A
B
C
D
E
F
G
H
I
J
K
L
M
N
O
P
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
Z

Noms commençant par L

La Duca-Lageiste
Lagel-Landriau
Landrin-Laseure
Lasgi-Lazzaroni
Le Baccon-Le Meur
Le Mevel-Le Youdec
Léa-Lehelloco
Lehérissier-Lescuyer
Lésébos-Lieffroy
Liégeard-Loisel


Léa, Lea Surtout porté dans le Sud-Est (06, 83), le nom semble y être d’origine italienne : dans ce cas, il s’agit d’un nom de baptême d’origine latine (Lea = lionne). Mais Léa peut aussi correspondre à un nom d’origine hébraïque, porté par la première épouse de Jacob (également appelée Lia) : fille aînée de Laban, elle fut imposée comme épouse à Jacob alors que celui-ci avait choisi sa cadette Rachel. Elle n’était sans doute guère appétissante, si l’on pense qu’en hébreu le’ah signifie la vache (sauvage).
Leal Porté en Espagne et au Portugal, correspond à l’adjectif français loyal. Autrement dit, un surnom donné en principe à un homme loyal. Le nom se rencontre aussi en Bretagne (29), où il semble avoir le même sens, même si A. Deshayes (Dictionnaire des noms de famille bretons) envisage aussi une contraction de Le Néal (= le poulain).
Leandri Patronyme italien ou corse. C’est un nom de baptême issu du grec Leiandros (latin Leander, Leandrus) dans lequel la seconde racine est évidente (andros = homme), la première étant plus incertaine (on hésite entre le latin leo = lion et le grec leos = peuple). Le nom a été popularisé par un saint espagnol qui fut archevêque de Séville à la fin du VIe siècle et lutta contre l’arianisme. Variante au singulier : Leandro. Les formes Léandre et Léandry sont portées dans les départements d’Outre-Mer.
Léaud Porté dans la Charente et les départements voisins, le nom peut aussi s’écrire Léau, Léault. Il correspond à l’ancien français “leal” (= loyal, légitime, de bonne qualité).
Leaurant Très rare et aujourd’hui porté dans la Côte-d’Or, c’est une variante de Laurent, venue peut-être de Lorraine (une ou deux mentions au XVIIIe siècle).
Léauté Le nom est porté dans l’Ouest (85, 44, 22). On peut penser à une forme médiévale du mot ‘loyauté’, mais il devrait plutôt s’agir d’un nom de personne d’origine germanique, Leothari (voir Lautier pour le sens). Formes voisines : Léautey, Léautez (région parisienne, 87, 21), Léauthé (16), Léauthier, Léautier (05).
Leb Le nom est porté dans le Territoire de Belfort et le Haut-Rhin. On le rencontre aussi sous la forme Leeb. Il correspond à l’allemand Löwe (= lion, moyen-haut-allemand lebe, lewe), dont il est le plus souvent une forme yiddish (également Leib). Chez les juifs askhénazes, c’est sans doute l’équivalent de Juda (cf. ‘Juda est un jeune lion’, testament de Jacob, Genèse, 49:9).
Lebacheley Le nom est porté dans la Manche, tout comme la forme voisine Lebachelier. Voir Bachelet pour le sens. En composition : Lebachelier de la Rivère.
Lebacle Ou Lebâcle, Le Bacle. Le nom est surtout porté dans l’Ille-et-Vilaine. Il correspond à l’ancien français “bascle”, qui a désigné un bâtard (enfant né hors mariage). Variante : Lebascle (44).
Lebacq Le nom est porté en Belgique et dans le Nord-Pas-de-Calais. Variantes : Lebacqz, Lebacque (59). On le considère généralement comme une forme francisée du néerlandais De Backer (= le boulanger). Le nom est présent en 1569 en Artois, tout comme les formes Le Baccre et Le Bacquerre. Ce qui est vrai pour Lebacq l’est sans doute aussi pour Lebacre, mais on précisera que ce dernier nom était autrefois présent dans l’Ille-et-Vilaine, ainsi que sa variante Lebascre, et qu’il s’agit là d’une variante par rhotacisme de Lebacle (voir ce nom).
Lebahy Porté dans l’Ille-et-Vilaine et en Normandie, le nom paraît correspondre à l’ancien français “bahi” (= ébahi, effrayé). Cependant, il pourrait aussi s’agir d’une variante de Lebailly (voir ce nom).
Lebailly Correspond à la fonction de bailli, représentant du seigneur dans la ville ou le village. Le nom est fréquent dans le Calvados. Variante : Lebaillif (50, 76).
Lebarbenchon Porté en Normandie (50), désigne celui qui est originaire du Brabant (avec métathèse du r). Variante : Lebarbanchon.
Lebargy Le nom est originaire du département de la Manche (La Baleine), il est également porté dans le Nord depuis le XVIIIe siècle. Le lexique d’ancien français de Godefroy signale un adjectif “bargis”, avec le sens de “bouffi”, qui pourrait expliquer le nom de famille.
Lebas Très fréquent en Normandie et en Picardie, c’est un sobriquet désignant celui qui a des jambes basse, qui est court sur pattes.
Lebassard Porté dans le Calvados (variante : Le Bassard), c’est un nom de sens incertain. Peut-être le même sens que Lebas (= petit, court sur pattes) ? On trouve dans la même région les noms Lebassac et Lebassacq, eux aussi assez obscurs (bassac = bissac ?).
Lebastard Nom porté dans la Manche et en Bretagne (44, 35). Désigne un enfant né hors mariage. Variantes : Lebatard, Lebâtard (50, 14, 53).
Lebatteux Voir Batteux pour le sens. Le nom est surtout porté dans la Sarthe. Variantes : Lebateux (72), Lebatteur (50, 72).
Lebaudy Le nom est surtout porté dans l’Orne, le Calvados et la Seine-Maritime. Il devrait correspondre à l’ancien français “esbaudi” (= joyeux, hardi).
Lebazonnier Porté autrefois dans le Calvados, correspond à l’ancien français “basenier”, désignant celui qui apprêtait ou vendait de la basane (peau de mouton), également utilisé au Moyen Âge avec le sens de marchand de “petits souliers”. Le nom de famille Lebasnier (50) devrait avoir le même sens.
Lebbad Nom arabe désignant un feutrier (celui qui fabrique le feutre utilisé pour la confection de tapis de prière ou de couvre-chefs). Variantes : Labbad, El Labbad, Ellabbad, Lebbed, Labbed.
Lebeau Désigne en principe celui qui est beau (voir Lebel pour le sens), mais on peut aussi penser à un personnage joyeux (voir Lebeault). Très fréquent, le nom est surtout porté dans l’Aisne (variante : Lebeaux).
Lebeault Porté en Bourgogne (21) et dans la Vienne, le nom se rencontre aussi sous la forme Lebault. Il semble s’agir d’un surnom donné à un homme joyeux (ancien français balt, baud). Variantes : Lebaud (44), Lebaut, Lebeaut (21, 71, 18).
Lebec Sous cette forme, le nom est surtout porté en Normandie. On trouve les variantes Lebecq et Lebecque dans le Nord-Pas-de-Calais. C’est dans la plupart des cas un sobriquet lié au mot “bec” (sans doute pour une personne bavarde ou qui a un grand nez). À envisager aussi dans certains cas un toponyme (bec, becq = ruisseau).
Lebed Nom russe dérivé de l’adjectif “leb” (= blanc) et désignant le cygne. Dérivé : Lebedev.
Lebedyk C’est un diminutif du russe Lebed (= cygne), lui-même formé sur “leb” (= blanc). A noter que Lebed a souvent été porté par des juifs askhénazes. Autres dérivés de Lebed : Lebedev, Lebedoff, Lebedov.
