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Noms commençant par L

La Duca-Lageiste
Lagel-Landriau
Landrin-Laseure
Lasgi-Lazzaroni
Le Baccon-Le Meur
Le Mevel-Le Youdec
Léa-Lehelloco
Lehérissier-Lescuyer
Lésébos-Lieffroy
Liégeard-Loisel


Lésébos Nom très rare porté dans le Morbihan. Sens obscur.
Lesecq, Lesecque Nom rencontré dans le Nord-Pas-de-Calais. Sobriquet appliqué à une personne maigre. Variante : Lesec (08).
Leseigneur, Le Seigneur Nom assez courant en Normandie (76). En principe, il s’agit d’un sobriquet ironique, désignant celui qui a des allures de seigneur.
Leseine On rencontre ce nom dans la partie nord de la France (59, 77, 78 surtout). Variante : Leseinne (76, 27). Désigne par métonymie un pêcheur, celui qui utilise un filet de pêche (en ancien français seine, seime = filet). D’autres hypothèses ont parfois été évoquées, en rapport avec le nom voisin Lesenne : assemblée, ou encore cygne, ancien français cisne.
Lesellier Le nom est porté en Basse-Normandie, en particulier dans l’Orne. Variantes : Lessellier, Lesselier. Il désigne un fabricant ou un marchand de selles et autres harnais (voir aussi Sellier).
Lesenfant Le nom est porté dans la Saône-et-Loire. Variantes : Lesenfants (21), Lesenfans. Son sens est identique à celui de Auxenfans (voir ce nom).
Leser Porté en Alsace-Lorraine, correspond au nom de personne Lazare (voir ce nom). Variantes : Lesser, Lasar, Latzer, Lazarus, Lazerus, Löser.
Lesergent Voir Sergent pour le sens. Le nom est surtout porté dans l’Orne.
Leseur Rencontré dans le Centre, mais aussi en Normandie et dans la Marne. Sans doute le seür, celui qui se sentait sûr de lui. On peut cependant penser aussi à lieu où pousse le sureau (seür également en ancien français). Enfin, en Normandie et dans l’Est, il n’est pas interdit d’y voir une déformation de Lesueur (= le cordonnier) ou de Lesieur (soit déformation de Lesueur, soit variante de Leseigneur).
Leseute, Leseutte, Leseutre Patronyme rencontré dans le département du Nord. La variante Leseutre laisse penser qu’il doit s’agir d’un nom de métier, le cordonnier (du latin sutor), hypothèse qui reste cependant à vérifier.
Lesgards Porté dans les Landes (variante : Lesgard), le nom y est attesté depuis le XVIe siècle. Sens incertain. On pourrait penser à un toponyme, mais les formes “les Gards” (= les jardins) se rencontrent dans le nord de la France. On peut aussi penser à l’occitan “esgard” (= égard, considération, déférence), mais cela paraît peu vraisemblable. À envisager éventuellement une masculinisation du mot “garde” (= poste de guet, tour de guet).
Lesgourgues Porté dans les Landes, c’est un toponyme formé sur l’occitan “gorga”, qui désigne soit une gorge de montagne, soit une mare, une source, une fontaine ou un réservoir (le sens de “gouffre”, parfois mentionné, correspond plutôt au masculin “gorg”). Le toponyme est très répandu dans tout le Sud-Ouest. Concernant les Landes, on notera le hameau des Gourgues à Labatut et ceux de Lesgourgues à Mimbaste et Ousse-Suzan. Avec le même sens : Lasgourgues (82, 40), Gourgue, Gourgues (40, 33).
Lesguillier D’origine picarde, le nom s’est aussi écrit L’Aigullier. Il désigne un fabricant ou un marchand d’aiguilles. Variantes : Lesguiller, Léguiller, Léguillier.
Lesieur Surtout porté dans l’Eure-et-Loir et la Somme, c’est un sobriquet formé sur l’ancien français sieur (= seigneur), mais il s’agit parfois aussi d’une variante de Lesueur (voir ce nom). Variantes : Lesieu, Lesieux (62), Lessieur, Lessieux.
Lesmarie Surtout porté dans le Cantal, c’est une déformation de Leymarie (19, 46 notamment), toponyme désignant le domaine d’Aymar, Eymar (l’Aymarie, l’Eymarie), ancien nom de personne. On rencontre ce nom de lieu en Corrèze et en Dordogne, et plus généralement au sud-ouest du Massif Central.
Lesnes Plus fréquent sous la forme Lesne, le nom se rencontre en Bretagne (22) et dans le département du Nord (il est aussi présent en Belgique). Sens incertain. On a tendance à y voir une aphérèse du mot “alesne” (alène) et à en faire le surnom d’un cordonnier. Cependant, il pourrait s’agir d’un toponyme : dans le Nord, on pensera à la commune d’Esnes (59) ou à la rivière de l’Aisne. Avec accent (Lesné), il devrait s’agir plutôt de l’aîné de la famille.
Lesoil Le nom est porté en Belgique et dans les départements du nord de la France (59, 08). Variantes : Lesoile, Lesoille. Il devrait correspondre à l’ancien français “soile” (= seigle), surnom possible d’un producteur de seigle.
Lesot Porté en Picardie et en Haute-Normandie, correspond au mot ‘sot’, qui avait au moyen âge le même sens qu’aujourd’hui, mais était aussi utilisé pour désigner un fou. Autre sens possible : celui qui jouait le rôle de bouffon dans les farces appelées ‘soties’.
Lesourd Le nom est surtout porté dans la Sarthe et les départements voisins. C’est en principe un surnom donné à un sourd. Dans de rares cas, on pensera aussi à l’ancien français “sourt” (= eau jaillissante, source). Variantes : Lesourt, Lessourd.
Lespade Porté dans les Pyrénées-Atlantiques, pourrait désigner le porteur d’une épée (occitan “espada”). A noter cependant que le nom “espade” est aussi un toponyme béarnais qui désigne des sommets, peut-être des sommets pointus (cf. la pène de Lespade à Accous, 64, ou le pic de l’Espade à Saint-Lary-Soulan, 65).
Lespagnol Désigne celui qui est originaire d’Espagne. Le nom est fréquent dans le Nord-Pas-de-Calais (variante : Lespagnols). Il est également assez courant dans l’Yonne.
Lespérance, L’Espérance Nom rencontré dans diverses régions, notamment dans le Nord. Désigne sans doute celui qui habite au lieu-dit l’Espérance, lui aussi assez fréquent dans plusieurs régions. Peut aussi être un surnom donné à un soldat.
Lespès Le nom est surtout porté dans les Landes. Variante : Lespez. Il pourrait correspondre à l’adjectif occitan “espés” (= lourd, grossier), mais il semble préférable de voir ici en “espés” une variante de “espessa”, avec le sens de bois touffu, lieu buissonneux.
Lespielle Nom gascon assez rare qui renvoie à la commune de Lespielle (64). Sens du toponyme : peut-être un lieu où poussent l’aubépine, l’églantier ou autres arbustes épineux (latin spineola ou *spinella avec chute du n intervocalique).
Lespinasse Nom fréquent dans le Sud-Ouest (24, 46, 82), qui correspond à un toponyme désignant un lieu recouvert d’arbustes épineux, aubépine notamment. Un village porte ce nom dans la Haute-Garonne, non loin de Saint-Jory. En outre, de nombreux villages ou hameaux s’appellent Espinasse ou l’Espinasse, dans toute la partie sud de la France. Formes voisines : Lespinas (19, 87), Lespinat, Lespinats (15), Lespinace (47), Lespinache (38, 69).
Lespinet Nom porté en Vendée et dans les Deux-Sèvres. Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit l’Espinet (lieu où poussent l’aubépine ou les arbustes épineux). Il existe de nombreux hameaux ainsi appelés, mais dans le Sud-Ouest et en Corrèze.
Lesprillier Nom rare porté dans les Yvelines et dans l’Aisne. Aucune piste suffisamment sûre pour risquer une définition.
Lesquélen Nom breton (22, 29) également écrit Lesquellen. C’est un toponyme, nom de hameaux ou de fermes à Brasparts et à Plabennec (29). Le premier élément (“les”) a le sens de domaine, demeure seigneuriale. Le second peut renvoyer au breton “kelenn” (= le houx), mais peut aussi être un ancien nom de personne (Kelenn ou Kelen dans divers cartulaires).
Lesquivin Nom rare porté dans la Meuse. Il correspond à la fonction d’échevin (ancien français eskievin), le terme désignant au moyen âge l’assesseur du tribunal comtal, puis un magistrat municipal. On trouve le patronyme dans le département du Nord sous les formes Echevin, Léchevin.
