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Noms commençant par L

La Duca-Lageiste
Lagel-Landriau
Landrin-Laseure
Lasgi-Lazzaroni
Le Baccon-Le Meur
Le Mevel-Le Youdec
Léa-Lehelloco
Lehérissier-Lescuyer
Lésébos-Lieffroy
Liégeard-Loisel


Lehérissier Nom porté dans la Manche. Surnom donné à celui qui a les cheveux hérissés. Variantes : Lehéricé, Lehéricey, Lehéricher, Lehéricy, Lehérissé, Lehérissey.
Leherpeur Nom porté en Normandie (50, 76, 27). Variante : Leherpeux. Signification : joueur de harpe (ancien français “herpeus”). Avec le même sens : Herpeux (35, 50) et sans doute Herpoux, Herpreux.
Lehideux Le nom est surtout porté dans la Manche. Il est fort possible que l’adjectif “hideux” y ait le même sens qu’aujourd’hui. D’autres sens sont cependant attestés au Moyen Âge : “saisi d’horreur ou d’épouvante, effrayant, excessif”. Pour l’anecdote, on notera que la cloche qui, à Abbeville, annonçait les exécutions ou les incendies était appelée “la hideuse”.
Lehmann Nom fréquent en Alsace-Lorraine. Il désigne un vassal ou un vavasseur, celui qui tient une terre en fief (moyen-haut-allemand lêhen = fief + mann = homme). Variantes : Lehman, Lehmans.
Lehmuller Patronyme rencontré en Alsace-Lorraine. Désigne le tenancier du moulin banal (lêhen = fief + Müller = meunier).
Lehnert Porté dans la Moselle et en Alsace, c’est un nom de personne d’origine germanique, équivalent de Léonard (voir ce nom). Formes similaires : Lehnardt, Lehnhard, Lehnhardt, Lehnhart.
Lehoreau Porté dans le Maine-et-Loire, pourrait désigner un héritier (dérivé de “hoir”) ou un lieu où pousse l’osier (ancien français “hourel”).
Lehours Nom porté dans la Loire-Atlantique. Il semble correspondre au breton Le Hors (également Le Horse), surnom donné par comparaison avec le bélier (breton hourz).
Lehucher Nom assez rare rencontré en Normandie (76), où on trouve aussi le patronyme Hucher. Désigne un ouvrier qui fabriquait des huches, autrement dit des coffres. Plus généralement, il devait s’agir d’un menuisier.
Lehuédé Nom breton qui signifie l’alouette (ehuedez). Il s’agit donc d’un sobriquet, dont le sens est, comme pour tous les noms d’oiseaux, difficile à interpréter. On pensera évidemment d’abord à un chanteur.
Lehurey Le nom est porté notamment dans la Manche et l’Ille-et-Vilaine. Variante : Lehuré. Il pourrait désigner celui qui a les cheveux hérissés (voir Huret), mais on n’oubliera pas que l’adjectif “huré” peut aussi être une variante de “heuré” (= heureux). Dans ce cas, le nom serait similaire à Lheureux (voir ce nom). L’équivalence Lehuré/Lheureux est d’ailleurs attestée au Québec au XIXe siècle.
Leibundguth Porté en Alsace, notamment dans le Haut-Rhin, le nom s’écrit aussi Leibundgut (25) et semble originaire de Suisse. Il s’est fréquemment écrit autrefois Leib und Gut(t), et peut se traduire en français par “corps et biens”, surnom possible pour un serf, celui qui est soumis au droit de mainmorte. Variantes : Liebenguth, Liebengueth.
Leichnig Le nom de famille est porté à la Réunion (variante : Leichning), où il est présent depuis le début du XVIIIe siècle. Le premier porteur venait de la ville de Cologne. Le patronyme n’existe apparemment pas en Allemagne, ce qui laisse penser à une déformation graphique d’un autre nom, peut-être Lehnig, Lehning, qui a dû désigner un vassal ou le possesseur d’un fief dans l’est de l’Allemagne (mais on peut aussi penser à celui qui est originaire de Lehningen, en Bade-Wurtemberg). A noter aussi parmi les noms proches la ville de Leisnig, en Saxe.
Leicht Porté en Alsace-Lorraine, c’est un surnom donné à un homme agile ou d’esprit léger (allemand leicht). Par contre, le nom Leichter correspond à un métier, celui qui châtrait les animaux (moyen-haut-allemand lihten).
Leick Nom porté en Moselle, rencontré aussi sous les formes Lenck, Leuck. Reste à savoir quelle est, des trois, la forme primitive. De toute façon, il semble s’agir d’un surnom donné à un homme agile (allemand moderne leicht, moyen-haut-allemand lenke).
Leidlinger, Leidelinger Originaire d’une localité nommée Leidling ou Leidlingen. Il en existe plusieurs en Allemagne, mais la solution est peut-être en Moselle (où le patronyme est rencontré), avec la commune de Lelling.
Leignel Autre forme de Laignel (voir ce nom), le patronyme est surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Variantes : Leigneil, Leigniel.
Leimkühler Nom allemand désignant celui qui est originaire de l’une des nombreuses localités appelées Lehmkuhl, Lehmkuhle, Lehmkuhlen. Le toponyme a sans doute le sens de glaisière (Leim- est une forme ancienne de Lehm = argile, terre glaise, et -kuhle correspond au moyen allemand kule = fosse, trou).
Leininger Alsacien ou allemand, désigne celui qui est originaire de Leiningen, nom de deux localités allemandes (Thuringe, Rhénanie-Palatinat), mais on pensera aussi à la commune de Léning, dans la Moselle, dont Leiningen est la forme allemande.
Leite Très fréquent au Portugal, le nom signifie ‘lait’. On pense généralement qu’il s’agit d’un surnom donné à celui qui a le visage très pâle.
Leitner Assez courant en Alsace-Moselle et en Allemagne, c’est un dérivé du moyen-haut-allemand “lîte” qui désignait la pente d’une colline. Le nom de famille devrait donc soit désigner celui qui habite sur une telle pente, soit celui qui est originaire d’une localité appelée Leiten (nom de diverses communes en Autriche et en Bavière).
Lejamtel, Le Jamtel Nom surtout porté dans la Manche. On le trouve aussi en Bretagne (22). Jamtel devrait être un diminutif de Jamet, lui-même formé sur James (= Jacques). Les noms James et Jamet sont d’ailleurs très fréquent de la Bretagne à la Normandie. Variantes, toutes rencontrées dans la Manche : Lejeamtel, Lejemmetel, Lejemtel.
Lejeune Surnom désignant une personne jeune. A dû servir le plus souvent à différencier le fils du père, ou le plus jeune enfant de ses frères.
Lejosne Assez courant dans le Nord-Pas-de-Calais, c’est une variante de Lejeune (voir ce nom). Avec le même sens : Lejonne, et sans doute aussi Lejong (sous l’influence du néerlandais “jong”).
Lejour Le nom est surtout porté dans le département du Nord et en Belgique, ainsi que dans la Haute-Marne. Le rapprochement avec le mot “jour” semble logique, mais on ne voit pas trop quel serait le sens du surnom. À envisager plutôt l’ancien français “lejour”, attesté par Godefroy avec le sens de léger, rapide, mais qui semble avoir été assez rare dans la langue. Le nom se rencontre parfois aussi dans le Finistère, où c’est une probable variante de Leyzour (voir ce nom).
Lejout Le nom est rare. Il pourrait venir du Morbihan, c’est pourquoi une étymologie bretonne semble plausible. En ce cas, on a sans doute affaire à une variante de Le Jourt, qui correspond au prénom Georges.
Lejuez Nom typique du département de la Manche (variante : Lejuée). Il signifie sans doute : le Juif (latin judaeus, qui donne en breton yuzev, et le patronyme Le Jouiz). On rencontre également en Picardie le nom Juez (62), considéré comme une variante du wallon Juwet, Juwé, qui a en principe le même sens (cf dictionnaire des noms de famille en Belgique romane).
