Le dictionnaire des noms : les nouveautés

(mise à jour le 09/03/10)


Alirand Surtout porté dans la Haute-Loire, c’est, selon M.-T. Morlet, un nom de personne germanique, Alihramn (ali = autre + hramn = corbeau). Il semble cependant préférable d’en faire un diminutif d’Alyre, nom de baptême popularisé par un saint qui fut évêque de Clermont au IVe siècle. Variante : Allirand.
Allasseur Porté dans la Seine-Saint-Denis, notamment à Noisy-le-Sec, le nom devrait être d’origine berrichonne. C’est en effet une probable variante de noms tels que Alasseur, Alassoeur, Alasoeur, rencontrés dans l’Indre (= le fils à la sœur, formation typique de cette région).
Allimand Apparemment disparu aujourd’hui, le nom était autrefois porté en Rhône-Alpes ainsi qu’en Alsace-Moselle, dont il semble originaire et où existent toujours les formes Allimann et Allimant. Il s’agit en principe d’un nom de personne germanique, Aliman, formé sur les racines ali- (= autre) et -man (= homme).
Alran Le nom est surtout porté dans l’Aveyron et les départements voisins. Variantes : Alram et peut-être Alrang, Alranq. Il devrait s’agir du nom de personne germanique Adalramnus (adal = noble + hramn = corbeau).
Amrane Le nom correspond à l’arabe `imrân (= longue vie, prospérité), nom de personne fréquemment utilisé dans le Coran, où il désigne le père de Moïse, celui d’Aaron, et aussi celui de Marie, mère de Jésus. Avec le même sens : Imrane, Omrane, Al-Imrane, Al-Omrane, et, marquant la filiation, Benamrane, Ben Amrane, Ben Imrane, Benomrane, Ben Omrane.
Ancelme Variante d’Anselme (voir ce nom) rencontrée notamment autrefois dans la Meuse, présente plus généralement dans le Nord-Est.
Angleraud Le nom est porté dans la Haute-Vienne, où on trouve aussi la forme Engleraud. Il devrait s’agir d’un diminutif du nom de personne Angelier (voir ce nom). Dans d’autres régions, on rencontre les formes Angleraux, Anglereaux (02) et Anglerot (51).
Antzenberger Le nom est porté en Alsace (Fouchy, Neuve-Eglise) et dans les Vosges. Variantes : Antzemberger, Anzemberger, Anzenberger. Il désigne celui qui est originaire d’Anzenberg, nom de localités en Bavière et en Autriche.
Arhelger Nom allemand désignant celui qui est originaire d’Arheilgen, dans la Hesse (commune de Darmstadt-Arheilgen). Avec le même sens : Arheilger, Arheiliger.
Arlandis Le nom est originaire du sud de la Catalogne (province de Valence), d’où il est parfois passé en Algérie au XIXe siècle. Tout comme la forme voisine Orlandis, rencontrée notamment aux Baléares, il renvoie au prénom italien Orlando (= Roland). On trouve parfois en Italie, avec le même sens, les formes Arlando et Arlandi.
Arrieta Porté en Espagne et dans les Pyrénées-Atlantiques (variantes : Arriet, Harriet), désigne celui qui est habite un lieu-dit Arrieta ou en est originaire. Le toponyme, fréquent en Navarre, a le sens de “lieu pierreux, rocheux” (basque harri = pierre + suffixe -eta).
Artillan Le nom est surtout porté dans le Vaucluse (Monteux à la fin du XVIe siècle). Son sens est incertain. Frédéric Mistral l’expliquait par un terme d’ancien provençal, “artilhan”, qui aurait désigné un engin de pêche. À envisager peut-être aussi un toponyme, mais je n’en trouve aucun qui corresponde. La plus ancienne mention connue du nom semble le situer dans la Drôme : en 1358, un nommé Pierre Artilhan est mentionné à Piégon.
Asséo, Asseo C’est en principe un nom porté par des juifs séfarades, notamment en Turquie, en Bulgarie et en Grèce. Il semble que les Asseo (ou Aseo) étaient en particulier implantés à Salonique, où vivait une très importante communauté juive. Beaucoup des juifs de Salonique venaient d’Espagne, d’où ils furent chassés en 1492, en même temps que les musulmans. Il est donc possible que le nom de famille soit d’origine espagnole, mais je n’en ai pas la moindre certitude. Le mot “aseo” signifie en espagnol “propreté, toilette”, mais si le nom ne vient pas d’Espagne ça n’a guère d’intérêt !
Aubard Le nom semble originaire de la Creuse, il est également porté dans l’Indre. Il s’agit presque certainement d’un nom de personne germanique, Adalbardus, popularisé par un moine du début du XIe siècle (abbé de Saint-Martial, moine à Saint-Vaury). Racines : adal = noble + bard = hache. Le nom Aubart, porté notamment dans les Ardennes, devrait avoir les mêmes racines. À envisager secondairement le fils de celui qui s’appelle Bard (voir ce nom).
Balbuena Fréquent en Espagne, correspond à un toponyme ayant le sens de “bonne vallée”, également écrit Valbuena. La forme galicienne équivalente est Balboa. Formes catalanes : Ballbona, Vallbona.
Bance Le nom est porté en Normandie. On trouve, depuis la Normandie jusqu’en Belgique, les formes apparemment similaires Bans, Banse, Bansse, Bence, Bens, Bense, Bensse. Selon M.-T. Morlet, il s’agit le plus souvent d’un nom de personne germanique, Banzo (contraction de Bandizo, racine “bant” = lien). Autre possibilité : le moyen français “banse”, qui a désigné dans le Nord un panier d’osier, une manne (surnom possible de vannier ou d’utilisateur).
Baniel Nom porté en Bretagne (22, 29, 56), également écrit Banniel. Il a en breton le sens de bannière, mais il semble préférable d’en faire une variante de Bannier (voir ce nom).
Baraduc Surtout porté en Auvergne, devrait désigner celui qui est originaire de Baraduc, hameau de la commune de Marat (63).
Barriet Porté en Vendée et dans les Deux-Sèvres, devrait être une forme contractée de Barrillet (voir Baril).
Baudour On rencontre le nom en Bretagne, mais aussi dans le Nord et en Belgique. M.-T. Morlet y voit l’ancien français “baldor” (= ardeur, courage, joie). À envisager aussi le nom de personne germanique Baldwulf (voir Baudoux), avec rhotacisme à partir de la forme Baudoul. En Belgique et dans le Nord, on pensera plutôt à celui qui est originaire de Baudour, localité du Hainaut faisant aujourd’hui partie de la commune de Saint-Ghislain.
Bauduret Rare et porté dans le Jura, pourrait être un diminutif de Baudour (voir ce nom). À envisager aussi l’adjectif “beau” suivi du nom de famille Duret.
Bazalgette Porté dans la Lozère, le nom désigne celui qui est originaire de Bazalgette, hameau à Saint-Étienne-du-Valdonnez, dans le même département. Le hameau et le nom de famille se sont écrits autrefois Balsagette, Balzagette. Ces formes, qui semblent les plus anciennes, montrent qu’on a sans doute affaire à un diminutif de Balsièges, village situé à proximité. L’étymologie de ce dernier nom (tout comme celle de Bessèges) est incertaine, mais il devrait désigner un rocher, une hauteur, un escarpement.
Bazalgues Assez rare et porté dans le Lot, le nom désigne celui qui est originaire de Bazalgue(s), hameau à Baladou, dans le même département. Il pourrait désigner un édifice religieux (latin “basilica”). On notera cependant que le carte de Cassini (XVIIIe siècle) indique une forme Balzagues, à rapprocher de noms cévenols tels que Balsièges et Bessèges, toponymes liés sans doute à une hauteur, un escarpement.
Béchepois Surtout porté dans la Mayenne et le Maine-et-Loire, le nom s’est parfois écrit Béchepoids. On a apparemment affaire au surnom d’un cultivateur de pois.
Belbéoch Porté dans le Finistère (variante : Belbéoc’h), c’est un nom de sens incertain. Il existe certes un lieu-dit Belbéoc’h à Crozon, mais celui-ci paraît venir du nom de famille. Il est fort probable que ce dernier soit une variante de Barbéoch (voir ce nom).