Lesquivit Désigne celui qui est originaire d’une localité portant ce nom, hameau à Plougastel-Daoulas (29). Sens du toponyme : lieu où pousse le sureau (breton squivit).
Lesquois Porté en Lorraine (55), le nom s’écrit aussi Lesquoy (54). La variante ancienne L’Esquoy (le nom de famille Esquoy existe aussi) semble renvoyer à un éventuel toponyme qui serait formé sur la racine germanique ask (= frêne). A noter que deux communes s’appellent Esquay, mais elles se trouvent dans le Calvados.
Lessard Désigne celui qui est originaire de Lessard (ou l’Essard, l’Essart), toponyme fréquent qui évoque une terre défrichée par essartage. C’est dans le Finistère que le nom est le plus répandu, on le trouve aussi en Normandie et en Champagne. Variante : Lessart (Bretagne, Nord-Pas-de-Calais).
Lesschaeve Nom porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Variantes : Lesschave, Leschaeve, Leschave. Sens obscur. Peut-être l’ancien français “escheve”, avec le sens de canal d’évacuation, notamment à la sortie d’un moulin. À envisager aussi une autre forme (non documentée) du nom “échevin”. Le dictionnaire de Debrabandere y voit pour sa part une variante de Lestage.
Lesseps (de) Ce nom, à particule tardive (vers 1700), vient des Pyrénées-Atlantiques. Sens incertain. Peut-être un toponyme avec le sens de lieu défriché (du latin exstirpare). On envisagera aussi une déformation de Lespès (patronyme porté dans les Landes et désignant sans doute un lieu buissonneux).
Lessiau Difficile de se prononcer sur ce nom très rare. Un nommé Henri de Lessiau est mentionné à Abbeville en 1310 (Lessiau devait être alors un nom de lieu). Il existe aussi des Lessiau dans le Cher et le Maine-et-Loire au XVIIIe siècle, dans la Nièvre au XIXe siècle. On pensera éventuellement à l’occitan siau (= calme, doux).
Lessire Rencontré en Belgique, ce nom correspond à la forme plus courante Lesieur (= le seigneur), nom de dignité employé comme sobriquet, sans doute pour désigner un personnage prétentieux. Variante : Lesire (62, 70, 55).
Lessut Nom très rare porté dans le Gard (Nîmes). En admettant qu’il soit occitan, ce qui n’est pas certain, il pourrait correspondre au mot “eissut”, variante de “eissuch” (= sec, sécheresse).
Lestage Nom porté dans les Landes et les départements voisins (33, 32). C’est un toponyme assez fréquent, qui désigne en occitan une demeure (estatge). Une trentaine de hameaux s’appellent Lestage dans les Landes et la Gironde.
Lestang Porté dans le Sud-Ouest (82 notamment), désigne celui qui habite un lieu-dit Lestang, l’Estang (= l’étang). Variantes : Lestaing (64), Lestan (24), Lestanc (81), Lestangt (24, 47, 23) et sans doute Lestant (41). Diminutif : Lestanguet (64).
Lesté Porté dans les Pyrénées-Atlantiques, désigne sans doute celui qui est originaire de Lesté, hameau à Lagor (64). Le tponyme est également fréquent dans les Landes (voir Delest).
Lester Surtout porté dans l’Indre et la Haute-Vienne, c’est sans doute une variante de Lesterps (87, également Lesterp, Lesterpt, 85, 79, 17). Lesterps est le nom d’une commune de la Charente, ainsi que celui d’un hameau à Cieux (87). Signification : bois défriché (latin stirpes = souches).
Lesterle Nom rare porté dans les Hautes-Pyrénées. C’est une agglutination de “l’esterle”. Le mot “esterle” (= stérile en occitan) désigne dans le Sud-Ouest un jeune homme célibataire (selon Michel Grosclaude, en gascon il s’agirait du cadet de la famille). Diminutif : Lesterlou (40, 64).
Lestiboudois Nom porté dans la Seine-Maritime (variante : Lestiboudoues). Désigne celui qui est originaire du domaine appartenant aux Thibout (Thiboult).
Lestienne Nom porté dans le département du Nord et en Picardie. Variante : Lestiennes. Correspond au prénom Etienne (grec Stephanos = couronne).
Lestoquoy Le nom est surtout porté dans le département du Nord. Variantes : Lestoquoi, Lestoquois, Lestoquoit (59, 02), Lestocquoy (62). C’est un toponyme désignant des bosquets (forme picarde correspondant à l’ancien français “touche”, que l’on retrouve dans la commune du Touquet), tout comme Tocquoit, Toquoi, Toquoit, Toquoy, rencontrés dans la même région.
Lestrade Patronyme fréquent dans le Sud-Ouest (47, 24, 33 notamment). Désigne celui qui habite un lieu-dit l’Estrade, Lestrade, ou qui en est originaire. Sens du toponyme : la route (latin strata), et donc la maison ou le hameau situés près de la route.
Lestringant Le nom est porté notamment dans la Sarthe (variante : Lestringand) et dans l’Oise. C’est une agglutination de l’estringant, un dérivé du verbe d’ancien français estringner (= tenir serré), rencontré aussi sous la forme estringar en pays occitan, où il est associé au vêtement avec les sens suivants : habiller étroit, engoncer, ajuster, serrer la taille, parer. Peut-être le surnom d’un homme élégant. On trouve dans le département du Nord les formes Lestringué, Lestringuez, correspondant au participe passé du même verbe. Autres formes : Lestringue, Lestringues (63).
Lestrohan Nom exclusivement porté dans le Morbihan, où l’on trouve aussi la forme Lestréhan. C’est un toponyme formé à partir de l’ancien nom de baptême Tréhan (diminutif du vieux breton trech = victoire). Trois hameaux du Morbihan s’appellent Lestréhan (communes de Saint-Nicolas-du-Tertre, Nostang, Ploéren). La particule Les- située au début du nom peut correspondre à l’article français : les Tréhan (domaine des Tréhan). Mais les spécialistes bretons en font un mot particulier, ayant le sens de domaine seigneurial (cf Deshayes, Dictionnaire des noms de famille bretons). Le nom de famille Tréhan existe aussi (35) mais il est très rare.
Lesueur, Le Sueur Nom de métier désignant un cordonnier. Sueur vient du latin sutor (= celui qui coud, puis cordonnier).
Lesuisse Surtout porté dans la Meuse (variante : Lessuisse), désigne en principe celui qui est originaire de Suisse (éventuellement surnom de mercenaire).
Lesur Surtout fréquent en Picardie, le mot pose les mêmes interrogations que Leseur (voir ce nom), avec peut-être une préférence pour le sens de cordonnier (variante de Lesueur).
Lesut Nom rare porté dans l’Eure. Sens obscur.
Lesvenan, Lesvénan Nom breton. Désigne celui qui est originaire du lieu-dit Lesvénan (rencontré dans le Finistère). La forme primitive est Lesguenan, toponyme composé avec Les (= seigneurie) et Guenan, sans doute un ancien nom de personne breton.
Lesvier Porté en Bretagne (22, 35), le nom est rare. On trouve plus fréquemment la forme Lévier (ou Levier). Il correspond au breton “levier” (= timonnier, puis pilote, et plus généralement celui qui dirige). Variante : Le Lévier.
Leszczynski Nom polonais désignant celui qui est originaire de Leszczyny ou de Leszno. Ces toponymes viennent du nom commun “leszczyna” (= bois de noisetiers).
Lesznewski, Leszniewski Nom polonais, désignant celui qui s’occupe de la forêt. Peut-être l’ancêtre du garde-forestier.
Letailleur Nom assez courant en Normandie (76, 27). Variante : Letailleux. On trouve la forme Letaillieur dans le Pas-de-Calais. Plusieurs sens sont possible : soit un tailleur d’habits, soit aussi toute personne qui taille, notamment un sculpteur (“tailleur d’images”), soit parfois un fonctionnaire percevant la taille (impôt sur les serfs et les roturiers).
Létang Ce nom, assez fréquent, est présent dans de nombreuses régions de France, notamment le Limousin (87) et la région Poitou-Charentes (79). Il désigne celui qui habite près d’un étang ou est originaire d’une localité appelée l’Etang.
Letard Le nom est surtout porté en Vendée (également 61, 53). C’est un surnom donné à celui qui est lent (ancien français tart). Variante : Letart (80).
Letay Parfois écrit aussi Lethay, le nom est surtout porté dans la Sarthe. C’est un toponyme avec le sens de lieu boueux, bourbier, mare (ancien français “tai”).
