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Noms commençant par L

La Duca-Lageiste
Lagel-Landriau
Landrin-Laseure
Lasgi-Lazzaroni
Le Baccon-Le Meur
Le Mevel-Le Youdec
Léa-Lehelloco
Lehérissier-Lescuyer
Lésébos-Lieffroy
Liégeard-Loisel


La Duca Le nom est d’origine sicilienne. Désigne-t-il une terre appartenant à un duc (italien “duca”) ou une duchesse ? Je ne saurais le dire. On trouve également en Sicile la forme Lo Duca (= le duc).
La Neve Nom italien porté dans les Pouilles (province de Tarente). Si le rapport avec la neige proprement dite (italien “neve”) est douteux, il est très possible qu’on ait affaire à un prénom féminin italien, Nive, Nives, dont Neve est une variante, qui renvoie au culte de N.-D. des Neiges (la Madonna della Neve), très répandu en Italie. D’autres explications ont été cependant avancées, renvoyant au latin “naevus” (= verrue, italien “neo”), ou encore au gentilice latin Naevius (sans doute formé lui-même sur “naevus”). Autres formes : Neve, Della Neve.
La Rochefoucauld (de) Le nom renvoie à la commune de La Rochefoucauld, en Charente, où un nommé Foucauld fit construire un premier château au début du XIe siècle, en lieu et place d’une tour carrée du IXe siècle. Le terme de “roche” désigne une forteresse construite sur un sommet rocheux.
Laarous Correspond à l’arabe classique `al-`arûs (arabe dialectal l`arûs), et désigne un nouveau marié, éventuellement un fiancé. Dérivé : Laarousi.
Labache Surtout porté dans les Pyrénées-Atlantiques, c’est un toponyme désignant un lieu encaissé, une dépression retenant l’eau, une mare, un bourbier (occitan “bacha”). Diminutifs : Labachot, Labachotte.
Labadie Voir Abadie pour le sens. Le nom est fréquent en pays gascon.
Labadille Nom rare porté dans l’Orne et la Seine-Saint-Denis, surtout présent autrefois en Lorraine (54, 55). Il devrait s’agir d’un toponyme signifiant ‘l’abbaye’.
Labaigt Nom de famille gascon surtout porté dans les Landes. Variantes : Labaig, Labaigs. Tout comme Labat, c’est un toponyme désignant une vallée (gascon “vath”). Une douzaine de hameaux s’appellent Labaigt, tous dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.
Labalette Si le nom était méridional, il désignerait une petite vallée. Mais c’est dans la Somme et le Nord-Pas-de-Calais qu’il a toujours été le plus répandu. Il correspond à “abalète”, forme picarde du mot “arbalète”. Il s’agit donc du surnom d’un arbalétrier. Avec le même sens : Laballette, Laballestrier. Voir aussi Larbalète.
Laballe Surtout porté aujourd’hui en Guadeloupe, le nom est notamment présent dans la Haute-Garonne, où c’est un toponyme avec le sens de “vallée” (le v étant prononcé à peu près comme un b dans le Sud-Ouest).
Laban Le nom est porté en pays gascon. Il n’a sans doute aucun rapport avec le nom de personne biblique (oncle et beau-père de Jacob). Comme pour bien des noms de cette région, il devrait plutôt s’agir d’un toponyme. On peut penser à la maison située à l’est (un des sens du mot “avant” en gascon). À envisager aussi une racine prélatine “lav”, évoquant des éboulements et des avalanches, des lieux caillouteux. Cette même racine pourrait expliquer Labanère (variante Labannère), nom de famille porté dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, pour lequel le sens de “porte-bannière”, parfois proposé, est pour le moins douteux. À noter qu’un ravin des Pyrénées-Orientales s’appelle la Llabanère.
Labarbe Surnom d’un barbu lorsque le nom est porté en Normandie, en Lorraine ou en Belgique, pourrait avoir un autre sens en pays gascon, où le nom de famille est assez répandu et où ce genre de surnom est rare. Peut-être un toponyme : un hameau s’appelle La Barbe à Castelnau-d’Auzan (32), un autre Labarbe à Hontanx (40).
Labarchède Le nom de famille est surtout porté dans les Landes. C’est le nom de hameaux à Larrivière et à Luxey, dans le même département. Signification : lieu où pousse l’azerolier, ou épine d’Espagne (sorte d’aubépine), en gascon “abarcha” ou “abarja”. Plus généralement : lieu buissonneux.
Labarre Le nom est porté dans diverses régions, mais c’est dans la Loire-Atlantique qu’il est le plus répandu. Plusieurs sens sont possibles (voir Barre), mais on retiendra surtout ceux de barrière ou d’enclos. Même chose pour les noms gascons Labarrère ou Labarrière. À noter que Labarrère entre en composition dans de nombreux noms : Labarrère-Arbiou, Labarrère-Brosou, Labarrère-Brozou, Labarrère-Claverie, Labarrère-Matot, Labarrère-Maysonnave, Labarrère-Mounet (64, 65).
Labarthe Voir Barthe pour le sens. Le nom est porté en pays gascon (40, 64). Variantes : Labarta, Labarte. Diminutifs : Labartette, Labarthette. Autres dérivés : Labarthère (32), Labarthie (81), et sans doute Labartouille (82). En composition : Labarthe-Dessus, Labarthe-Laplacette, Labarthe-Marchand, Labarthe-Piol, Labarthe-Pon, Labarthe-Setiey, Labarthe-Vacquier.
Labarussias Le nom est surtout porté dans la Charente. Variantes : Labarussia, Labarussiat, Labarutias, Barussias. Il devrait correspondre au hameau des Barussies situé à Chirac, dans le même département. Voir Barus pour une tentative d’explication du nom.
Labasque Nom porté dans le Finistère (variante : Labasq). Deux possibilités : soit une agglutination de l’Habasq (moyen breton habasq = calme, paisible), soit le mot labask, qui aurait désigné une personne mal habillée, vêtue de hardes. La première solution paraît plus solide.
Labastie Forme gasconne de La Bastide (voir Bastide pour le sens). Variante : Labasty. On trouve également le nom de famille Labastide dans le Lot.
Labat Fréquent en pays gascon, le nom peut avoir deux sens. Soit il signifie ‘abbé’ (voir Abat), soit, et c’est sans doute le plus souvent le cas, il s’agit d’un toponyme ayant le sens de ‘vallée’ (agglutination de ‘la vath’).
Labatte Le nom est surtout porté dans l’Eure. Variante : Labate (28). Il semble qu’on ait affaire à un toponyme, assez courant dans l’Eure-et-Loir : un hameau s’appelle La Bâte à Guainville, un ancien village se nommait La Batte à Flacey, un autre hameau, La Baste (commune d’Amilly), s’appelait La Bata en 1215. Le toponyme désigne dans les Ardennes une petite digue au milieu d’un ruisseau, dans le Centre il a le sens de “rivage”.
Labatut Toponyme qui désigne un bois défriché (penser au verbe abattre), et qui est très fréquent dans le Sud-Ouest. Comme patronyme, il désigne le plus souvent la personne originaire d’une localité portant ce nom. Plusieurs communes s’appellent Labatut (09, 40, 64, 65) ainsi que de très nombreux hameaux. Variantes : Labattu, Labattut, Labatud, Labatue.
Labau Nom qui semble d’origine toponymique. On appelait dans le Midi “bau”, et en catalan “balç”, un rocher à pic, un précipice (< balteus). A noter qu’il existe à Rodès (66) un lieu appelé Pont d’en Labau, avec un pont-aqueduc médiéval, dans les gorges très escarpées de la Guillera, ce qui confirme bien l’idée de rocher à pic. A signaler surtout les gorges et le gouffre de la Bau à Finestret (66). D’autres solutions sont cependant possibles (voir Labeau).
Labauthe Très rare, le nom est porté dans l’Ariège. On le rencontre dans le Tarn sous la forme Labaute. Sens obscur.
Labaye Porté notamment dans l’Indre, l’Allier et la Creuse, le nom est également présent dans plusieurs autres régions. Il s’écrit aussi Labbaye (63). Il désigne celui qui habite près d’une abbaye.
Labban Nom arabe (labbân) qui désigne un briquetier. Autre possibilité : marchand de lait (laban = lait).
Labbé Un nom très fréquent dans toute la France, mais rencontré surtout en Bretagne (22, 35). Pour le sens, voir Abad, Abat (= abbé).
Labdouche Ce curieux nom aux allures maghrébines (voir Abdouche) est en fait originaire de la Creuse (commune d’Azérables au XVIIIe siècle) et correspond au nom berrichon aujourd’hui disparu Alabedouche. Autrement dit, un de ces nombreux noms du Berry commençant par la préposition “à”, qui marque la filiation. Le nom pourrait être d’origine toponymique : deux hameaux s’appellent “la Bedouche”, l’un à Brigueil-le-Chantre (86), l’autre à Arnac-la-Poste (87). Dans ce cas, on peut penser à une variante du mot “bedousse”, qui désigne un fondrière, des sables mouvants dans diverses régions. À noter cependant que, selon A. Alabergère (voir bibliographie), le mot “bedo(u)che” a désigné une houe dans le Poitou.