Lejuste Patronyme surtout présent dans le département du Nord. Semble un surnom désignant celui qui est juste, qui agit conformément aux règles, mais il peut aussi s’agir du nom de baptême Just, Juste (voir Just).
Lekeux Autre forme de Lequeux (voir ce nom) portée notamment dans le Nord et les Ardennes. Variante : Lekeu.
Lekime Nom rencontré en Belgique. C’est un sobriquet signifiant le singe, fréquent en Wallonie sous diverses formes : Lehyme, Lehime, Lequime, Lexhime notamment. Le nom vient du latin simius, sans doute transformé en *scimia, avec des modifications phonétiques variant selon les régions. Le nom Lekime est surtout porté dans le Hainaut et le Brabant wallon.
Lelaidier Patronyme porté dans la Manche. Nom donné à celui qui percevait la laide, ou leude (latin populaire *levita < levare = lever), taxe exigée des forains et des étrangers sur les marchandises vendues dans les foires et les marchés.
Lelavandier Rencontré aussi sous la forme Lelavendier, c’est un nom porté dans l’Ouest (35, 50 notamment). Il désigne un blanchisseur, ou encore un officier qui, chez le roi ou un grand seigneur, avait la charge de faire blanchir le linge.
Lelavechef Porté dans la Manche, a désigné celui qui lavait les têtes des gens, métier attesté à Paris en 1292 (“Aaline, lavendiere de testes”). On rencontrait aussi au XVIIe siècle le nom de famille Lavechef dans les Yvelines (Le Pecq).
Leleu, Leleux Variante de Leloup (voir ce nom), rencontrée en Normandie et en Picardie, ainsi que dans la Marne. Autres formes : Leleup, Leleups.
Lélias Porté dans le Finistère, c’est une forme agglutinée de l’Elias (en breton “an Elias”), correspondant au prénom biblique Elie (voir Helies).
Lelièvre Le nom désigne par sobriquet celui qui ressemble à un lièvre : la qualité ainsi exprimée n’est pas forcément la vitesse, on pensera aussi à la couardise. C’est en Normandie et dans le Nord-Pas-de-Calais qu’il y a le plus de Lelièvre.
Lellig Porté notamment en Moselle, désigne celui qui est originaire de Lellig, au Luxembourg, ou de Lelling en Moselle. Formes voisines : Lelling, Lellinger.
Leloire Porté en Picardie, c’est une variante de Leloir (même région), sobriquet désignant en principe un paresseux, celui qui dort comme un loir.
Lelong Surtout porté dans le Pas-de-Calais et la Manche, c’est un sobriquet appliqué à celui qui est très grand et mince.
Lelouey Nom surtout porté dans la Manche. Variantes : Leloué, Lelouet. Il peut s’agir d’un surnom donné à un mercenaire, celui qui est loué (ancien français loeis). Vu la proximité de la Bretagne, on n’écartera pas une variante de Le Louet (celui qui a les cheveux grisonnants), au moins dans certains cas.
Leloup Très fréquent en Lorraine et plus généralement dans l’Est (54,55, 51), ce nom se rencontre aussi assez souvent dans l’Ouest. C’est un sobriquet auquel on peut trouver de multiples interprétations, la plus évidente étant de penser qu’il désigne un homme cruel.
Leloutre Le nom est surtout porté dans la Manche et les départements voisins (14, 35). C’est un surnom lié à la loutre (le mot était souvent masculin au Moyen Âge), avec de multiples interprétations possibles.
Lelouvier Le nom désigne un louvetier. Il est porté essentiellement dans le Calvados.
Leluard, Léluard Surtout porté dans l’Ille-et-Vilaine, c’est une variante d’Éluard (voir Elouard) avec agglutination de l’article défini.
Leluc Nom surtout porté dans le Loiret. Deux solutions sont possibles : soit le toponyme “luc”, avec le sens de bois, forêt (mais on ne le rencontre pratiquement jamais dans le Centre), soit le prénom Luc précédé de l’article défini, solution qui semble préférable ici.
Lemagnan Le nom est porté en Normandie (14, 50). Variantes : Lemagnant, Lemagnen, Lemagnent, Lemaignan, Lemaignant, Lemaignen, Lemaignent. Voir Maignan pour le sens.
Lemagne Tout comme sa variante rare Lemaigne, le nom est surtout porté dans la Seine-et-Marne, mais on en trouve pas mal de mentions anciennes en Normandie, notamment dans l’Eure. En principe, c’est une variante avec article de Magne (voir ce nom), mais le nom Lemaigne est parfois rencontré sous la forme Lemaigné. Dans ce cas, on aurait affaire, peut-être, à une variante de “maignien” (= chaudronnier ambulant).
Lemahieu Patronyme porté dans le département du Nord. C’est un nom de baptême précédé de l’article défini le (= le Matthieu). Variante : Lemahieuw.
Lemaire Un nom très fréquent en France. Il faut savoir d’abord que le sens actuel de maire remonte à la Révolution. Il existait cependant au Moyen Âge de nombreuses fonctions désignées par ce nom (déjà, Charles Martel était maire du palais). On peut aussi envisager un autre sens, fréquent dans les cartulaires, le plus grand, qui servait dans la plupart des cas à différencier le père du fils, le plus vieux du plus jeune (major opposé à minor).
Lemaître, Lemaitre Désignait au Moyen Âge celui qui était maître dans une corporation. Très fréquent dans toute la France, c’est dans le Pas-de-Calais et la Seine-Maritime que le nom est le plus répandu. Variantes : Lemaitte (59), Lemaistre (76).
Lemalheux Voir Malheux.
Leman Patronyme porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Variante du flamand Leeman(s) = vassal.
Lemancel Le nom est surtout porté dans l’Orne. On trouve la forme similaire Lemanceau dans le Maine-et-Loire. Voir Manceau pour le sens.
Lemanissier Surtout porté dans le Calvados, a pu désigner celui qui extrayait la marne (ancien français “marnisser” = marner selon le dictionnaire de Godefroy). Autre solution, plus probable : le nom de personne Manissier (voir Menassieu) précédé de l’article défini.
Lemarchand Fréquent en Normandie, également porté dans les régions voisines, le nom désigne un marchand. Variantes : Lemarchant (76, 50), Lemarchan, Lemarchands. Diminutif : Lemarchandel (61, 50).
Lemardeley D’origine normande (50, 14), c’est un dérivé de l’ancien français mardele (fosse, vallon boisé). Variantes : Lemardelé, Lemardelée, Lemardellé.
Lemarié Nom porté en Bretagne et en Normandie (44, 76 surtout). Sans doute une façon de distinguer dans les actes celui qui est marié ou non dans la même famille. Peut aussi désigner le gendre. Variantes : Lemarier, Lemariey, Lemariez.
Lemarinel Le nom est porté dans la Manche. Voir Marineau pour le sens.
Lemarois Egalement Le Marois. Surtout porté en Normandie (14, 50), le nom est généralement considéré comme une variante de marais, et serait donc un toponyme. Autre possibilité : celui qui est de la mer (sens de l’adjectif marois en ancien français), peut-être un marin.
Lemarque Sans doute une variante du Nord de Lamarche (voir ce nom).
Lemarquier Rare et porté notamment dans la Manche, a pu désigner celui qui marquait les bêtes, ou encore un fabricant de monnaie (marc = ancienne monnaie). On pensera aussi à une contraction de Marquillier, forme normande ou picarde du mot “marguillier”.
Lemarquis Surtout porté en Lorraine (88, 54), fait partie des surnoms liés à un titre de noblesse, dont l’interprétation est malaisée : celui qui a des allures de marquis, celui qui est au service d’un marquis ou qui exploite ses terres, telles sont les interprétations les plus fréquentes.
Lemasson Nom fréquent en Loire-Atlantique, rencontré aussi dans le Limousin (variante : Lemaçon) et en Normandie (76). Il désigne un maçon (première mention du mot vers 1155).
Lemattre Le nom est porté dans la Somme et le Nord-Pas-de-Calais. Variantes : Lematre, Lematte. C’est une forme picarde de Lemaître (voir ce nom).