Bénaben Essentiellement porté dans l’Aveyron, désigne celui qui est originaire de Bénaven, village de la commune de Sainte-Geneviève-sur-Argence, dans le même département. Variantes : Bénaven, Benavenq, et, dans certains cas, Bénavent. Le toponyme, fréquent sous diverses formes, renvoie souvent à la ville italienne de Benevento (Bénévent) et signifie “bon événement, bon présage”.
Benlian Le nom est d’origine arménienne. Il devrait correspondre à un terme signifiant “grain de beauté”.
Berra Nom italien fréquent en Lombardie et dans le Piémont, où on trouve aussi la forme Bera. On peut y voir un nom de personne germanique (Bera, racine “ber” = ours), assez courant au haut Moyen-Âge, mais la forme avec double r, de loin la plus fréquente, laisse envisager d’autres possibilités. Ainsi, le mot “berra” désigne la brebis dans divers dialectes du nord de l’Italie. On pensera aussi à un toponyme, avec le sens de plateau ou plaine inculte (sens attesté en Savoie pour “berre”).
Bléas Porté dans le Finistère, c’est une forme bretonne du prénom Blaise.
Bléogat Nom breton porté dans le Finistère, également écrit Bléogad. Il a le sens de “poil de lièvre” (blev + gad), surnom possible d’un fourreur, éventuellement de celui qui a le poil ou les cheveux semblables à ceux du lièvre.
Bleve Nom italien porté dans le sud des Pouilles (province de Lecce). On considère généralement qu’il est d’origine française, correspondant à l’ancien français “blef, bleve”, pour lequel deux sens sont attestés. Il peut signifier “pâle” (puis “bleu”), sens le plus probable, mais “blef” a aussi désigné le blé.
Boissou Surtout porté dans la Haute-Vienne (variantes : Boissout, Boissoux), c’est une variante de Boisson et de Buisson (voir ces noms).
Bolis Nom porté en Lorraine, présent au XVIIe siècle à Haussonville (54). Variantes anciennes : Baulis, Bolisse. Je n’en connais pas le sens, mais il pourrait s’agir d’une variante de Paulis, Polis (= Paul). À noter que beaucoup des Bolis vivant aujourd’hui en France sont d’origine italienne. Le nom est fréquent en Lombardie, notamment dans la province de Bergame. Il semble correspondre à un ancien nom de personne, Bolo, sans doute d’origine germanique (buolo = ami, frère). À envisager secondairement un nom formé sur le mot dialectal “bolla” (= lieu marécageux), solution qui me semble moins probable.
Bologne Surtout porté en Savoie, désigne celui qui est originaire de la ville de Bologne, en Emilie-Romagne. Formes italiennes équivalentes : Bologna, Bologni, Bolognese, Bolognini.
Bombois Le nom est surtout porté dans le Jura (variantes : Bomboy, Bonbois). Il devrait s’agir d’un toponyme (= le bon bois), sans doute le hameau de Bonbois, situé à Matafelon-Granges, à la limite de l’Ain et du Jura. On trouve avec le même sens mais dans une autre région le nom très rare Bombost (42).
Bonaldi Le nom se rencontre en Corse et dans le nord de l’Italie, où il est plus fréquent sous la forme Bonaldo (Vénétie). C’est un nom de personne germanique, Bonwald (lain bonus = bon + germanique waldan = gouverner).
Bonder Nom breton porté dans le Finistère, également écrit Bonderf, Bonderff. Il semble qu’on ait affaire à un toponyme, le second élément étant visiblement le breton “derv” (= chêne). Le premier élément pourrait correspondre au mot “bonn” (= borne). Il n’existe apparemment aucun lieu portant ce nom ou un nom voisin.
Boniou Porté dans le Finistère, également écrit Bonniou, c’est un nom de sens incertain. Deshayes le rattache au vieux breton “bonn” (= proclamation, élection) suivi du suffixe -iou et y voit peut-être un élu. À envisager aussi un pluriel de “bonn” (= borne), ce qui en ferait alors un toponyme.
Bonnerue Les plus anciennes mentions situent le nom à Romanèche-Thorins, en Saône-et-Loire, où il s’écrit aussi Bonneru. Il s’agit sans doute d’un microtoponyme devenu nom de famille, en principe un bon chemin, mais la terminaison en -u fait aussi penser à un bon ruisseau.
Boscolo Porté en Vénétie, notamment à Chioggia, ce nom italien paraît être un diminutif de “bosco” (= bois) et donc un toponyme.
Bouguennec Porté dans le Finistère, désigne une personne joufflue (breton “boc’h” = joue, vannetais “bouguenn”). Variantes : Bouguénec, Le Bouguénec, Le Bouguennec (56).
Boussu Porté dans la Somme et le Pas-de-Calais ainsi qu’en Belgique, le nom peut désigner un bossu, mais on pensera surtout à un toponyme, nom de trois localités belges : la commune de Boussu (Hainaut) ainsi que Boussu-en-Fagne à Couvin et Boussu-lez-Walcourt à Froidchapelle. En principe, le toponyme évoque un lieu où pousse le buis.
Boust Porté en Normandie, devrait être un toponyme désignant un bois, qu’on retrouve dans les noms Dubout et Duboust. Diminutif : Bousteau (28).
Boustouler Nom beton porté dans le Finistère et les Côtes-d’Armor (variante : Boustouller). Voir Bouteiller et Le Bouteiller pour le sens.
Boutruche Nom porté dans la Mayenne, la Sarthe et les départements voisins. Variantes : Boudruche, Boutrouche. Sens incertain. Selon M.-T. Morlet, on a affaire à un dérivé de l’ancien français “boutre” (= tonneau). À noter cependant que le dictionnaire de Godefroy cite un mot “botrusse” (“boudins, andouilles et botrusses”, Livre de la Deablerie) qui renvoie visiblement à une sorte de saucisse et pourrait être à l’origine du mot “baudruche”.
Brenner Le nom est porté en Alsace-Moselle mais aussi dans le Finistère, tout comme sa variante Brenneur. Dans l’Est (et en Allemagne), c’est un dérivé du verbe “brennen” (= brûler), qui a pu entre autres désigner celui qui défriche une terre par brûlis. En Bretagne, on devrait avoir affaire à un marchand de son (“brenn”).
Bruletourte Ce curieux nom de famille est originaire de la Creuse (Saint-Germain-Beaupré au début du XVIIe siècle). Sans doute le surnom ironique d’un boulanger.
Brulfert Sous cette forme, le nom est essentiellement porté dans la Seine-et-Marne. On rencontre dans le même département et dans les départements voisins les variantes Brulefer, Brulefert, Brulfer, Brullefert (également Brulefair en Guadeloupe). C’est le surnom d’un forgeron.
Brulport Porté en Franche-Comté, notamment dans le Doubs, le nom s’écrit aussi Bruleport (70). Il semble désigner celui qui brûlait le porc, opération pratiquée quand on tue le cochon et qui nécessitait un grand savoir-faire.
Bruno Généralement italien (voir Bruni), le nom est aussi breton (variantes : Brunou, Le Bruno). Dans ce cas, il désigne généralement celui qui est brun, mais Deshayes signale qu’il a pu localement désigner plutôt un rouquin.
Cabillic Nom breton surtout porté dans le Finistère, où on trouve les formes similaires Cabellic et Cabellec (cette dernière étant plutôt morbihanaise). Il correspond au mont “kabelleg”, qui désigne soit l’alouette, soit celui qui porte un capuchon (“kabell”) ou dont les cheveux forment une sorte de huppe.
Censier Porté en Picardie (60, 80), le nom désigne au départ celui qui paye un cens au seigneur, mais dans cette région il a pris très vite le sens de fermier (également écrit “cinsier”).
Cerisier C’est dans la Loire-Atlantique que le nom est le plus répandu. On le rencontre aussi dans la Vienne. Il désigne celui qui habite un lieu-dit “le Cerisier”, toponyme très répandu dans l’Ouest. Variantes : Cerisié, Cerizié, Cerizier.