Labeau Le nom est aujourd’hui très répandu à la Martinique. En métropole on le trouve dans des régions assez diverses : le Lot-et-Garonne, mais aussi la Normandie et la Picardie. Deux possibilités : soit l’Abeau (= l’Abel, nom de baptême), soit l’abeau, l’abiau = peuplier blanc (latin albellus). C’est cette dernière signification qu’il faut privilégier dans le nord de la France, où l’on trouve aussi le nom Labiau (59) et la variante flamandisée Labeeuw (59) avec le même sens (de même que Labaut dans la Somme). Voir aussi Labau pour un autre sens.
Labeauté, Labeaute Porté dans l’Aude et le Tarn, pourrait désigner celui qui est originaire de La Beauté, hameau à Loubers (81), ou encore de La Bauté à Lisle-sur-Tarn. L’accent final étant sans doute dû à l’influence du mot “beauté”, on pensera aussi à La Baute, hameau au Sequestre, toujours dans le Tarn (autres hameaux et lieux-dits dans la Haute-Garonne et le Tarn-et-Garonne), ou encore à La Baute Haute et La Baute Basse, deux hameaux à Montirat. Autrement dit, on a affaire à un toponyme très localisé, dont le sens ne m’est pas connu, mais qui semble souvent lié à des lieux boisés. On trouve dans la même région les noms de famille Labaute (ou Labauté), Baute, Bautes (voir aussi Baute).
Labedade Surtout porté dans les Landes, ce nom de famille gascon correspond au mot occitan “avetada” (= bois de sapins), c’est donc un lieu-dit devenu patronyme.
Labègue Très rare, le nom semble venir du Sud-Ouest (variante : Labega) et devrait être lié à l’occitan bega (= gesse), sans doute sous forme de toponyme.
Labeguerie Nom gascon également écrit Labegaria, Labeguery, Labegurie, Lavegaria. C’est l’équivalent du français “viguerie”, désignant la maison ou la circonscription du viguier (magistrat représentant le roi ou un seigneur).
Labelle Le nom est porté notamment dans la Sarthe. S’agit-il d’un surnom pour celle qui est belle ? C’est possible, à moins qu’on ait affaire à une forme l’Abelle, ou Abelle pourrait désigner le peuplier blanc (latin albellus).
Labenc Un nom typique du département de l’Aude. Il s’agit certainement d’un toponyme, l’avenc, désignant une grotte, un puits naturel.
Labenne Le nom est surtout porté dans les Landes. Variantes ou formes voisines : Labena, Labene (64), Labenas (40). Il désigne celui qui est originaire de Labenne, nom d’une commune des Landes et de plusieurs hameaux (64, 40, 33, 32). Signification : le rapport avec l’avoine (avena) est possible, mais on pensera aussi à l’occitan pena (rocher élevé, crête).
Labèque, Labéque Nom porté dans les Landes, qui semble une variante de Labesque, autre nom de famille gascon. En dialecte gascon le mot “abesque” (ou “avesque”) signifie “évêque”. Plusieurs sens sont possibles (voir Lévêque), mais, dans cette région, on pensera surtout à un toponyme (terre ou maison appartenant à l’évêque). Dérivés probables : Labescat, Labescau.
Laberdesque Porté dans les Pyrénées-Atlantiques, désigne celui qui habite un lieu-dit Laberdesque ou en est originaire. C’est le nom de hameaux à Bastanes, Lucq-de-Béarn et Monein (64). A noter aussi le hameau de Laberdesques à Aignan (32). Le toponyme est formé sur le mot “verdesca”, équivalent occitan du français “bretèche”. En composition : Laberdesque-Candebaig.
Laberdoulive Porté dans le Gers, devrait désigner celui qui est originaire de La Berdolive, hameau à Labarrère (32). Sens du toponyme : lieu verdoyant. L’idée de verdure se retrouve dans le nom Laberdure (64). Un hameau s’appelle Laberdure à Clèdes (40).
Laberge Le nom est surtout porté en Bourgogne, mais on le trouve aussi dans le Gers et au Canada, où une famille de la Berge s’est installée au XVIIe siècle. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit la Berge (berge de rivière), toponyme trop répandu pour qu’on puisse arriver à une localisation précise.
Labergris Nom picard (02, 80) également écrit Labergri, Labergrit, Labergry, Labelgry. Variantes anciennes : Laberguerie, Laberguery, Labergery. A priori, et même s’il convient d’être très prudent avec les noms picards, il semble qu’on ait affaire à une bergerie, et donc à un toponyme devenu nom de famille.
Labernède Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit la Bernède (bois d’aulnes). C’est dans les Landes et la Haute-Vienne que le nom est le plus répandu.
Laberrigue Nom assez rare porté dans les Pyrénées-Atlantiques. Sens incertain. En supposant une forme “la Berrigue”, on peut envisager un dérivé gascon formé sur une racine basque (berro = buison).
Labert Le nom est porté dans l’Isère. Peut-être une agglutination de “l’Abert” (voir Abert) ou de “l’Albert”.
Laberthe Beaucoup de mentions anciennes de ce nom dans la Creuse, mais aussi dans le Loir-et-Cher. Ce devrait être l’équivalent des noms Alaberthe, Alabeurthe, portés dans le Cher, désignant le fils “à la Berthe”.
Laberthonnière Désigne celui qui est originaire du hameau de la Berthonnière, dans la Creuse (commune de Crozant). Signification du toponyme : la ferme ou le domaine de Berthon, nom de personne fréquent dans le Massif Central. Variantes : Laberthonière, Labertonnière, Labertonière.
Labertrandie Surtout porté dans le Cantal et dans le Lot, désigne celui qui habite un hameau ou une ferme nommée la Bertrandie (le domaine de Bertrand), ou encore, peut-être comme Labertrande, celui qui habite près de la Bertrande (cours d’eau du Cantal).
Labet Le nom est surtout porté dans le Jura, mais on le rencontre aussi en pays gascon. Dans cette région, il désigne le sapin (avet), mais il n’en est certainement pas de même en Franche-Comté, où son sens est incertain. Peut-être une agglutination de “l’abet” (en ancien français abet = ruse, tromperie).
Labetouille Le nom est porté en Charente. Variantes : Labetoule, Labetoulle (87, 23, 18, 16). C’est un toponyme désignant un bois de bouleaux (latin betulla). A noter le hameau de Labétoulle à Saint-Sébastien (23) et celui de la Betouille à Lathus-Saint-Rémy (86).
Labeur Le nom de famille est porté dans l’Ariège, ainsi que dans le Tarn et le Tarn-et-Garonne. C’est apparemment le nom d’un ancien hameau à Bénaix (09), qui a pu désigner une terre labourable. Il y a cependant de fortes chances pour que Labeur soit en fait une déformation de Lavaur, nom d’une commune du Tarn et de nombreux hameaux. Lavaur est formé sur Vaur, variante de l’occitan Vabre (= ravin, torrent encaissé).
Labeylat Aujourd’hui disparu et porté dans l’Hérault vers 1900, c’est un toponyme, à rapprocher du nom de famille Beylat (24, 38). Signification probable : le domaine ou la juridiction du bailli.
Labeyrie Fréquent dans les Landes et plus généralement en Gascogne, désigne celui qui habite un lieu-dit la Beyrie ou en est originaire. Signification du toponyme : verrerie (gascon vèiria, du latin vitrina). A noter les communes de Beyrie (64) et de Beyries (40).
Labia Le nom est porté en Bretagne (22), avec un sens qui ne m’est pas connu. On le rencontre aussi dans le Tarn-et-Garonne. Quelques mentions anciennes en Provence, avec les variantes L’Abia, de Labia. Le nom est également présent en Italie, notamment dans les Pouilles (province de Foggia). Dans le sud de la France, il est possible qu’on ait affaire à un toponyme désignant une abbaye, avec agglutination de l’article (c’est ainsi que le chanoine Gros expliquait les toponymes savoyards Labia et Labiaz).
Labiche Le nom est porté dans la Manche et les départements voisins (27, 28), ainsi que dans les Yvelines et la Seine-et-Marne. Comme tous les surnoms liés à un animal, son interprétation est malaisée. Il peut symboliser la douceur, mais aussi l’agilité ou le caractère craintif.
Labidurie Nom porté dans la Haute-Vienne, plus courant sous sa forme francisée Labidoire. Variante : Labidourie. Désigne celui qui habite un lieu-dit ainsi appelé ou qui en est originaire. A noter le hameau de la Bidoire à Châteaumeillant (18), ainsi que des lieux-dits à Moriat (63) et La Nouaille (23). Un cours d’eau du Cher s’appelle la Bidoire (Genouilly). Sens incertain : peut-être un lieu où pousse le sorbier (bidor en Gascogne).
Labille Nom porté en Bourgogne. Sens incertain : on a proposé parfois le surnom d’un homme rondouillard, ou encore une agglutination de ‘l’habile’.