Lété Nom surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais, également présent dans la Saône-et-Loire. Sauf déformation toujours possible, il évoque la saison de l’été, s’opposant au patronyme L’Hivert (variante Lhiver). Mais avec quel sens ? S’agit-il de noms de lieux (lieu exposé au soleil par opposition à un lieu ombragé et donc froid) ? S’agit-il de traits du caractère ? Je ne saurais le dire.
Letellier Nom fréquent en Normandie (Eure notamment), désignant un fabricant de toile, donc un tisserand. Variantes : Letélié, Letélier, Letellié.
Letemps Nom rare porté dans l’Ile-de-France. Difficile de se prononcer sur sa signification, car il y a de fortes chances pour que ce soit la déformation d’un autre nom (par exemple Létang, mais d’autres solutions sont possibles).
Letendre Surtout porté en Seine-Maritime (également 35), le nom correspond à l’adjectif “tendre”, qui a eu au Moyen Âge le sens de “jeune, plein de fraîcheur”, et qui s’est aussi appliqué à une personne douillette. On préfèrera le premier sens, qui ferait de Letendre l’équivalent de noms comme Lejeune. Variante : Letenre (Belgique).
Leteneur Le nom est surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais. On peut penser à un tenancier, celui qui tient un bien en tenure (ancien français “teneor”), ou même à un ténor (celui qui chante la voix de taille, le mot “teneur” étant attesté au XIVe siècle avec ce sens). Mais il y a de fortes chances qu’on ait plutôt affaire au mot “tenneur”, variante de “tanneur” rencontrée en Belgique, en Artois, en Picardie et en Normandie. C’est en tout cas ce dernier sens qu’on retiendra pour expliquer le nom Letenneur (Normandie) et sa probable variante Letenneux.
Leterme Surtout porté dans le département du Nord, c’est dans cette région un toponyme ayant le sens de tertre, petite colline. Ailleurs, il désigne une borne, une limite.
Leterrier Le nom est assez fréquent dans la Manche. Il devrait désigner le tenancier d’une terre, mais il peut aussi s’agir d’un toponyme, avec divers sens possibles : rempart fait en terre, rebord de fossé, terre-plein, tertre.
Letertre Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit le Tertre (petite colline). Le nom se rencontre dans l’Ouest (72, 44, 35).
Letessier Nom de métier (= le tisserand), rencontré surtout dans la Sarthe et la Mayenne. Variantes : Leteissier, Lethessier.
Leteurtois Nom porté dans la Manche, où l’on trouve aussi la variante Leteurtrois. Semble désigner celui qui est originaire d’une localité appelée le Teurtre (nom de deux hameaux de l’Eure et de la Seine-Maritime), le toponyme étant une variante locale du mot tertre (petite colline). Le nom de famille Leteurtre existe lui aussi en Normandie (27, 76).
Letheux Surtout porté en Seine-Maritime et agglutination de Le Theux, c’est un toponyme évoquant le tilleul, tout comme Letheu, Letheule (72), Letheul, Letheuil, Letheuille, Letheulle (49).
Lethias Les plus anciennes mentions situent le nom dans l’Eure-et-Loir et les Yvelines. Il a été parfois écrit Le Thias, et on retrouve le nom de famille Thias dans l’Eure-et-Loir et le Loiret. Reste à expliquer Thias, qui devrait être une forme courte du prénom Mathias.
Lethrosne, Letrosne Malgré les apparences, le nom n’a sans doute rien à voir avec la royauté. En ancien français, le verbe trosner signifiait peser, et donc il semble que l’homme qu’on a appelé Letrosne, Lethrosne était celui qui avait la charge du poids public. Le patronyme Lethrosne se rencontre dans l’Eure-et-Loir, et c’est dans le Loir-et-Cher qu’on trouve les Letrosne. Variante : Letrone, Letrône (45).
Lethuillier Le nom désigne un tuilier, un briquetier. Il est surtout porté en Normandie (76). Variantes : Lethuilier, Letuillier (76), Letulier, Letullier (50, 14). Le nom Letulle (50) devrait avoir le même sens.
Létienne Forme avec agglutination de l’article du prénom Etienne, le nom est porté dans le Nord-Pas-de-Calais, l’Indre-et-Loire et la Saône-et-Loire. Les noms Lethien, Letien, Letient, portés dans l’Aisne, pourraient en être des variantes. Diminutif : Letiennest (Île-de-France).
Letiesse Rare et originaire de Bretagne, le nom est plus courant sous les formes Le Thies, Le Thiesse, Le Thiez, Le Thieis, Lethies (Morbihan). Ce devrait être l’équivalent de Thiesse, nom de personne d’origine germanique (racine theod = peuple).
Letizia Originaire de Sicile, c’est un matronyme correspondant au prénom féminin Laetitia (latin laetitia = joie, allégresse). Mais le nom peut aussi (et peut-être surtout) désigner celui qui est originaire de la commune de Letizia, en Campanie. Variante masculine : Letizi.
Leto Variante sicilienne et calabraise de Lieto (voir ce nom).
Letocart, Letoquart Nom rencontré en Picardie (80, 62). Au moyen âge, la forme primitive a dû être l’estocard, autrement dit celui qui donne des coups d’épée (du verbe estochier = frapper avec la pointe de l’épée). On peut donc penser à un surnom donné à un homme d’armes. Variantes : Lestocard, Lestocart, Lestoquard.
Letombe Surtout porté dans le Pas-de-Calais et la Somme, c’est l’équivalent de “la Tombe” (l’article “le” est également féminin en picard), toponyme fréquent souvent lié à la présence d’un dolmen, d’un tumulus. Avec le même sens : Latombe (02, 80).
Letort Assez fréquent dans l’Ille-et-Vilaine (variante : Letord), devrait désigner celui qui est tordu, estropié (ancien français “tors” ou “tort”). Autre possibilité : un toponyme avec le sens de chemin ou ruisseau tortueux (nom de divers hameaux et cours d’eau, mais pas dans la région concernée).
Letour La plupart des mentions anciennes situent le nom dans la région Centre (Cher, Loiret). Difficile d’avoir une certitude, même si on a tendance à penser à un potier (celui qui utilise un tour). À envisager dans certains cas le surnom d’un enfant trouvé, celui qu’on déposait au tour (tourniquet) des hospices.
Letourneur Surtout porté en Normandie (50, 76, 27), le nom correspond au métier de tourneur, potier. Variante : Letourneux (53, 72, 44, 49).
Letty Le nom désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit (le) Letty, toponyme fréquent dans le Finistère où il désigne une petite maison, un abri (breton letti). Variante : Léty.
Letué Le nom est surtout porté dans l’Ille-et-Vilaine (également 53, 50). Variante : Le Tué. Difficile d’en connaître la signification. Parmi les divers sens de “tué” au Moyen Âge, notons celui d’ivre-mort, qui pourrait correspondre.
Letulle Le nom est surtout porté dans la Manche. Tout comme Letullier, rencontré dans le même département, il désigne un tuilier.
Letuppe Nom surtout porté dans l’Aisne. Variante : Letupe. Peut-être le surnom d’un producteur d’étoupe (ancien français “estope, estupe”, qui a pu aussi désigner une bourde, un mensonge).
Leturc, Leturck, Leturcq Patronyme surtout rencontré dans le nord de la France et en Belgique. Le sens du nom est clair, il signifie le Turc. Mais désigne-t-il vraiment celui qui est originaire de Turquie (au sens géographique large) ? Sans doute pas. Il s’agit plutôt d’un sobriquet appliqué à celui qui a le teint bronzé, éventuellement à celui qui est allé en Orient.
Leturgez, Léturgez Nom assez fréquent en Picardie. Selon le dictionnaire de M.T. Morlet, il s’agit d’une variante de Lesturger, probablement nom de personne d’origine germanique, Sturgari, avec agglutination de l’article (stur = fort, vigoureux + gari = lance). Autres formes : Leturger, Leturget, Leturgie, Lesturgie (domaine appartenant à Esturger ?).
Leturmy, Leturmi Nom surtout porté dans la Sarthe. On le trouve aussi en Normandie, le plus souvent sous la forme Letourmy. Sans doute le participe passé du verbe d’ancien français estormir (= faire du fracas, s’agiter, réveiller). Il s’agit visiblement d’un sobriquet, difficile à interpréter : soit celui qui s’agite, soit celui qui est victime de l’agitation.
Leudet Nom surtout porté dans la Manche, département où l’on trouve aussi la forme Eudet, qui nous permet d’en faire un diminutif (l’Eudet) du prénom Eude(s) : voir Eude.