Lebègue Sobriquet désignant une personne qui bégaie. Le patronyme est très répandu en Picardie, où l’on trouve aussi les variantes Lebesgue (60) et Lebaigue (02).
Lebel Surnom donné à celui qui est beau (ancien français ‘bel’), sachant qu’au Moyen Âge l’adjectif s’appliquait plus à la grandeur des sentiments, à la bonté qu’à la beauté physique. C’est en Picardie que le nom est le plus répandu. Variante (éventuellement matronyme) : Lebelle.
Leber Nom surtout porté en Seine-Maritime et dans l’Eure, rencontré aussi dans le Haut-Rhin. Pour la Normandie, il doit s’agir d’une agglutination du breton Le Ber (celui qui est court sur pattes). En Alsace, on a affaire à un nom allemand désignant un boucher, un charcutier.
Lebernicheux Nom rare porté dans l’Ille-et-Vilaine, également écrit Le Bernicheux. Variante ancienne, très rare : Bernichoux. Il devrait s’agir d’un diminutif breton du prénom Bernard (ou d’un autre prénom formé sur la racine germanique “bern”).
Leberre Nom surtout porté dans la Loire-Atlantique et le Morbihan. Voir Le Berre.
Lebert Surtout porté dans la Sarthe (également 41, 45, 55), désigne peut-être celui qui s’appelle Bert (nom de personne d’origine germanique, racine berht = brillant). On peut cependant envisager un lien avec le breton Le Ber, surnom donné à un homme petit.
Lebertre Surtout porté en Normandie (27, 76), le nom s’écrit aussi Le Bertre. Sens obscur. On peut éventuellement voir dans Bertre une forme courte de Bertrand.
Lebesle Le nom est porté notamment dans la Sarthe, on le rencontrait aussi autrefois dans l’Ille-et-Vilaine. Difficile d’en donner le sens, d’autant que quelques formes anciennes comportent un accent (Lebeslé), mais semblent minoritaires. Avec cet accent, on peut penser au mot d’ancien français “besloi” (= injustice, perfidie), ou plutôt au toponyme Beslay, assez courant dans la région (un hameau s’appelle Le Beslay à Précigné), qui devrait désigner un bois de bouleaux. Sans l’accent, c’est plus délicat.
Lebesque Variante rare de Levesque, Lévêque (voir ce nom), le nom de famille est notamment porté dans l’Oise. Variante : Lébêque (61).
Lebeury Le nom est porté dans la Manche, et doit être rapproché des noms Lebeurier, Lebeurrier, Leberruyer, Leberrurier, Leberriais, rencontrés dans le même département. Les premières formes font penser à un fabricant ou un marchand de beurre, les autres désignent celui qui est originaire du Berry. Il est fort possible, sinon probable, que les premières soient une déformation des secondes. En tout cas, pour Lebeury, on pensera d’abord au Berry.
Leblanc Très répandu dans de nombreuses régions françaises, mais surtout dans le Nord-Pas-de-Calais, le nom désigne celui qui a le teint ou plutôt les cheveux blancs.
Lebled Surnom donné à un producteur ou à un marchand de blé. Le nom est porté dans l’Ouest (76, 49, 72). Variantes : Leblé, Leblet.
Lebleu Le nom est surtout porté dans le département du Nord, également dans l’Indre-et-Loire. Variantes : Lebleuf (50), Lebleux (21, 87). On trouve aussi les formes sans article Bleu (68, 72), Bleuf (23), Bleux (02, 80), Blou (87, 44), Blu, Blue (53). Le mot “bleu” est sans doute employé ici avec son sens primitif : pâle, livide, bleuâtre, ou encore blond pâle (latin médiéval blavus, du francique *blao).
Leblic Le nom est porté dans la Seine-Maritime. On trouve la forme Leblicq dans le Pas-de-Calais. Il semble correspondre à l’adjectif “oblique”, qui désignait en ancien français celui qui a le regard en biais, un hypocrite.
Leblois Porté dans l’Indre-et-Loire et la Haute-Vienne, désignerait selon Dauzat celui qui a les cheveux blonds (ancien français bloi = blond). On pensera aussi au surnom d’un bègue (ancien français blois).
Leblond Surnom donné à un homme blond. Nom surtout présent en Normandie et en Picardie.
Lebocey Le nom est porté dans la Manche (variante : Le Bocey). Il désigne un bossu (ancien français bocé), tout comme Lebossé (61, 35, 53) et Lebosset (14).
Leboeuf Surnom probable pour celui qui est fort ou corpulent comme un boeuf, le nom est fréquent dans de nombreuses régions, mais c’est en Vendée qu’il est le plus répandu. Variante : Lebeuf (80).
Lebon Surnom donné à un homme bon. Le patronyme est très fréquent dans le Nord (également à la Réunion).
Leborgne Surnom donné soit à un borgne, soit plutôt à celui qui louche (sens plus courant au Moyen Âge), le nom est porté dans la Seine-Maritime et le Nord-Pas-de-Calais.
Lebosquain Nom surtout porté en Normandie (Calvados) : celui qui habite dans le bocage.
Lebot C’est dans la Loire-Atlantique que le nom est le plus répandu. On pourrait avoir affaire à un sobriquet formé sur l’ancien français “bot” (= crapaud), mais dans cette région on pensera surtout à un toponyme avec deux sens possibles : soit un bois, un buisson, soit une demeure (breton “bod”).
Lebouc Surtout porté dans la Sarthe et dans l’Orne, présent aussi dans toute la Normandie, le nom fait partie des nombreux sobriquets liés aux animaux rencontrés dans cette région. Il semble plutôt péjoratif, et a dû s’appliquer à une personne sale. Mais, avec les sobriquets, il est difficile d’avoir une certitude.
Leboucher Désigne un boucher (voir Boucher). Le nom est fréquent en Normandie (14, 76 surtout).
Leboul Rencontré surtout dans la Sarthe, désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit le Boul (= lieu où pousse le bouleau), peut-être le hameau du Boul à Chevillé (72).
Leboulenger, Leboullenger Egalement Le Boulenger, Le Boullenger, Leboulengé, Leboulanger, Leboulangé, Leboullanger, Le Boulanger. Nom de famille porté le plus souvent dans la Manche. Voir Boulanger.
Lebourdais Le nom est surtout présent dans la Mayenne, où on le rencontre aussi sous la forme Bourdais. C’est un dérivé de “bourde” (= ferme, métairie), soit comme toponyme, soit pour désigner un fermier, un métayer. Variante : Lebordais (25, 50, 53).
Lebourgeois, Le Bourgeois Habitant d’un bourg, et surtout personne affranchie de la plupart des droits seigneuriaux.
Leboutte Nom porté surtout en Belgique. Difficile de savoir si l’article est ici masculin ou féminin. Au féminin, il pourrait désigner celui qui fait des bottes de foin, mais je penche plutôt pour le masculin et pour une variante de l’ancien français bot, bote désignant soit un crapaud, soit une personne toute petite ou (et) déformée. Le mot venant en principe de l’ancien germanique *butt (= flasque, émoussé), la forme boutte se justifie parfaitement. On trouve d’ailleurs en Bretagne les noms Le Bott et Le Botte qui ont le même sens.
Lebouvier Correspond au métier de bouvier. C’est dans la Manche que le nom est le plus répandu.
Lebranchu, Le Branchu Le nom est surtout porté en Bretagne (22, 35). Voir Branchu pour le sens.
Lebrave Surtout porté aujourd’hui en Martinique et en Guadeloupe, le nom n’a jamais été très répandu. Les plus anciennes mentions le situent dans l’Ille-et-Vilaine et la Haute-Vienne. L’adjectif “brave”, tardif en français, a d’abord désigné un homme fier, farouche. En occitan, le mot désigne aussi le taureau (“brau”).