Chacun Présent à Concarneau depuis la fin du XVIIe siècle, le nom est vendéen. Difficile d’en comprendre le sens. On a probablement affaire à la déformation d’un autre nom, mais lequel ?
Chantemerle Le nom désigne celui qui habite un lieu-dit Chantemerle (lieu où chante le merle) ou en est originaire. Le toponyme est trè répandu en France. C’est dans l’Indre que le nom de famille est le plus répandu. On trouve la variante Cantemerle dans le Tarn-et-Garonne.
Chartoire Le nom est surtout porté dans le Puy-de-Dôme, où on le rencontre aussi sous la forme Chartoir. C’est un toponyme, nom de hameaux à Saint-Ferréol-des-Côtes et à Vernet-la-Varenne, dans le même département. Forme similaire : Charretoire. Sens possibles : chemin carrossable, ou encore terre labourable à la charrue.
Chatonier Porté en Auvergne, notamment dans le Cantal (variante : Chatonnier), semble désigner celui qui habite un lieu-dit (la) Chatonnière ou en est originaire. Le toponyme est assez courant dans le Centre. Concernant le Cantal, c’est le nom de hameaux ou de fermes à Barriac-les-Bosquets et à Collandres, où existe aussi le Buron de la Chatonnière. On notera aussi le hameau de Chatonnier à Verneugheol (63). Concernant le sens, une chatonnière est une chatière, mais le rapport avec les chats est très improbable. Le toponyme Chatonnière devrait être en fait une variante de “chatenière” (= châtaigneraie). C’est ce même sens qu’on retiendra pour les noms voisins Chatonet, Chatonnet (36), ou encore Chatonay, Chatonnay, Chatoney.
Chibarie Nom très rare localisé dans la Haute-Garonne, de sens très incertain. Sur le site Geneanet, un contributeur signale, au XVIe siècle et en Gironde, un Chibarie qui s’appelait aussi Cheberry. Dans ce cas, il s’agirait certainement d’une déformation du nom basque Etcheberry. Mais il est dangereux de se fier à une seule source.
Ciaccio Le nom est surtout porté en Sicile (provinces d’Agrigente et de Palerme). Selon le dictionnaire des noms siciliens de Parodi, il correspondrait à un adjectif “ciaccio” désignant celui qui bégaie ou balbutie. Il pourrait cependant s’agir aussi d’un nom de personne médiéval, ce qui expliquerait la forme Di Ciaccio, rencontrée au sud du Lazio (province de Latina). À noter aussi le pluriel Ciacci, très présent en Toscane. Il existe enfin un nom Ciaccia, porté pour sa part surtout dans les Pouilles, qui semble lui aussi lié à la parole, mais avec un autre sens, puisque le terme a désigné un bavard, celui qui parle à tort et à travers (du verbe “ciacciare”, qu’on retrouve dans le français familier “tchatcher”). À noter cependant que Rohlfs explique Ciaccia par un mot calabrais “ciaccia” ayant le sens de “viande”.
Clarenn Le nom est surtout porté dans la Meuse et en Belgique. Variante ou matronyme : Clarenne. Il s’agit dans la plupart des cas du prénom Clar (= Clair, voir ce nom) ou de son féminin Clara. La forme Claren en est une autre variante qui peut, en Moselle, renvoyer au nom allemand Klar, Klaren, qui est parfois une forme du prénom Hilaire.
Clesse Porté notamment dans la Meurthe-et-Moselle, présent également en Belgique (province de Luxembourg), c’est une variante de formes telles que Claes, Kles, Kleis, hypocoristiques de Nicolas.
Cocoynacq Le nom est surtout porté dans les Landes, en particulier à Pouillon depuis le XVIIe siècle. Variantes anciennes (assez rares) : Cocognac, Cocognacq, Caucagnac. La finale en -acq laisse penser qu’on a affaire à un nom de lieu, mais je n’en trouve aucun qui corresponde.
Combeléran Ou Combéléran. Le nom est surtout porté dans l’Aude, tout comme ses variantes Comméléra et Comméléran. Il paraît désigner celui qui est originaire de Combaléran, hameau situé à Marzens, dans le Tarn.
Cordon Nom surtout porté en Bretagne (22, 35) et en Normandie (50). On peut penser au surnom d’un marchand de cordes, mais la localisation laisse penser qu’on a affaire à une variante de Corduan (22, 35, 56), nom correspondant à l’ancien français “cordoan” (= cuir de Cordoue, puis cuir en général ou encore chaussure de cuir). Il pourrait donc s’agir du surnom d’un cordonnier ou de celui qui travaille le cuir.
Coutte Le nom est porté en Picardie, en particulier dans l’Aisne. Il semble s’agir d’un équivalent picard du mot “coutre” (pièce de charrue), ou même de “coustre” (= sacristain). À noter cependant la forme Coutté, qui a certainement un autre sens, reste à savoir lequel.
Coyet Porté en Belgique, dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie (variante : Coyez, variante ou matronyme : Coyette), c’est un diminutif de Coye, les deux noms étant attestés au Moyen Âge comme noms de baptême (deux exemples dans l’ouvrage d’Herbillon et Germain, qui y voient d’éventuels hypocoristiques de Conrad). Ce qui semble éliminer la solution proposée par Morlet (diminutif de “coye” = courge).
Cuissette Porté dans la Somme et le Pas-de-Calais (variante ancienne : Cuisette), le nom se rencontre aussi au masculin sous la forme Cuisset. Il pourrait s’agir du surnom d’un fourreur ou d’un marchand de fourrures, le terme “cuis(s)ette” désignant en moyen français la fourrure de la cuisse d’agneau ou de lièvre. À envisager éventuellement aussi un surnom pour celui qui a des cuisses grêles ou de petites jambes (à rapprocher de noms tels que Courtecuisse).
Cunin Porté dans les Vosges et la Meurthe-et-Moselle, c’est une variante de Cuny (voir ce nom).
Daubard Porté notamment dans la Saône-et-Loire, pourrait désigner le fils d’Aubard (voir ce nom).
Davanne Le nom est surtout porté dans l’Est (51, 55). Il désigne sans doute celui qui est originaire d’Avanne, nom d’une commune du Doubs (Avanne-Aveney). Le toponyme évoque apparemment un lieu où on cultive l’avoine, mais Lassus et Taverdet (Noms de lieux de Franche-Comté) penchent pour un hydronyme d’origine gauloise.
Debesne Surtout porté dans la Manche, le nom devrait y désigner celui qui est originaire de Besne, hameau à Saint-Nicolas-des-Bois, dans le même département. Pour le sens du toponyme, on peut penser au nom germanique Berno, qu’on retrouve dans la commune de Besneville, toujours dans la Manche.
Debeurme Porté dans le département du Nord et en Flandre occidentale, le nom s’écrit aussi Debeurne, et devrait correspondre à un toponyme fréquent désignant une source (Born, Borne, néerlandais “bron”).
Decorgier Le nom est surtout porté dans la Loire (Belleroche), où on trouve aussi la forme Corgier. Il désigne sans doute celui qui est originaire de Corgier, hameau situé à Thel (69), à proximité de Belleroche. Mais il faudrait être sûr que le toponyme est antérieur au nom de famille.
Delalosa D’origine espagnole, également écrit De la Losa, désigne celui qui est originaire d’une localité appelée la Losa (nom entre autres d’un village près de Ségovie). Le mot “losa” désigne une pierre plate, une ardoise. En toponymie, il évoque très souvent la présence d’un dolmen.
Deniniolle Très rare, devrait désigner celui qui habite Niniolle, hameau à Saint-Maurice-lès-Couches, dans la Saône-et-Loire. C’est d’ailleurs là que le nom a toujours été le plus répandu.
Denos Porté en Normandie, devrait être une variante de Desnos, Desnots (voir ces noms).