Labillois On rencontre ce nom dans le Morbihan, mais c’est en Picardie (Aisne) et en Belgique qu’il a toujours été le plus présent. Son sens est incertain, d’autant que les variantes sont nombreuses : Labyois, Labyoit, Labilloy, Labio, Labiois, Labios, Labiod, Labioit, Labiwez, Labiwoit. Difficile dans ces conditions de savoir quelle est la forme la plus ancienne. Debrabandere propose celui qui est originaire de Labiwé, lieu situé à Baulers (commune de Nivelles), en Brabant Wallon. J’aurais pour ma part tendance à pencher vers celui qui habitait un lieu-dit “l’Abbaye”, sachant que ce mot s’est souvent écrit “abbie, abby” (nombreux exemples dans le Pas-de-Calais). On peut aussi se dire que des formes telles que Labiois et Labyois ne sont pas très éloignées de Lobjois (voir ce nom), qui désigne un Albigeois.
Labinal Assez rare, le nom se rencontre dans le Gard et dans le Lot. Il désigne celui qui habite un lieu-dit Labinal ou Lavinal, ou qui en est originaire. Signification : diminutif de l’occitan lavina (= terrain raviné, fossé). A noter les hameaux de Lavinal à Gavaudun (47) et à Sansac-de-Marmiesse (15). On rencontre dans le Lot le nom de famille Lavinal. Les noms Labinaud, Labineau, portés en Charente, devraient avoir le même sens et renvoient au hameau de Labinaud à Bonnes (16).
Labiscarre Porté dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, c’est un toponyme à rapprocher du basque bizkarr (= sommet, arête). Le même mot (à la fois basque et aquitain) est à l’origine de Biscarosse (commune des Landes).
Labiste Porté dans le Sud-Ouest, c’est un toponyme gascon désignant un lieu d’où on a une belle vue. La plupart des hameaux portant ce nom se trouvent dans les Pyrénées-Atlantiques (Salies-de-Béarn, Castagnède, Baigts-de-Béarn).
Labit Nom de famille rencontré dans diverses régions de France, notamment les Pyrénées (65), l’Aveyron, la Normandie et la Picardie. On considère généralement qu’il s’agit du toponyme L’Habit (= l’habitation), nom porté notamment par une commune de l’Eure. Dans le Sud-Ouest, c’est plutôt une variante de Lavit (voir ce nom).
Labite C’est dans l’Orne et la Sarthe que le nom, aujourd’hui très rare, était le plus porté. La variante picarde Labitte est beaucoup plus fréquente. Selon la plupart des dictionnaires des noms de famille, le nom évoquerait l’ancien français bite (= pierre grossièrement équarrie), et pourrait être le surnom d’un carrier. Le seul problème, c’est que je n’ai pour ma part jamais rencontré le mot employé avec cette acception. On rencontre par contre le mot bitte en Normandie dès le XIVe siècle avec le sens de poutre transversale, puis pièce de bois permettant l’amarrage des navires. C’est également en Normandie que l’on trouve le verbe abiter (= toucher à, puis avoir des relations charnelles, verbe qui pourrait être à l’origine de notre bite actuelle). Enfin, il est très possible que Labite (et aussi Labitte) soit une variante de Labit, de sens toponymique (= l’habit, au sens de habitation), rencontré précisément dans la région concernée : on trouve dans l’Eure la commune de l’Habit, et dans la Sarthe un hameau portant le même nom.
Lablanche Nom porté dans l’Indre, également présent autrefois dans la Creuse. Désigne soit la femme de celui qui s’appelle Blanc, soit celle qui a les cheveux blancs. Dans les deux cas, il s’agit d’un matronyme.
Lablatinière Le nom est très rare. Les plus anciennes mentions connues le situent dans le Lyonnais. Il semble renvoyer à un lieu-dit “la Blatinière”, possible dérivé de “blat” (= blé). Voir aussi Bladinières.
Laboissière Désigne celui qui est originaire d’une localité portant ce nom (= lieu buissonneux, ou encore endroit où pousse le buis). Le patronyme est surtout présent dans le Puy-de-Dôme et la Nièvre. On le rencontait aussi autrefois dans l’Ouest (44, 79), où plusieurs communes s’appellent la Boissière.
Labonne Fréquent dans le Puy-de-Dôme, rencontré aussi en Dordogne et dans le Sud-Ouest, désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit La Bonne, Labonne, toponyme dans lequel bonne est une variante de borne (limite entre deux territoires). On trouve, avec le même sens, le nom Labonde (71, 69).
Labonté Probable surnom d’un soldat, le nom est porté au Québec, on le rencontre aussi en Guadeloupe. Parmi les premières mentions au Québec, signalons Clément dit Labonté, Petit dit Labonté, Végiard dit Labonté.
Laborde Toponyme très fréquent, désignant une ferme, une métairie. Le nom borde désignait au départ une maison en planches (francique bord = planche). Le patronyme Laborde (habitant d’une borde, ou originaire d’un lieu-dit La Borde) est surtout fréquent dans le Sud-Ouest.
Laboriaux Nom assez rare porté dans l’Ile-de-France. C’est une variante de Laborieux (85), qui pourrait bien être une autre forme du mot ‘laboureur’, comme semblent l’indiquer les diverses variantes Laboureux (85), Labouriaux (Bourgogne), Labouriau.
Laborie Nom du Sud-Ouest. Pour le sens, voir Boyrie.
Labossière Variante rare de Laboissière (voir ce nom) portée dans l’Eure.
Laboudigue Tout comme Boudigue et Boudigues, le nom est originaire des Landes (à noter cependant la présence du nom Boudigue dans l’Ariège depuis le XVIIe siècle au moins). Il désigne celui qui habite un lieu-dit (la) Boudigue ou en est originaire. Le toponyme, très répandu dans les Landes, désigne une terre en friche (prélatin “bodica”). Voir aussi Bouygues.
Labouèbe Nom présent dans le Territoire de Belfort au moins depuis le XVIe siècle. Variantes anciennes : Laboube, La Boube. Désigne sans doute celui qui est originaire d’un lieu-dit la Bouèbe. Le toponyme est assez courant (soit sous la forme Bouèbe, soit écrit Boube), mais on ne le rencontre pas vraiment dans cette région (une mention dans le 71, cependant). Je n’en connais pas la signification.
Labourdette Fréquent en Béarn, désigne celui qui habite un lieu-dit la Bourdette (= la petite ferme, diminutif de Borde).
Labouré Le nom est très présent dans la région lyonnaise (42, 69), on le rencontre aussi dans le Nord. En ancien français, laboré signifie travail, mais aussi terre, champ labouré, ce dernier sens devant être à l’origine du patronyme. Variante : Labourée (10, 89).
Laboureix Nom porté dans la Creuse : désigne celui qui est originaire du hameau de Laboureix (commune de Pionnat). Sens du toponyme : sans doute petite terre labourée.
Labourel Surtout porté en Lorraine (88, 54), c’est en principe un diminutif de “labour”, qui devrait désigner un petit cultivateur (sens attesté en Champagne pour “labouriot”). Variante : Labourelle. Avec vocalisation de la finale : Laboureau (Bourgogne).
Laboureur Porté notamment en Vendée (variante : Laboureux), dans le Nord et le Puy-de-Dôme, désigne un laboureur, le terme s’étant spécialisé sous l’Ancien Régime pour désigner les paysans riches, disposant d’une charrue et de boeufs.
Labousse Le nom est porté dans le Morbihan. On le rapprochera des formes Labous (29) et Laboux (56). C’est l’équivalent du français Loiseau (voir Loisel), le mot breton “labous” signifiant “oiseau”.
Laboutique Curieux nom porté dans la Marne. Sans doute le surnom d’un marchand (sachant que la boutique médiévale se composait parfois simplement de quelques tréteaux et de planches).
Labracherie Désigne celui qui est originaire de la Bracherie, hameau à Saulgond (16). Signification probable : le domaine de Brache, nom de personne d’origine germanique (Bracco).
Labrande Porté notamment dans le Lot-et-Garonne et la Haute-Vienne, c’est un toponyme fréquent désignant une terre inculte, une lande où pousse la bruyère.
Labrasserie Le nom est très rare. Les plus anciennes mentions connues le situent dans la Manche. Il renvoie à un lieu-dit “la Brasserie” (= fabrique de bière, sens attesté depuis le XIVe siècle).
Labre Surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais, également présent en Auvergne et dans d’autres régions, c’est un toponyme évoquant la présence d’un arbre remarquable (voir Delabre pour plus de précisions).
Labrecque Porté au Québec, le nom vient de Normandie, où l’on trouve encore le patronyme Labrèque (14). Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit la Brèque (= brèche, coupure dans une haie). A noter le hameau de la Brèque à Harfleur (76).
Labriffe Nom surtout porté dans le Gers, où il désigne sans doute celui qui est originaire de La Briffe, hameau à Puycasquier, dans le même département. Le nom Labruffe, rencontré dans le même secteur géographique, pourrait en être une variante. Il existe également un hameau de la Briffe à Finhan (82), et une forêt de la Briffe à Joigny (89).
Labro Le nom est fréquent dans le Sud-Ouest (46, 12, 33). C’est un toponyme (nom de nombreux hameaux ou lieux-dits) correspondant à l’occitan “broa” (= bord, orée, talus).
Labrosse Variante de Labrousse (voir ce nom) portée en Saône-et-Loire et dans la région lyonnaise.