Lebre Nom surtout porté dans la Haute-Loire (également Lèbre, Lébre). Il signifie lièvre en occitan, et doit être un surnom donné à un homme craintif (ou qui court vite, les deux sens sont possibles). Autre possibilité : un toponyme (lieu où il y a beaucoup de lièvres).
Lebret, Le Bret Porté en Normandie et en Haute-Bretagne (76, 35 surtout), le nom désigne un Breton. Variante : Lebré.
Lebreton, Le Breton Désigne celui qui est originaire de Bretagne. Le nom est surtout porté dans l’Ille-et-Vilaine (il est également très répandu aujourd’hui à la Réunion). Variantes : Lebrethon (14), Lebretton (42), Lebriton (59).
Lebrigand Très rare et porté dans l’Ille-et-Vilaine, c’est l’équivalent du nom Brigand (voir Briganti pour le sens).
Lebrument Le nom est porté en Normandie. Variantes : Lebruman, Lebrumant (également Le Bruman, Le Brumant, Le Brument). Voir Brument pour le sens.
Lebrun, Le Brun Surnom désignant celui qui a les cheveux bruns. Le nom est porté dans de nombreuses régions de France, mais c’est dans le Nord-Pas-de-Calais qu’il est le plus répandu. La forme Le Brun est caractéristique de la Bretagne et de la Manche.
Lebuis Uniquement porté aujourd’hui au Québec, désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit le Buis (= le bois, le buisson, ou bien sûr le buis). Aucune idée sur l’origine géographique exacte du nom de famille.
Lebulanger Le nom désigne un boulanger. Il est porté dans l’Orne, la Manche et la Mayenne. Variante : Lebullenger (53). Voir Leboulenger pour d’autres variantes.
Leburton Porté en Belgique, c’est une variante par métathèse de Lebreton.
Leca Très répandu en Corse, le nom renvoie à la seigneurie médiévale de Leca, située dans la région de Vico, le château de Leca (détruit par les Génois) se trouvant à Arbori. Le toponyme pourrait venir d’une racine préromane *lek, avec le sens de rocher plat, mais c’est loin d’être une certitude.
Lecadet C’est dans la Manche que le nom est le plus répandu. Voir Cadet pour le sens. A noter que le nom est porté dans le Morbihan sous la forme Le Cadet, où on pourrait voir un nom de personne formé sur la racine bretonne “cad” (= combat).
Lécallard Egalement Lécalard. Voir Ecalard.
Lécallier Nom surtout porté dans l’Eure, rencontré aussi sous la forme Lécalier (50, 76). Paraît désigner celui qui ouvre les huîtres (sens attesté dès 1303), mais pourrait aussi correspondre au métier de couvreur (les écailles étant parfois le nom donné aux ardoises du toit). Autres formes : Lécaillier (59, 62, 76), Lécaillez, Lécailliez (59).
Lecamp Surtout porté dans la Loire-Atlantique et la Vienne, rencontré autrefois dans la Marne et les Yvelines, désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit le Camp (= le champ). Dans certains cas (Bretagne), il faut peut-être envisager aussi une déformation du breton Le Cam, Lecam (= le boiteux).
Lecante Nom surtout porté dans la Creuse. Sans doute le surnom d’un chantre d’église (dérivé de cantar = chanter).
Lecanuet Nom fréquent en Normandie, formé sur Canuet, diminutif de Canu : qui a les cheveux blancs (en français chenu).
Lecapitaine Nom surtout porté dans la Manche. Voir Capitaine pour le sens.
Lecaplain Egalement écrit Lecapelain, Lecaplin, le nom est surtout porté dans la Manche. Il correspond à la fonction de chapelain (voir Chapelin), dont “capelain” est une forme normande.
Lecareux Fréquent en Picardie (02, 60), le nom correspond au métier de carrier (celui qui travaille dans une carrière).
Lecarpentier Le nom désigne un charpentier (voir Charpentier). Il est porté en Normandie (50, 76). Variante : Lecharpentier (50, 35).
Lecarre, Lecarré Le nom porte-t-il ou nom un accent ? Avec accent, il semble originaire de l’Est, et désigne un homme carré, trapu. Sans accent, nous sommes en principe en Bretagne, mais le patronyme est difficile à expliquer, et l’on se perd pour l’instant en hypothèses (ancien nom de saint ? toponyme ayant le sens de rocher ou de forteresse ?).
Lecarrié Porté dans la Manche, correspond à un métier : on hésitera entre un carrier et une variante normande de “charrier” (= charretier, voiturier).
Lecat Variante picarde de Lechat (voir ce nom), le patronyme est surtout porté dans la Somme et dans l’Oise, ainsi que dans le Nord-Pas-de-Calais.
Lecatelier Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Le Catelier. Outre une commune de Seine-Maritime, plusieurs hameaux portent ce nom à Saint-Aubin-du-Thenney et à Caorches-Saint-Nicolas (27), ou encore à Oissel (76). On trouve également les hameaux du Castelier à Saussey (50) et Saint-Désir (14). Signification : vient du latin castellare, dérivé de castellum (= forteresse). Autres formes du nom de famille : Lecastellier (50), Le Catelier (27). Les Lecatelier étaient surtout présents autrefois dans la Manche.
Lécaude Nom porté en Normandie (76, 27), sans doute au départ Lécaudé, à rapprocher de Lécaudey (50). Il désigne un marchand d’échaudés, gâteaux légers de pâte échaudée puis passée au four.
Lecaux C’est en Picardie (02, 60) que le nom est le plus répandu, on le rencontre aussi en Belgique et en Normandie (50, 14). Difficile de se prononcer. On peut penser au moyen français “caut” (= prudent, rusé). M.-T. Morlet propose le surnom d’un chauve, en s’appuyant sur une forme normande de l’ancien français “chauf”. À noter cependant que le nom s’est parfois écrit Lécaux, et dans ce cas on devrait avoir affaire à une variante de Lescaut, Lescaux (celui qui habite près de l’Escaut).
Lecavelier Le nom est porté en Normandie (50, 27, 76). Variantes : Lecavalier, Lecavellier (14). En composition : Lecavelier des Etangs, Lecavelier-Desétangs (76, 27). Cavemlier est une variante normande de Cavalier, Chevalier (voir Cavaillé pour le sens, voir aussi Cavelier).
Leccabue Nom italien très rare. Il signifie mot à mot ‘lèche boeuf’, et a pu désigner un lieu où l’on répandait du sel sur les pierres afin que les troupeaux viennent le lécher.
Leccia Assez courant en Corse, c’est un toponyme (nombreux lieux-dits) évoquant le chêne vert (corse “leccia”, italien “leccio”).
Lecerf Surtout porté en Normandie, le nom est sans doute un sobriquet désignant un mari trompé.
Lecestre Egalement écrit Lecêtre, le nom est surtout porté dans l’Yonne. Il devrait désigner celui qui habite un lieu-dit (le) Cestre ou en est originaire. Deux hameaux s’appellent Le Cêtre, mais ils se trouvent loin de l’Yonne : à Chalonnes-sur-Loire (49) et à Beruges (86). En Bourgogne, un hameau se nomme Cestres à Saint-Martin-du-Mont (21), un autre Cestre à Verdonnet (21).
Lecesve Surtout porté dans la Sarthe (variante : Lesesve), c’est un nom difficilement explicable sur lequel je préfère ne pas me prononcer.
Lech Nom porté en Alsace-Lorraine. Il peut s’agir d’un toponyme rencontré en Allemagne et en Autriche (c’est le nom d’un affluent du Danube), mais on pensera plutôt à un nom de personne polonais très répandu (nom du héros légendaire de la première tribu polonaise).
Lecha Nom originaire d’Espagne, dont je n’arrive pas à trouver la signification. Le rapport avec le lait (leche) paraît envisageable, mais c’est peut-être une mauvaise piste.