Lemay Nom assez fréquent dans l’Ouest (45, 49, 35). Il s’agit d’un toponyme, une commune du Maine-et-Loire porte ce nom (Le May-sur-Evre). Le nom de cette commune est formé sur ulmetum (dérivé de ulmus = orme), mais d’autres lieux-dits le May évoquent un domaine rural (latin mansus).
Lemblin Variante de Lambelin (voir ce nom).
Lembrez Porté dans le département du Nord, le nom peut aussi s’écrire Lambrez. Il correspond au prénom Lambert, sans doute sous sa forme néerlandaise Lambrecht. Formes similaires : Lambret, Lambré, Lembré.
Lemée Le nom est fréquent dans les Côtes-d’Armor et plus généralement dans l’Ouest (35, 72). C’est un toponyme fréquent (Le Mée) désignant un domaine rural (du latin mansus, à l’origine de l’occitan mas).
Lemèle Porté notamment en Seine-Maritime, c’est une variante de Lemesle (voir ce nom).
Lemelin Surtout porté dans le Loiret, le nom se rencontre aussi au Québec (premier porteur : Lemelin dit Tourangeau, venu de Chartres au XVIIe siècle). Quelques mentions du XVIIe siècle signalent une graphie “Lémelin”. Dans ce cas on aurait affaire au nom de personne Émelin précédé de l’article défini. Le sens d’Émelin est le même que celui d’Amelin.
Lemens On me signale la présence de ce nom au Canada. En Europe, on le rencontre surtout en Belgique (variante Lemmens). C’est un génitif formé sur Lemme, forme courte du prénom Lambert.
Lemer Surtout porté dans le Maine-et-Loire, paraît correspondre au breton Le Mer (= le maire). Le nom se rencontre aussi dans le Nord, soit avec le même sens (variante de Lemaire), soit comme toponyme (= le lac, la mer).
Lemercier Variante avec article de Mercier (voir ce nom), le nom est très répandu en Normandie. Variante : Lemercher (autrefois Lemerchier).
Lemesle Fréquent en Seine-Maritime (également 49, 53), c’est une variante de Lemerle (44), surnom donné à celui qui siffle comme un merle.
Lemeslif Porté dans l’Ille-et-Vilaine, également écrit Meslif, le nom correspond à l’ancien français “meslif” (= querelleur, batailleur, brouillon), lui-même dérivé du verbe “se mêler”, qui, entre autres sens, a signifié “chercher querelle, se battre” au Moyen Âge.
Lemesre Porté dans le Nord-Pas-de-Calais et dans l’Oise, le nom est à rapprocher de Lemerre (Normandie), sans doute variante de Lemaire (voir ce nom). A noter cependant une forme ‘De le Mesre’ (Sainghin, 1569), laissant penser qu’il pourrait s’agir d’un nom de lieu.
Lemeunier Correspond bien sûr au métier de meunier. Cette forme est très fréquente dans la Sarthe et la Mayenne.
Lemeux Rencontré notamment dans le Loir-et-Cher et dans l’Yonne, désigne celui qui est originaire d’une localité appelée le Meux. A noter les communes du Meux (60) et de Meux (17). Sens du toponyme : sans doute déformation du latin ulmeus, dérivé de ulmus (= orme).
Lemien Nom très rare porté dans le Pas-de-Calais, où il est déjà attesté en 1569 à Willeman. Sens incertain. Peut être une forme francisée du néerlandais Lemmen (génitif de Lemme, hypocoristique de Lambert). Il pourrait en être de même pour le nom Lemin, lui aussi très rare et rencontré dans le Nord.
Lemieux Nom porté en Normandie (50, 76), rencontré aussi sous la forme Le Mieux (50). Sens incertain. Il semble difficile de le rapprocher du mot ‘mieux’, encore que celui-ci ait parfois été employé comme adjectif au moyen âge (= le meilleur). On pensera plutôt à un lieu-dit : on connaît dans le Calvados la commune de Saint-Martin-de-Mieux. Il existe dans la Manche un hameau des Mieux à Canteloup, et plusieurs autres lieux-dits en Normandie.
Lemine Aujourd’hui très rare, le nom a été porté autrefois en Moselle. Sens incertain. Un rapprochement semble possible avec le mot “hémine”, ancienne mesure de capacité.
Lemire Nom porté en Normandie et en Picardie, qui désigne un médecin (ancien français mire).
Lemius Surtout porté dans la Moselle, c’est une forme latinisée qui devrait correspondre au thème Lem(m)- (= Lambert).
Lemmens Variante flamande du nom de baptême Lambert (voir ce nom), avec une double suffixation (-en + -s) marquant la filiation.
Lemoine Très répandu en France, c’est dans le Nord-Pas-de-Calais et en Normandie que le nom est le plus fréquent. Comme pour tous les noms de dignité employés comme surnoms, le sens précis est difficile à cerner. On peut penser à un sobriquet plutôt péjoratif, les moines n’ayant pas une très bonne réputation au Moyen Âge (on était par exemple gras comme un moine, sans parler des moines paillards).
Lemonche Le nom est porté en Espagne. Je n’en connais pas la signification.
Lemonde Le nom est surtout porté aujourd’hui dans la Saône-et-Loire. Il était très présent autrefois dans la Meuse. On le rencontre aussi au Québec. Si on se fie à la graphie, il a dû désigner celui qui est pur, sans tache (sens de l’ancien français “monde”, cf. l’adjectif “immonde”). Il convient cependant d’être prudent : les variantes Lemond et Lemont, qui peuvent avoir le même sens (“mond” et “mont” sont des synonymes de “monde”), sont souvent écrites Lémond ou Lémont et apparaissent dans certaines généalogies comme des variantes de Laimont, Laymond, autrement dit des formes avec article du nom de personne Aymond (voir Aimond). Il est possible qu’il en soit de même pour certains Lemonde.
Lemonnier Ce patronyme désigne en principe un meunier, mais il faut quand même penser à l’autre sens de Monnier (= monnayeur).
Lemort Surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique, c’est sans doute un surnom appliqué à celui qui est très pâle (blanc comme un mort). Mais on peut aussi envisager l’inverse, et en faire une déformation de Lemore, Lemaur (= noir comme un Maure). La présence du t final dès le XIIIe siècle à Nivelles rend la première solution plus plausible.
Lemoult Beaucoup de mentions anciennes de ce nom dans l’Orne et l’Eure-et-Loir, où la forme Lemout en est une variante, tout comme Lemoux, présent aussi dans l’Ille-et-Vilaine et l’Yonne. Difficile d’avoir la bonne solution. Il semble que, bien souvent, “moult” ou “moux” ait désigné un lieu humide, marécageux : dans l’Yonne, Précy-le-Sec s’oppose à Précy-le-Moult. Un surnom lié à l’adjectif “mou” est envisageable, mais paraît douteux.
Lemoyne Variante de Lemoine (voir ce nom).
Lempereur Le nom est fréquent en Lorraine, mais on le rencontre aussi dans d’autres régions. A rattacher à l’allemand Kaiser, qui a la même signification. Il peut s’agir d’un sobriquet désignant celui qui affecte des allures nobles, ou bien, comme pour le patronyme Roy, le vainqueur de nombreux jeux populaires médiévaux : M.T. Morlet signale que, dans certaines régions, on appelait empereur celui qui avait été roi du tir à l’arc pendant trois années successives.
Lempin Variante de Lampin (voir ce nom).
Lemullois Porté dans le Calvados, c’est une variante bas-normande de Lemullier (27, 76), désignant un muletier (ancien français “mulier”).
Lemut Nom porté dans la Creuse, rencontré aussi dans le Cher et l’Allier. Apparemment le surnom d’un muet ou d’un personnage peu bavard (occitan mut = muet).
Lenaff, Lénaff Contraction de Le Hénaff, qui désigne en breton celui qui est le plus âgé (superlatif de hen = vieux). Nom de famille porté dans le Finistère.
Lenancker Porté dans le Nord-Pas-de-Calais, pourrait être une francisation maladroite de (Van) den Ancker, lieu où l’on met les bateaux à l’ancre (néerlandais anker = ancre).
