (le verbe grêler, un adjectif signifiant ‘petit’ ?). On notera que, dans le Maine-et-Loire, la gréle était un crible et le verbe greller signifiait cribler. Puis ce verbe a pris le sens de griller, cuire, notamment sous la forme ‘grâler’. Il pourrait donc s’agir de celui qui trie les pois ou qui les fait cuire.
Gremaux Ou Grémaux. Le nom est surtout porté dans la Haute-Saône. C’est une variante de Gremaud, Grémaud (39, 70, 25, 77), lui-même forme régionale de Grimaud (voir Grimal).
Grembert Porté dans le Nord-Pas-de-Calais (variante : Grember), c’est selon M.-T. Morlet une variante de Grimbert (voir ce nom).
Gremel Le nom semble avoir été surtout porté en Lorraine (54), on le trouve aussi dans le département du Nord. Deux possibilités : soit un nom de personne d’origine germanique (racine grim = coléreux, furieux), soit, comme Grémeau et Grémeaux (21, 59), une variante régionale de grumeau (solution proposée par M.T. Morlet), sachant cependant que ces deux derniers noms peuvent être des variantes de Grimaud.
Gremetz Diminutif de Gremier, nom de personne d’origine germanique, Grimhari (grim = coléreux + hari = armée). Autre possibilité, un lien avec le grumeau (solution donnée par M.T. Morlet pour Gremet). Le nom, rare, est porté dans le Pas-de-Calais.
Grémillon Le nom est surtout porté dans la Vienne, où il renvoie à un lieu-dit (le) Grémillon (nom de hameaux ou fermes à Vernon et à Marigny-Brizay). Le sens du mot varie selon les régions : le plus souvent c’est un synonyme de “grumeau”, mais le dictionnaire de Godefroy précise que dans la Vienne il a eu le sens de petit morceau, portion (“un gremillon de pain, de champ”). Le nom Grémion, porté dans le Doubs, devrait être une variante de Grémillon. Autre forme : Grémillion. Avec d’autres suffixes : Grémillet, Grémilliet (88) et sans doute Grémillier (59), Grémillot (70). Tous ces noms peuvent aussi renvoyer au grémil (ancien français “grenil, gremil”), nom donné à diverses plantes du genre Lithospermum.
Gremminger Le nom est porté dans le Haut-Rhin (Fessenheim au XVIIe siècle, puis Lautenbach) ainsi que dans le Bas-Rhin (Weyersheim à la fin du XVIIe siècle). Il semble identique au nom allemand Grimminger. Il devrait renvoyer à une localité s’appelant Grimming(en) ou un nom voisin : peut-être Grimming (Bavière, Autriche), ou encore Grimminghausen (Rhénanie du Nord-Westphalie).
Grémont Porté dans la Somme et la Seine-Maritime, c’est une autre forme de Grimont (voir ce nom). Variante : Grémond (72, 76). De la même façon, Grémonprez (59) est une variante de Grimonprez (voir ce nom).
Grémy Le nom est notamment porté dans la Sarthe et dans l’Orne, ainsi que dans l’Yonne et la Nièvre. Variante : Grémi (76, 72). Sens incertain. Il paraît désigner le grémil (ancien français “grenil, gremil”), nom de diverses plantes du genre Lithospermum.
Grenard Surtout porté dans le Jura, le nom se rencontre aussi en Seine-Maritime. Il semble désigner celui qui a des grains de beauté, des boutons (dérivé de grain).
Grenat Nom porté à la fois en Savoie et en Auvergne. C’est un dérivé du mot graine, désignant peut-être celui qui a le visage marqué de petite vérole.
Grenaud Porté dans les Charentes et en Franche-Comté, le nom est considéré par M.-T. Morlet comme une variante de Garnaud (voir ce nom). A envisager éventuellement aussi un diminutif de “grain” (surnom pour celui qui a des grains de beauté ou la petite vérole). Variantes ou formes voisines : Grenault, Grenaut, Greneau, Greneaux.
Greneche, Grenèche, Grenêche Nom porté dans l’Eure-et-Loir (également 61, 72). Variante : Grenesche (61, 78). Sens incertain. A rapprocher peut-être de l’ancien français gren, grenon (= moustache), ou encore de grendeiche (= grandeur).
Grenen Nom rare porté en Moselle. Semble correspondre à l’adjectif allemand grün (= vert) et évoquer un lieu-dit. On trouve également en Moselle le nom de famille Grunen, lui aussi très rare.
Grenet voir Granet. Le nom Grenet est fréquent en Normandie et dans la Charente.