Lechangeur Nom porté en Normandie (76, 27). Désigne celui qui faisait le change des monnaies.
Lechanteur Surtout porté dans la Manche et le Calvados (variante : Lechanteux), a sans doute désigné un chantre d’église. Autre possibilité : surnom donné à celui qui chante souvent.
Léchard Nom assez rare porté notamment dans le Morbihan, mais que les plus anciennes mentions situent plutôt en Normandie et dans l’Île-de-France. C’est une agglutination de “l’Echard” (voir Echard), désignant sans doute un avare.
Lechat Nom rencontré surtout dans l’Ouest (44, 49, 72). On peut raisonnablement penser à un sobriquet désignant une personne sournoise, rusée.
Lechaud Nom rare surtout porté dans la Creuse. Peut désigner celui qui est chaud, vif, ardent, à moins qu’il ne s’agisse d’un toponyme.
Lechauve Surtout porté dans la Nièvre et le Loiret, c’est bien sûr un surnom donné à celui qui est chauve.
Lecheminoux Nom rare porté dans l’Ille-et-Vilaine, où il est présent à Saint-Méloir-des-Ondes au moins depuis le début du XVIe siècle. On peut penser penser à un toponyme avec le sens de “petit chemin”, mais on envisagera plutôt l’ancien français “chemineor” (= voyageur).
Léchenault C’est un toponyme correspondant à l’ancien français “eschenal” (= canal, conduit d’eau). Le nom de famille est surtout porté en Bourgogne, où M.T. Morlet mentionne un lieu-dit l’Échenault à Glux (58). Variantes : Léchenaud, Léchenaut, Lécheneau, Lécheneaut, Leschenau, Leschenault.
Lechenne Variante rare de Lechesne, toponyme désignant un lieu possédant un chêne remarquable (soit par son isolement, soit par ses dimensions). Donc celui qui habite le lieu-dit Le Chesne ou qui en est originaire.
Lecherbonnier Patronyme porté dans l’Orne et la Manche. Désigne bien sûr un charbonnier, producteur de charbon de bois. La forme Lecharbonnier est beaucoup plus rare.
Lechertier Surtout porté aujourd’hui en Martinique, ce nom vient de l’Ouest (35, 76 notamment). C’est une variante de Lechartier, forme contractée de “le charretier”, nom de métier. Le nom Lechartier est assez fréquent en Normandie (14, 76).
Léchevin Variante avec article défini d’Échevin (voir ce nom), le nom de famille est porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique. Variantes : Léchevins, Leschevin (ce dernier nom étant aussi porté en Picardie).
Lechien Patronyme rencontré surtout dans l’Ouest (35 notamment), présent également en Belgique. C’est bien sûr un sobriquet, mais il est difficile de savoir ce qu’il représentait dans l’esprit des populations médiévales. Sans doute avait-il une valeur assez péjorative.
Lechner Variante du nom allemand Lehner, qui désigne celui qui tient un fief (moyen-haut-allemand lêhen = fief) ou est originaire d’une localité appelée Lehn, Lehen (même sens).
Leciagueçahar Porté dans les Pyrénées-Atlantiques, ce nom basque comprend l’adjectif “zaharr” (= vieux). Le premier élément est beaucoup plus incertain (peut-être un dérivé de “leize” = caverne). Un hameau ou une ferme s’appelle Leiciagueçahar à Ainharp (64).
Lecigne Le nom est surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique. Variantes : Lecine, Lecygne, Lesigne, Lessinne (Lecygne et Lesigne sont également présents en Normandie, tout comme l’autre variante Lecesne). C’est un surnom lié au cygne, soit pour désigner celui qui a un long cou, soit peut-être comme enseigne d’auberge.
Lecire Voir Lessire et Lesieur pour le sens. Le nom est surtout porté dans l’Ouest (35, 14).
Lecis Nom assez courant au sud de la Sardaigne (Cagliari), où on trouve les formes Lecca et Leccis, qui ont certainement la même origine. Aucune idée précise sur le sens. Peut-être un ancien toponyme ? Voir aussi Leca (nom fréquent en Corse).
Leclef Nom rencontré en Belgique (région de Dinant). Peut-être le surnom d’un serrurier, ou encore celui qui avait la charge de la clé du coffre contenant les documents importants d’un village (fonction appelée clavier, clavaire dans certaines régions). Rappelons qu’en picard et en wallon, l’article le est féminin.
Leclerc, Leclercq Ces deux formes qui viennent de la moitié nord de la France renvoient au nom clerc (< latin clericus), qui désigne au départ un membre du clergé par opposition au laïc, mais qui au moyen âge avait aussi celui de lettré. Les noms Leclair et Leclère en sont certainement des variantes.
Lecoester Porté notamment dans le Nord-Pas-de-Calais, correspond à l’ancien français “costor, costre” (= clerc, sacristain). C’est l’équivalent du flamand Decoster (voir ce nom).
Lecoeuche Patronyme porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Variantes : Lekeuche, Lekoeuche, Lequeuche. Il signifie mot à mot “la chausse” (le est également féminin en picard, et keuche est une variante régionale de chausse). Surnom donné à un porteur ou à un marchand de chausses.
Lecoeur Le nom est fréquent en Normandie (76, 50). On pense généralement au surnom d’un homme courageux, vaillant.
Lecoeuvre Surtout porté dans le département du Nord, le nom correspond en principe à l’ancien français “cuevre”, désignant le cuivre (“keuvre” ou “queuvre” en picard et en wallon), surnom probable d’artisan. Le mot “cuevre” a également pu désigner un carquois. On trouve la forme similaire Lecuivre dans les Ardennes. Autre forme : Lequeuvre (02, 08).
Lecointe Fréquent en Picardie, c’est un surnom formé à partir de l’ancien français cointe, qui a eu de nombreux sens : d’une part prudent, habile (puis rusé), de l’autre élégant, gracieux. Difficile de faire un choix. Les formes Lecointre, Lecoindre (Normandie, Bretagne) semblent des variantes de ce nom, tout comme Lecoint (02) et Lecoin (28), même si ce dernier nom peut aussi avoir un sens topographique.
Lécolier Nom rencontré surtout dans l’Est. Désigne celui qui fait des études (ils étaient suffisamment rares pour mériter un surnom !).
Lecomte, Lecompte, Leconte Voir Comte.
Leconet Nom rare porté dans le Cantal et la Corrèze. Variante : Leconnet. Un hameau s’appelle Leconet à Saint-Julien-aux-Bois (19), village situé à la limite des deux départements. Reste à savoir si le toponyme est antérieur au nom de famille. Chose curieuse, le hameau est nommé Leonet sur la carte de Cassini, ce qui en ferait un diminutif du prénom Léon. La forme Leconet est plus difficile à comprendre, mais “conet” pourrait y être un diminutif de l’occitan “cauna” (= grotte).
Lecoq, Lecocq Un nom très répandu de la Normandie jusqu’au département du Nord. C’est bien sûr un sobriquet, sans doute donné à un homme vaniteux, éventuellement à un coureur de jupons. On peut aussi, dans certains cas, envisager une francisation du flamand De Cock (= le cuisinier). Variante : Lecoque.
Lecorcier Variante de Corcier avec agglutination de l’article (voir ce nom).
Lecorne Un nom du Nord-Pas-de-Calais, où l’article le pouvait être aussi féminin. Il signifie donc la corne, et peut désigner soit un joueur de corne ou de trompette, soit un individu naïf, un peu niais (le sens de mari trompé est possible, mais il semble plus tardif).
Lecorney Surtout porté dans la Haute-Saône et en Bourgogne (21), c’est un nom de sens incertain (voir Cornet), mais qui pourrait désigner un bois de cornouillers. Formes voisines : Lecornay (28), Lecornet, Lecornez (59, 62, 03).