Lénard Deux possibilités pour ce nom de famille : s’il est originaire du Nord-Pas-de-Calais, c’est une forme régionale de Léonard. Par contre, dans l’Allier, les graphies anciennes montrent qu’il s’agit d’une agglutination de l’Enard, l’Eynard, nom de personne d’origine germanique (Aginhard : agin = lame de l’épée + hard = dur).
Lencel Nom porté dans le Nord, où l’on trouve aussi les formes Lensel, Lenselle, et surtout Lancel, Lancelle, Lansel, Lanselle. C’est une agglutination de l’Ancel, qui correspond au nom de baptême Anselme (voir ce nom).
Lencina Nom de famille espagnol, sans doute agglutination de ‘la Encina’ (= le chêne-vert, voir aussi Encinas).
Lenclos Surtout porté dans le Pas-de-Calais et la Somme (variantes : Lenclo, Delenclos, formes anciennes : Lenclot, de l’Enclos), le nom désigne celui qui habite un lieu-dit l’Enclos (= espace clos, le terme ayant été appliqué notamment aux cimetières).
Lenclume Surnom désignant un forgeron, rencontré surtout dans l’Est et le Centre-Est (54, 58).
Lencot Nom porté en Bretagne (22, 29). Désigne celui qui est originaire de Leïncoat (commune du Cloître-Saint-Thégonnec, 29). Sens du toponyme : composé des mots bretons lein (= sommet) et coat (= bois). Variante : Lincot.
Lendormy Le nom a surtout été porté dans l’Ille-et-Vilaine, mais on le rencontre aussi ailleurs (02, 76, 88). Variante : Lendormi (35, 54, 55, 76). L’adjectif “endormi” a d’abord eu le sens d’engourdi, puis celui de lent, négligent, qu’il convient de retenir ici.
Lenel Nom rencontré en Belgique et dans le Nord-Est de la France. On trouve aussi les graphies Lénel, Lenelle, Lénelle, auxquelles on peut sans doute rattacher Leneau et Lenneuw. Il m’est totalement impossible de me prononcer sur le sens, car aucune hypothèse n’est très convaincante : cela va de la lunette à l’alène, en passant par le prénom Hélène et la laine, sans oublier l’agneau (variante de Laignel), solution peut-être la plus pertinente.
Lénelle Surtout porté en Belgique, le nom s’écrit aussi Lénel, Lennel (80, 62). Il semble que ce soit une variante de Lainel, Laignel (= l’agneau, voir Agnel pour le sens).
Lenepveu Variante de Leneveu, nom rencontré surtout en Normandie et dans l’Ille-et-Vilaine, et qui possède soit le sens actuel de neveu, soit celui de petit-fils, attesté jusqu’au XVIIe siècle. Vient du latin nepos, nepotis (= petit-fils, puis neveu). Le p de Lenepveu est une lettre parasitaire ajoutée au nom pour mieux en souligner l’étymologie, sans doute à la Renaissance.
Leneuf Patronyme rencontré en Bourgogne. A pu désigner celui qui était nouveau dans le village (neuf = nouveau). Autre possibilité : le neveu (variante de l’ancien français “nief”).
Lenez, Lénez On trouve ce nom à la fois en Bretagne (29) et dans le Nord-Pas-de-Calais. En Bretagne, il s’agit d’un toponyme désignant une île ou du moins une terre en grande partie entourée d’eau (enes = île). Dans le Nord, on peut hésiter entre le nez (sobriquet donné à celui qui a un grand nez) et une variante de Laîné (= l’aîné des fils).
Lenfant Nom de famille assez fréquent, surtout porté en Picardie mais présent dans d’autres régions. C’est un surnom pour lequel on a plusieurs possibilités : soit un sobriquet désignant celui qui se comporte comme un enfant ou est resté petit comme un enfant. Soit plutôt une façon de distinguer le fils du père dans les registres médiévaux. Diminutif : Lenfantin (49).
Lenflé Le nom est porté dans le Pas-de-Calais, où il est attesté à plusieurs reprises au XVIe siècle. C’est sans doute le surnom d’une personne au visage enflé ou d’une personne coléreuse (enflée de colère, sens attesté en ancien français).
Lengagne Nom porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Variantes : Lengaigne, Langagne. Désigne celui qui est originaire de Lengagne (hameaux à Saint-Folquin et Saint-Omer-Capelle, 62) ou de Lengaigne (hameau à Quesques, 62). Le toponyme évoque l’idée de piège, de lieu trompeur (ancien français engaigne).
Lenglet Nom fréquent dans le Nord, où l’on trouve également la variante Lenglez ainsi que Lenglois (62). Désigne tout simplement celui qui est originaire d’Angleterre.
Lenglume, Lengrume Surnoms désignant un forgeron (voir Langlume et Langrume, même répartition géographique, avec en plus l’Oise pour Lenglume).
Lenice Porté dans la Marne et les Ardennes, devrait correspondre à l’ancien français “nice”, désignant un niais. Variante : Lenisse.
Lenief Le nom désigne un neveu (ancien français “nief”). Il est notamment porté dans l’Yonne. Avec le même sens : Leniept. Variante ancienne : Leniepz, qui paraît à l’origine du nom rare Leniez.
Lennon Surtout porté dans le Finistère, désigne celui qui est originaire de Lennon, commune du même département. Le sens du toponyme est incertain. On peut y voir un composé des mots bretons “lein” (= sommet) et “onn” (= frêne), mais d’autres solutions semblent possibles. Lennon est aussi un nom de famille irlandais pour lequel deux solutions sont envisageables : soit le descendant de Leannán, surnom évoquant l’amour, soit le descendant de Lonán (diminutif de “lon” = merle).
Lenoble Peut-être un sobriquet désignant une personne vaniteuse ou élégante, cherchant à copier l’attitude des nobles (voir aussi Noble). Le nom, assez fréquent, est porté dans des régions diverses (02, 71, 75, 87 notamment).
Lenoël Porté dans la Manche, devrait renvoyer au nom de personne Noël, avec agglutination de l’article.
Lenogue Le nom est porté dans l’Ouest (44, 53, 35), on le rencontre aussi en Martinique. Son sens est incertain, mais “nogue” pourrait être une variante de l’ancien français “noc” (= conduite d’eau, canal de moulin, également auge, réservoir).
Lenoir Désigne celui qui a le teint ou les cheveux noirs. Le nom est très courant dans la moitié nord de la France, avec une prédominance dans le Nord-Pas-de-Calais, la Manche, la Sarthe et la région parisienne. Variante : Lenoire (59).
Lenormand C’est en Normandie que le patronyme est le plus fréquent (76, 14), ce qui rend un peu suspecte la définition habituelle : originaire de Normandie. Il faut sans doute penser que, du moins dans cette région, ce nom désigne le Normand en tant que descendant des envahisseurs normands, par opposition aux autre habitants de la Normandie. Ou encore que la Normandie avait au XIIe siècle une définition géographique plus restreinte qu’aujourd’hui.
Lenot Difficile de localiser le nom avec certitude. C’est dans le Territoire de Belfort qu’il est le plus répandu, mais on en trouvait autrefois plusieurs attestations dans l’Ardèche. Il est également présent dans le Calvados et la région parisienne. Pour le sens, on peut penser à un toponyme avec le sens de lieu marécageux : par exemple Le Not est un hameau à La Bresse (88). On pensera aussi à une variante de Linot (sobriquet comparant la personne à une linotte) ou de Lenotre, Lenotte (voir Lenotre).
Lenotre Ou Lenôtre. Le nom est surtout porté en Normandie. La forme voisine Lenotte en est une variante picarde. Autres formes : Lenostre (76) et sans doute Lenoste (49). Difficile d’en comprendre le sens. On pense évidemment à celui qui est ‘de chez nous’, mais ça ne veut pas dire grand-chose pour un nom de famille. Pour Lenotte, on envisage parfois une variante de Linotte (surnom d’une personne étourdie).
Lenoury Egalement Lenourry. Nom porté dans la Manche. Voir Noury, Nourry.
Lenouvel Porté en Normandie (50, 76) et dans les Côtes-d’Armor, désigne en principe celui qui est nouveau dans le village. Variante : Lenouvelle (22).