Labrot Le nom est surtout porté dans l’Ardèche (également 87, 89). Il désigne celui qui habite un lieu-dit la Brot, Labrot, ou qui en est originaire. Le toponyme est fréquent comme nom de hameaux dans la Drôme (la Brot à Lemps, Labrot à Saint-Barthélemy-de-Vals) et surtout dans l’Ardèche (Labrot à Saint-Étienne-de-Lugdarès, Gilhoc-sur-Ormèze, Chalencon, Vanosc). Il correspond à l’occitan broa (= lisière, orée, talus) : à titre d’exemple, le hameau de Labrot à Saint-Vincent (43) est appelé “mansus de la Broa” en 1340.
Labroue Le nom désigne celui qui habite un lieu-dit Labroue ou la Broue, ou qui en est originaire. Le toponyme, très fréquent en pays occitan, évoque un talus, l’extrémité d’un champ, le bord d’une rivière (occitan broa, du gaulois broga). C’est dans le Lot et le Tarn-et-Garonne que le nom de famille est le plus répandu. Avec un sens à peu près identique : Labrouas (26).
Labrousse Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée la Brousse, toponyme évoquant un terrain inculte, un lieu broussailleux. Le nom de famille est très répandu en Corrèze et dans le Cantal. Il existe d’ailleurs une commune appelée La Brousse dans ce dernier département.
Labroutil Nom porté dans l’Eure, dont les mentions anciennes et contemporaines sont très rares. A priori, il correspond au mot “broutille”, avec le sens de menus branchages (moyen français “brostilles”), soit comme toponyme (il existe un hameau “la Broutille”, mais dans l’Hérault), soit comme surnom d’un fagotier.
Labrugére Ou Labrugère. Surtout porté dans la Dordogne, le nom est cependant présent dans tout le Sud-Ouest. Il désigne celui qui habite un lieu-dit la Brugère (= la bruyère). Variantes : Labrugière, Labruguère, Labruguière.
Labrugnas Le nom est rare et apparemment assez récent sous cette forme. Il s’agit sans doute d’une déformation de Lasbrugnas, nom porté en Dordogne, peut-être originaire du Limousin. Variantes probables : Lasbraunias, Lasbronias. Le nom devrait renvoyer à un toponyme correspondant au mot “brunha” (= buisson) ou à “bronha” (= pomme de pin).
Labrunie Nom porté en Corrèze, dans le Lot et le Lot-et-Garonne. Variantes ou formes voisines : Labrunye (87), Labrunhie (46, 23). Il désigne celui qui est originaire de Labrunie, nom d’une vingtaine de hameaux, en particulier dans le Lot. Signification : la ferme, le domaine de celui qui s’appelle Brun.
Labry Nom surtout porté dans la Saône-et-Loire, rencontré aussi en Lorraine. On peut penser à une agglutination de “l’abri”, nom utilisé fréquemment en toponymie pour désigner un lieu abrité, mais ce n’est pas forcément le cas : une commune porte ce nom dans la Meurthe-et-Moselle et a un autre sens (le domaine de Laberius, nom d’homme latin). Labry peut aussi être une agglutination de “la Brie” (= lieu marécageux ou colline, selon les régions), nom d’un hameau à Saint-Trivier-de-Courtes (01).
Labusquière Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit Labusquière, toponyme rencontré dans le Périgord et dans la Creuse (variante Labussière). Sens du toponyme : lieu où pousse le buis (latin buxaria).
Labyt Nom porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Voir Labit.
Lacabanne Nom assez courant en Béarn. Variante : Lacabane. Désigne celui qui habite le lieu-dit la Cabanne, ou qui en est originaire. Sens du toponyme : souvent une cabane de berger, plus rarement une auberge.
Lacaille Courant en Normandie et en Picardie, ce nom est généralement considéré comme un sobriquet donné à une personne dodue comme une caille. Mais il peut aussi désigner celui qui est originaire d’un lieu-dit la Caille (= lieu caillouteux), toponyme très fréquent.
Lacampagne Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée la Campagne, terme évoquant une plaine, une terre fertile. C’est dans le Sud-Ouest (64, 47, 33) que le nom de famille est le plus répandu. On trouve plus rarement la forme plurielle Lascampagnes (64).
Lacan C’est dans l’Aveyron que le nom a toujours été le plus répandu. Egalement écrit Lacam (46, 82), Lacamp (11), Lacand (42), Lacans (31), Lacant (83, 06), il corespond au mot “calm”, toponyme qui désigne un plateau montagneux et aride, également un pâturage.
Lacanau Assez rare, le nom semble surtout porté en Provence, tout comme sa variante Lacanaud. C’est un toponyme évoquant un canal (le mot étant souvent féminin en occitan). On pensera bien sûr à la commune de Lacanau (33), mais le toponyme est très fréquent un peu partout.
Lacassagne Nom très fréquent dans le Sud-Ouest et notamment en Gironde, qui désigne un lieu planté de chênes. Beaucoup de lieux-dits portent ce nom.
Lacasse C’est dans le département du Nord que ce nom est le plus répandu. Il correspond au wallon casse (= caisse) et doit désigner un porteur ou un fabricant de caisses.
Lacassin Patronyme porté dans le Gard et dans le Sud-Ouest. Variantes : Lacassain (40), Lacassy (64). C’est un toponyme désignant un lieu où pousse le chêne (gaulois *cassanos).
Lacatte Le nom est surtout porté dans les Ardennes. A priori, il semble s’agir d’un matronyme correspondant à Lecat (= le chat, sobriquet), mais il convient de rester prudent. À noter l’existence d’un Bois Lacatte à Linay (08).
Lacault Rare, le nom est présent dans l’Indre-et-Loire depuis le XVIIe siècle. C’est une variante de Lacaud (36, 87), également écrit Lacaut (36). Il désigne celui qui est originaire d’une localité ainsi appelée : très fréquent dans la Dordogne, le toponyme est également présent dans l’Indre : un hameau s’appelle Lacaud à Crevant. Pour le sens, on pensera d’abord à l’occitan “cau” (= creux), qui est utilisé dans le Béarn pour désigner un ravin et qui a donné le nom de famille Lacau (64, 40). Autre possibilité : le préroman “calm” (= sommet aride, arrondi, puis pâturage).
Lacaze Forme du Sud-Ouest de Cases (voir ce nom), avec agglutination de l’article défini.
Lachaine Parfois écrit Lachaîne, le nom se rencontre au Québec, où son premier porteur, venu de Paris, avait comme surnom “Jolicoeur”. Il a dû être aussi porté dans le Lyonnais, puisqu’il y a un Pré Lachaine à Ambérieux (69). Difficile d’interpréter ce nom, qui pourrait être au départ un toponyme : de nombreux hameaux s’appellent La Chaine, La Chaîne dans diverses régions de France (peut-être une chaîne installée à un péage).
Lachaise Très fréquent dans de nombreuses régions françaises, le nom désigne celui qui est originaire d’une localité appelée la Chaise (vient du latin casa = maison). Le patronyme est particulièrement répandu dans le Limousin, en Auvergne et en Périgord. Quant au toponyme, on le trouve un peu partout (sauf dans les régions ou l’initiale Ca ne s’est pas transformée en Cha). Variante : Lachaize.
Lachambre Le nom est porté dans des régions très diverses : en Lorraine (88, 54), en Limousin (19, 23), mais aussi dans la Sarthe, le Nord-Pas-de-Calais ou la Picardie. Il correspond au mot “chambre”, très fréquent en toponymie pour désigner une demeure importante, un château.
Lachanaud Nom rare porté dans le Périgord et la Charente. Désigne celui qui habite un lieu-dit Lachanaud (ou la Chanaud) toponyme ayant le sens de canal d’irrigation (variante de chanal, chenal). A noter le hameau de Lachanau à Hourtin (33).
Lachance Le patronyme est très rare en France. Il s’agit sans doute d’un surnom donné à celui qui était heureux au jeu (au départ, chance = lancer de dés). C’est le genre de surnoms qu’on donnait souvent à des soldats, ce qui expliquerait sa présence au Québec plus souvent qu’en France. Dans ce cas, il est fréquent que le surnom du soldat se substitue à son nom de famille. On trouve d’ailleurs au Québec le nom de famille Pépin-dit-Lachance.
Lachant C’est aujourd’hui dans l’Aisne que le nom est le plus répandu, mais il n’en est peut-être pas originaire. Les plus anciennes mentions connues le situent dans l’Ardèche et la Loire (variantes : Lachand, Lachamp, Lachampt). C’est un toponyme (“cham”, variante de “calm”, en occitan et en francoprovençal terre inculte, lande, plateau désert).
Lachapelle Nom porté dans des régions assez diverses. Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée la Chapelle, toponyme très répandu en France. Variantes : Lachapèle, Lachappelle.
Lacharrière Équivalent de Charrière (voir ce nom), c’est un nom de famille rare, que les plus anciennes mentions situent dans la Haute-Saône, d’où il semble avoir gagné ensuite la Saône-et-Loire.
Lachassagne Porté notamment dans l’Allier et la Corrèze, le nom désigne un bois de chênes (Chassagne, variante nord-occitane de Cassagne). Avec le même sens : Lachasseigne (03), Lachassignol, Lachassignolle (23).
Lachasse Surtout porté dans le Loiret, désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit la Chasse, toponyme très répandu qui semble évoquer le plus souvent un champ clôturé.
Lachater Presque exclusivement rencontré dans les Côtes d’Armor, ce nom semble une transcription du français l’acheteur. Donc sans doute le surnom d’un négociant.