Lecornu Nom surtout porté dans le Calvados, dont il est originaire (région de Bayeux). Variantes : Le Cornu (14), Lecornue (72). Voir Cornu.
Lecossois, Lécossois Si le nom de famille Lécossois (80, 76, 55) ne pose en principe aucun problème (= l’Écossais, variante Lécossais, 76, 60, 55), la forme sans accent Lecossois, portée notamment à Cancale (35), semble différente : écrite autrefois Lecochois ou simplement Cochois, elle devrait désigner celui qui est originaire du Pays de Caux, tout comme Lecauchois.
Lecoufle Le nom est surtout porté dans la Manche (variante : Lecouffle). On le trouve plus au nord sous la forme Lecouffe (59, 62). Il correspond à l’ancien français escofle, escofe, qui désignait le milan ou le faucon crécerelle. Sans doute le surnom de celui qui dressait ces rapaces pour la chasse (ou un sobriquet donné à un homme cruel).
Lecoultre, Le Coultre Le nom est porté en Suisse et dans les régions françaises voisines (Franche-Comté notamment). Il est aussi mentionné en Normandie dès le XVIe siècle. Il peut évidemment avoir un rapport avec un coutre de charrue, mais on pensera plutôt à l’ancien français costre (= gardien, puis sacristain), dont coltre est une variante rencontrée à plusieurs reprises.
Lecourbe Surtout porté dans l’Orne, semble un surnom pour un homme voûté, courbé (ancien français corbe). A envisager aussi : un surnom lié au corbeau (ancien français corb).
Lecourieux Surtout porté dans la Nièvre et le Loiret (variante : Lecourioux), le nom pourrait correspondre à l’ancien français “coreus” (puis “coureux”) qui a désigné un courrier, un messager (le mot est également attesté avec le sens de courtier ou maquignon), ou encore au terme “courrieus”, cité par le dictionnaire de Godefroy avec le sens de corroyeur. Cependant, la plupart des graphies anciennes se présentent sous les formes Lescourieu(x), Lescouriou(x), puis Lécourieu(x), Lécouriou(x). Dans ces conditions, il faut retenir une autre solution : le mot “écourieu”, désignant l’écureuil dans le Morvan. À noter qu’un hameau de la Nièvre s’appelle Les Écourieux, et qu’il fut habité jusqu’en 1700 par de nombreux Lescourieux.
Lecourt Fréquent en Normandie, désigne un petit homme (le court).
Lecourtiller Nom porté en Normandie (50). Variante : Lecourtillet (14). C’est un dérivé de l’ancien français cortil (= jardin) désignant soit un jardinier, soit celui qui est originaire d’un lieu-dit le Courtiller, le Courtillet.
Lecouteur Ou Lecoûteur. Porté en Normandie, en particulier dans le Calvados, le nom désigne un clerc d’église, un bedeau, un sacristain (ancien français “costor, costre”). Avec le même sens : Lecoustour, Lecoutour (50, 76), Lecoustre, Lecoutre (62, 76), Lecouteulx (60), Lecouteux, Lecoutteux (76).
Lecouvey Le nom est surtout porté dans la Manche. On trouve plus au nord les formes Lecouvé, Lecouvez. Peut-être un fabricant de brosses, de balais (ancien français escove). Autre possibilité : celui qui est caché (éventuellement dissimulé, sournois).
Lecrenay Nom porté dans la Sarthe, où l’on trouve aussi la forme Lecrenais (variante Lecrennais dans la Mayenne). Désigne sans doute celui qui est originaire d’un lieu appelé le Crenais. Il pourrait s’agir d’un hameau du Morbihan, le Crenet (commune de Caden). Il y a également la Crénais à Vignoc (35). Le nom pourrait être formé à partir du patronyme breton Le Cren, Le Crenn, surnom appliqué à un homme de taille moyenne, sans doute trapu.
Lécrignier Porté dans l’Aisne, le nom correspond à l’ancien français “escrinier”, terme désignant un menuisier ou un ébéniste qui faisait des écrins, des petits coffres. Variantes : Lécrenier, Lécrinier, Lescrenier, Lescrinier, Lescrainier (59 et Belgique).
Lécrivain Nom rencontré surtout dans l’Ille-et-Vilaine et dans l’Oise. Correspond au métier d’écrivain public. On rencontre la variante Lécrivent dans le Pas-de-Calais.
Lecrosnier Nom porté dans la Manche. Variantes : Le Cronier, Le Crosnier, Lecronier. On rencontre avec le même sens les formes Cronier et Crosnier (63, 41, 72). Une crone, ou crosne, était une excavation sous une berge, un trou dans la rivière où se retirent les poissons. Le patronyme Crosnier a donc dû désigner celui qui pêchait dans les crones, à moins que le terme ait été aussi employé avec le sens de vivier. Le nom est mentionné en 1291 à Orléans : Berthelinus dictus le Cronier.
Lecu Avec cette graphie, le nom est surtout porté dans le département du Nord et en Normandie (76, 50). On trouve la variante Lecul dans la Somme et le Pas-de-Calais. Autres formes rencontrées dans la Somme : Lecus, Lecut. Sens incertain, les diverses graphies pouvant entraîner des interprétations différentes. La plus probable est un rapprochement avec le mot “écu” (bouclier), surnom pour le porteur ou le fabricant de cette arme (le nom Lescut est attesté dans le Nord). Si on considère que Lecul est vraiment une forme spécifique, on peut envisager un toponyme avec le sens d’impasse ou de fond de vallée. Un détail important cependant : à Rambures (80), il apparaît clairement qu’au XVIIIe siècle le patronyme Lequeux (voir ce nom) s’est peu à peu transformé en Lecul, avec ses diverses variantes (Lecu, Lecut puis Lecus).
Lecubin Ou plutôt Lécubin. Le nom est surtout porté dans la Somme. Variante : Lecubain (36). Il désigne sans doute un échevin (officier municipal).
Lecuit Le nom semble originaire du Maine-et-Loire. Il n’est pas sûr du tout que le mot “cuit” corresponde ici à l’adjectif actuel et évoque une personne au teint bronzé. On pensera plutôt à une autre graphie de l’ancien français “quit(e)”, variante de “quiet”, évoquant une personne calme, tranquille.
Lécumberry, Lecumberry Nom basque également écrit Lecumberri, Lekumberri, Lekumberry. Il désigne celui qui est originaire de la commune de Lecumberry (64) ou d’un autre lieu de graphie voisine. Sens du toponyme : le nouveau lieu, sans doute terre nouvellement défrichée (leku, lekhu = lieu + berri = nouveau). Si on considère que le “m” est étymologique, le sens sera “le nouveau bon lieu” (on = bon, la forme initiale étant alors *lekuonberri).
Lécureuil Surnom donné sans doute à celui qui est agile comme un écureuil ou qui a les cheveux roux. Le nom de famille est surtout porté dans la Sarthe, l’Orne et l’Indre-et-Loire. Avec le même sens, on trouve les patronymes Lécurieux (60) et Lécureux (80) qui, sans accent, peuvent aussi correspondre à Lecureur (voir ce nom).
Lecureur Porté notamment dans l’Eure, la Sarthe et le Loiret, devrait correspondre à l’ancien français “cureor”, qui a désigné celui qui soigne ou qui nettoie, et qui a également eu le sens de “curateur”.
Lécuroux Surnom donné par comparaison avec l’écureuil, le nom de famille est porté en Charente-Maritime et en Gironde. Variante : Lécurou.
Lécuyer, Lecuyer Voir Ecuyer. Nom très fréquent en Normandie et en Bretagne.
Lecygne Nom assez rare, présent dans le Nord et en Normandie (59, 62, 76). Voir Lecigne.
Ledanois Le nom est surtout porté dans la Manche. Variante : Ledannois. Il désigne celui qui est originaire du Danemark, nom sans doute donné à une époque où les traces des invasions normandes étaient encore sensibles. Autres variantes : Le Danois, Le Dannois.