Leudière Le nom est surtout porté dans l’Orne, on le rencontre aussi dans le Loiret. Il désigne celui qui est originaire de la Leudière, nom de hameaux à La Haute-Chapelle (61) et à Marcillé-la-Ville (53). Le toponyme pourrait désigner l’endroit où l’on percevait la leude, taxe sur les marchandises.
Leullieux Nom porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Variantes : Leulieux, Leullieux, Leuilleux. Semble désigner un marchand d’huile, tout comme Leullier et Leulliot.
Leurent Surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais, c’est une variante du prénom Laurent.
Leuret Le nom a toujours été surtout porté dans les Vosges, même si on en trouve diverses mentions dans d’autres régions au fil des siècles. À noter aussi les formes Leurette (59, 62) et Lheurette (62, 88). Difficile d’avoir une certitude sur son sens, qui devrait cependant être identique à Loret et Lorette (voir ces noms). À envisager secondairement des diminutifs de l’ancien français “eur” (= bord) ou “eür” (= chance, bonheur).
Leurs Le nom est porté dans le Nord-Pas-de-Calais et les Ardennes, ainsi qu’en Belgique. Sens incertain : peut-être une forme courte de Leurent (59, 62), variante du prénom Laurent.
Leuwers Porté dans le Nord-Pas-de-Calais, c’est une variante de Lauwers, un nom qui est considéré comme une forme courte de Lauwereins (équivalent néerlandais de Laurent). On notera aussi que le mot “lauwer” désigne en néerlandais le laurier.
Leva Porté dans le département du Nord et en Belgique, c’est une forme wallonne correspondant à “le val” (ou “la val”), autrement dit un toponyme devenu nom de famille. À noter que diverses communes s’appellent Leval, tant en Belgique que dans le Nord. Leva est également un nom de famille italien, porté notamment dans le Piémont, la Ligurie et la Lombardie, ainsi que dans le Lazio et en Campanie (région où on trouve aussi le nom Di Leva). Je n’en connais pas le sens. En italien le mot “leva” signifie “levier”, ce qui peut difficilement donner naissance à un nom de famille. Il pourrait s’agir d’un toponyme, mais je n’en trouve aucun, à part un village nommé Levà en Vénétie, région où le nom n’est pas porté.
Levacher Porté en Normandie et en Bretagne (76, 35 notamment), désigne un gardien de vaches. Variante : Levaché.
Levacheur Variante de Levasseur (voir Vasseur) portée autrefois en Normandie (éventuellement aussi en Picardie).
Levadoux Nom surtout porté en Auvergne. Variantes : Levadou (47), Levadour (19). Désigne celui qui est originaire d’un lieu-dit le Levadou (levée de terre, petite butte), diminutif de Levade (également nom de famille dans le Sud-Ouest). On notera les hameaux de Levadoux (Gouttières, 63), le Levadoux (Châtelus-le-Marcheix, 23), Levadou (Montignac-de-Lauzun, 47) et Levadour (Ambrugeat, 19).
Levaillant, Le Vaillant Deux noms surtout rencontrés en Normandie (76 pour Levaillant, 14 pour Le Vaillant). Surnom désignant un homme valeureux, ou encore un homme robuste.
Levain Surtout porté en Franche-Comté (70, 25), le nom est également présent en Normandie. On l’explique souvent par un surnom correspondant à un homme vain, vaniteux. En fait, il semble qu’il s’agisse d’un nom de personne médiéval, porté notamment par un évêque de Senlis au VIe siècle. C’est un nom de personne germanique, à rapprocher sans doute d’autres noms tels que Liévin, Levin, Lewin. Dans ce cas, la forme d’origine semble Liubwin (liob = cher, aimé + win = ami).
Levaique Variante de Lévêque (voir ce nom) portée surtout dans l’Ouest (17). Autre forme : Levaisque (53).
Leval Toponyme désignant un vallon, une vallée, le nom est surtout porté dans les Vosges et dans l’Oise.
Levallois C’est en Basse-Normandie, notamment dans la Manche, que le nom est le plus répandu. Variante : Levalois. Son sens n’est pas évident. Le dictionnaire de M.-T. Morlet y voit un vallon, mais aucun lieu ne s’appelle “le Val(l)ois” (la commune de Levallois-Perret, dans la région parisienne, porte en fait le nom d’un propriétaire). Il semble préférable de faire de “vallois” une variante normande de “gallois”, soit pour désigner un Gallois, soit avec le sens de “bon vivant” (voir Gallois). Les noms Legalois et Legallois existent d’ailleurs aussi dans la Manche.
Levan Nom porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Semble correspondre aux métiers de vannier ou de vanneur (celui qui fabrique ou utilise un van).
Levange Nom très rare porté dans le Loiret et la Seine-et-Marne, sur lequel je n’ai pour l’instant aucune idée.
Levanneur Rare et porté en Île-de-France, désigne, comme Levannier (14, 59) un fabricant de panniers. Autre sens possible : celui qui vanne les céréales.
Levard Surtout porté dans le Calvados, devrait être une variante de Levert (voir ce nom). Dérivés : Levardon, Levardois.
Levarlet Voir Varlet pour le sens. Le nom est surtout porté en Seine-Maritime. Formes similaires : Levalet (44, 61, 53), Levallet (50), qui peuvent aussi évoquer un vallon.
Levasseur Voir Vasseur pour le sens. Le nom est fréquent en Normandie et en Picardie. Variantes : Levassor, Levassort (28).
Levaudel Nom porté en Lorraine (88, 54). Semble désigner celui qui est originaire d’une localité appelée le Vaudel (= petite vallée, vallon), qui reste à situer géographiquement. On rencontre également dans les Vosges le patronyme Vaudel, qui semble pour sa part être un diminutif de Vaud, variante lorraine du nom de personne Gaud (germanique Waldo, de waldan = gouverner). Mais la présence de l’article dans Levaudel fait plutôt penser à un toponyme.
Levaufre Nom surtout porté dans la Manche. Vaufre semble y être une métathèse de Fauvre, l’un des noms donnés dans l’Ouest au forgeron.
Levaux Présent de la Picardie à la Belgique, désigne le plus souvent celui qui habite un lieu-dit le Val (le Vaux), toponyme évoquant un vallon. Dans certains cas, on ne peut cependant exclure un sobriquet moqueur (le veau), surtout dans la variante Leveaux.
Levavasseur Nom surtout porté dans la Manche. Voir Vasseur pour le sens.
Levaxelaire Nom qui a surtout été porté dans les Vosges. Voir Vaxelaire pour le sens.
Levayer Nom rencontré dans le département du Nord, également présent dans l’Ouest (53, 72). C’est dans les mêmes régions (72 notament) qu’on trouve aussi le patronyme Vayer. Ce nom semble être une déformation de voyer (également veyer), officier de justice de basse condition, ou encore officier préposé à la police des chemins.
Levé Porté dans la Somme et les départements voisins (60, 62), c’est un nom de sens incertain. Peut-être l’équivalent de Levai (vai = vagabond), ou bien un surnom (“levé”) plus ou moins obscur, qu’on retrouve dans le nom de famille Le Levé (56, 14).
Leveau En principe sobriquet (métaphore avec le veau, ou surnom pour un vacher), le nom est notamment porté dans la Sarthe et le Nord. On peut aussi penser à un toponyme avec le sens de “vallée” (voir Levaux).
Levecque Variante de Lévêque (voir ce nom) portée surtout en Picardie. Autres formes : Levecq, Levecques.
Léveillé On rencontre ce patronyme dans l’Eure, mais aussi dans le Centre (18, 45). Surnom plutôt mélioratif, puisque, en principe et sauf interprétation ironique du terme, il désigne quelqu’un d’éveillé.
Level Surtout porté dans le Pas-de-Calais, semble un sobriquet lié au veau (voir Leveau), le mot s’étant prononcé et écrit “vel, veel” en ancien français.
Lévêque Nom fréquent en France, que l’on peut considérer soit comme un sobriquet donné à une personne qui a des allures d’évêque, soit éventuellement comme une façon de désigner celui qui acquitte les droits seigneuriaux à l’évêque (latin religieux episcopus, du grec episkopos, qui signifiait gardien). On peut aussi penser à celui qui était le domestique de l’évêque. Outre Paris, c’est dans l’Aisne et la Haute-Vienne que le nom est le plus répandu.
Leverrier Nom porté notamment dans l’Orne. Voir Verrier pour le sens.