Lachâtre Porté en Limousin, désigne celui qui est originaire de La Châtre, commune de l’Indre, ou d’une autre localité au nom similaire. Sens du toponyme : forteresse, château fort (latin “castrum”). Avec le même sens : Lachastre, Lachartre (24).
Lachaume Porté dans le Limousin et la Vienne, désigne celui qui habite un lieu-dit “la Chaume” ou en est originaire. Le toponyme désigne une lande, un pâturage (du préroman “calm”). Diminutif : Lachaumette (87).
Lachaux Patronyme porté dans la Saône-et-Loire et les départements voisins (58, 21), également présent en Dordogne. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit la Chau(x), toponyme ayant le sens d’alpage, pâturage de montagne, plateau herbeux, très fréquent en Franche-Comté et en Bourgogne. En Saône-et-Loire, on peut penser notamment à la commune de La Chaux, dans l’arrondissement de Louhans. Variantes : Lachau, Lachaud, Lachaut, Lachot.
Lachello Nom italien originaire du Piémont. Il s’agit certainement d’un toponyme : un seigneur de Lachello est mentionné à Cherasco au Moyen Âge. Peut-être s’agit-il du village de Lachelle, également situé en Piémont (province de Vercelli).
Lachenal Le nom est assez fréquent en Savoie. Il désigne celui qui habite un lieu-dit la Chenal (= canal d’irrigation), nom porté par de très nombreux hameaux savoyards (le terme est tantôt employé au féminin, tantôt au masculin).
Lacheny Nom porté par une famille de la Haute-Vienne (Saint-Sylvestre au XVIe siècle), où il s’est parfois écrit Lacheni. Une branche de cette famille s’est ensuite installée dans le Loiret (variante graphique : Lachenie). On devrait avoir affaire à un nom de lieu, mais celui-ci est difficile à situer. Il existe bien un hameau appelé Chéni à Saint-Yrieix-la-Perche (La Senie sur la carte de Cassini ?), mais ce n’est pas du tout dans le même secteur géographique. Difficile également de se prononcer sur le sens.
Lachérade Porté dans la Creuse, désigne celui qui est originaire de Lachérade, hameau à Saint-Étienne-de-Fursac (23), ou encore de La Cherade à Saint-Vaury (23). Le sens du toponyme paraît identique à celui de Charade (voir ce nom).
Lacherez Le nom est porté dans le Nord-Pas-de-Calais et dans l’Oise. Variantes : Lacheretz (62) et sans doute Lacherest (02). Sens incertain. M.T. Morlet propose la forme l’acheret (= la petite hache, surnom donné à l’utlisateur de cet outil).
Lachery Nom surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais (variante : Lacherie). Désigne celui qui est originaire de Lacherie, hameau de la commune de Santes (59). M.T. Morlet pense que le lieu devrait évoquer une fabrique de lacets.
Lacheteau Le nom est surtout porté dans la Vienne, où l’on trouve aussi la forme Lacheteaux. C’est un diminutif de Lachet, qui semble avoir été un nom de baptême dans cette région : un lieu-dit s’appelle la Croix de Saint-Lachet à Château-Larcher (86).
Lachize Nom porté dans le Rhône et la Loire. Variante : Lachise. C’est une forme régionale de Lachaise, Lachaize (= la maison), et donc un toponyme devenu nom de famille. Formes voisines : Lachaze (15, diminutif Lachazette), Lacheize (87), Lachièze (49), Lachèze (19), Lachèse.
Lachkar Surnom arabe donné à une personne blonde ou rousse (arabe ‘al ‘ashqar). Dérivé : Lachkari.
Lachouille Apparemment aujourd’hui disparu, le nom était surtout porté autrefois dans l’Yonne. Il y a de fortes chances pour que “chouille” soit une variante de “souille”, toponyme évoquant un bourbier.
Lachuer Nom breton (variante Lachiver), apparemment un nom de métier, mais dont le sens est bien obscur. Semble correspondre au français l’acheveur (A. Deshayes, dans son dictionnaire des noms de famille bretons, signale une forme An Nacheveur en 1420), mais avec quelle signification ?
Lacipière Nom surtout porté dans le Cantal. Formes similaires : Lacipierre, Lacipieras (19, 24). C’est un toponyme de sens identique à Cipière (voir ce nom).
Lacire Le nom est porté dans l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan. Il faut bien sûr se méfier des solutions trop faciles, mais le nom semble évoquer la cire, au Moyen Âge essentiellement la cire à cacheter. On pensera donc soit à un producteur de cire, soit à un clerc de notaire.
Lacker Nom rencontré en Alsace. Désigne celui qui habite près d’une mare (bas-allemand Lake), ou qui est originaire d’une localité appelée Laak, toponyme très répandu depuis l’Autriche jusqu’à la Belgique.
Laclare Surtout porté dans les Pyrénées-Orientales (à Castelnou au moins depuis le XVIIIe siècle : Jean La Clara, 1742), le nom ne semble cependant pas catalan. Il doit venir du Sud-Ouest, et désigne celui qui est originaire d’une localité appelée la Clare (la clairière), nom de plusieurs hameaux en Aquitaine et dans le Tarn. On rencontre également le patronyme et le toponyme dans le Sud-Est (peut-être avec le sens d’étang).
Laclau Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit Laclau, toponyme très fréquent en Béarn (une dizaine de hameaux) avec le sens d’enclos.
Laclémence Porté dans l’Allier et le Cher, correspond à un ancien Alaclémence, caractéristique de cette région et désignant le fils de “la Clémence”, nom de personne féminin. De la même façon, Alamartine est devenu Lamartine.
Laclie Le nom semble originaire des Deux-Sèvres. Il s’agit sans doute d’un toponyme signifiant palissade, clôture (variante de claie).
Lacluque Le nom est porté dans les Pyrénées-Atlantiques. Il devrait s’agir d’un toponyme : un hameau s’appelle Lacluque à Maslacq (64). Cluque, prononcé “clouque”, pourrait être ici l’équivalent du français “cloche”. On trouve l’équivalent Lacluche dans le Tarn-et-Garonne. A noter l’existence d’un hameau appelé Sainte-Cluque à Boueilh-Boueilho-Lasque (64).
Lacoffrette Nom porté dans l’Indre. Variante : Lacofrette. Il devrait désigner celui qui est originaire de La Coffrette, hameau à Roches, dans la Creuse (La Coufrette sur la carte de Cassini). La métaphore avec un coffre, en toponymie, est généralement liée à la présence d’un dolmen (ici sans doute un petit dolmen).
Lacointe Surtout porté en Seine-Maritime, devrait correspondre à l’ancien français “acointe” (= ami). Le nom Lacointat (51) devrait en être un diminutif. Plus problématique, Lacointa est aujourd’hui porté dans la Haute-Garonne, mais pourrait être originaire de la Marne, où le nom était autrefois présent.
Lacombe Pour le sens, voir Comes. Le nom Lacombe se rencontre surtout dans l’Aveyron et les départements voisins. On a également formé, sur l’ancien français combele (petite combe), les noms Lacomble (54, 59, 52) et Lacombre (71).
Lacombled Le nom est surtout porté dans le département du Nord. Variantes : Lacomblé, Lacomblez. Sens incertain. Difficile d’y voir une petite vallée, dans la mesure où les mots “combe” et “combele” ne semblent pas avoir été employés dans cette région, où le patronyme est présent au moins depuis le début du XVIIe siècle (Forest-en-Cambrésis). On envisagera plutôt le participe passé du verbe d’ancien français “acombler” utilisé notamment avec le sens de remplir une mesure à ras bord (le mot “comble” a lui-même désigné une mesure pour les grains). Dans ce cas, il pourrait s’agir du surnom d’un marchand de grain.
Lacomparte Le nom était porté à Metz au début du XVIIIe siècle, où on le trouvait aussi sous la forme La Comparte. Il est ensuite passé en Allemagne (Trèves). Difficile d’en trouver le sens. En admettant qu’il n’y ait pas eu de transformation graphique, il pourrait s’agir d’un dérivé du verbe “compartir” (= diviser en parties égales), renvoyant à un éventuel toponyme.
Lacompte Porté dans le département du Nord, le nom s’écrit aussi Lacomte, Laconte. Sens incertain. Le nom paraît lié à l’ancien français “aconte” (= compte).
Laconche Surtout porté dans la Creuse, le nom désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit la Conche, toponyme évoquant une cuvette (au sens géographique du terme). On rencontre dans la Creuse des hameaux portant ce nom à Faux-la-Montagne et à Lépinas.
Lacondemine Le nom est surtout porté en Saône-et-Loire. Variante : Lacondemène. Il désigne celui qui habite un lieu-dit la Condemine (ou Condamine), terme correspondant au latin “condominium”, domaine réservé du seigneur, qui n’est pas attribué à des exploitants individuels.
Lacorre Surtout porté dans la Haute-Vienne, le nom s’écrit aussi Lacore. Les formes Lacord et Laccord en sont de probables déformations dues à l’influence du mot “accord”. Il désigne celui qui habite un lieu-dit “la Corre” ou en est originaire. C’est le nom d’un hameau à Saint-Sulpice-les-Feuilles (87). Le toponyme, plus fréquent dans l’Allier et surtout en Lorraine, évoque en principe le coudrier (il existe bien en occitan un mot “corre” désignant un torrent, mais il est masculin et se rencontre surtout dans l’Aude).