Ledauphin Nom surtout porté dans la Mayenne, présent aussi dans la Creuse. Voir Dauphin.
Ledecq Porté en Belgique, c’est un nom de sens incertain, parfois écrit aussi Ledeck. Peut-être une forme francisée et simplifiée du néerlandais (de) Decker (= le couvreur), solution proposée par Germain et Herbillon (voir bibliographie).
Ledent Nom trouvé dans le Nord et en Belgique. Correspond au français la dent (le = article féminin en ancien picard). Peut-être un sobriquet appliqué à celui qui a une dent proéminente.
Ledermann Patronyme porté en Alsace. Variante : Lederman (25). Nom donné à celui qui travaille le cuir (allemand Leder). Autres formes : Leder, Lederer, Ledergerber (Gerber = tanneur). Diminutifs : Lederlé, Lederlin.
Ledeul Nom porté dans la Mayenne et les départements voisins, rencontré aussi en Bourgogne où il est plus fréquent sous la forme Ledeuil. Il correspond à l’ancien français dol (= douleur, chagrin), surnom possible pour une personne qui se plaint toujours.
Ledevin Nom surtout porté dans la Loire-Atlantique, de sens identique à Devin (voir ce nom).
Ledhuy Forme ancienne Led’huy. Nom assez rare, porté dans le Nord et en Champagne-Ardennes. On le rencontre aussi sous les formes Ledouy, Leduy. Il semble s’agir d’un toponyme, Duy correspondant au latin ductus (= canal, conduit d’eau).
Ledieu Le nom est surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais et la Somme. On le rencontre aussi dans le Puy-de-Dôme. Voir Dieu pour le sens.
Ledoit L’origine géographique du nom de famille est difficile à localiser. On en trouve des mentions anciennes dans les Yvelines, mais aussi dans la Marne ou dans l’Eure, département où on rencontre la variante Ledoigt. Il s’agit en principe d’un toponyme, le mot “doit” désignant en ancien français un conduit, un canal, un ruisseau (latin “ductus”).
Ledos Le nom est caractéristique du département de la Manche. Difficile d’en comprendre le sens : il peut correspondre au mot “dos”, mais avec quelle signification ? un bossu ? Autre possibilité : l’ancien français “dos”, variante de “dor” (= largeur du poing, petite quantité, éventuel surnom pour un homme tout petit). En composition : Ledos du Désert, qui semble renvoyer à la commune du Dézert (50) ou à celle du Désert (14).
Ledoux Surnom donné à un homme doux (ou ironiquement à un homme brutal !).
Ledrapier Fabricant ou marchand de drap. Nom porté dans la Somme et dans l’Est. Variante : Ledrappier.
Ledroit Le nom est porté notamment dans l’Yonne et le Pas-de-Calais, on le rencontre aussi dans l’Ouest. Forme ancienne : Ledrouet. On pense généralement à un surnom donné à celui qui est juste, honnête, loyal.
Ledru Fréquent en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais, désigne celui qui est dru, adjectif signifiant en ancien français “fort, robuste, bien nourri, dodu”. A noter que “dru” a signifié aussi “ami intime, amant”. Variantes : Ledrue, Ledrut, Ledrux.
Leduc, Le Duc Voir Duc pour le sens. Le nom Leduc est surtout porté dans les départements du Nord et de l’Aisne. Variantes : Leducq, Leducque, Leduck. La forme Le Duc est surtout bretonne (29).
Leduey Le nom est porté en Seine-Maritime. Variantes : Ledué, Leduez. C’est un toponyme désignant un conduit d’eau, un canal (latin ductus).
Ledy Nom porté dans le Haut-Rhin et la Moselle, ainsi que dans l’Ille-et-Vilaine. Difficile de se faire une certitude dans tous les cas. Plusieurs hameaux ou lieux-dits s’appellent le Dy, notamment dans la Manche (Saint-Maurice-en-Cotentin, Créances). A noter aussi le Lédy, à Vindefontaine, toujours dans la Manche. Quant aux Ledy du Haut-Rhin et de Moselle, leur nom est une variante de Lidy, diminutif de Lido, nom de personne d’origine germanique (racine leod = peuple).
Lee Tout comme les autres formes Lea, Leigh ou Ley, ce nom anglais désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit ainsi appelé. Sens du toponyme : bois, clairière (ancien anglais leah).
Lefait Surtout porté dans le Pas-de-Calais, ce devrait être un toponyme désignant, tout comme Lefai (76, 28), Lefay (37, 76) et Lefaye (28, 61) un lieu où pousse le hêtre (à noter cependant que le mot “fait” désigne en Normandie un bien, une propriété). Variante : Lefaist (59).
Lefant, Leffant On considère ce nom comme une variante de Lenfant : soit un sobriquet désignant celui qui se comporte comme un enfant ou est resté petit comme un enfant. Soit une façon de distinguer le fils du père dans les registres médiévaux.
Lefaucheur Le nom est surtout porté dans les Côtes-d’Armor, on le rencontre aussi dans la Meuse. Il désigne l’utilisateur d’une faux. Variantes : Lefaucheux (53), Lefaucher (51, peut aussi désigner celui qui s’appelle Faucher), Lefauchoux (22).
Lefauconnier Le nom, qui désigne un éleveur de faucons, est surtout porté dans la Manche.
Lefaure Surtout porté dans la Creuse, le nom désigne un forgeron (“faure”).
Lefebvre Variante de Lefèvre, le nom désigne un forgeron. C’est l’un des quinze noms de famille les plus répandus en France, on le rencontre notamment dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie. On retrouve ce b étymologique (latin “faber”) dans la variante Lefébure (76, 62), due à la confusion graphique entre v et u. Autres formes : Lefbvre (62), Lefeber (57), Lefèbre (76, 62), Lefèbres (24), Lefebve (80), Lefebvres (76).
Lefée Nom rencontré surtout en Normandie (76), mais existant aussi en Bretagne. Si on se fie à cette graphie, on peut penser à l’ancien français “feé” (= celui qui est assujetti à des droits seigneuriaux), ou encore à “fé” (= homme de basse condition, serviteur, serf).
Lefer Porté dans le Nord-Pas-de-Calais (variante : Lefère) et la Manche, le nom correspond sans doute à l’ancien français “fer”, variante de “fier” (= farouche, sauvage, mais aussi cruel, vaillant, orgueilleux, fier).
Lefetz Le nom est surtout porté dans le Pas-de-Calais. Sens obscur, du moins pour moi. Peut-être une variante de Lefait (voir ce nom), ou encore l’ancien français “fest” (= faîte, sommet).
Lefèvre Le nom désigne un forgeron. Très répandu en France, c’est en Picardie qu’il est le plus fréquent. Avec le même sens : Lefeivre (60, 53, 50), Lefelvre (08), Lefesvre (77), Lefeubvre (76), Lefeuve (49), Lefeuvre (35), Lefève (08, 51, 57), Lefever, Lefevere (59), Lefèvres (27). Voir aussi Lefebvre.
Leff Nom rare porté dans les Côtes-d’Armor. C’est un toponyme, nom d’une rivière du même département, affluent du Trieux.
Leffet Surtout porté dans les Charentes, présent également en Guadeloupe, c’est un nom de sens incertain. Il ne devrait avoir aucun rapport avec le mot “effet”. On pensera plutôt à l’ancien français “fest” (= faîte, sommet). À envisager aussi une variante de noms tels que Lefait (voir ce nom).
Leffèvre Variante de Lefèvre rencontrée en Lorraine. Formes voisines : Leffebure (59), Leffebvre (02).