Déranlot Le nom est porté dans la Vienne, où il a donné naissance à la ferme appelée Chez Déranlot (commune de Blanzay). Cette ferme est mentionnée au début du XVe siècle sous la forme suivante : Terres de Johanne Dorenlot (1404). Ce qui nous permet de comprendre plus facilement le sens du nom de famille : il correspond à l’ancien français “dorenlot” (ou “dorlot”, à l’origine du verbe “dorloter”), qui a eu plusieurs sens. Il a désigné une grosse boucle de cheveux relevée sur le front des hommes, puis un ornement, un ruban, et enfin, par métonymie, un coureur de filles, un galant, un mignon. Le nom de famille peut aussi s’écrire Daranlot, Dérelot. On rencontre en Normandie les formes Doranlo et Dorenlot.
Desmartin Porté notamment dans le Puy-de-Dôme, la Creuse, l’Ardèche et la Dordogne, désigne celui qui habite la ferme, le domaine des Martin ou en est originaire. Avec le même sens : Desmarty, Desmartins.
Desrochers Relativement rare aujourd’hui, le nom est surtout porté en Normandie mais paraît être originaire de la Sarthe ou de la Mayenne. Quelques mentions anciennes aussi en Limousin et dans le Centre. Le nom est également présent au Québec. Il désigne soit celui qui habite un lieu-dit “les Rochers” ou en est originaire, soit celui qui appartient à la famille ou au domaine des Rocher (nom de famille).
Dessent En France, le nom est porté en Charente-Maritime et en Gironde. Il est arrivé au Canada avec Raphaël Dessent, dit Sanspitié, originaire de Bordeaux. On le rencontre également en Belgique, où il connaît de nombreuses variantes (Desent, Dessain, Dessaint, Dessein, Desseint, etc.). Dans tous les cas, le sens me semble très incertain.
Develter Nom de métier flamand désignant celui qui travaille le feutre (moyan néerlandais “velte”). Variantes : Develtère, Develdère.
Dhumeau Nom porté dans la Vienne et l’Indre-et-Loire. Variantes : Dhumaux, Dhumeaux. Il devrait correspondre à “humeau”, variante régionale du mot “ormeau”. On le rencontre aussi précédé de la préposition “à”, marquant soit la localisation, soit la filiation, dans les formes Adhumeau et Adumeau.
Diemer Le nom est porté en Alsace. Variante : Diemert. C’est une variante du nom de personne Dietmar (voir Dittmar pour le sens).
Divanach Nom breton porté dans le Finistère (variante : Divanac’h). C’est une variante par mutation consonantique de Le Dimanac’h, terme désignant un ancien moine, un moine défroqué (breton “manac’h” = moine, précédé du préfixe négatif “di-“). Formes similaires : Le Divénach, Divénah, Le Divénah (56).
Djeddou Porté en Algérie, le nom se rencontre en Tunisie sous la forme Jeddou. En composition : Ben Djeddou, Ben Jeddou (le fils de Djeddou, Jeddou). Il devrait correspondre à l’arabe “jadd” (= grand-père).
Dobremel Surtout porté dans la Somme, pourrait désigner celui qui est originaire d’Aubrometz, commune du Pas-de-Calais, toponyme qu’on rencontre sous la forme Aubromel en 1649.
Dockes Ou Dockès. Nom porté par des Juifs askhénazes principalement dans le Haut-Rhin. Ce serait une forme correspondant au mot “duc”, comme l’indiquent les variantes Ducas et Dukas.
Donis Porté dans diverses régions de France (Sud-Ouest, Lyonnais), également présent en Belgique, c’est presque toujours une variante de Denis (voir ce nom). Variantes : Donnis, Donys. Diminutif : Donizeau (Poitou). Diminutifs italiens : Donizetti (Lombardie), Donizzotti.
Dray Le nom de famille est parfois une variante de Deray (voir ce nom), mais, pour la plupart des porteurs actuels, c’est un nom juif d’Afrique du Nord. Signification probable : nom ethnique correspondant à l’Oued Draâ, vallée du Sud marocain où vivaient plusieurs colonies juives. Variantes : Draï, Dreï, Dari. Lorsque ce nom n’est pas porté par des israélites, il s’écrit généralement Draoui.
Droalin Nom breton porté dans la région de Concarneau, également présent en Morbihan sous la forme Droalen. Tout comme sa forme courte Droal (variante : Droual), il correspond à un ancien nom de personne breton, fréquent sous diverses formes dans le cartulaire de Redon : Dreuuallon, Dreuualoe, Driduual, Driuuallon, Droaloi, Dronuulaoe, etc. Albert Deshayes pense que la racine en serait le mot “dron” (= fort, vigoureux). Avec assourdissement de la consonne initiale : Troal, Troalain, Troalen.
Dudoit Porté dans diverses régions (Centre, Pays de Loire, Poitou-Charentes), désigne celui qui habite un lieu-dit “le Doit” ou en est originaire. Sens du toponyme : conduit, canal, ruisseau. Variante : Dudoigt.
Dumillon Porté notamment dans le Nord-Pas-de-Calais (variante : Dumilon), semble désigner le fils de celui qui s’appelle Millon (voir ce nom).
Duranthie Le nom est porté en Dordogne, on le rencontre aussi en Limousin sous la forme Durantie (autre variante : Duranty). Il désigne celui qui est originaire de la Durantie, nom de plusieurs hameaux en Dordogne et en Corrèze. Sens du toponyme : le domaine ou la ferme de Durand. Avec le même sens : Ladurantie, Laduranty (24, 47, 87).
Durrwell Le nom est présent dans le Haut-Rhin depuis le XVIe siècle. Je n’en connais pas la signification. L’adjectif “dürr” signifie sec, aride, et “Well” signifie vague, flot. On peut éventuellement y voir un cours d’eau ou un lac desséchés, mais il est plus probable que le nom ait subi des variations graphiques depuis le Moyen Âge.
Dutreil Le nom est notamment porté dans le Lot-et-Garonne et dans l’Indre. Variantes : Dutreilh, Dutreuil, Dutreuilh. Il correspond au mot “treuil” (= pressoir) et a dû désigner celui qui avait la charge du pressoir seigneurial (ou encore celui qui habitait le lieu où était situé ce pressoir).
Elleaume Porté dans l’Eure-et-Loir, c’est un nom de personne germanique, variante d’Alleaume (voir ce nom). Variantes : Eliaume, Elleaune.
Emzivat Porté dans le Finistère, le nom désigne en breton un orphelin (“emzivad”). Dans les registres paroissiaux, il apparaît souvent sous les formes Lorphelin, L’Orphelin.
Encoyand Nom rare rencontré dans les Hautes-Alpes (Le Noyer, village où existe un lieu-dit Forest Encoyand). Variante : Encoyant. Sens obscur.
Engelaere Surtout porté dans le département du Nord, c’est un nom de personne germanique (voir Angelier pour la formation du nom).
Esgonnière Nom très rare porté en Vendée, où il désigne celui qui est originaire de l’Esgonnière, hameau à La Chaize-le-Vicomte, dans le même département. À noter aussi la basse et la haute Egonnière à La Limouzinière (44). Sens possible : le domaine d’Egon (voir Egonneau).
Essebag Porté par des juifs séfarades d’Afrique du Nord, c’est une variante de Sabbagh (voir ce nom).
Estoul Le nom est porté dans le Tarn et les départements voisins. Il peut désigner l’éteule (chaume qui reste sur place après la moisson), mais il devrait plutôt s’agir d’un nom de personne germanique, variante d’Astoul (voir ce nom).
Eucher Assez varié dans sa répartition géographique, c’est un nom de personne germanique, Eucharius ou Eucherius, popularisé par au moins quatre saints différents.
Fafournoux Porté en Auvergne, parfois écrit Fafournaux, devrait désigner celui qui est originaire de Fafournoux, hameau à Vollore-Montagne (63). Faute de mentions anciennes, le sens du toponyme est difficile à comprendre, même s’il semble contenir l’élément “fornol” (= four, fourneau).
Fénix Le nom se rencontre surtout en Savoie et en Franche-Comté, ainsi qu’en Suisse. On trouver la forme apparemment similaire Phénix en Dordogne. Dans ce dernier département, il s’agit sans doute d’un toponyme, nom d’un hameau à Saint-Aubin-de-Lanquais, également écrit Fénis. Plutôt que d’expliquer le nom par un lien quelconque avec l’oiseau fabuleux, il semble raisonnable d’y voir une déformation ou un pluriel de “fenil” (grenier à foin). À envisager secondairement une déformation de Félix, possible dans certains cas.