Lenox Nom porté en Guadeloupe, mais surtout présent en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Variante : Lennox. Il désigne celui qui est originaire du district de Lennox, près de Dumbarton (Ecosse).
Lenternier Très rare et difficile à localiser (sans doute Lorraine ou Haute-Savoie), c’est une variante de Lanternier (74), surnom d’un fabricant de lanternes (ou d’un porteur de lanterne). En moyen français, le mot a ensuite désigné un homme qui perd son temps à raconter des sottises, ou encore un homme irrésolu (en liaison avec le verbe lanterner).
Lentillon Également écrit Lantillon, le nom a surtout été porté dans la région de Condrieu, à l’intersection des départements du Rhône, de la Loire et de l’Isère. Un hameau s’appelle Lantillon à Reventin-Vaugris (38), mais il semble formé sur le nom de famille (“Chez Lantillon” sur la carte de Cassini, au XVIIIe siècle). Bref, le sens est incertain. Peut-être un diminutif de noms de personnes tels que Lantier ou Lanthelme, assez courants en Isère.
Lentini Fréquent dans de nombreuses régions d’Italie, c’est en Sicile que le nom est le plus répandu. Il désigne celui qui est originaire de Lentini, dans la province de Syracuse.
Lentrein Le nom est originaire du Morbihan, où il est attesté à Radenac depuis la fin du XVIe siècle (nombreuses mentions par la suite à Guéhenno). Formes similaires : Lentrain, Lantrain, Lantrin. Ces noms sont apparemment à rapprocher de Landrain, Landraing, Landrein, Landren, Landreigne, formes rencontrées dans le Finistère. Dans ce cas, il s’agit d’un toponyme désignant une lande (breton “lann”) où abondent les plantes épineuses (“drein” = épine).
Lentsch Nom porté dans le Haut-Rhin. C’est une forme courte de Lorenz (= Laurent). Variantes : Lentz, Lenz, Lensch.
Lenzi Le nom est porté en Corse et en Toscane. C’est la forme plurielle de Lenzo (parfois Lenzio), hypocoristique de Lorenzo (= Laurent). Diminutif : Lenzini. Augmentatif : Lenzoni. Le nom corse Lenziani semble également formé à partir de Lenzi. À noter que le nom de famille Lenzo est pour sa part porté en Sicile (Messine).
Léon Nom de baptême issu du latin leo, leonis (= lion), utilisé comme nom de personne. Le nom avait pour les chrétiens une valeur certainement symbolique, puisque treize papes l’ont porté. Le patronyme est très répandu en Bretagne, et plus généralement dans l’Ouest.
Leonard, Léonard Nom de baptême formé à la fois sur une racine latine (leo = lion > Léon) et sur une racine germanique (hard = dur). Popularisé par saint Léonard (ou Liénard), ermite français du VIe siècle. Converti au catholicisme en même temps que Clovis, saint Léonard se retira en Limousin, où il fonda un monastère appelé depuis lors Saint-Léonard-de-Noblac. Plusieurs communes françaises portent son nom. Le patronyme est très répandu, mais c’est en Moselle et dans le Limousin qu’il est le plus fréquent.
Leonardi Forme italienne de Leonard (voir ce nom). C’est le pluriel de Leonardo. Diminitifs : Leonardelli, Leonardini.
Léonet Diminutif de Léon (voir ce nom) surtout porté dans le Limousin. Variante corse ou italienne : Leonetti.
Leoni Très fréquent dans toute la moitié nord de l’Italie, également présent en Sardaigne et en Corse, c’est le pluriel de filiation de Leone, lui aussi très répandu, y compris au sud, nom de baptême qui correspond au français Léon (latin leo, leonis = lion). Diminutifs : Leonello, Leonelli, Leonetti.
Léorier Le nom, porté dans l’Ardèche, peut aussi s’écrire Léourier. On le rencontre au XVe siècle à Privas sous la forme Leurier. Autres formes anciennes : Léaurier, Liourier. Son sens est incertain, mais il semble qu’on puisse le rapprocher du mot “lièvre” (“liôra, luère, lûre, lèvre” en dialecte forézien). Ce serait donc l’équivalent du nom Lévrier (voir ce nom). Un hameau ou une ferme de l’Ardèche s’appelle Léorier (commune de Saint-Basile), reste à savoir s’il est antérieur au nom de famille, ce qui est loin d’être certain.
Léotard Nom de personne d’origine germanique, Leodhard (leod = peuple + hard = dur). C’est dans l’Hérault et les Alpes-de-Haute-Provence que le nom est le plus porté (on le trouve aussi dans le Loiret). On rencontre aussi la forme Liotard (43). Variante italienne : Leotardi.
Léoty Patronyme qui semble spécifique à l’Auvergne. C’est un nom de personne d’origine germanique, sans doute un diminutif de Léotard (voir ce nom).
Lepage Surnom donné à un jeune garçon, un valet, sens que le mot page a conservé jusqu’au XVe siècle. Vient sans doute du grec paidion (= garçon). Variante : Le Page.
Lepagnol Variante de Lespagnol (celui qui est originaire d’Espagne) rencontrée dans la Marne et dans l’Yonne. Variante ou matronyme : Lepagnole (70).
Lepaigneul Variante de Lespagnol (celui qui est originaire d’Espagne) rencontrée surtout dans l’Ille-et-Vilaine.
Lepainteur Nom porté en Normandie, surtout dans la Manche. Variante : Lepeinteur. Il désigne un peintre, tout comme les noms Lepaintre, Lepainturier, Lepeintre (tous rencontrés en Normandie).
Lepaon Nom de famille rencontré en Normandie, notamment dans le Calvados. Certainement un sobriquet donné à un homme vaniteux. On rencontre la variante Lepan, plus fréquente, dans le Nord et en Belgique.
Lepape Surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais, le nom évoque ici un prêtre plutôt qu’un pape (à rapprocher de l’allemand Pfaff). C’est un surnom qui peut avoir de multiples sens (vor Lepretre). On le rencontre aussi sous la forme néerlandaise Depape.
Lepareur Porté dans la Manche, le nom désigne un pareur de drap. Variante : Lepareux (14, 76).
Leparfait Assez rare, le nom semble venir de Normandie, sans doute Calvados ou Manche. Le mot ‘parfait’ ayant au moyen âge des acceptions à peu près identiques au sens actuel, il faut y voir le surnom de celui qui fait preuve de hautes qualités morales, ou qui est expert dans son travail.
Lepaulmier Nom porté dans le Calvados, rencontré dans la Manche sous la forme Lepaumier. Voir Paumier pour le sens.
Lepaysant Voir Paysan pour le sens. Le nom est surtout porté dans la Manche. Variante : Lepaisant. La forme similaire Lepaysan semble originaire du Limousin.
Lepecq Nom porté dans la Mayenne et dans la Somme, rencontré aussi sous la forme Lepec (53, 76, 44). Deux possibilités : soit celui qui est droit comme un pieu (moyen français pec = pieu), soit plutôt un sobriquet donné à un personnage niais (moyen français emprunté à l’occitan). A noter que le mot pec a désigné aussi une mesure pour l’avoine.
Lepeltier Porté dans le Calvados, c’est une forme contractée de Lepelletier (50 notamment), qui désigne le métier de fourreur. Autre variante : Lepeletier (14).
Leperre Porté dans le Nord-Pas-de-Calais, le nom est également présent à la Réunion. C’est une variante de Lepère (02, 08, 59, 60), surnom désignant le père par opposition au fils dans les actes notariés.
Lepers Désigne celui qui a les yeux pers (d’un bleu très soutenu, tirant sur le violet). Autre sens possible : celui qui a le visage bleuâtre, livide (les deux sens sont attestés en ancien français). Le nom est surtout porté dans le nord de la France (59, 80, 76). La forme Lepert (72, 60, 53) semble en être une variante.
Lepetit Nom très fréquent dans la Manche, également porté dans le Limousin. C’est bien sûr un sobriquet appliqué à une personne petite, fonctionnant souvent à l’intérieur d’une même famille pour différencier le petit du grand (Legrand).