Leffondré Un nom rencontré surtout en Bretagne (22), qui désigne sans doute celui qui est originaire d’un lieu-dit l’Effondré (toponyme rencontré à Fay-de-Bretagne, 44) ou l’Effondrée (nom d’un hameau à Veigné, 37). Sens du toponyme : terre défoncée, labourée profondément.
Leffray Le nom est surtout porté dans la Sarthe et les départements voisins (28, 35). Variantes : Lefray, Lefrais, Leffroy. C’est un toponyme assez courant dans cette région (Le Fray, Leffray), sans doute avec le sens de chemin, sentier. Mais les formes Leffray, Leffroy, Lefroy, Lefroid, Lefroit peuvent aussi correspondre à un nom de personne d’origine germanique (voir Lieffroy) popularisé notamment par saint Leufroi, abbé du monastère de la Croix, en Normandie, au VIIIe siècle.
Lefilliâtre Le nom est essentiellement porté dans la Manche. Variantes : Lefillastre, Lefillâtre, Lefilliastre. C’est un surnom donné au gendre, au beau-fils.
Leflamand Porté surtout dans la Manche, désigne celui qui est originaire des Flandres. Variantes : Leflamment, Leflament (76).
Leflon C’est dans le Pas-de-Calais que le nom est le plus répandu. Variante : Leflond (51, 59). Sans doute une contraction de Le Felon (ancien français “felon” = méchant, cruel, puis perfide, félon). Le Dictionnaire des noms de famille en Belgique romane propose pour sa part le wallon “flon” (= tarte).
Lefort Surnom désignant bien sûr un homme fort. Outre la région parisienne, c’est dans le Maine-et-Loire et le Nord qu’il y a le plus de Lefort.
Lefoulon Voir Foulon pour le sens. Le nom est porté en Basse-Normandie et dans la Mayenne. Variante : Lefoullon.
Lefour C’est aujourd’hui dans le Nord-Pas-de-Calais que le nom est le plus répandu, mais on en trouve beaucoup de mentions anciennes dans le Cher, l’Ille-et-Vilaine et la Normandie. Il désigne celui qui tenait le four à pain ou habitait un lieu-dit “le Four”, toponyme très répandu.
Lefranc Semble désigner un homme libre de toute servitude (l’idée de sincérité est plus tardive), ou bien tout simplement un Français, sans doute celui qui vient de l’Ile-de-France. Le nom est fréquent en Normandie et en Picardie (50, 62). Variantes : Lefrancq, Lefrancs, Lefrand, Lefrang, Lefrans, Lefrant.
Lefrançois Le fait que le nom de baptême François soit apparu très tardivement comme patronyme nous invite à voir dans Lefrançois un nom désignant celui qui vient de France. On trouve le patronyme surtout en Bretagne (35) et en Normandie (76).
Lefroid Le nom est surtout porté dans la Somme. Variantes : Lefroit, Lefroy, Froid. C’est peut-être un surnom désignant soit celui qui a froid ou qui est froid, soit une personne triste (l’un des sens médiévaux de l’adjectif “froit”). Voir aussi Leffray.
Legagneur Nom porté en Normandie, surtout dans la Manche. Variante : Legagneux. Il désigne un laboureur (ancien français gaaigneor, gagneor). Le nom Legagnoux (22, 53) semble avoir la même signification.
Legal Tout comme Legall, le nom est surtout porté dans la Loire-Atlantique. C’est une variante de Le Gall (voir ce nom).
Legarlantezeck Egalement Legarlantezech, Legarlantezeck. C’est une déformation graphique du breton Le Garlantezec, dérivé de garlantez = guirlande, chapeau de fleurs. Pourrait avoir désigné un coureur de jupons (il paraît que les garçons mettaient sur la tête une couronne de fleurs lorsqu’ils allaient voir leur belle).
Legastelois Nom rencontré en Normandie, surtout dans la Manche. On peut penser à un marchand de gâteaux, mais il s’agit plutôt de celui qui est originaire d’un lieu-dit Gastel, Gastelle. Le toponyme, assez courant en Normandie, désigne une terre inculte. On trouve la commune du Gast dans le Calvados, et celle de Gâtelles dans l’Eure-et-Loir.
Legat Nom porté notamment dans la Loire et dans le Pas-de-Calais, les significations n’étant sans doute pas les mêmes. Dans le premier cas, il s’agit d’un toponyme, nom de divers lieux-dits et de deux hameaux du Puy-de-Dôme (à Job et à Olliergues). Dans le nord de la France (et aussi en Belgique) il pourrait s’agir d’un légat (messager, envoyé), mais d’autres solutions sont possibles (le mot gat désigne un trou en néerlandais, un chemin en flamand, et il faut aussi penser à l’ancien français gast = terre en friche).
Legathe Le nom est porté dans le Limousin. Variantes : Legatte, Legate. Le sens est le même que celui de Legat, Legast (= terre inculte).
Legathière Nom de famille qui a toujours été très rare et dont je ne peux définir la provenance géographique.
Legault Nom surtout porté en Bretagne (35, 44). Variante : Legaud, Legaut, Lego. Plusieurs possibilités : d’abord un toponyme, très fréquent dans l’Ouest avec le sens de bois, forêt. Seconde solution : le nom de personne d’origine germanique Gault, Gaud (racine waldan = gouverner). On me signale enfin une hypothèse qui pourrait être la bonne au moins dans certains cas : une variante du breton Le Goff (= le forgeron).
Legavre Le nom est porté dans l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan. Variante : Le Gavre. On pensera d’abord à un sobriquet lié au breton gavr (= chèvre). On notera cependant que Le Gâvre est une commune de la Loire-Atlantique, et qu’un village du Morbihan s’appelle Gâvres. Sens du toponyme : sans doute le gaulois *vobero (= ruisseau souterrain).
Legay Surnom désignant celui qui est gai, surtout porté en Normandie et en Picardie.
Legeard Nom porté dans l’Ouest (35, 53, 61). C’est l’équivalent de Lejars (28), surnom métaphorique évoquant le jars, qui a pu être donné à un homme hargneux, agressif. Autres formes : Lejart (22), Lejard, Lejeard (18, 36, 72). On peut aussi, dans certains cas, penser à un dérivé de l’ancien prénom Léger.
Legein Porté dans le nord de la France et en Belgique, c’est un nom de sens incertain. Peut-être une variante de Legain, “gain” ayant en ancien français le sens de terre labourable, récolte. Le nom de famille Legain est pour sa part surtout présent en Haute-Saône. À noter cependant que le mot “gein” est attesté en ancien français avec le sens de marc de raisin.
Legeleux Nom porté en Normandie et en Bretagne (14, 61, 53). Devrait être un sobriquet désignant un personnage jaloux (ancien français gelos). Autre possibilité : celui qui est toujours gelé.
Legendarme Le nom est surtout porté dans la Creuse. Il désigne bien sûr un gendarme, sachant que le mot avait au Moyen Âge le sens de soldat à cheval fortement armé.
Legendre Voir Gendre. Nom fréquent en Bretagne et en Normandie (35, 53, 76).
Léger Désigne très rarement un homme léger. Il s’agit en effet d’un nom de personne d’origine germanique, Leodgari, latinisé en Leodegarius (leod = peuple + gari = lance). Le nom a été popularisé par saint Léger, évêque d’Autun, martyrisé puis assassiné en 678. Il est très fréquent en France, on le trouve notamment en Normandie et dans le Limousin.
Légeret Diminutif du nom de personne médiéval Léger (voir ce nom), le patronyme est surtout porté dans le Cher. Avec d’autres suffixes : Légeraud (16), Légereau (79), Légeron (85, 79), Légerot (89, 77).
Légier Variante de Léger (voir ce nom) portée dans le Sud-Est (13, 83, 84).
Legillon Surtout porté dans le Pas-de-Calais (variante : Legillion), c’est l’équivalent de Gillon, diminutif ou cas-régime du prénom Gilles. On trouve en Lorraine et dans le Loir-et-Cher les formes voisines Legile, Legille, Legilles.