Fleur-des-Pois Curieux nom porté dans le Cher, également présent autrefois dans le Loiret sous la forme Fleurdepois. Le mot “fleur des pois” est attesté au XVIIIe siècle (Dictionnaire de l’Académie) pour désigner un homme raffiné, élégant, maniéré. Le nom de famille est pour sa part attesté dès le XVIe siècle. On peut penser, mais sans certitude, qu’il avait déjà à l’époque le même sens.
Fongarnand Le nom est porté dans l’Allier, tout comme ses variantes Fongarnant, Fontgarnand, et sans doute aussi Fongarland et Fongarnaud. Il désigne celui qui est originaire de Fontgarnant, hameau à Montcombroux-les-Mines, dans le même département. Sens du toponyme : la source, la fontaine (font) de Garnand, variante soit de Garnaud, soit de Garland, noms de personnes germaniques.
Fonmarty Nom porté en Dordogne, également écrit Fontmarty, Fonmartin, Fontmartin. C’est le nom de deux hameaux à Plazac et à Grand-Brassac (24), la forme Fonmartin se rencontrant pour sa part à Pomport. Signification : la source (font) de Marty, équivalent occitan de Martin.
Fontalirant Le nom est porté dans la Dordogne et la Gironde. Variantes : Fontaliran, Fontalirand, Fontaleyrand. Il désigne celui qui est originaire de Fontalirant, hameau à Bars (24). Le premier élément a le sens de source, fontaine (font), le second peut correspondre soit à Talleyrand (voir ce nom), soit au nom de personne Alirand (qui ne semble cependant pas avoir été porté dans cette région).
Fontchastagnier Nom porté dans la Corrèze (variante : Fontchastagner). Désigne celui qui habite un lieu-dit ainsi nommé ou en est originaire. Signification : la source (font) du châtaignier, ou encore de celui qui s’appelle Chastagnier.
Fraignac Surtout porté en Corrèze, devrait désigner celui qui est originaire de Freignac, ancien village situé sur la commune de Saint-Bazile-de-la-Roche (19). Le toponyme a sans doute le sens de bois de frênes. Autre possibilité : le domaine de Frenius, nom d’homme latin. Variantes : Freignac, Frégnac, Freygnac et peut-être aussi Fragnac.
Frikh Nom assez rare originaire d’Algérie. Il signifie “oiseau” (furûkh), ou encore ‘oisillon, poussin”, et par métaphore “jeune garçon”.
Furic Assez répandu en Bretagne, notamment dans le sud du Finistère, le nom est déjà attesté au Moyen Âge. On pourrait y voir le breton “furik” (= furet), mais il s’agit plus probablement d’un diminutif de “fur” (= sage).
Gaas Rare et porté dans les Landes, désigne celui qui est originaire de Gaas, commune du même département. Le sens du toponyme est obscur.
Gabadou Nom rare rencontré à Saint-Paul-de-Fenouillet (66) depuis le XVIIe siècle. Sens incertain. Frédéric Mistral y voyait une forme ancienne “gabador” avec le sens de “moqueur”.
Gabaï Porté par des juifs séfarades, notamment d’origine algérienne, le nom s’écrit aussi Gabay, Gabbaï. Il correspond à l’hébreu “gaba’î”, désignant un collecteur d’impôts, un percepteur. C’était à Alger une dignité attribuée à quatre personnes tirées au sort, qui, outre leur fonction, devaient venir en aide aux pauvres (source : Maurice Eisenbeth, voir bibliographie).
Gabal Très rare et porté dans le Rouergue, c’est une probable variante de Cabal (voir ce nom).
Gabaldon Nom espagnol désignant celui qui est originaire de Gabaldón, localité de la province de Cuenca.
Gabanou Porté notamment dans l’Aude, paraît être une variante de Cabanou, Cabanon (= petite cabane). Même chose pour le nom Gabanon (34, 11) et sans doute pour Gabagnou (64). De la même façon, le nom Gabanelle (45) semble renvoyer une forme Cabanelle (même sens).
Gabaret Le nom est surtout porté en Charente-Maritime, où il est présent au moins depuis le début du XVIIe siècle. Sens incertain : on peut y voir une variante de “cabaret” (voir Cabaret), ou encore une petite gabarre (sens attesté pour “gabarot”), sans oublier, éventuellement, un lien avec le gascon Gabarret (voir Gabarre).
Gabarroche Le nom est surtout porté dans le Lot-et-Garonne, on le rencontrait au XVIIIe siècle en Gironde. Il s’agit d’un toponyme, sans doute avec le sens de roche creuse (cavarocca, voir aussi Chavaroche). Un hameau ou une ferme s’appelle Gabaroche à Saint-Martin-Lacaussade (33), un autre Gabarroche à Saint-Vivien-de-Monségur (33). On trouve aussi, avec le même sens, la forme Gabarroca, qui semble venir d’Espagne.
Gabas Le nom peut être gascon ou aragonais. Dans les deux cas, il devrait s’agir d’un hydronyme à rapprocher du mot “gave”. Le Gabas est une rivière des Pyrénées-Atlantiques, département où Gabas est aussi un hameau de la commune de Laruns. Pour l’Aragon, on pensera à Gabás, village de la province de Huesca. En composition : Gabas-Campoulet (65).
Gabaston Tout comme sa variante Gabastou, le nom est porté dans les Pyrénées-Atlantiques. Il désigne celui qui est originaire de Gabaston, commune du même département. La commune est située sur le Gabas (à rapprocher de “gave”), rivière dont elle tire visiblement son nom. En composition : Gabaston-Maire, Gabastou-Gouget.
Gabot Le nom est surtout porté aujourd’hui dans le Cher. Il semble s’agir, au moins dans certains cas, d’une variante de Gabaud (voir ce nom), attestée par la généalogie. À envisager aussi une variante de Cabot (voir ce nom).
Gaby Porté notamment dans le Puy-de-Dôme, c’est le plus souvent un hypocoristique de Gabriel. À envisager secondairement une variante de Gabin (voir ce nom).
Gaillaguet Le nom est porté dans la région toulousaine. On trouve la variante Gailhaguet dans le Tarn-et-Garonne. Tout comme Gaillagot (09), il devrait désigner celui qui est originaire de Gaillac, nom de communes dans le Tarn, l’Aveyron et la Haute-Garonne. Voir Gaillac pour le sens du toponyme.
Gardahaut Curieux nom surtout porté dans le Morbihan parfois déformé en Gardahant. Sens obscur. Il peut s’agir d’un toponyme : un hameau ou une ferme s’appelle Gardehaut à Squiffiec (22). Phonétiquement, cela pourrait correspondre à “garde à eau”, terme désignant une retenue d’eau, peut-être un bief de moulin. Ce n’est évidemment qu’une hypothèse hasardeuse.
Gardette Surtout porté en Auvergne, c’est un toponyme pouvant désigner une petite tour de garde, également une borne ou un pâturage réservé.
Gardon C’est dans le département de la Loire et en Provence que le nom est le plus répandu. Il s’agit d’un toponyme, le plus souvent diminutif de “garde” (= tour de garde, forteresse), qui peut aussi en Provence renvoyer à la rivière du Gardon.
Gardyn Variante de Gardin (= jardin) rencontrée en Belgique et dans le Nord-Pas-de-Calais.
Garlantezec Le nom est porté dans les Côtes-d’Armor, tout comme sa variante Le Garlantezec. À noter aussi la graphie rare Garlantezeck. C’est un dérivé du breton “garlantez” (= guirlande), qui a pu désigner un galant, un fiancé, voire un jeune marié (la tradition voulait que le galant ou le fiancé porte à son chapeau une guirlande de fleurs).
Garotin Egalement écrit Garottin, le nom se rencontre surtout dans la Vienne. C’est un diminutif soit de Garotte, soit de Garrot (voir ces noms). Avec un autre suffixe : Garotteau (79).
Garotte C’est dans la Côte-d’Or et l’Indre-et-Loire que le nom, rare, est le plus répandu. Sachant que le mot “garotte” est une altération fréquente de “carotte”, rencontrée notamment dans le Centre, on pourrait avoir affaire au surnom d’un rouquin (éventuellement d’un producteur de carottes). Voir aussi Garoutte et Garrot pour d’autres possibilités.