Lepetz Porté dans le Nord-Pas-de-Calais, devrait être une variante de Lepez, renvoyant sans doute à l’ancien français “peiz”, avec deux sens possibles : soit celui de poitrine, poitrail (homme à forte poitrine ?), soit celui de poix (celui qui produit ou utilise la poix ?).
Lephilipponnat Très rare, le nom correspond à Philipponnat, Philipponat, double diminutif de Philippe porté dans le Territoire de Belfort (également 02, 51).
Lepic Nom porté dans le Calvados, rencontré aussi dans d’autres régions (33, 18). Surnom donné à celui qui utilise un pic (carrier, mineur ou terrassier par exemple).
Lepilleur Le nom est porté dans la Manche. On le rencontre dans le Calvados sous la forme Lepileur. Il a dû désigner celui qui écrasait les pommes pour faire du cidre (sens attesté en ancien français pour le mot “pilage”).
Lepinay Ou Lépinay. Nom porté dans la Sarthe et la Mayenne, très fréquent aujourd’hui à la Réunion. Désigne celui qui habite un lieu-dit l’Epinay (= buisson épineux, lieu où pousse l’aubépine). Autres formes : Lépinoy (59, 80, 23), Lépinois (51, 70), Lépinoit, Lépinoix (25).
Lépine Il s’agit d’un toponyme très fréquent dans presque toute la France, désignant un lieu où abondent les buissons épineux. Le patronyme désigne donc celui qui est originaire d’une localité ou d’un lieu-dit portant ce nom.
Lepingard Nom assez rare surtout porté dans la Manche. Pingard est peut-être un dérivé de l’adjectif “pingue” (= gras). Cependant, dans son dictionnaire d’ancien français, Godefroy préférait rattacher ce nom à “pingert”, terme ayant désigné un oiseau pêcheur.
Lepitre Le nom est surtout porté dans la Marne et la Haute-Marne. Rien à voir avec notre actuel pitre, le mot est beaucoup trop tardif. Le nom désigne un boulanger (latin pistor), comme l’atteste la forme ancienne Le Pistre, rencontrée au XVIIe siècle à Chigny-les-Roses (51), et devenue Lepistre puis Lepitre au siècle suivant.
Leplat Le nom est assez fréquent dans le Nord-Pas-de-Calais et en Seine-Maritime. Le dictionnaire de M.T. Morlet propose un toponyme (= plateau, endroit plat), mais les plus anciennes mentions connues montrent qu’il s’agit d’un surnom (cf. Henricus dictus li Plas, 1279-80, cité par le Dictionnaire des noms de famille en Belgique romane, qui fournit plusieurs exemples similaires). Ce surnom devrait désigner une personne maigre (le contraire de Legros).
Leplay Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit le Play (= la haie). C’est dans le Calvados qu’il est le plus répandu. Variante : Lepley (voir aussi ce nom).
Lepley Nom rencontré en Normandie (76, 14). Difficile à interpréter : M.T. Morlet y voit un toponyme (play = plaix = sorte de haie), mais il ne faut pas oublier la proximité de la Bretagne, où le nom pley est fréquent, également comme toponyme. Il semble désigner un ensemble d’habitations isolées, et par la suite un hameau, un village.
Lepointe Porté notamment dans la Meuse et la Marne, c’est une probable variante de Lepointre (même région), attestée pour Pointe (voir ce nom).
Lepoittevin Désigne celui qui est originaire du Poitou. Le nom est essentiellement porté dans la Manche. Variantes : Lepoitevin, Lepoidevin (35, 50). Il est à l’origine de plusieurs noms composés : Lepoittevin dit Dubost, Lepoittevin dit Montagne, Lepoittevin dit Toine, Lepoittevin-Bergeot, Lepoitevin-Dubost, Lepoittevin-Toine, Lepoittevin-Tranche.
Lepoivre Relativement fréquent dans le Nord-Pas-de-Calais, ce patronyme désigne un marchand de poivre, sans doute de façon plus générale un marchand d’épices.
Lepolard Nom surtout porté dans l’Aisne, formé par agglutination de l’article défini “le” et du nom Polard (rencontré dans la Somme et le Finistère), qui est lui-même une variante de Poulard (voir Poullard).
Lepomme Nom rare rencontré dans le département du Nord et en Belgique. L’article le étant également féminin en picard et en wallon, le nom signifie la pomme. Il s’agit vraisemblablement d’un sobriquet.
Leporcq Nom du Nord de la France, où le groupe cq est fréquent (Lecocq, Cocquet). C’est un sobriquet qu’il faut comprendre soit comme une métaphore (celui qui est sale comme un porc), soit comme une métonymie (celui qui s’occupe des porcs). On trouve aussi le patronyme Porcq, et surtout son diminutif Porquet (Normandie, Picardie).
Leport Nom porté en Normandie, également présent dans l’Yonne. Difficile de se faire une idée précise. Il semble s’agir d’un toponyme (= abri au bord de la mer ou d’un lac pour les bateaux), mais on peut envisager une déformation de Leporc, Leporcq, rendant ce nom moins péjoratif. Je préfère pour ma part cette dernière version, la concordance entre Leport et Leporc étant attestée en Normandie. Enfin, en Bretagne, Leport peut être une variante de Le Port (voir ce nom).
Leportois Rencontré dans la Manche, a pu désigner un portier, tout comme le nom voisin Leportier (50, 61, 14). Autre possibilité : le métier de porteur.
Lépouchard Nom très rare porté dans la Charente. Sens obscur. Peut-être la ferme habitée par les Pouchard (voir ce nom).
Lepre Nom italien surtout porté en Campanie, c’est en principe un surnom lié au mot “lepre” (= lièvre). On ne confondra pas ce nom avec Lepré, surnom d’origine toponymique présent dans le Centre.
Lepretre, Leprêtre Nom surtout rencontré dans le Nord-Pas-de-Calais. Un sobriquet que l’on peut interpréter de multiples façons : le fils du prêtre, celui qui est au service d’un prêtre, celui qui a des allures de prêtre ? De toute façon, on ne trouvera jamais la solution ! Variantes : Leprettre, Leprestre, Leprette, Leprete.
Leprince Rencontré surtout dans l’Ille-et-Vilaine, mais aussi un peu partout en France. Fait en principe partie des nombreux sobriquets désignant une personne fière, prétentieuse, vaniteuse, bref qui se prend pour un prince. Il faut cependant se méfier dans l’interprétation de ces surnoms, sur lesquels nous n’avons en fait aucune certitude.
Léprivier Rare et porté dans l’Indre-et-Loire, c’est une variante de Lépervier (surom lié à l’oiseau, donné peut-être à un chasseur ou à un éleveur), avec métathèse du r. Forme voisine : Léprevier (77, 62, 41).
Leprohon Pour le sens, voir Prud’homme, dont l’ancien français prohom est une forme contractée. Le patronyme se rencontre surtout dans le Nord (Maubeuge).
Lepropre C’est en Belgique que le nom est le plus répandu. En France, on le rencontre dans la Marne. C’est un sobriquet qui s’oppose apparemment à Lesale, Lesalle, nom également portés en Belgique et en France.
Leproust Surtout porté dans la Sarthe et dans l’Orne, c’est une agglutination de ‘le proust’ (= le prévôt).
Leproux Porté notamment dans la Sarthe et la Haute-Vienne, désigne un homme preux (= vaillant, sage, expert). Variantes : Leprou, Leproult (27, 72 surtout).
Leprun Les plus anciennes mentions connues du nom le situent dans la Haute-Marne et la Haute-Saône. Le mot “prun” a désigné une sorte de vin confectionné avec des prunelles, et pourrait être à l’origine de ce nom de famille (surnom de fabricant ?). On peut aussi envisager une variante phonétique de Lebrun.
Lequerme Surtout porté dans la Marne, où il est attesté depuis le XVIIe siècle, devrait désigner un lieu marqué par la présence d’un charme (arbre), dont “querme” est une forme picarde.