Leglaive Nom surtout porté dans la Marne et les Vosges. Le mot glaive désignait au moyen âge une épée ou une lance et, par métonymie, le porteur d’une lance. C’est ce dernier sens qu’il faut sans doute retenir.
Legland Le nom est assez courant dans la Somme et dans le Nord. Difficile de se faire une certitude, mais il devrait s’agir d’un toponyme évoquant soit le lieu où l’on pratique la glandée, soit plutôt un cours d’eau (gaulois glano = pur) : il y a ainsi dans l’Aisne une rivière nommée le Gland, qui semble à l’origine du patronyme Dugland, porté dans le même département.
Leglay Le nom est surtout porté dans le département du Nord. Variante : Leglaye (Nord, Lorraine). Renvoie sans doute à l’ancien français glai, glas (= tumulte, aboiement, son de trompette). Ce serait le surnom d’un homme bruyant. Le rapport avec le glaïeul (ancien français glaie) semble moins pertinent.
Léglise, Leglise Celui qui habite près de l’église, ou plutôt qui est originaire de l’un des nombreux hameaux ou lieux-dits portant ce nom. Le nom est surtout porté dans le Bordelais (33, 47), mais on le rencontre aussi dans la Saône-et-Loire. La variante Léglize se rencontre à la fois dans les Landes et le département du Nord.
Legodou Le nom est attesté au XVIIIe siècle à Visseiche (35), où il est également écrit Le Godou. Il s’agit sans doute d’un diminutif du breton “god” (= poche), qui a pu aussi désigner le pingouin.
Legoff Voir Le Goff.
Legot Nom porté en Normandie (14, 61, 72), mais surtout présent dans l’Indre-et-Loire. Difficile de se faire une idée, mais il semble que ce soit une variante de Legout, rencontré grosso modo dans les mêmes régions. Cela n’arrange hélas pas les choses, car Legout est lui aussi assez obscur. Peut-être un surnom donné à un joyeux drille (sens attesté pour l’adjectif gode, mais aussi pour l’adjectif gois, qui semble à l’origine du nom Legois). Le rapport avec le mot goût me paraît plus incertain. Par contre, on est obligé de penser à l’ancien français gos (= chien, mâtin), et donc il s’agirait dans ce cas d’un sobriquet péjoratif.
Legoubey Nom porté dans la Manche, où l’on trouve les formes voisines Legoubé, Legoubin. Sans doute le surnom d’un vaniteux (ancien français gobe, gobet).
Legouffe Rare en France aujourd’hui (mais présent au Canada), le nom est porté en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais. Apparemment, comme le montrent les mentions anciennes Legoufre et Legouffre (02), on a affaire au surnom d’un gourmand ou d’un goinfre (ancien français “goufre”). Mais les choses ne sont peut-être pas aussi simples : la piste canadienne nous renvoie en effet vers des noms tels que Lescoufle, Lecoufle, Lecouffe, Lecouf, portés du Nord jusqu’à la Normandie (voir Lecoufle pour le sens).
Legougne Nom porté dans la Meuse et dans la Marne. Sens incertain : peut-être le surnom d’un homme brutal (à rapprocher de Lecogne), si l’on s’en réfère aux mots wallons gounie, gounion (= choc, coup violent).
Legoupil Surtout porté dans la Manche (variantes : Legoupi, Legoupy), c’est un surnom lié au renard (goupil), donné sans doute à un homme rusé. Diminutif : Legoupillot (50).
Legourdellier Le nom, rare, est porté en Normandie. Formes anciennes : Legourdelier, Le Gourdelier. Voir Gourdelier pour le sens.
Legoutteux Nom surtout fréquent en Seine-Maritime. Il désigne sans grand risque d’erreur celui qui a la goutte, le nom commun goutteux étant attesté dès le XIIe siècle avec ce sens. On pensait que la goutte était due à des gouttes d’une humeur viciée, ce qui explique ce nom bizarre attribué dès le moyen âge à une maladie articulatoire.
Legoux Nom porté dans la Loire-Atlantique et dans l’Eure. Variante : Legout (61, 45, 27). Sens incertain. Voir Legot pour une tentative d’explication.
Legrain Très fréquent dans le département du Nord, rencontré aussi en Normandie (27), c’est un surnom donné à un personnage qui fait triste mine, ou encore à un homme coléreux (ce sont les deux sens principaux de l’adjectif graim, grain en ancien français). Variantes : Legrin, Le Grain, Le Grin.
Legrand Un des noms les plus courants en France. Sobriquet désignant un individu grand. C’est dans le département du Nord qu’il y a le plus de Legrand, mais ils sont très présents en Normandie et en Picardie.
Legrandjacques Le nom est surtout porté dans la Meuse (également 08, 51). Il peut évidemment désigner un Jacques qui serait grand, mais il pourrait s’agir d’un nom de famille composé, comme l’indique la variante plus rare Legrand-Jacques.
Legras Sobriquet donné à une personne bien en chair. C’est en Champagne (51) et en Normandie (76) que le nom est le plus répandu.
Légrésy Nom rare porté notamment dans la Creuse, où il est attesté au XVIIe siècle à Saint-Pardoux-Morterolles. Sens très incertain. Peut-être une variante par rhotacisme d’un nom qui aurait été Léglésy (l’église).
Legrip Porté notamment dans le Calvados, le nom paraît évoquer le griffon, animal fabuleux mi-aigle, mi-lion (ancien français grip, du latin gryphum emprunté au grec). Reste à savoir ce qu’a bien pu vouloir dire un tel surnom et si ce n’est pas tout simplement une déformation des formes Legris et Legrix, si fréquentes en Normandie.
Legris Personne qui a les cheveux gris. Nom fréquent en Normandie et en Picardie.
Legros Sobriquet désignant une personne grosse, surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais.
Legru Porté dans le Nord-Pas-de-Calais et la Somme, c’est un surnom qui semble formé sur l’ancien français “gru” (= gruau). Variantes probables : Legrus, Legrux. Diminutif : Legruel (50). À envisager aussi, l’article “le” ayant aussi été féminin en Picardie, une forme “la grue”, métaphore avec l’oiseau ou surnom d’un chasseur de grues.
Leguay Surtout porté dans l’Eure-et-Loir, c’est une variante de Legay (celui qui est gai). Forme voisine : Leguai.
Legué Le nom est surtout porté en Normandie (28, 76). A priori, il devrait désigner celui qui habite près d’un gué, mais on envisagera aussi une variante graphique de noms tels que Legay, Leguay, portés dans la même région.
Leguélinel Le nom est surtout porté dans la Manche (Saint-Louët-sur-Lozon depuis le XVIIe siècle) et peut aussi s’écrire Le Guélinel. Peut-être un dérivé de l’ancien français “guel” (= brun, basané), mais on pensera plutôt à une variante de Leguérinel, Leguérinais (également Le Guérinel, Le Guérinais), où Guérinel est un diminutif de Guérin (voir ce nom).
Léguille Surtout porté dans la Moselle, le nom était également présent autrefois dans le Centre (18, 37). Il renvoie au mot “aiguille”, soit comme toponyme (pointe de terre avançant dans les eaux ou sommet pointu), soit comme surnom pour un fabricant ou un marchand d’aiguilles. Ce dernier sens explique les dérivés Léguiller, Léguillier, Léguilliez (Picardie).
Leharle, Leherle Le mot harle désignait un fossé, selon le dictionnaire de M.T. Morlet. Il s’agit donc de celui qui habitait près d’un fossé. On trouve des Leharle en Picardie, et des Leherle dans les Ardennes et la Marne.
Lehelloco Le nom est parfois porté en Normandie mais vient de Bretagne. Voir Le Helloco.

Retour à la page d’accueil du dictionnaire