Garrot On rencontre le nom à la fois dans le Sud-Ouest et en Bourgogne. Dans le Sud-Ouest, ce devrait être un toponyme avec le sens de lieu rocheux, rocher escarpé (sens identique à Garros, voir ce nom). En Bourgogne, les choses sont moins simples : le mot “garrot” a pu désigner un bâton ou un carreau d’arbalète, et dans certaines régions il évoque un homme rustre. On peut aussi penser à un diminutif de noms de personne tels que Garin, sens qu’on retiendra le plus souvent pour Garot (08, 87), attesté comme nom de personne en Belgique au XIIIe siècle. Dernière possibilité : variante graphique de Garreau (voir Gareau pour le sens).
Garzandat Le nom est porté presque exclusivement dans la Meuse. Son sens est incertain, mais il pourrait s’agir d’un diminutif formé sur le nom de personne féminin d’origine germanique Garsindis (Garsende).
Garzaro Ce nom italien est originaire de Vénétie. Il a dû désigner un cardeur (italien “garzo” = cardère, également le fait de carder la laine), tout comme le nom plus rare Garzanti. D’autres noms italiens, pour la plupart des diminutifs, commencent par Garz- : Garzella, Garzelli, Garzetta, Garzetti, Garzino, Garzini, Garzulino. Ils semblent eux aussi évoquer cette activité, mais on ne peut négliger d’éventuels dérivés de “garza” (= héron), ou encore des noms à rapprocher de Garzone, formés avec un autre suffixe.
Garzia Variante de Garcia (voir ce nom) rencontrée aussi bien en Espagne que dans l’Italie méridionale, notamment dans le sud des Pouilles.
Garzone Nom italien surtout porté dans le sud du pays. On trouve la forme Garzoni en Lombardie, ainsi que Garzon en Vénétie. C’est l’équivalent du français “garçon”, sans doute avec le sens de valet. Le nom Garzon (Garzón) est également très répandu en Espagne, avec le même sens (dans des cas plus rares, il peut aussi être un dérivé de Garcia).
Gaspaillard Le nom est porté dans les Côtes-d’Armor, où il s’écrit aussi Gapaillard, Gapaillart. Le gaspail désignait en ancien français la paille de blé, mais il a pris très vite le sens de gaspillage (terme qui a la même origine). Le nom de famille pourrait désigner celui qui fait les balles de paille, mais le sens de gaspilleur n’est pas à exclure.
Gaydou Le nom est surtout porté dans le Lot. Formes voisines : Gaydoul, Gaidou, Gaidoux. Le nom a aussi été porté par une famille de vaudois exilée en Allemagne (Hesse). Il s’agit d’un nom de personne germanique, Gaidulfus (gaido = épieu, lance + wulf = loup). On retrouve le nom en Lombardie sous la forme Gaidolfi.
Geistlich Le nom, rare, pourrait être originaire de Suisse alémanique. Il désigne sans doute un prêtre (sens de l’adjectif substantivé “geistlich”).
Gemeiner Nom allemand rencontré aussi dans la Moselle, parfois écrit G’Meiner, Gmeiner. Il désigne celui qui appartient à une communauté (allemand “Geimende”), le sens précis restant à établir.
Gernier Assez rare, le nom se rencontre dans le Nord (variante : Gerniers) et en Bretagne. C’est une variante de Garnier (voir ce nom), à rapprocher de la forme plus courante Guernier.
Goadec Nom breton assez rare, qui correspond au nom “gwad” (= sang) et à son adjectif dérivé “gwadeg” = qui saigne, ensanglanté, mais aussi sanguin. Le nom Goedec, aujourd’hui disparu, a le même sens, tout comme Gouadec.
Goalabré Porté dans le Finistère, c’est un nom de sens obscur, peut-être un toponyme (nom d’un îlot du golfe du Morbihan).
Goimier Surtout porté dans les Deux-Sèvres, le nom s’écrit aussi Goismier, Gouasmier. C’est un nom de personne germanique, peut-être Godmarus (god = dieu + mar = célèbre). Voir aussi Gommier pour d’autres racines.
Grare Le nom est porté en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais (variante : Grarre). Tout comme Grard, c’est une forme contractée de Guérard, Gérard. Ainsi, le hameau des Grares à Audembert (62) s’appelait autrefois Les Hayes Guerard. Diminutif : Grardel.
Grauby Nom porté dans l’Ariège (Fougax-et-Barrineuf, Bélesta), également présent dans l’Aude. Je n’en connais pas le sens. À envisager éventuellement un lien avec l’occitan “garauba” (= vesce), mais je n’y crois guère. Plus intéressant, le mot “graubia” qui désigne le chêne kermès, mais apparemment aucun lieu ne porte ce nom.
Guenver Nom porté dans les Côtes-d’Armor et le Finistère. Variante : Guenveur. Il correspond au breton “genver” (ou “genveur”), qui désigne le mois de janvier. On pensera à un enfant né en janvier, éventuellement à un ancien prénom. Beaucoup d’actes, en particulier au XVIIe siècle, transforment ce nom en Janvier.
Guèze C’est dans l’Ardèche et les départements voisins que le nom est le plus répandu. Il devrait y désigner celui qui est originaire de La Guèze, hameau à Saint-Jean-Roure, dans le même département. Le toponyme désigne en principe un cours d’eau (c’est le nom de rivières dans l’Allier et le Cantal).
Haab Nom porté en Alsace, tout comme son diminutif Haaby. Voir Haby pour le sens.
Hautier Le nom se rencontre essentiellement dans deux régions : d’une part le Limousin et l’Auvergne, de l’autre le Nord-Pas-de-Calais et la Belgique. Variantes : Hautié, Hauthier. Dans le premier cas, c’est une variante du nom de personne germanique Autier (voir ce nom). Cette solution est parfois possible dans le second cas, mais on a le plus souvent affaire à la variante d’un autre nom d’origine germanique, Wautier, Wauthier (= Gautier, Gauthier), l’alternance Haut(h)ier/Waut(h)ier se rencontrant dans plusieurs généalogies.
Hellebuyck Le nom est d’origine belge. Il devrait correspondre, selon Debrabandere, au mot néerlandais “hellebok”, qui a désigné le diable et pourrait être ici employé comme juron.
Hemous Nom surtout porté dans les Landes. Sens incertain. Peut-être un dérivé de “hem”, forme gasconne de l’occitan “fem” (= fumier). Un lieu-dit s’appelle Hemous à Estibeaux (40).
Henrionnet Double diminutif de Henri (Henri > Henrion > Henrionnet) porté en Lorraine et dans la Haute-Marne.
Hereng Ou Héreng. Nom porté dans le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique. Variantes : Herengt, Herreng, Herrengt. On pourrait penser à un lien avec le hareng, mais la plupart des mentions médiévales montrent qu’on a affaire à un nom de personne (prénom). On pensera donc plutôt à un dérivé en -ing de noms commençant par la racine germanique hari- (= armée), par exemple Herry ou Herman.
Hiault Le nom est surtout porté dans le Loir-et-Cher, en particulier à Josnes où il est attesté dès le début du XVIIe siècle. C’est une probable variante de Huault (voir ce nom).
Hizir Nom turc, parfois porté en Afrique du Nord. On a affaire à un nom de personne : en turc, Hizir est l’équivalent de l’arabe KhiDr ou du persan Khezr, nom de personne lié à la couleur verte, porté par un prophète immortel mentionné dans le Coran.
Hoeppe Le nom est porté aux Pays-Bas, mais aussi en Picardie (60). Selon Debrabandere, c’est une forme courte du prénom Hubrecht (Hubert).
Idoux Le nom est porté en Lorraine (notamment dans les Vosges) et en Alsace. Variante : Ydoux. C’est un nom de personne germanique (Idulfus, Hildulfus dans le polyptyque d’Irminon) formé sur les racines hild- (= combat) et wulf (= loup). On connaît un saint Hidulphe (ou Idoux), qui aurait été évêque de Trèves au VIIe siècle, dont le nom latinisé est tantôt Hildulfus, tantôt Hidulfus. Il est le fondateur de l’abbaye de Moyenmoutier, dans les Vosges.