Levert Nom surtout porté en Picardie (80, 60). Variante : Leverd (62, 88). Sans doute un surnom donné à celui qui est vert, autrement plein de vigueur.
Levesque Fréquent dans l’Ouest (76, 44 notamment), c’est une autre forme de Lévêque (voir ce nom). Variante : Levesques (14). Diminutifs : Levesqueau, Levescot.
Levézier Porté en Seine-Maritime (variante : Levésier, forme ancienne : Le Vézier), devrait correspondre à l’adjectif d’ancien français “vézié” (= avisé, habile, rusé). Avec le même sens : Levéziel, Levézielle (50).
Levieux Surtout fréquent en Seine-Maritime et plus généralement en Normandie, le nom est aussi porté dans l’Est (55 et départements voisins). Il a dû désigner le plus ancien de la famille, par opposition à Lejeune. Avec le même sens : Levieil (35), Levieille, Leviel, Levielle (Picardie, Nord-Pas-de-Calais), et sans doute aussi Levieils, Leviels (Normandie), Leviez (Nord-Pas-de-Calais).
Leviland Rare et porté dans le Calvados, semble une variante de Levilain, Levillain, rencontrés dans la même région. Voir Vilain pour le sens.
Levillain Nom porté en Normandie (14 notamment). Variante : Levilain. Voir Vilain pour le sens.
Levilly Le nom est surtout porté dans la Manche. Il devrait correspondre à l’ancien français “viloi” (= village). A noter que diverses communes normandes s’appellent Villy.
Levin Porté notamment en Franche-Comté, le nom n’a sans doute rien à voir avec le vin. C’est un nom de personne d’origine germanique, Liubwin, qui est également à l’origine de Liévin et sans doute de Levain (voir ces noms). Formes similaires : Lewin, Leven (lorsque ce nom est allemand ou alsacien).
Levionnois Le nom est porté dans la Manche. Variante : Levionnais. Il renvoie sans doute à un toponyme. Peut-être la commune de Vion, dans la Sarthe, mais plutôt un des divers lieux-dits ou hameaux appelés le Vionnais, le Vionnay, toponyme rencontré çà et là (sens possibles : soit le domaine de Vion, nom de personne, soit un lieu où pousse la viorne).
Levita Porté notamment en Italie, c’est un patronyme juif désignant un lévite, membre de la tribu de Lévi, vouée au service du temple. Avec le même sens : Levitan, Levitansky.
Levoyer Voir Voyer pour le sens. Le nom est porté notamment dans la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire.
Levrat Surtout porté dans l’Ain, c’est un diminutif du mot “lièvre”, attesté en moyen français. Voir Lelièvre pour une tentative d’explication. Autres probables dérivés de “lièvre” : Levrau (59, 62), Levraud (16, 56, 85), Levrault (36, 86), Levraut (01), Levraux (60), Levreau (17, 58), Levreaud (19, 33, 56), Levreault (79), Levreaux (02), Levrot, Levrold (01), Levret, Levrey (70), Levrel, Levrelle (35).
Levreay Rare et porté dans le Pas-de-Calais, c’est une variante de Levrai, Levray (également Levraey), surnom donné à un homme sincère.
Levrero Nom italien. C’est un diminutif de Levro, Lepro (Levri, Lepri), sobriquet désignant en principe un homme peureux comme un lièvre (on peut éventuellement envisager celui qui court aussi vite qu’un lièvre).
Levreux Porté surtout dans l’Eure, le nom est une contraction de Lelevreur (Lelevreux), autrement dit le lévrier, surnom dont on peut penser qu’il a été donné à un homme rapide (ou bien par métonymie à un chasseur).
Lévrier Le nom est présent dans plusieurs régions de France. Il semble que ce soit dans l’Ain qu’il ait été le plus fréquent. C’est bien sûr un dérivé du mot “lièvre”, avec plusieurs possibilités : chasseur de lièvres, terrier de lièvre (toponyme), ou encore métaphore pour un homme qui court vite.
Lévy L’un des noms juifs les plus répandus. Lévi était l’un des fils de Jacob, ancêtre éponyme de l’une des douze tribus d’Israël, celle où se recrutaient les prêtres (kohens) et leurs assistants (les lévites). Origine : hébreu lewî (= accompagnateur). Dans certains cas, il arrive que Lévy ne soit pas un patronyme juif et renvoie à un toponyme : on pensera à la commune de Lévis-Saint-Nom (78), autrefois Lévy-Saint-Nom, mais il y a des hameaux appelés (le) Lévy dans diverses régions, par exemple à Panissières (42) ou à Fleurieux-sur-l’Arbresle (69).
Levylier Très rare, le nom est une transformation de Lévy (voir ce nom), opérée au XIXe siècle.
Lewandowski Patronyme polonais. Désigne sans doute celui qui est originaire d’une localité appelée Lewandow (nom d’un quartier de Varsovie), toponyme qui doit être un dérivé de Levon (équivalent du français Léon). Autre solution, moins probable : dérivé de lawenda (= lavande).
Lewinski Nom polonais pouvant désigner celui qui est originaire d’une localité appelée Lewin, Levin ou Lewino, mais qui peut aussi être un dérivé de “lewy” (= la gauche, surnom possible d’un gaucher), voire pour des Juifs de Lévi. Deux autres solutions sont cependant plus probables, expliquant à la fois Lewin et Lewinski : d’une part le prénom polonais Lew (= lion, Léon), de l’autre le nom de personne germanique Lewin (liob + win).
Lewis Forme anglaise du prénom Louis (voir ce nom).
Lextrait Le nom est surtout porté dans l’Ardèche (également 30, 42). Variantes : Lestrait, Lextray, Lextrayt, Lextreyt, et peut-être aussi Lextrat, Lestrat, Lestras (26). On peut penser à l’occitan “estrait”, qui dans le Gévaudan désignait un bond, ou encore à l’adjectif “estret” (= étroit), désignant dans certaines régions une vallée resserrée ou un chemin étroit. Enfin, on n’oubliera pas le mot “estrai”, signalé par Mistral avec le sens de “litière, bergerie”. Il semble de toute façon que ce soit un toponyme : un ravin à La Fare (26) s’appelle Lestray. Un village et un moulin se nomment Lextreit à Colandres (15).
Leybros Nom porté dans le Cantal, où l’on trouve aussi la forme Laybros. Désigne celui qui est originaire de Lesbros, hameau de la commune de la Besserette, dans le même département.
Leydecker, Leydekkers Sans doute flamand, le nom renvoie au néerlandais Leyendecker, qui correspond au métier de couvreur en ardoises.
Leydet Patronyme fréquent dans le Var, où l’on trouve un hameau appelé Les Leydets (commune de Taradeau). Le nom peut correspondre au droit de leude (également laide, leide en ancien français) perçu sur les marchandises au moyen âge. A noter cependant que l’adjectif laid, leid, avait, en ancien français comme en occitan, le sens de désagréable, odieux.
Leydis Egalement écrit Laydis, le nom, rare, pourait être originaire de la Dordogne ou d’un département voisin. Je n’en connais pas le sens.
Leyglène Nom rare porté dans l’Ardèche. Variantes : Léglène, Légleine. Sans doute un nom de lieu. Il existe un lieu-dit Leygleyre à Laboule (07), qui pourrait être la solution.
Leygonie Porté en Corrèze et dans le Lot, désigne celui qui est originaire de l’un des nombreux hameaux portant ce nom. On rencontre le toponyme en Corrèze (communes de Saint-Aulaire, Ligneyrac), dans le Lot (Gignac), le Cantal (Marcolès) et surtout en Dordogne (Neuvic, Vanxains, Saint-Vincent-de-Connezac, Montagnac-la-Crempse et Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac). Signification : La forme Eygonias, nom d’un hameau à Gout-Rossignol (24) semble indiquer qu’on a au départ le terme Eygonie, qui pourrait désigner le domaine d’Eygon, nom de personne germanique. Le rapport avec l’eau (occitan aiga) est également possible (petit ruisseau ?).
Leygue, Leygues Nom porté dans le Sud-Ouest. Désigne celui qui habite un lieu-dit l’Eygue (l’Aygue) = l’eau, la rivière.
Leymarie Rencontré en Corrèze, désigne le domaine appartenant à Aymar (l’Aymarie). On trouve le toponyme en Dordogne et en Limousin. Comme patronyme, le nom représente celui qui habite ce domaine ou en est originaire.
Leynet Rare, le nom est porté dans l’Ain. Il pourrait s’agir d’un diminutif de toponymes comme Leynes (commune de Saône-et-Loire) ou Leyne (hameau à Lachamp, dans la Drôme), avec le sens probable de bande de terrain. Cependant, Leynet est attesté comme nom de baptême en Provence à la fin du Moyen Âge (possible diminutif de noms tels que Liénard).