Lequertier C’est dans la Manche que le nom est le plus répandu. Variante rare : Le Quertier. Il correspond au métier de charretier (en Normandie, C devant A ne devient pas CH). On trouve avec le même sens le nom Quertier en Seine-Maritime.
Lequette Le nom est surtout porté dans le Pas-de-Calais. Variante : Lequet (80). Avec les noms picards, il est difficile de se faire une certitude, tant il y a de variantes possibles. Ici, on pensera surtout à l’ancien français queste, qui désignait un impôt proche de la taille, surnom possible pour celui qui percevait cet impôt. A noter cependant que queste a eu aussi le sens de caisse, bahut, également bourse.
Lequeutre Nom porté en Picardie. Variante : Lequeustre. Il désigne un marmiton (bas-latin *coquistro, ancien français coistre, conservé aujourd’hui dans le mot ‘cuistre’).
Lequeux Fréquent en Picardie (02, 60), le nom désigne un cuisinier (latin coquus). Variantes : Lequeu (27, 76), Lequeulx (10, 51, 80).
Lequibain Porté notamment dans la Somme (variante : Lesquibain), le nom désigne un échevin. Voir aussi Lecubin.
Lequien Forme picarde de Lechien (voir ce nom). Variante : Lequient.
Léquivard, Lequivard Porté dans l’Eure-et-Loir, c’est un nom de sens incertain. Il pourrait correspondre à l’ancien français “eschipart”, qui désignait notamment une pioche ou une bêche. On peut aussi penser à un dérivé de l’un des deux verbes “eschiver” de l’ancien français, l’un signifiant “embarquer”, l’autre “prendre la fuite”.
Lera Le nom est assez courant en Espagne, mais je n’en connais pas l’origine géographique précise. S’il est castillan, on peut penser au mot “llera” (= terrain caillouteux). S’il est basque, on envisagera le mot “lerr” (ou “leher”) qui désigne le pin. S’il est catalan, il pourrait s’agir d’une agglutination de “l’era” (= l’aire).
Léran Porté dans le Finistère (variante : Lérand), c’est une contraction de Le Héran, Le Hesran, patronymes dans lesquels on reconnaît le breton “herrant” (= rapide, précipité). Le nom Léran est également porté dans le Sud-Ouest, où il désigne celui qui est originaire de Léran (nom d’une commune de l’Ariège et peut-être de hameaux).
Lerasle Surtout porté dans le Cher et les départements voisins, devrait être un surnom lié au râle (oiseau), peut-être en fonction de son cri rauque. Variantes : Lerâle, Leralle.
Lerat Un sobriquet difficile à interpréter, mais qui n’est pas forcément péjoratif : peut désigner une personne rusée. Nom surtout porté dans l’Ouest (44, 35, 27) et le Centre (18).
Leray, Le Ray Nom surtout rencontré dans l’Ouest. Désigne celui qui habite le lieu-dit le Ray (= lieu où jaillit une source, une fontaine).
Lerda Nom porté en Italie (fréquent dans le Piémont), rencontré aussi en Espagne. On considère parfois qu’il désigne celui qui est originaire de la ville espagnole (et province) de Lérida (catalan Lleida). En Espagne, on peut aussi penser au village d’Undués de Lerda (province de Saragosse).
Lereboulet Le nom est originaire de la Meuse, tout comme ses variantes Lereboullet et Lerebouillet. Le sens est à rattacher soit à Reboulet, soit à Reboulleau (voir ces deux noms).
Lerenard Surtout porté dans la Manche, c’est un surnom donné à un personnage rusé.
Lerendu Nom porté en Normandie (14, 50, 76). Pour le sens, voir Rendu.
Lereste Nom breton porté dans les Côtes d’Armor (autrefois aussi dans le Morbihan), plus fréquent sous les formes Le Rest, Le Reste (29). Autre variante : Lerest. C’est un toponyme avec le sens de demeure, manoir. De très nombreux hameaux s’appellent le Rest(e) dans le Finistère et les Côtes-d’Armor.
Lereuil Surtout porté dans la Côte-d’Or (variante : Lereuille), c’est un toponyme, plus exactement un hydronyme, avec le sens de ruisseau, petite rivière. Plusieurs cours d’eau bourguignons s’appellent “le Reuil”, c’est aussi le nom de divers hameaux dans la Saône-et-Loire.
Lerévérend Nom surtout porté dans la Manche. Variante : Révérend. Le mot “révérend” signifie en latin “vénérable”, il s’emploie dès le Moyen Âge dans un contexte religieux. La présence de l’article montre qu’on a sans doute affaire à un surnom lié à une dignité religieuse, mais on n’oubliera pas que Révérend a été aussi un nom de personne (voir Reveyrand).
Leriche Un surnom qui pourrait se passer de commentaires. Signalons cependant qu’au moyen âge riche avait aussi le sens de puissant. Notons aussi que personne ne s’appelle Lepauvre, sans doute parce que ce n’était pas un signe suffisamment distinctif.
Leriget On rencontre ce nom dans la Sarthe, mais il est aussi présent dans le Limousin et en Béarn. Sens obscur : peut-être à rattacher à l’ancien français herigalt (= surcot, vêtement masculin de dessus).
Lerin, Lérin Nom surtout porté en Bretagne (22). Il devrait s’agir d’un diminutif de làer, qui désigne en breton un voleur.
Lermechin Nom porté dans la Somme, également écrit Lhermechin, Lermechain (76), Larmechin (60). Sens incertain. Parmi les pistes à envisager, on pensera au nom de personne féminin d’origine germanique Ermensind (ermen = immense + sind = voyage), ou encore à un diminutif d’Hermès, nom de personne qui fut assez répandu en Flandre et en Artois. À envisager aussi un dérivé de l’ancien français (h)erme (= terre inculte).
Lermig Nom rare porté en Allemagne. Sens incertain. Peut-être un dérivé de Lärm (= bruit, tapage, vacarme).
Lerminier Voir Lhermenier pour le sens. Le nom est porté notamment dans l’Oise et en Normandie.
Lermoyer Porté dans le Nord-Pas-de-Calais, le nom correspond à l’ancien français “armoier”, qui a désigné un fabricant d’armes, puis un peintre et brodeur d’armoiries. Variantes : Larmoyer (08), Lermoyez (59, 62). Avec le même sens (ancien français “armoieor”) : Lermoyeux (59, 02, Belgique).
Lermy Nom rare surtout porté dans la Loire. Pourrait désigner celui qui est originaire d’un lieu-dit l’Hermy (terrain inculte ?). A noter les hameaux d’Hermy à Marnaz (74) et à Poilley (50).
Lernon Surtout porté dans le département du Nord, ainsi que dans l’Aisne et l’Aube, correspond à la forme Ernon (variantes Erno, Ernou) précédée de l’article défini élidé l’. Correspond à un nom de personne germanique formé sur la racine arn (= aigle), que l’on rencontre notamment dans Arnaud, Arnold.
Leroueille Le nom est porté dans l’Ouest (44, 49, 53). Variante : Leroueil. Peut-être le surnom d’un homme coléreux (ancien français roeille = colère manifestée par le roulement des yeux), à moins qu’il ne s’agisse d’un toponyme désignant un ruisseau.
Lerouge Fréquent dans le Nord-Pas-de-Calais et la Seine-Maritime, devrait être le plus souvent le surnom d’un rouquin. Diminutif : Lerouget (14).
Leroux, Le Roux Sobriquet désignant celui qui a les cheveux roux.
Leroy, Le Roy Signifie bien sûr “le roi”. Pour l’interprétation, voir Rey. Si on considère les naissances sur cent ans, Leroy est le quatorzième nom de famille parmi les plus fréquents en France. Il est surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie. La variante Le Roy est présente en Bretagne (29) et en Normandie (50, 76). Variantes : Leroi (59, 76), Le Roi (29, 76).
Leroy-Beaulieu Patronyme composé de Leroy (sobriquet = le roi) et de Beaulieu, toponyme très fréquent en France (= le beau lieu). Les plus anciennes mentions connues situent le nom dans le Calvados (Livarot, 1759).