Jacquemond Fréquent dans le département de la Loire et en Savoie, le nom s’écrit aussi Jacquemont, ces deux formes étant à rapprocher de Jacquemoud, Jacquemmoz, Jacquemod, Jacquemot et Jacquemoz. Ce sont des diminutifs de Jacquème, variante régionale ancienne de Jacques.
Jarjayes Le nom est porté dans le Sud-Est (04, 26 notamment). Variantes : Jarjaille, Jarjaye. Il s’agit d’un toponyme. C’est le nom d’une commune des Hautes-Alpes, mais aussi d’un hameau au Contadour et d’un ancien fief à Noyers-sur-Jabron, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Les formes les plus anciennes du toponyme datent du XIe siècle, avec une graphie Gargaia qui laisse penser qu’on pourrait avoir affaire à une gorge.
Jayr Porté presque exclusivement dans l’Ain, désigne celui qui est originaire de la Jayr (ou la Jayre), nom d’un hameau à Montagnat, également ancien lieu-dit à Crottet (“loco dicto en la Jayri, 1393”), dans le même département. Le toponyme devrait correspondre à l’ancien français “gayere” (terrain humide). Il existait d’ailleurs un étang de la Jayère à Villars-les-Dombes, toujours dans l’Ain.
Kervagoret Porté dans le Finistère, c’est une variante de Kermagoret (voir ce nom).
Kronus Nom très rare porté aujourd’hui dans le Pas-de-Calais. Peut-être une latinisation du nom allemand Krone (Krone = couronne).
Lafuisat Nom rare porté dans les Pyrénées-Atlantiques (Geüs-d’Oloron, où un lieu-dit s’appelle Lafuisat). On peut sans doute y voir le terme médiéval gascon “afiusat”, désignant soit un bien inféodé, soit un fermier censier.
Lalliaume Porté notamment dans le Val-d’Oise, correspond au nom de personne germanique Alliaume (voir Alleaume) précédé de l’article défini.
Lalondre Porté notamment dans la Marne, le nom devrait correspondre au terme dialectal “alondre”, qui désigne l’hirondelle. Même signification pour le nom Lalondrelle.
Lamorte Egalement écrit Lamorthe, le nom de famille, aujourd’hui surtout porté dans le Gard, semble venir de l’Isère. Il devrait désigner celui qui est originaire de La Morte, commune de l’Isère. Le mot “morte” a souvent le sens de “bras de rivière asséché”, mais il ne semble pas que ce soit ici le cas, si on en croit la mention Mons de Morta (XIVe siècle). Peut-être un oronyme.
Larochelle Le nom est surtout porté au Québec et en Guadeloupe, où il renvoie certainement au port de La Rochelle. On le rencontre parfois ailleurs, où de toute façon c’est un toponyme avec le sens de “petite forteresse” (petite roche fortifiée), tout comme la forme voisine Larochette (42, 69, 71).
Lautrou Le nom est porté dans le Finistère, où il s’écrivait le plus souvent L’aotrou, L’autrou au XVIIe siècle (pays de Pontaven notamment). Il correspond au breton “aotrou”, avec le sens de seigneur, personne respectable.
Le Baccon Nom porté dans le Finistère et le Morbihan (variante : Le Bacon). Voir Baccon pour le sens.
Le Beux Nom breton également écrit Le Beus, Le Beuz, Le Beuze, Beux. Il peut évoquer le buis ou le fragon (breton “beuz”), mais on pensera aussi à l’adjectif “beuz” (= fameux, solution proposée par Deshayes dans le dernière version de son dictionnaire, où il y voit un ancien nom de guerrier). Le dictionnaire de Le Gonidec signale aussi pour “beuz” le sens de “grimaud”, mais n’évoque pas celui de “fameux”. Voir aussi Beuze.
Le Bourbouach Nom breton surtout porté à Vannes, dans le Morbihan. Variantes : Le Boulbouech, Le Bourbouah, Bourbouac. Il paraît s’agir d’un surnom moqueur pour un boulanger, car il signifie “mal cuit” en parlant du pain. En vannetais, le participe “poazh” (= cuit) devient “poac’h”. Quant à l’adjectif “bour”, il évoque le pain mou et mal cuit.
Le Dé Également écrit Le Dez, Le Dée, le nom est porté dans le Finistère et correspond au breton “deiz, dez”, qui signifie “le jour”. Le sens du surnom n’est pas très clair. À noter que, dans les registres paroissiaux, le nom de famille était parfois écrit Le Jour.
Le Gat Également écrit Le Gad, Le Gatt, c’est l’équivalent breton du français Lelièvre (voir ce nom), formé sur le breton “gad” (= lièvre). Certains Le Gat se sont appelés auparavant Bléogat (voir ce nom).
Le Nohaïc Porté dans les Côtes-d’Armor, c’est une des nombreuses variantes, ici avec diminutif -ic, de Le Noach (voir ce nom).
Le Séhédic Le nom, assez rare, est porté dans le Finistère Sud, dans la région de Concarneau. Variante : Séhédic. Autrefois écrit aussi Le Sec’hedic, il correspond au breton “sec’hedic”, dérivé de l’adjectif “seac’h” (= sec), qui a pu désigner au Moyen Âge un homme sec, maigre, mais qui a surtout le sens d’homme assoiffé (surnom probable d’un buveur).
Lechevretel Porté dans la Manche, plus rarement écrit Le Chevretel, le nom paraît être, tout comme Lechevrel et Le Chevrel, un diminutif de “chèvre” (surnom métaphorique ou métonymique). À noter cependant l’existence d’un mot “cheve(s)trel”, dérivé de “chevestre” (= corde, licou), qui a désigné par métonymie un pendard et a pu se transformer en “chevretel”. On peut aussi signaler la présence, en particulier dans l’Ille-et-Vilaine, des noms Chevetel et Cheftel, qui semblent correspondre au mot “cheptel”, qui avait au Moyen Âge le sens de “biens immobiliers” (surnom possible d’un propriétaire).
Lefez C’est dans la Seine-Maritime que le nom est le plus répandu. Son sens devrait être identique à celui de Lefée (voir ce nom). On le rencontre aussi en Bretagne sous la forme Le Fez.
Lesimple Surtout porté dans la région Centre, également présent en Basse-Normandie (61), c’est un surnom dont le sens est difficile à déterminer. Il peut désigner un personnage naïf, qui se laisse aisément duper, mais il s’est aussi appliqué au Moyen Âge à quelqu’un qui agit selon ses sentiments, sans arrière-pensée. Il a également désigné une personne d’un rang social peu élevé.
Létagneaux Nom rare porté en Picardie et dans les Ardennnes. Il semble correspondre à un toponyme avec le sens de petit étang.
Leutellier Curieuse variante de Letellier (voir ce nom) rencontrée dans la Mayenne, l’Ille-et-Vilaine et le Maine-et-Loire. Variante : Leutélier.
Lévénez Porté dans le Finistère, le nom signifie en breton “joie, liesse”. Il s’agit sans doute d’un matronyme, car il était donné comme nom de baptême à des filles (équivalent en quelque sorte de Laetitia). Variantes : Lévéné, Lévénès, et sans doute aussi Lévénesse, nom apparu dans la Marne au XIXe siècle.
Levigneron Le nom désigne bien sûr un vigneron. Il est porté en Normandie (27, 76). Variante : Levigneront (55).
Lieutard Surtout porté en Provence, c’est un nom de personne germanique, variante de Léotard (voir ce nom). Forme similaire : Leutard (81).
Lieutaud Assez courant en Provence, c’est un nom de personne d’origine germanique, Leotwald (leod = peuple + waldan = gouverner). Voir aussi Liautaud. La forme Lieuteau (33) devrait en être une variante graphique.
Lieutier Porté en Provence et dans l’Ardèche, c’est un nom de personne germanique, Leothari (leod = peuple + hari = armée). Avec le même sens : Léotier, Léothier.