Leyreloup Porté dans la Haute-Loire, c’est au départ un toponyme, peut-être le hameau de Leyrelet à La Séauve-sur-Semène (43) avec modification du suffixe, ou encore Leyralon à Saint-Apollinaire-de-Rias (07), mais plutôt Leyreloup, lieu-dit à Auzon (43). Signification : peut-être un diminutif de l’occitan airal (= aire, terrain, friche). A noter cependant que la forme la plus ancienne connue était Layreloupt. Variante : Layreloup (63).
Leyrit Désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Leyrit ou habite un lieu-dit portant ce nom. C’est en Auvergne que le nom est le plus répandu. Il existe notamment un hameau appelé le Leyrit dans le Puy-de-Dôme (commune de Tauves). Sens du toponyme : terrain en pente, coteau inculte selon M.T. Morlet. On trouve, avec le même sens, les variantes Leyris (19), Leyrits et Leyritz (ces deux dernières formes renvoyant sans doute à la commune de Leyritz-Moncassin, dans le Lot-et-Garonne).
Leyronnas Le nom est porté dans l’Ardèche. Variante : Leyronas. Je n’en connais pas le sens, mais il devrait s’agir d’un toponyme (nom d’un ancien village ou hameau).
Leyssens Ce nom flamand est un double génitif formé sur Leys, sans doute forme courte du prénom féminin Adélaïde (germanique Adalhaid). On a aussi proposé un hypocoristique de Lisbeth (Elisabeth). Variantes : Leysen, Leysens.
Leyzour Nom porté dans les Côtes-d’Armor (variantes : Le Leyzour, Le Leizour), rencontré dans le Finistère sous la forme Leizour. Son sens est très incertain. On peut le rattacher au breton “leizh” (= humide), sachant que le mot “leizhour” signifie “humidité”, mais on ne voit pas trop comment il serait à l’origine du nom de famille. Un autre mot “leizh” signifie “l’abondance, le plein”. D’où l’idée que le nom Leyzour désignerait celui qui charge les marchandises. À noter cependant que Le Leyzour apparaît parfois comme variante de Le Layzour, Le Laizour (à moins que ce ne soit l’inverse !). Dans ce cas on aurait affaire à un marchand de lait (breton “laezhour”).
Lezanka Nom polonais formé sur la même racine que le verbe “lezec” (= être étendu).
Lezeaud Nom porté dans la Haute-Vienne, plus courant sous la forme Lezeau (17). Variantes : Lezaud, Lezeaux. Selon M.T. Morlet, c’est un dérivé de Lezié, qu’il faudrait interpréter comme “l’aisé”, celui qui a toutes ses aises, qui est heureux. Le nom existe aussi comme toponyme, mais dans le Loiret.
Lezian Nom surtout porté dans les Pyrénées-Atlantiques et le Gers. Comme c’est le plus souvent le cas dans cette région, on a affaire à un toponyme : trois hameaux s’appellent Lézian, à Castelnau-Rivière-Basse (65), à Callian et à Jegun (32). Il devrait s’agir d’un ancien nom de domaine, le domaine de Laetianus (dérivé de laetus = heureux).
Léziard Peut-être un surnom désignant celui qui est à l’aise, qui dispose d’une situation matérielle confortable (M.T. Morlet). Mais une métaphore liée au lézard est aussi envisageable, peut-être avec le sens de “paresseux”. Le nom est surtout porté dans le Finistère. Variante : Léziart.
Lézin Porté notamment dans la Loire-Atlantique, également écrit Lésin, c’est un ancien nom de baptême (latin Licinius) porté par un évêque d’Angers au VIe siècle. Son nom est l’éponyme de la commune de Saint-Lézin (49). Diminutifs : Lézineau, Lézineaud (17).
Lézy, Lezy Porté dans le département du Nord et en Belgique (variante : Lésy), le nom n’est pas d’une grande clarté. On peut envisager un toponyme (cf. la Vallée Lézy à Lawarde-Mauger-l’Hortoy, dans la Somme, ou encore les communes de Lizy et Ollézy dans l’Aisne, celle d’Olizy dans la Meuse). Dauzat pensait pour sa part à celui qui est originaire d’Ezy (27) ou d’Aizy-Jouy (02). Dernière hypothèse envisagée parfois (Debrabandere), le terme néerlandais logie (prononcé lozie dans certaines régions flamandes), équivalent du français loge (= cabane, abri sommaire).
Lhabitant Surtout porté dans la Creuse, le nom désigne celui qui exploite une terre, un paysan (ce sens particulier du mot ‘habitant’ est demeuré vivace au Québec).
Lhaute Porté dans les Ardennes, c’est une probable variante de Lhôte, Lhotte (voir Lhoste). Autre possibilité : variante de Lhaut, lui-même contraction de Lehaut (surnom donné à celui qui est grand).
L’Hégarat Nom porté dans les Côtes-d’Armor. Variante : L’Hégaret. C’est un surnom pour une personne aimable, agréable (sens du moyen breton hegarat).
L’Helgouarc’h Nom porté dans le Finistère. Variantes : L’Helgoualc’h, L’Helgoualch, L’Helgouarch, L’Hellegouarc’h, et même L’Helgoual’ch (cette graphie erronée étant portée en Bourgogne). Voir Hellegouarch pour le sens.
L’Hénoret Hénoret est un nom de personne breton, Enoret (un saint local a porté ce nom). Semble formé sur les racines iun (= désir, désiré) et uuoret (= secours). Patronyme surtout rencontré dans le Finistère.
L’Her Porté dans le Finistère et rencontré aussi sous la forme Le Her, le nom correspond au breton herr (= hardi).
Lhère, Lhere Patronyme très rare rencontré dans l’Aude (Brugairolles). Doit désigner celui qui habite le lieu-dit l’Hère (= l’aire, pour battre les céréales).
Lhériau Rencontré surtout dans la Loire-Atlantique, ce nom semble une forme contractée de Lhériteau (= l’héritier), surnom donné à celui des enfants qui reprenait le domaine paternel.
Lhériteaud Variante de Lhéritier (voir ce nom), plus courante sous les formes Lhéritaud, Lhériteau (17, 85).
Lhéritier Désigne bien sûr l’héritier, un surnom qui devait permettre de désigner le fils aîné (ou du moins celui qui a hérité) de ses autres frères. C’est dans le Puy-de-Dôme que le nom est le plus répandu.
Lherm Porté notamment dans le Lot, désigne celui qui est originaire de Lherm, l’Herm, toponyme évoquant une terre inculte. C’est le nom de diverses communes, dont une dans le département du Lot. Avec le même sens : Lherme, nom rare qui a été porté autrefois dans la Marne et dans l’Isère.
Lhermenier Nom porté dans l’Ouest (35, 72 notamment). Correspond au métier de fourreur, notamment bien sûr celui qui traite les peaux d’hermine. Variante normande : Lherminier. Autres formes : L’Hermenier, L’Herminier, Hermenier, Herminier. Le nom Lhermine (51, 76) devrait avoir le même sens, tout comme Lherminez (59).
Lhermet Voir Hermet.
Lhermie Nom porté en Auvergne (63), également dans le Sud-Ouest et la Haute-Loire. Variante : Lhermies (31). Désigne celui qui est originaire du lieu-dit l’Hermie (les Hermies), toponyme ayant le sens de “terre inculte”. On trouve des hameaux appelés les Hermies dans le Cantal (Mourjou) et dans l’Aveyron (Saint-Félix-de-Lunel).
Lherminier Le nom est porté en Normandie (76, 61) ainsi que dans l’Oise. Voir Lhermenier.
Lhermite, Lhermitte Plutôt qu’un véritable ermite, le nom doit sans doute désigner une personne sauvage, vivant seule et retirée.
L’Hernault Surtout porté en Seine-Maritime, également écrit Lhernault, Hernault (76, 27, 62), le patronyme, précédé de l’article défini, correspond à Ernault, variante d’Arnaud (voir ce nom).
Lherpinière Le nom est porté dans l’Indre et les départements voisins (23, 37). Variante : Lerpinière (86, 87). Il s’agit d’un toponyme désignant sans doute la ferme ou le domaine de celui qui s’appelle Herpin (voir ce nom). Ce toponyme est fréquent dans le Centre et dans la vallée de la Loire.
Lheureux Surnom donné à un personnage heureux, qui a de la chance. On rencontre surtout le nom dans le Pas-de-Calais, la Marne et la Seine-Maritime.