Lacoste Voir Costa, Coste. Le nom Lacoste est fréquent dans le Sud-Ouest (24, 64, 40). Variantes : Lacosta, Lacostas (également Lacostaz en Savoie).
Lacoua C’est dans l’Indre-et-Loire que le nom est le plus répandu (il y est attesté au moins depuis le début du XVIIe siècle). On trouve la variante Lacoue dans la Vienne. Il semble que ce soit le plus souvent l’équivalent de Laqueue (La Queue), toponyme désignant une terre ou un bois de forme très allongée. Une origine béarnaise n’est cependant pas à exclure : dans ce cas, il s’agirait plutôt d’un étang (équivalent de “lagune”, qui a d’abord désigné un étang dans le Sud-Ouest, latin “lacuna”).
Lacoudre Nom surtout porté dans le Loiret. Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée la Coudre, endroit où pousse le noisetier. Le toponyme est très fréquent. On notera entre autres la commune de La Coudre (79). Formes voisines : Lacoudras (71), Lacoudray, Lacoudrée, Lacoudres (Normandie).
Lacoulonche Porté notamment dans l’Orne et la Manche, désigne celui qui est originaire de La Coulonche, nom d’une commune de l’Orne. Sens du toponyme : terre défrichée par un colon (latin “colonica”).
Lacoume Variante de Lacombe (voir Combe et Comes) surtout portée dans les Pyrénées-Atlantiques. Diminutif : Lacoumette (64).
Lacour Ce nom peut évoquer une maison ayant une cour particulière, mais on pensera surtout au mot “cour” avec le sens de domaine rural, toponyme très répandu. C’est dans la Saône-et-Loire et la Dordogne que le nom de famille est le plus répandu. Variantes : Lacourt (81), Lacourte (59, 02). En composition : Lacour-Dumazac, Lacour-Gayet.
Lacourière, Lacourrière Le nom semble originaire du Limousin. Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée la Cour(r)ière, nom de hameau très fréquent du Limousin au Bordelais. Sens du toponyme : lieu planté de noisetiers, de coudriers (ancien français courre).
Lacourly Porté en Poitou-Charentes (16, 86), le nom s’écrit aussi Lacourli, Lacourlie. On trouve dans la même région les noms de famille Courlit et Courly. Il semble renvoyer à un toponyme, peut-être La Courelie, hameau à Biras, en Dordogne. À noter aussi le lieu-dit “les Courlies” à Valdivienne (86). Le nom paraît être dérivé de “coureau”, terme qui désignerait le coudrier selon M.-T. Morlet.
Lacourse Porté au Québec, devrait être le surnom d’un soldat. Parmi les premiers porteurs du nom, on notera Gélinas dit Lacourse (XVIIe siècle), mais aussi Lacourse Bourbeau.
Lacoursière C’est un nom porté au Québec depuis le XVIIe siècle (premier arrivant, Rivard dit Lacoursière, venu sans doute de l’Orne). La Coursière est un toponyme fréquent dans l’Ouest, avec le sens de raccourci, également lisière du champ où tournent les charrues. A noter, dans l’Orne, des hameaux à Courménil et à La Baroche-sous-Lucé.
Lacourtablaise Nom que l’on rencontre à la fois en Saône-et-Loire et dans l’Ain. Désigne celui qui est originaire du lieu-dit la Court à Blaise, autrement dit la ferme de Blaise, le domaine de Blaise. Il existe un hameau appelé Courtablaise à Trades (69).
Lacoustille Porté dans les Pyrénées-Atlantiques, désigne celui qui habite un lieu-dit la Coustille (= la petite côte, le petit coteau). Avec le même sens : Lacoustète, Lacoustette. A noter aussi le nom Lacoustasse (= le mauvais coteau).
Lacoux Le nom est porté en Limousin et dans le Berry. Variante : Lacous. C’est un toponyme très répandu. Pour le département de l’Indre, où le nom de famille est le plus fréquent, trois hameaux s’appellent Lacoux : à Bazaiges, Éguzon-Chantome et Mohet. Sens incertain : le mot “coux” semble avoir le sens de terrain pierreux, mais on le rencontre parfois aussi pour désigner le houx.
Lacquit Surtout porté dans le Puy-de-Dôme et la Nièvre, le nom est également présent dans la Moselle, surtout sous la forme Laquit. Il renvoie à l’ancien français “aquit”, terme qui a désigné une redevance, un droit de péage, mais aussi (Godefroy) un lieu exempt de redevance.
Lacrampe Pour le sens, voir Crambes. C’est un nom très répandu en Gascogne, région dans laquelle le nom cambra (= chambre) est devenu cramba ou crampa. Variante : Lacrambe (31). Diminutif : Lacrampette (64).
Lacreuse Porté en Haute-Saône et dans le Territoire de Belfort, désigne celui qui habite un lieu-dit la Creuse, toponyme avec le sens de dépression, ravin. Diminutif : Lacreusette.
Lacroix, Lacreu La forme française et la forme catalane d’un même nom, désignant celui qui habite près d’une croix ou dont la maison possède une croix. Dans la région de Prades (P-O), la plupart des Lacreu ont francisé leur nom en Lacroix à partir du XVIIIe siècle.
Lacrouts Porté en pays gascon (64, 40, 33), c’est un toponyme, équivalent du français Lacroix (lieu où se trouve une croix, ou encore croisée des chemins, carrefour). Variante : Lacroutz. En composition : Lacrouts-Bernèce, Lacrouts-Borie, Lacrouts-Cazenave, Lacrouts-Montalieu, Lacrouts-Peyre, Lacrouts-Pucheu. Forme voisine : Lacroux (81, 82).
Lacroze Nom porté dans la Loire et la Saône-et-Loire, ainsi qu’en Dordogne et dans la Charente (variante : Lacrose). Voir Croze pour le sens.
Lacure Porté notamment dans la Nièvre et en Normandie, désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit la Cure, toponyme très répandu en France, notamment dans l’Allier et les départements voisins (= le presbytère).
Ladam Porté notamment dans le Nord, l’Oise et la Marne, correspond à Adam (voir ce nom) précédé de l’article défini.
Ladame Le nom est originaire de la Creuse, tout comme la forme similaire Aladame. Il a dû désigner celui qui faisait partie de l’entourage d’une “dame” (châtelaine), ou encore qui habitait une terre lui appartenant : André Alabergère (voir bibliographie) signale divers lieux appelés Terre à la Dame, Étang à la Dame etc.).
Ladan Le nom est surtout porté dans le Finistère. Il peut s’agir d’un surnom évoquant le rossignol (breton adan = rossignol de mur), mais on pensera aussi au prénom Adam, surtout lorsque le nom se rencontre ailleurs qu’en Bretagne.
Ladarré Porté dans les Pyrénées-Atlantiques, c’est au départ un toponyme, où on trouve l’adverbe “darrèr” = derrière (également à l’ouest en pays gascon). Le premier élément est soit l’adverbe “la” (= là), soit l’occitan “lar” (= foyer, par extension maison). À noter les hameaux ou lieux-dits Ladarré à Lées-Athas, Agnos et Escot (64).
Ladaurade Nom rencontré uniquement dans les Pyrénées-Atlantiques (Lucq-de-Béarn). Personne ne semble en connaître vraiment la signification, mais il semble s’agir d’un toponyme. Deux pistes : d’abord le village d’Aurade (Gers), ensuite l’église et le quartier de la Daurade, à Toulouse. Il y a apparemment un rapport avec l’or (latin aurum), et pour ma part je verrais volontiers dans ce nom une ancienne localité proche d’une mine d’or.
Ladavière Porté notamment dans la Loire, désigne celui qui habite un lieu-dit la Davière ou en est originaire. Très répandu (surtout dans l’Ouest), le toponyme semble signifier ‘le domaine de Davy’ (= David).
Ladent Egalement écrit Ledent (voir ce nom pour le sens), le nom est surtout porté dans la Somme et dans le département du Nord.
Laderrière Porté dans le Nord-Pas-de-Calais (variantes : Ladérière, Ladrier, Ladrière), le nom se rencontre aussi sous la forme Deladerrière (voir ce nom pour le sens). On rencontre dans le Doubs la forme Ladevant, qui en est apparemment le contraire.
Ladet Les anciennes mentions du nom le situent surtout dans l’Ardèche et dans l’Aveyron, d’où il s’est étendu aux départements voisins. Il semble s’agir d’un dérivé de l’ancien occitan “lat” (= large), qui a pu aussi désigner en topographie un plateau dans certaines régions.
Ladeuil Porté notamment en Dordogne, le nom se rencontre aussi dans la Marne et la Seine-et-Marne (variante : Ladeuille). C’est un toponyme : en Dordogne, on pensera à Ladeuil, hameau de la commune de La Douze. Ailleurs, il doit s’agir d’une agglutination de la Deuille, nom de divers ruisseaux ou sources (M.T. Morlet).
Ladeuix Le nom est porté dans le Sud-Ouest (64, 40). Variante : Ladeuich. Il désigne celui qui est originaire de la commune de Ledeuix (64) ou d’un hameau portant le même nom. La commune de Ledeuix (Ledux au Xe siècle) est fréquemment écrite Laduix(s) au Moyen Âge. Signification du toponyme : soit un conduit d’eau, un canal (latin “ductus”), soit un abreuvoir ou un lavoir (gascon “leduy”, solution proposée par E. Nègre).