Grenette On peut penser à un matronyme formé sur Grenet, mais il doit plutôt s’agir ici d’un lieu-dit avec le sens de halle aux blés (attesté dans le Mâconnais). C’est dans l’Est que le nom de famille est le plus répandu (51, 54).
Greneu Patronyme porté dans l’Ouest (35, 49). Variantes probables : Greneur (44), Greneux (35). C’est un dérivé du mot “grain”. La forme Greneur invite à y voir un marchand de grains. Mais Greneu pourrait être une variante de “grenu” (= qui a beaucoup de grain, ou encore qui a des grains de beauté, également terme désignant un cheval à la crinière abondante).
Grenier voir Granier. On trouve beaucoup de Grenier en Normandie (76).
Grenon Nom surtout porté en Charente-Maritime, également présent dans la Somme et la Seine-Maritime. En ancien français, le mot grenon signifie moustache (également : favoris). Il devrait donc s’agir d’un surnom donné à un individu pourvu d’une belle moustache. Variante : Grenom (21, 52).
Grenot Le nom est surtout porté dans le Jura. On pense automatiquement à un diminutif du mot “grain”, mais il n’est pas interdit de penser à des variantes avec métathèse de Garnot (89) ou Guernot (70), qui pour leur part devraient être des diminutifs de Garnier ou Garnaud, noms de personnes d’origine germanique.
Grenouillet Le nom est surtout porté dans la Dordogne. C’est un toponyme très fréquent (lieu fréquenté par les grenouilles). On notera en Dordogne des hameaux portant ce nom à Proissans et à Gout-Rossignol. Avec le même sens : Grenouilhat (63), Grenouilhac (81), Grenouillat (07, 42), Grenoulaud (87). On hésitera entre un toponyme et un sobriquet pour Grenouille (58, 71), Grenouilleau (49, 79), Grenouiller (38), Grenouillier (10), Grenouillon (41), Grenouillou (61, 72), Grenouilloux (36), Grenouilly (33), Grenoulloux.
Grenu Porté notamment dans la Somme, a dû désigner celui qui avait des grains de beauté ou des boutons sur le visage, tout comme la forme voisine Grenut (23).
Grépilloux Le nom est surtout porté dans le Loir-et-Cher (également 49, 37). Il semble s’agir d’une variante de Grépillon, toponyme rencontré en Bourgogne et en Franche-Comté, diminutif de Grépi, qui désigne un terrain en pente, également une terre aride.
Grépin Le nom est surtout porté dans la Haute-Marne, où il s’est aussi écrit Grespin. C’est une variante de Crépin (voir ce nom). Diminutifs : Grépinet (52), Grespinet (14).
Greppo Nom très rare porté dans le nord de l’Italie, beaucoup plus fréquent sous la forme plurielle Greppi. A priori il devrait correspondre à l’italien “greppo” (= pente abrupte, sommet escarpé).
Grès Le nom est surtout porté dans l’Aveyron. C’est un toponyme désignant un terrain pierreux.
Grespier Nom porté dans le Loiret, rencontré sous la forme Grépier dans la Nièvre. Sens incertain. De la même façon que Grespin et Grépin sont des variantes de Crespin, Crépin, on pourrait avoir affaire à une variante de Crépier (nom probable d’un marchand de crêpe, tissu, ou de crêpes, de beignets, de gaufres).
Gressani Nom italien surtout porté dans le Frioul. Il pourrait désigner celui qui est originaire de Gressan, nom d’une localité du Val d’Aoste.
Gresse Porté dans la Drôme et le Vaucluse, désigne celui qui est originaire de Gresse, nom d’une commune et d’une rivière de l’Isère, également hameau à Mévouillon (26). Beaucoup plus rare et difficile à localiser, le nom Gressé pourrait quant à lui avoir un rapport avec la graisse.
Gresselin C’est dans la Manche que le nom a toujours été le plus répandu, même si on en trouve quelques mentions anciennes dans l’Est (notamment dans le Territoire de Belfort). Je n’en connais pas le sens.
Gresset Nom surtout porté dans le Doubs, rencontré aussi dans la Moselle et le Loiret. Semble une variante de Grasset, diminutif de Gras (surnom donné à un homme gras, mais peut-être aussi nom de personne issu du latin Crassus). A noter cependant qu’en toponymie le nom Gresset est souvent associé à un bois (cf. dans le Doubs le Bois Gresset, lieu-dit à La Cluse-et-Mijoux). Avec un autre suffixe : Gressot (90), Gressard (71), Gressin (18, 89, 71).