Lhioreau Très rare, le nom est plus fréquent sous la forme Lihoreau. Dans les deux cas, il semble originaire de la Sarthe. Autre formes attestées : Lhoreau, Lioreau et surtout Lahoreau, qui paraît être la graphie la plus ancienne, présente au XVIe siècle à La Chapelle-Gaugain et Lavenay (72). Difficile d’avoir une certitude sur le sens, mais on peut penser que le mot “ahoreau” correpond au participe passé médiéval du verbe “adorer” (“ahoré”, ou “aoré, oré” = vénéré, adoré), dont on précisera qu’il a été longtemps employé dans cette région comme adjectif pour qualifier le Vendredi saint. Hypothèse possible : surnom d’un enfant né ce jour-là.
L’Hocine Egalement Lhocine. C’est une contraction de El Hocine, nom arabe dans lequel Hocine est une variante de Hussain (voir ce nom).
Lhoist Essentiellement porté en Belgique, c’est l’équivalent de “l’hôte”, désignant un hôtelier, un aubergiste. Variante : Lhoest.
L’Homel, Lhomel Nom rencontré en Lorraine et dans le Pas-de-Calais. Désigne celui qui habite un lieu-dit l’Homel (= le petit orme).
L’Homme, Lhomme Très fréquent en Picardie, désigne celui qui habite un lieu-dit L’Homme (= l’orme, du latin ulmus). On trouve aussi les formes L’Home et Lhome, plutôt en Lorraine. Avec le même sens : L’Hommeau (85), L’Hommel (76). Avec le sens de bois d’ormes : L’Hommé, L’Hommée.
Lhommeau Porté dans l’Ouest (72, 49, 53, 85), désigne celui qui habite un lieu-dit L’Hommeau, Lhommeau (= l’ormeau). Variantes rares : Lhomeau (53, 44), Lhomeaud (87).
Lhomond Nom porté dans la Dordogne. Variantes : Lhommond, L’Homond. Il semble désigner celui qui est originaire de L’Homond, hameau à Prats-de-Carlux, sachant que ce nom a eu des graphies bien diverses. Mentionné sous la forme Laumont sur la carte de Cassini (XVIIIe siècle), sa première mention connue date de 1467 (Mansus de Lonmon). À noter que M.-T. Morlet explique Lhomond par le nom de personne germanique Hlodmund. Les deux explications ne sont pas forcément incompatibles (le nom de personne pourrait être à l’origine de celui du hameau).
L’Hoost Porté en Belgique, le nom désigne un aubergiste (hoste = hôte). On trouve plus fréquemment les formes Lhost, L’Host, Lhoste, L’Hoste.
Lhopital Peut désigner celui qui travaillait dans un hôpital, mais plus souvent celui qui habitait le lieu-dit l’Hôpital ou en était originaire. Les hôpitaux, au moyen âge, étaient des établissements religieux recevant des pauvres, ainsi que des pèlerins. Le patronyme Lhopital, présent un peu partout en France, est surtout représenté dans le Rhône. On trouve aussi la variante Lhospital, notamment dans le Sud-Ouest (40, 33) et dans la Loire. Il existe une commune appelée Lhôpital dans l’Ain.
Lhopiteau Variante de Lhopital (voir ce nom) portée notamment dans le Cher et l’Eure-et-Loir. Autres formes : Lhopitault, Lhopitaut, Lhopitaux (18), Lhopitot.
L’Horset Porté dans les Côtes-d’Armor (variante Lhorset dans la Manche), le nom est rapproché par Albert Deshayes (Dictionnaire des noms de famille bretons) du breton hourzet (= engourdi), ce qui le rangerait dans la famille des sobriquets.
Lhortolary Aurefois écrit Lhortolarie, le nom se rencontre aussi sous la forme Lortolary. C’est un toponyme désignant une terre dédiée au jardinage (ortalier, ortolier = jardinier en occitan), qui devrait être originaire du Limousin (Haute-Vienne ou Corrèze).
Lhoste, Lhôte Nom que l’on retrouve aussi sous la forme Delhoste, et qui désigne celui qui tenait une hôtellerie, une auberge. Le nom a pu aussi être donné à un paysan libre qui recevait une terre moyennant le paiement d’un cens. On rencontre le patronyme Lhoste un peu partout en France. La forme Lhôte est surtout répandue en Lorraine (54, 88).
Lhostis Porté dans le Finistère, correspond au moyen breton ostis et signifie ‘l’hôte’ (sans doute avec le sens d’aubergiste).
L’Hostis Nom porté en Bretagne (22), rencontré parfois sous la forme L’Hostic. Semble correspondre au français Lhôte, Lhoste : celui qui tient une hôtellerie, une auberge.
Lhotte Nom surtout porté dans l’Aisne. Désigne celui qui tenait une auberge, un hôtelier. On trouve dans le même département le patronyme Lhottelier.
L’hour Porté dans le Finistère, semble une variante de L’hours, surnom lié sans doute au français “ours”, éventuellement au breton “hourz” (= bélier).
Lhuillier Très courant en Lorraine (54, 88), le nom désigne celui qui vend de l’huile.
Lhuissier Porté dans la Mayenne et en Normandie, le nom désigne un huissier, autrement dit un gardien de porte, parfois aussi un fabricant de portes (le sens actuel est plus tardif). Matronymes : Lhuissière, Lhuizière (50).
Liagre Nom qui renverrait à un toponyme. M.T Morlet signale un lieu-dit appelé Liaigre dans le département de la Vienne. Cependant, le nom est surtout porté en Belgique, où l’on trouve la variante Léagre. Certains spécialistes l’ont interprété comme une contraction de Le Jaghere, francisation du néerlandais De Jaghere (= le chasseur).
Lial Le nom est surtout porté en Dordogne. C’est une variante de l’occitan leial (= loyal, légal), surnom possible d’un homme loyal. Le nom de famille Loyal existe aussi, on le rencontre notamment dans l’Orne et dans la Meuse.
Liandier Le nom est originaire d’Auvergne, sans doute Haute-Loire ou Cantal. Sens incertain. Peut-être une variante de Landier, nom de personne germanique (Landhari, voir Lantier). Le rapport avec le verbe “lier”, proposé par M.-T. Morlet, semble douteux.
Liard Patronyme surtout porté en Normandie (14, 76) et en Vendée. C’est un nom de personne d’origine germanique, forme contractée de Léotard (voir ce nom). Diminutifs : Liardeaux (08, 77), Liardet (13, 83, 84), Liardon (39), Liardou (87).
Liaud Nom porté dans l’Isère, également présent dans l’Ouest (79, 17). C’est un nom de personne d’origine germanique, Lietwald (leot = peuple + wald < waldan = gouvener).
Liautaud Nom de personne d’origine germanique, Leotwald (leod = peuple + waldan = gouverner), porté dans le Sud-Est (13, 84). Variantes : Liauthaud, Léotaud, Léothaud (05).
Liautey Surtout porté dans la Haute-Saône, c’est un nom de personne d’origine germanique, Leothari (voir Lautier pour le sens). Variantes : Liauté (55), Liautier (Provence).
Libaud Nom de personne d’origine germanique (sens identique à Liébeaux, voir ce nom) porté surtout en Vendée et dans la Loire-Atlantique. Variantes : Libau, Libault, Libaut, Libeau, Libeaud, Libeault (noms surtout présents dans l’Ouest), ainsi que Libaux (62). Matronyme probable : Libaude (80). Dérivé : Libaudière (le domaine de Libaud), nom rencontré dans la Loire-Atlantique.
Libéra, Libera C’est dans la Marne que le nom a toujours été le plus répandu (au moins depuis le XVIIe siècle). Le dictionnaire de M.-T. Morlet, qui le situe curieusement en Bretagne, y voit le surnom d’un chantre (d’après le Pater : “Libera nos a malo”). Il faut cependant signaler que de nombreux hameaux ou lieux-dits s’appellent “le Libéra”, terme dont je n’ai pas trouvé le sens précis mais qui pourrait désigner une terre ou un bois dont les habitants disposent du libre usage. On peut aussi penser aux anciens prénoms Libère et Libérat. Le nom de famille Libera est également porté en Italie (province de Sondrio, dans le nord de la Lombardie), où c’est un probable matronyme correspondant à Libero, un nom rencontré surtout dans la province de Padoue (sans doute nom de personne médiéval formé sur “libero” = libre). Il y a enfin pas mal de Libera en Pologne : là encore, on peut penser au mot “libre” (latin “liber”), même si le germanique Lieber (allemand “lieb” = cher, aimé) est envisageable.