Lados Surtout porté en Gironde, devrait désigner celui qui est originaire de la commune de Lados, dans le même département.
Ladoucette Nom porté en Lorraine (55, 57), diminutif de Ladouce (08, 55). C’est un matronyme, surnom donné à une femme ou à une fille douce.
Ladrat Le nom est porté dans la Charente et la Haute-Vienne. Variante : Ladras. Il paraît désigner celui qui est originaire de Ladrat, hameau à Saint-Julien-le-Petit (87), à condition que le toponyme soit antérieur au nom de famille. Il convient de noter que Ladras est un nom de personne attesté par le lieu-dit Saint-Ladras à Goudargues, dans le Gard. Le nom de personne pourrait correspondre à Ladre, variante de Lazare, mais un texte en latin de la Renaissance donne pour ce lieu-dit une forme “Sancti Ledracii” qui, si elle est correcte, laisse supposer une autre origine.
Ladre Un nom presque exclusivement concentré dans l’Ain. Il peut s’agir du surnom donné à un lépreux ou de la forme populaire du prénom Lazare, l’origine étant la même : on se rappelle que Lazare était, dans la parabole de Jésus, le pauvre couvert d’ulcères à la porte du mauvais riche (Lazarus > lasdre > ladre).
Ladril Très rare, le nom semble venir de Belgique, où on trouve aussi les noms Ladrie, Ladrille. Il devrait s’agir d’un toponyme correspondant au moyen français “ladrerie, ladrie” (= léproserie).
Laduguie Nom porté dans le Lot et le Lot-et-Garonne. Variantes : Laduguy, Laduie. Il désigne sans doute celui qui est originaire de la Duie, hameau à Thézac (47). Sens du toponyme : canal, aqueduc (du latin ducere).
Ladurelle Nom porté dans les Ardennes, la Marne et la Meuse. Sens incertain. Le nom Durelle existe comme toponyme (et nom de famille), mais pas dans cette région (c’est notamment le nom d’un hameau à Jure, dans la Loire). On envisagera plutôt un diminutif de l’ancien français “aduré”, qui a eu le sens de “maître, seigneur”, et qui désignait un magistrat dans certaines villes du nord de la France.
Laennec, Laënnec Nom breton porté dans le Finistère. Il est mentionné pour la première fois à Cadol (commune de Melgven) au XVIe siècle, comme variante de Lohennec. Ce dernier terme est un toponyme formé sur “oc’hen” (= les bœufs). Plusieurs hameaux correspondent à ce nom. Géographiquement, le plus proche de Cadol se situe à Querrien : il s’appelle Nohennec. À peu de distance, la carte de Cassini mentionne un autre hameau nommé Le Hoennec.
Laeuffer Porté dans le Bas-Rhin (variante : Laeufer), correspond à l’allemand Läufer (= courrier, messager). Variantes : Läufer, Läuffer.
Lafage Nom occitan. Désigne une hêtraie (faga < latin fagea). Le patronyme peut aussi désigner une personne originaire de l’une des nombreuses communes portant ce nom. Il en existe notamment une dans l’Aude.
Lafaille Le nom est surtout porté dans l’Ariège et les Hautes-Pyrénées, on le rencontre aussi en Belgique. C’est dans la plupart des cas un toponyme pour lequel on peut envisager diverses solutions : soit le sens actuel du mot “faille”, soit l’occitan “falha” (= torche, flamme, brandon), soit encore une déformation de Lafaye (voir ce nom). On notera cependant qu’en Belgique la faille était une coiffure portée par les bourgeoises flamandes. Variante : Laffaille (65, 31).
Lafaix Nom surtout porté dans le Centre (18, 45). C’est une variante de Lafay, Lafaye, toponymes évoquant une hêtraie. Plusieurs hameaux s’appellent La Faix, situés presque tous dans l’Allier. Il en existe cependant un dans le Cher, à Ivoy-le-Pré. Formes similaires : Lafaie (58), Lafaiye (72), et sans doute aussi Lafait (03).
Lafanechère Nom surtout porté dans l’Allier, où l’on trouve aussi la variante Lafanechaire. Désigne celui qui est originaire de La Fanechère, nom d’un hameau à Ars-les-Favets (63).
Lafargue, Laffargue Noms du Sud-Ouest signifiant la forge, et désignant celui qui habite l’un des innombrables lieux-dits ainsi appelés. Autres formes : Lafarge (87, 63), Laffarge (63, 87).
Lafarguette Désigne celui qui habite un lieu-dit la Farguette (= la petite forge). Le nom est surtout porté dans le Lot. Avec le même sens : Lafargouette, Lahargouette (64).
Lafaurie Surtout porté dans les Landes (également 24, 33, 46), le nom a le sens de “forge” (gascon “hauria”, “fauria”).
Lafay Variante de Lafaye (= lieu planté de hêtres) fréquente dans le Forez et le Lyonnais.
Lafaye, La Faye Nom porté dans le Périgord et plus généralement dans le Sud-Ouest. Voir Faye.
Lafaysse Surtout porté en Dordogne, désigne celui qui habite un lieu-dit Lafaysse, la Faysse, ou qui en est originaire. Signification du toponyme : bande de terre, terrasse.
Lafazan Le nom est d’origine turque. Je n’en sais hélas pas plus.
Laferté Surtout porté dans l’Ille-et-Vilaine (variante ancienne : Lafferté), désigne celui qui est originaire d’une localité appelée la Ferté, toponyme fréquent avec le sens de maison ou enceinte fortifiée. Pour l’Ille-et-Vilaine, c’est le nom de hameaux à Bain-de-Bretagne, Muel, Le Pertre et Vergeal. Le nom de famille a été aussi porté dans l’Est, où on notera les communes de Laferté-sur-Amance et Laferté-sur-Aube (52).
Lafeuille Surtout porté dans le Lot et en Corrèze, désigne celui qui est originaire de Lafeuille, nom d’une commune du Lot (Saint-Pierre-Lafeuille) et d’un hameau en Corrèze (commune de Meilhards). Sens du toponyme : on envisage le plus souvent un lieu feuillu, boisé, mais feuille peut aussi être une déformation de faye (= bois de hêtres), tout dépend des textes anciens.
Lafferranderie Nom porté dans les Hautes-Pyrénées. Variante : Lafferanderie. C’est un toponyme désignant soit une forge de maréchal-ferrant, soit le domaine de Ferrand (voir ce nom).
Laffert Nom assez rare porté en Alsace-Lorraine. Rencontré aussi sous la forme von Laffert, il désigne celui qui est originaire de Klein Lafferde ou de Latferde, localités de Basse-Saxe. On peut penser aussi à la commune de Laffeld (Nord-Rhénanie-Westphalie).
Laffougeole Nom porté dans le Tarn-et-Garonne, où l’on trouve aussi la forme Lafougeole. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit La Fougeole, nom d’un hameau à Ambert (63), rencontré aussi sous la forme Foujolle à Meymac (19). Sens du toponyme : sans doute une déformation de Fageole (= hêtraie).
Laffrat Nom rare porté dans l’Aube, avec comme variantes Laffra, Lafrat, Lafra. Sens obscur.
Laffüt Également écrit Laffut, Lafut, Laffutte, c’est un nom porté dans les Ardennes belges, en particulier vers Dinant. Le rapport avec le français “affût” est possible, mais douteux. On envisagera plutôt la suggestion d’Herbillon et Germain (voir bibliographie), proposant une variante du wallon “afru”, avec le sens de terrain défriché (à l’origine des noms de famille Lafru, Lafrut, Lafruit, Lafrux).
Lafilay Le nom, rare, se rencontre en Normandie (76). Je n’ai pour l’instant aucune idée sur sa signification.
Lafitte Pour le sens, voir Fita. Le nom Lafitte est très fréquent dans le Sud-Ouest, où plusieurs communes et hameaux s’appellent ainsi. Variantes : Laffite, Laffitte, Lafite. Diminutifs : Laffitau, Laffiteau, Laffittau, Lafitau, Lafiteau, Lafittau, Lafitteau.
Laflamme Très rare en France, le patronyme se rencontre essentiellement au Québec et fait partie des surnoms portés par des soldats. Le premier porteur du nom au Québec s’appelait Quemeneur dit Laflamme (voir Quemener).
Lafleur Fréquent en Meurthe-et-Moselle, également répandu au Québec, fait partie des surnoms fréquemment donnés à des soldats, sans qu’on en sache trop la raison.
Lafond Voir Lafont. Le patronyme Lafond est courant dans l’Allier et la région lyonnaise.
Lafont, Lafon, Laffont Formes de Font = source, fontaine (voir ce mot) avec agglutination de l’article. Signifie la fontaine.
Lafontaine Celui qui habite auprès d’une fontaine, ou qui est originaire d’un lieu-dit ou d’un hameau portant ce nom. Outre Paris, le patronyme est assez répandu en Lorraine (54, 57) et en Haute-Savoie.
Lafontanie Porté dans le Gers, désigne celui qui habite un lieu-dit La Fontanie (endroit où il y a des sources).