Leruste Nom surtout porté dans le département du Nord (variante Lerust), rencontré aussi dans la Creuse. Il correspond à l’adjectif d’ancien français ruiste, ruste, qui signifiait fort, violent.
Lery, Léry Surtout porté dans l’Ile-de-France, c’est sans doute un nom de personne d’origine germanique, Leteric (liet = peuple + ric = puissant), que l’on retrouve dans Montlhéry ainsi que dans Saint-Léry (56). Variante : Lerry (53). Autre solution : celui qui est originaire de Léry, nom de deux communes de l’Eure et de la Côte-d’Or.
Lesacher Porté en Bretagne et en Normandie (35, 50, 29), le nom s’écrit aussi Lesaché, Lesachey, Le Saché, Le Sacher, Le Sachey. Il désigne un fabricant de sacs, de bourses (ancien français “sachier”). Autre possibilité : membre de l’ordre du Sac (ou ordre de la Pénitence en Jésus-Christ), ainsi appelé parce que ses moines étaient vêtus d’un habit de toile grossière.
Lesade Surtout porté dans l’Eure, correspond à l’ancien français “sade” (= gracieux, doux, charmant). Voir Sadet pour plus de détails.
Lesaffre Surtout porté dans le département du Nord (variantes : Lesafre, Lesavre), c’est un surnom pour un personnage glouton, éventuellement pour un débauché ou un homme aimant le plaisir (divers sens de l’ancien français “safre”).
Lesage, Le Sage Désigne un sage, c’est-à-dire quelqu’un d’instruit, d’expert dans son domaine (a un peu le sens de savant).
Lesaint Le nom est porté dans le Nord ainsi que dans l’Ouest (35, 53). Dans le Nord, c’est certainement un surnom (homme plein de sainteté ou de sagesse ?). Dans l’Ouest, il peut aussi désigner celui qui est originaire du Saint, commune du Morbihan.
Lesaunier Nom porté dans le Calvados. Pour le sens, voir Saunier.
Lesauvage Voir Sauvage pour le sens. Le nom est porté en Normandie (50, 76).
Lesbats Nom porté dans les Landes (variante : Lesbat). Désigne celui qui habite un lieu-dit les Bats, Lesbats (= les vallées). A noter dans les Landes trois hameaux appelés Lesbats, à Mézos, Saubrigues et Saint-Geours-de-Maremne.
Lesbegueries, Lesbégueries Le nom est porté dans les Landes. Variante : Lesbegueris. Le mot”vegueria” désigne en gascon une viguerie (domaine administré par un viguier). On a donc affaire à un toponyme (terres dépendant du viguier). On rencontre aussi le terme au singulier : Labegaria, Labéguerie, Labéguery, Labégurie (64, 40, 33).
Lesburguères Surtout porté dans les Landes, devrait désigner un lieu buissonneux, où pousse la bruyère (métathèse de “bruguera”). Autre possibilité : le gascon “burguèr” (= meule de paille). C’est de toute façon un toponyme devenu nom de famille.
Lesca Le nom est originaire des Landes. Il semble que ce soit un toponyme désignant un lieu où pousse le carex, ou laîche (latin populaire lisca), plante qui croît en touffes dans les lieux humides. C’est en tout cas le nom d’un lieu-dit situé sur la commune d’Orthez.
Lescalier Surtout porté dans la Manche (variantes : Lescallier, Lescalliez), le nom n’a sans doute rien à voir avec un escalier. C’est un dérivé de l’ancien français escaille (= écaille), surnom donné soit à celui qui ramasse ou ouvre des coquillages, soit plutôt à celui qui pose les ardoises sur les toits.
Lescanne Nom de famille rencontré en Lorraine (54, 55) et dans la Nièvre. Malgré cette répartition géographique, le nom ne semble pas lorrain, et évoque plutôt le Sud-Ouest. On trouve d’ailleurs dans le Lot-et-Garonne un bois appelé Lescannes (commune de Boussès). De plus, le patronyme Lescane, plus rare, paraît venir des Pyrénées-Atlantiques. A noter enfin que le nom s’est orthographié parfois L’Escanne. Il pourrait donc s’agir d’un lieu-dit du Sud-Ouest, mais sous toute réserve.
Lescarcelle Un joli nom porté dans la Somme (variante : Lescarcelles). L’escarcelle était une grande bourse que l’on portait attachée à la ceinture (première mention : escarcele, XIIIe siècle). Il s’agit sans doute d’un surnom donné à celui qui portait une escarcelle, éventuellement aussi un fabricant ou un marchand de bourses.
Leschallier Variante de Lescalier (voir ce nom), ce patronyme ne se rencontre plus aujourd’hui que sous la forme composée Leschallier de Lisle, portée en Vendée vers 1900. Le nom Eschallier, dans les siècles précédents, se rencontrait surtout dans la Mayenne et la Saône-et-Loire.
Lescher Nom rencontré à la fois en Auvergne (63) et dans le Béarn (64). Pour des raisons qui à vrai dire m’échappent, deux ouvrages que j’ai consultés pensent que le nom béarnais désignerait un boucher ou un charcutier. Peut-être est-il plus sage de le rapprocher de Lesca (voir ce nom), ou encore de penser à la langue basque (lexar, variante de lizar = frêne). Quant au patronyme rencontré en Auvergne, également mentionné sous la forme Leschier, c’est au départ un nom de lieu, les Chers ou les Chiers, désignant un escarpement rocheux.
Leschot Porté en Franche-Comté (variante : Léchot), pourrait être au départ une variante de Lescot (= l’Ecossais). Une autre solution consiste à en faire un toponyme, dérivé du mot “lesche” (= carex, plante des marais). Dernière possibilité : variante graphique de Leschaux, toponyme fréquent évoquant un pâturage de montagne.
Lescieux Surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais (également dans l’Eure), le nom se rencontre aussi sous la forme Lecieux. Il semble désigner un aveugle (ancien français cieu, ciu, latin caecus).
Lescoat Nom breton porté dans le Finistère et les Côtes-d’Armor, rencontré dans le Morbihan sous les formes Lescoët, Lescouat, Lescouët. C’est un toponyme très fréquent évoquant un domaine boisé (“lez” = demeure seigneuriale + “koad” = bois).
Lescombes Désigne celui qui habite un lieu-dit “les Combes” ou en est originaire. Sens du toponyme : les vallons occitan (“comba” = vallon, vallée profonde). Le nom de famille est surtout porté en Dordogne et s’écrit aussi Lescombe.
Lescoulié Porté dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, le nom s’écrit aussi Lescoulier. Il désigne un écolier, autrement dit à l’époque médiévale un étudiant, mais aussi un enseignant. Avec le même sens : Lescoulant.
Lescouzères Nom surtout porté en Gironde. Variante : Lescouzère. Difficile de l’interpréter. Peut-être la maison des couturiers (occitan coseire), ou encore un dérivé de escodre (battre, dépiquer le blé, participe passé escos).
Lescure Nom porté dans le Périgord et les régions voisines, qui désigne celui qui est originaire de Lescure, l’Escure, toponyme très fréquent dans le Sud-Ouest et le Massif Central, où il signifie fenil, grange (occitan escura). Trois communes s’appellent Lescure (09, 12, 81).
Lescureux Également écrit Lescurieux, le nom est surtout porté en Picardie. C’est un surnom lié à l’ancien français “escurel” (= écureuil).
Lescurier Nom assez rare, rencontré aussi sous la forme Lécurier (28). Il peut s’agir d’un valet d’écurie, mais il faut savoir que le mot ‘écurie’ avec son sens actuel est assez tardif. Autre possibilité : celui qui nettoie, qui cure les fossés ou les granges. Enfin, il pourrait s’agir d’un surnom lié à l’écureuil (souvent écrit escuriel, escurieu) : le blason d’une famille Lescurier porte un écureuil.
Lescuyer Variante de Lécuyer (voir Ecuyer pour le sens), le nom est porté notamment dans la Seine-et-Marne et dans l’Ain. Le nom voisin Lescutier (59) a dû désigner plutôt un fabricant de boucliers, tout comme Lescut (59, 89).

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