Libercier Le nom est surtout porté dans la Loire, on le rencontre aussi dans la Sarthe. Il semble désigner celui qui est originaire de Libercier, hameau à Estivareilles (42).
Libermann Rencontré aussi sous la forme Liberman, c’est une variante de Liebermann, nom alsacien ou allemand signifiant ‘l’homme bien-aimé’. Souvent porté par des juifs askhénazes, il peut désigner celui qui est aimé de Dieu (à noter que lib est la forme yiddish de l’allemand lieb = aimé). Avec le même sens : Libman, Libmann, Liebmann. On envisage parfois une autre source pour Li(e)ber(mann), qui serait selon certains une déformation d’Eléazar.
Liberos Porté en Espagne, notamment dans la province de Teruel, pourrait désigner celui qui est originaire de Libros, village de la même province. Le nom se rencontre aussi sous la forme catalane Lliberós (province de Valence). Sens incertain. Peut-être l’équivalent de “llebrós” (lieu fréquenté par les lièvres).
Libert Porté notamment dans le Nord-Pas-de-Calais, l’Aisne et la Meurthe-et-Moselle, c’est un nom de personne d’origine germanique, variante de Liebert (voir ce nom).
Libes Nom rencontré dans l’Hérault et qui pourrait venir de l’Aveyron. Son sens est obscur. Peut-être un lieu où poussent les ifs (gaulois ivos).
Libessart Nom porté dans le Pas-de-Calais. Variantes : Libersart, Libersat. Désigne celui qui est originaire de Libessart, hameau du même département (commune de Pierremont). Sens du toponyme : la terre défrichée (sart, essart) de Libert, nom de personne germanique (Liberti sartum à la fin du XIe siècle, cité par M.T. Morlet).
Liboire Ancien nom de baptême, aujourd’hui très rare comme patronyme. Saint Liboire fut évêque du Mans à la fin du IVe siècle. On le fête le 23 juillet. Il est symbolisé par un paon et était invoqué pour guérir de la fièvre et des coliques.
Liboiron Diminutif de Liboire (voir ce nom) porté aujourd’hui au Québec. Origine géographique incertaine : peut-être l’Aunis, de toute façon l’Ouest (le nom Liboire se rencontre dans la Mayenne).
Libois Nom surtout porté dans le Calvados. Semble désigner celui qui est originaire du Libois, nom de plusieurs hameaux dans la Sarthe (Auvers-sous-Montfaucon, Cérans-Foulletourte, Oizé) et dans le Loir-et-Cher (Tourailles).
Libouban Nom porté dans les Côtes-d’Armor. Variante : Libouben. Il correspond à Eliboubann, Eliboubane, sans doute variante bretonne du prénom Elisabeth. Il existe une sainte Eliboubane, fêtée le 28 mai, qui est la mère de saint Goneri, ermite et évangélisateur du VIe siècle. Un oratoire lui est dédié sur l’île Loaven (commune de Plougrescant).
Libouillé Nom très rare porté dans l’Aude. Variante : Liboulié. Sens obscur. Un hameau s’appelle les Libouliés à Montmaur.
Libourel Diminutif de Liboire, nom d’un saint vénéré autrefois dans le centre de la France surtout (voir ce nom).
Libouthet Le nom est porté dans la Haute-Vienne. Variante : Liboutet. Même signification que Libouton (voir ce nom).
Libouton Diminutif du nom de personne d’origine germanique Libert, Litberht (leod = peuple + berht = brillant), ou encore de Litbold (bold = audacieux). Nom porté dans le Nord et en Belgique.
Libron Si le nom était languedocien, il pourrait renvoyer au Libron, rivière de l’Hérault. Mais c’est dans la Meuse qu’il a toujours été le plus répandu, et il faut sans doute y voir un diminutif de noms de personne germaniques tels que Libert ou Libier.
Lichan Nom très rare, rencontré autrefois dans les Pyrénées-Atlantiques. Doit désigner celui qui est originaire du village de Lichans (Lichans-Sunhar, même département). A noter aussi l’existence du diminutif Lichanot (également 64).
Lichardy Nom porté à la Réunion. Difficile d’en connaître la signification, car je n’ai aucune donnée sur l’origine géographique. Une petite piste, mais en est-ce vraiment une ? Il existe deux hameaux appelés Lichardié à Monestiés, dans le Tarn.
Lichtenstein Le nom signifie en allemand la roche ou la pierre (“Stein”) brillante, claire (“licht”). Il est notamment porté dans le Haut-Rhin (dérivés : Lichtensteiner, Lichtsteiner). Il peut désigner celui qui est originaire d’un lieu ainsi appelé, par exemple le pays du Liechtenstein, mais c’est souvent un patronyme juif à valeur symbolique (“licht” étant à rapprocher de “meïr”, en hébreu celui qui éclaire).
Lichtlin Nom porté dans les Vosges et le Haut-Rhin. Variantes ou formes voisines : Lichtlen, Lichtlé. C’est un dérivé de Licht (= lumière, flambeau), avec un sens qui reste à préciser.
Lick On rencontre le nom dans l’Oise, mais surtout en Belgique. C’est l’hypocoristique d’un nom de personne d’origine germanique, Lidiko (dérivé de leod = peuple). Formes avec génitif de filiation : Licks, Lickens.
Lidhart Variante probable de Liedhart, nom rare porté dans le Haut-Rhin. C’est un nom de personne d’origine germanique, équivalent de Léotard (voir ce nom).
Lidureau Nom porté surtout en Loire-Atlantique. C’est une variante du breton Lidouren, Lidurin, sobriquet désignant une personne sale (hudur = sordide, sale).
Liebana Nom de famille espagnol lié au toponyme Liébana, région correspondant à la zone des monts Cantabriques. Je ne connais pas le sens de ce toponyme.
Liebeaux, Liébeaux Patronyme rencontré dans les Ardennes et la Haute-Saône. C’est un nom de personne d’origine germanique, Lietbald (liet = leod = peuple + bald = audacieux). Variantes : Liébau (24), Liébaud (01, 39), Liébault (51, 52, 54), Liébaut (55, 54), Liébaux (52, 88), Liébeau (08, 74), Liébold (90, 68).
Lieben Porté en Belgique, c’est une forme génitive de Lieb, hypocoristique de Liebert, Libert, nom de personne d’origine germanique (voir Liebert).
Liebert Nom de personne d’origine germanique, Lietberht (liet < leod = peuple + berht = brillant). C’est en Picardie et en Artois que le nom est le plus répandu.
Liebmann Porté en Alsace, c’est un nom composé (Mann = homme) formé sur Lieb, nom pour lequel deux interprétations sont possibles : soit l’adjectif allemand “lieb” (= aimé, aimable), soit une forme courte des noms de personnes Liebrecht ou Gottlieb (voir ces noms). L’explication par Gottlieb sera la meilleure lorsque le nom est porté par des Juifs askhénazes. Variantes probables : Libmann, Libman.
Liebrecht Porté en Allemagne et en Belgique, rare en France, c’est un nom de personne d’origine germanique, Lietberht (liet = peuple + berht = brillant). Les formes voisines Liebrech, Liebreich pourraient être composées d’autres racines (lieb = cher, aimé + ric = puissant).
Liechti Tout comme sa variante Liechty, portée dans le Haut-Rhin, le nom est sans doute originaire de Suisse. Il semble s’agir d’une variante de Lichti, Lichty, dérivés de Licht (= lumière, mais aussi flambeau, bougie, également porté comme nom de famille), avec divers sens possibles : on peut notamment penser au surnom métonymique d’un fabricant ou d’un marchand de chandelles, mais on envisagera aussi un nom juif à valeur symbolique (équivalent des noms hébreux Uri ou Meir). Cependant, Liechti pourrait aussi correspondre à l’adjectif allemand “leicht” (= léger).
Liefferinckx Porté en Belgique, le nom désigne celui qui est originaire de Lieferinge (ou Liefferinge), localité de Flandre Orientale.
Lieffrig Nom rare rencontré aussi sous la forme Lieffring. Il peut désigner celui qui est originaire d’une localité portant ce nom ou un nom voisin. On a le choix notamment entre Lieferinge en Belgique (Flandre Orientale) et Liefering en Autriche, dans l’agglomération de Salzburg. Mais on pensera plutôt à un diminutif de Lieffert, nom de personne germanique.
Lieffroy Le nom est surtout porté en Haute-Saône. Variantes : Liéfroid, Liéfroy (89, 21, 10). C’est un nom de personne d’origine germanique, Lietfried (liet = peuple + frid = paix).

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