Laforest, Laforêt Désigne celui qui habite près de la forêt ou qui est originaire d’un lieu-dit la Forêt. On trouve les Laforêt notamment dans la Saône-et-Loire et la Loire. Quant aux Laforest, c’est dans la Creuse qu’ils sont le plus nombreux. Variantes : Laforets (07, 76), Laforez (80).
Laforge Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit la Forge, ou bien celui qui travaille dans une forge ou habite à proximité. C’est un nom fréquent dans toute la France ou presque.
Laforgue, Lafforgue Variante de Laforge, Lafarge (voir Laforge), rencontrée surtout dans la Haute-Garonne, mais présente dans tout le Sud-Ouest. Les variantes Laforgues et Lafforgues sont plus rares.
Lafournère Désigne celui qui habite un lieu-dit la Fournère (gascon hornera = fournil). Le nom, rare, est porté dans les Pyrénées-Atlantiques. Variante : Lahournère.
Lafrance Le nom est porté au Québec et en Belgique. En France, on le rencontre dans le Nord-Pas-de-Calais (variante : Lafranche). Il désigne en principe celui qui vient de France (ou d’Île-de-France).
Lafranchise Rare en France, le nom y a surtout été porté dans la Nièvre, mais pourrait être originaire de l’Allier. Il devrait s’agir d’un toponyme, La Franchise ou Les Franchises, fréquent dans cette région, et qui a désigné soit un lieu d’asile, soit un lieu exempt de certains droits seigneuriaux. Le nom de famille est plus fréquent au Québec, le premier porteur étant apparemment un certain Beaune dit Lafranchise, venu de l’Allier.
Lafrenière, Lafrénière Désigne celui qui habite un lieu-dit la Frénière (= bois de frênes).
Lafrogne Surtout porté dans la Meuse, le nom correspond à l’ancien français “froigne” (= mine renfrognée). Sans doute un sobriquet pour une personne peu aimable.
Lafuente Nom castillan. Voir Fuentes et Font.
Lafuma Le nom est surtout porté dans la Drôme. Variantes : Lafumas, Lafumat. C’est un toponyme évoquant une terre fumée (engraissée par le fumier des bestiaux). A noter le hameau de Lafumat à Serves-sur-Rhône (26). On signalera aussi que le mot “fuma(t)” était souvent masculin, ce qui explique le nom de famille Lefumat (23).
Lagabrielle C’est dans l’Oise que le nom est le plus porté, il y est présent au moins depuis 1700. On le trouve aussi en Loire-Atlantique. Il est tentant d’en faire un matronyme, féminin de Gabriel, mais il s’agit certainement d’un toponyme, fréquent notamment en Vendée. Pourrait désigner un enclos de chèvres (gabre est en effet une variante du mot chèvre rencontrée dans certaines régions de l’Ouest). Le toponyme se rencontre également au pluriel (les Gabrielles), preuve supplémentaire qu’il n’a rien à voir avec un prénom.
Lagacé Nom aujourd’hui très rare. Malgré l’accent final, il doit correspondre au mot agace, agasse (ancien français agache) désignant une pie, et donc par métaphore une personne très bavarde. Le sens moderne du participe agacé ne date que du XVIIe siècle. Cependant, comme il s’agit souvent d’un surnom porté par des Français venus au Québec, ce sens est possible (surnom sans doute donné à un soldat).
Lagadec Le nom correspond à l’adjectif breton “lagadeg” (= qui a de bons yeux, éventuellement de gros yeux). Il est surtout porté dans le Finistère. Variante : Lagadeuc (22), Le Lagadec (22, 56). Autres dérivés de “lagad” (= oeil) : Lagadic (29), pour désigner peut-ête celui qui a de petits yeux (mais selon A. Deshayes c’est une variante de Lagadec), Lagadou (22), ou encore Lagadu, Lagatdu (22), Lagathu, Lagattu, Lagatu (29), celui qui a les yeux noirs (lagad + du).
Lagaignus Nom rare, rencontré dans le Finistère, où on trouve parfois aussi Le Gaignus. Inconnu des dictionnaires, et notamment du dictionnaire des noms bretons de Deshayes, il étonne par sa finale en -us. On y retrouve peut-être le vieux français gaaigne (devenu gaign en breton) qui peut avoir plusieurs sens dont celui de butin, pillage, qui est à l’origine de divers patronymes rencontrés en Bretagne (Le Gagnec, Gahaignon, Gagnon). Tous semblent des surnoms désignant une personne cruelle. Est-ce le même sens que l’on retrouve dans Lagaignus ? Difficile à dire.
Lagalisse Nom assez rare, rencontré en Bourgogne et en Franche-Comté. Variante : Lagalice. On trouve aussi la forme Lagalis dans les Ardennes et en Belgique. Sens incertain : M.T. Morlet envisage l’ancien français galice, forme altérée du mot calice, et y voit celui qui était chargé de l’entretien des vases et calices sacrés. Le dictionnaire des noms de famille en Belgique romane donne, pour Lagalis, l’ancien français agali (= poli, propret). A noter qu’en occitan le mot galis désigne un talus, un glacis.
Lagane Porté dans le Lot, le Tarn-et-Garonne et les départements voisins (variante : Laganne), désigne celui qui habite un lieu-dit “la Gan(n)e” ou en est originaire. Sens du toponyme : dans cette région, il devrait s’agir d’un fossé. Le mot “ganne” peut aussi désigner une mare, une terre humide ou inculte.
Lagant Nom porté dans l’Oise. Aucune idée quant à sa signification. Il s’écrivait Laguent en 1700, ce qui pourrait éventuellement le rapprocher des Laguens du Sud-Ouest (voir ce nom), mais l’écart géographique est quand même bien important !
Lagarce Porté en Franche-Comté (25, 90), a dû désigner une jeune fille (ancien français “garce”). A envisager aussi un surnom lié à la pie, appelée “garce” dans certaines régions.
Lagarde Rencontré surtout dans le sud-ouest, mais présent aussi dans d’autres régions de France, c’est un toponyme très fréquent, le mot garde désignant au départ une tour de garde, puis une forteresse (germ. warda). Donc, personne originaire de l’une des nombreuses localités portant ce nom.
Lagardère Toponyme désignant une petite tour de guet (garda + -era, équivalent gascon de -ella, suffixe diminutif), le nom est surtout porté en Gironde, dans le Lot-et-Garonne et le Gers (département où une commune s’appelle Lagardère). Avec d’autres terminaisons : Lagardelle (31, 82), Lagardette (23, 69).
Lagaron Assez rare, le nom est porté dans la région lyonnaise et dans la Nièvre. Au XVIIIe siècle, on le rencontrait dans la Creuse (La Chapelle-Saint-Martial). Il s’agit d’un toponyme, la Garon (sans doute nom de cours d’eau), que l’on trouve par exemple dans la Loire (château de La Garon, Saint-Barthélémy-Lestra).
Lagaronne Porté dans les Pyrénées-Atlantiques, le nom désigne sans doute celui qui est originaire de Lagaronne, hameau à Angous, dans le même département. Sens du toponyme : nom de rivière (racines prélatines gar = rocher + onna = cours d’eau).
Lagarosse Nom porté dans le Gers et les Landes, rencontré aussi sous la forme Lagarrosse. Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée la Gar(r)osse, Lagar(r)osse. Une commune landaise s’appelle Garosse. A noter aussi le hameau de Lagarosse à Lias-d’Armagnac et celui de Lagarrosse à Saint-Martin-d’Armagnac (32). Le sens du toponyme est incertain : en effet, les mots occitans garrossa, garrosta peuvent avoir plusieurs sens : garrigue, ajonc d’Europe ou vesce.
Lagarrigue Le nom est surtout porté dans l’Aveyron. Forme plurielle : Lagarrigues (46). Variantes rares : Lagarigue, Lagarrique. Il désigne celui qui habite un lieu-dit La Garrigue ou en est originaire (voir Garrigue pour le sens).
Lagarteira Nom portugais. C’est un toponyme dérivé de lagarto (= lézard). Donc celui qui est originaire d’un lieu-dit appelé Lagarteira, l’endroit fréquenté par les lézards.
Lagat Nom porté dans le Cantal, le Puy-de-Dôme et les départements voisins (19, 12). C’est un toponyme assez fréquent en Auvergne (nom de plusieurs hameaux), qui pourrait correspondre à l’occitan “lagas” (lac, mare, bourbier, grande quantité d’eau répandue).
Lagausie (de) Nom porté dans le Sud-Ouest (82, 31, 32). Renvoie à un toponyme, la Gausie, Lagausie, désignant sans doute un lieu où l’on entend le hibou, le chat-huant (occitan gaüs). Le toponyme se rencontre à Gimont (Gers), où deux hameaux s’appellent la petite et la grande Lagausie, ainsi que dans la Haute-Garonne (La Gausie, commune de Latrape).
Lagavardan Porté dans les Landes, le nom devrait renvoyer à la vicomté du Gabardan (ou Gavardan), dans le même département. Seul problème : pourquoi ce toponyme masculin a-t-il donné un nom de famille comportant un article féminin ?
Lageiste Nom porté dans le département du Nord. Sans doute une variante de Lagast(e), Lagache, qui désigne la pie, et donc le surnom d’un homme bavard.

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