Gressier Nom assez fréquent en Picardie et plus généralement dans le Nord (variantes Gressiez, Gressez). Désigne celui qui vend de la graisse. On a parfois envisagé aussi un surnom donné à un homme gras, ce qui me semble moins probable.
Gressy Assez rare, le nom est porté dans le Cher. Variante : Grécy. Il s’agit certainement d’un toponyme : Gressy est un village de Seine-et-Marne, et il est possible que d’autres hameaux portent le même nom. A noter aussi que la commune de Graçay (18) a la même étymologie que le Gressy de Seine-et-Marne (le domaine de Grattius, nom d’homme latin).
Grestini Nom italien très rare, rencontré presque uniquement dans les Marches. Sens obscur (peut-être un prénom à rapprocher de Chrétien, Christian).
Grevat Variante de Grevaz, nom porté en Haute-Savoie, qui devrait désigner un lieu caillouteux (cf. le français grève). A envisager aussi une variante de Grivaz (voir Grivet pour le sens).
Grevellec Porté dans le Finistère, le nom s’écrit parfois Le Grevellec. Il devrait correspondre à l’adjectif breton “gravelleg” (= qui souffre de la gravelle).
Grevent Très rare, le nom est notamment porté dans l’Ille-et-Vilaine. Il pourrait correspondre à l’ancien français “grevant” (= désagréable, qui fait souffrir). Voir aussi Gravant.
Greverend Le nom est porté en Normandie (76). Variantes : Greverand, Greverent, ainsi que Graveran et Graverand (Bretagne, Normandie). Il correspond à l’ancien français “graverenc” (= celui qui lève les impôts, percepteur).
Greverie Le nom est porté en Seine-Maritime ainsi qu’en Vendée. Il devrait correspondre à l’ancien français “graverie” (= charge, fardeau, service, corvée), peut-être pour désigner une terre soumise à la corvée.
Grevillet, Grévillet Nom porté dans le Jura. Apparemment un diminutif de grébille, gréville, toponyme désignant un terrain où il y a des souches (grèbes < germanique *krubba).
Grewis Nom porté en Alsace-Lorraine (variantes Grevis, Grevisse). Renvoie à l’écrevisse (ancien haut allemand krebiz, allemand Krebs). Il peut s’agir d’un sobriquet métaphorique (rouge comme une écrevisse) ou bien du surnom métonymique d’un pêcheur d’écrevisses, ou encore d’un nom d’enseigne.
Greyo Originaire du Morbihan, le nom est aujourd’hui surtout porté en Loire-Atlantique. Sens incertain. Peut-être une variante de Gleyo (voir ce nom). A envisager aussi le mot “greioù” avec le sens de troupeau de brebis, ou encore “grei” (= accoutrement).
Greys Assez rare, le nom est porté dans le Doubs. Il semble s’agir d’un toponyme avec le sens de lieu pierreux, graveleux.
Griand Très rare, le nom devrait être une variante de Grilland, lui aussi peu fréquent et difficile à localiser. On pourrait y voir un rapport avec le grillon, mais mieux vaut rester prudent. On trouve le nom Griand associé à des lieux-dits à Sainte-Foy (71) et à Sassetot-le-Mauconduit (76). Il existe aussi un étang de Grilland à Savigny-sur-Clairis (89).
Griat Nom porté notamment dans l’Isère. C’est un diminutif ou une autre forme de Gri, terme qui désigne le grillon. Sans doute le lieu où chante le grillon. Il existe un hameau les Griats à Méaudre (38).
Gricourt Porté dans la Seine-Maritime, la Somme et le Pas-de-Calais, désigne celui qui est originaire de Gricourt, nom d’une commune de l’Aisne, ou encore de Grécourt, dans la Somme (Gricourt en 1143), solution qui semble la plus probable vu la répartition du patronyme. Signification : le domaine de Griso ou de Grido, noms de personne germanique.
Grides Nom très rare porté dans le Tarn. Il semble devoir être rattaché au verbe gridar (= crier), avec un sens qui reste à déterminer (surnom d’un crieur public ?).
Grienche Rare, le nom est porté dans le Nord-Pas-de-Calais. C’est une variante de Griens, nom de famille rencontré notamment aux Pays-Bas, forme génitive de Grien. Le nom signifie “vert” en moyen-bas-allemand (surnom ou toponyme).
Grieu Surtout commun en Fenouillèdes, il s’agit sans doute d’un nom occitan, voire français, désignant une personne d’origine grecque.


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