Lignac Porté en Aquitaine, désigne celui qui est originaire d’une localité appelée Lignac. C’est le nom d’une commune de l’Indre, mais c’est aussi celui de nombreux hameaux, dans le Gers et la Gironde notamment. Variante : Lignacq (64).
Lobligeois Porté dans la Somme, c’est une déformation de “l’Albigeois” (voir Lobjois pour plus de détails).
Lucidarme Nom surtout porté dans le Pas-de-Calais, où il est attesté au XVIe siècle à Robecq sous les formes Lucedarme, Luchedarme, ou encore Louchedarme. Son sens demeure obscur. Les diverses explications proposées ne sont en effet absolument pas convaincantes, qu’il s’agisse d’un mangeur de poisson selon Debrabandere (“louche darne”) ou d’un huissier d’armes selon Dupas. On peut signaler qu’autrefois Robecq se situait en zone francophone, mais juste à la limite de la zone néerlandophone, ce qui a pu entraîner une éventuelle déformation du nom d’origine.
Lumeau Porté notamment dans la Vienne, le Maine-et-Loire, la Vendée et les Deux-Sèvres, le nom désigne celui qui habite un lieu-dit l’Humeau, l’Umeau, ou qui en est originaire, le toponyme étant une forme régionale du mot “ormeau”. Variantes : Lhumeau, Loumeau, Loumeaud.
Luton Surtout porté dans l’Aisne, le nom est aussi présent dans le Loiret. Il paraît correspondre au terme régional “luton”, variante de l’ancien français “luiton”, désignant un lutin. Peut-être le surnom d’un homme très petit, ou bien de quelqu’un de vif et malicieux. Variantes ou formes voisines : Luthon (02, 28, 45), Luthun (62), Lutin (70, 88, 971), Lutton (45), Luttun, Lutun (59, 62, 89).
Malépart Sous cette forme (accent sur le e), le nom est originaire de la région Centre, où il est mentionné dès 1264 (Guion Malespart à Auneau, 28). On le retrouve ensuite à Tours (Arnoul Malespart, 1614), puis au Québec (Sébastien Malépart et son fils Jean, dit Tourangeau). Le mot “espart” désignait en ancien français un éclair. Précédé de l’adjectif “mal” (= mauvais), il pourrait ici désigner un lieu où la foudre est fréquente. La forme sans accent Malepart (variante : Malpart) se rencontre surtout dans la Somme, et renvoie certainement à la commune de Malpart, dans le même département (signification probable : mauvais héritage, mauvaise parcelle).
Mallebrera Le nom vient de la province d’Alicante, en Espagne, sans doute de la commune de Monóvar. De là il est parti en Algérie (Oran), puis est venu en France au moment de l’indépendance. Il s’agit d’un nom catalan au sens assez obscur. Le linguiste Moll y voyait une déformation de “Vall Llebrera” (la vallée aux lièvres). On peut aussi envisager un sens ancien de “llebrera”, le terme ayant désigné un engin de guerre qui permettait de lancer des pierres sur les assaillants (ce serait alors la mauvaise, la méchante “llebrera”).
Malraison C’est dans la Moselle que le nom est le plus répandu. Faut-il y voir le surnom d’un individu déraisonnable ? Peut-être, mais on ne trouve aucune mention du mot “malraison” dans les textes anciens. À envisager éventuellement une déformation de Malmaison, toponyme fréquent dans cette région.
Mangematin Curieux nom porté en Bourgogne, également écrit Manchematin. Selon le dictionnaire de M.-T. Morlet, il aurait désigné un débauché en moyen français, mais je n’en trouve aucune attestation. Mieux vaut donc rester prudent.
Manoël Le nom est porté dans le Gard, où il est attesté depuis le XVe siècle à Saint-André-de-Valborgne. Il semble correspondre à l’occitan “mas novel”, avec le sens de “nouveau mas” (autre possibilité : le mas de celui qui s’appelle Noël). Il existe un hameau appelé le Manouel à Pierrefort, dans le Cantal (le Mas Noel, 1610), département où on rencontre aussi le Manuel à la Trinitat (Masnouel sur la carte de Cassini).
Mansard Le nom est surtout porté en Lorraine et en Picardie. Variante : Mansart. A. Dauzat y voyait un dérivé du prénom Amans, avec aphérèse de la voyelle initiale. Cependant, on pensera aussi (et sans doute plutôt) à l’ancien français “mansart”, qui désignait le pigeon ramier (métaphore ou surnom d’éleveur).
Marcille Le nom est notamment porté dans la Somme, mais on le trouve dans de nombreuses autres régions. Variante : Marsille. C’est un nom de personne médiéval qui correspond au latin Marcilius, mais qui évoque aussi Marsile, roi des Sarrasins dans la Chanson de Roland. Diminutifs : Marcillaud, Marsillaud (87, 24), Marcillet (21, 70), Marcillon, Marsillon (23), Marcillou, Marcilloux, Marsilloux (19, 24).
Massonneau Diminutif de Masson (voir ce nom) porté en Poitou-Charentes et en Vendée. Variante : Massoneau. Avec d’autres suffixes : Massonnat (Centre, Savoie), Massonnaud (Limousin, Poitou), Massonnet, Massonet (57, 86, 85), Massonnot, Massonot (51, 88).
Maubarthe Porté dans les Pyrénées-Atlantiques et très rare aujourd’hui, c’est un toponyme avec le sens de mauvais buisson, mauvais marécage (voir Barthe). Un hameau ou une ferme porte ce nom à Lucq-de-Béarn (64). En composition : Maubarthe-Campagne, Maubarthe-Lère.
Mauve Surtout porté dans l’Indre, semble correspondre à un lieu-dit où pousse la mauve.
Menahem Porté par des juifs séfarades, c’est un nom de personne biblique (hébreu mena’hem = consolateur) porté par l’un des rois d’Israël. Voir aussi Minkin.
Menichetti Porté notamment en Emilie-Romagne, c’est un dimunutif de Menico, aphérèse de Domenico (= Dominique). Avec d’autres suffixes : Menicocci, Menicucci (Corse), Menichelli, Menichino, Menichini. Augmentatif ou péjoratif : Meniconi.
Métot Également écrit Méthot, le nom se rencontre surtout dans l’Eure (d’où il a gagné le Québec), parfois aussi dans l’Est. Sens incertain. Peut-être un hypocoristique de prénom, par exemple Guillaume (Guillemetot > Metot) ou James (Jamet > Jametot > Metot).
Mette Le nom est porté en Normandie et en Picardie. De même que Lemette est dans cette région une variante de Lemaître, il semble qu’on ait affaire à une variante de Maître. Voir Lemaître pour le sens.
Michelle Porté dans le Calvados, c’est un matronyme (féminin de Michel) comme il en existe tant dans ce département.
Mongis Le nom de famille est parti vers le Québec et la Martinique. On le rencontre cependant encore dans le Sud-Ouest et en Charente-Maritime. Il était aussi autrefois présent en Vendée. Selon M.-T. Morlet, c’est un nom de personne germanique, Mundgis (mund = protection + gis = flèche).
Monmerqué Très rare et porté dans la région parisienne, également présent au Québec, le nom, autrefois écrit aussi Montmerqué, paraît désigner celui qui est originaire de Montmarquet, ancienne commune de la Somme.
Monroty Porté en Normandie, le nom s’écrit aussi Monrosty et Montroty. Il s’agit visiblement d’un toponyme évoquant un mont (en l’occurrence ici une colline) desséché par le soleil. Une commune de Seine-Maritime s’appelle Montroty.
Mougeol Nom porté en Lorraine (88, 54), tout comme les formes similaires Mougeole et Mougeolle (variantes ou matronymes). Sens identique à Mougeot (voir ce nom).
Nigot Porté en Poitou-Charentes ainsi que dans le Nord, devrait être une variante de Nicaud (voir ce nom), tout comme les formes Nigaud, Nigault, Nigaut, Nigaux (Normandie, Picardie, Nord).
Nivault C’est dans les Deux-Sèvres que le nom est le plus répandu. Variantes : Nivau, Nivaud, Niveau, Niveaud, Niveault. On trouve aussi dans la Manche les formes Nivaut, Nivaux, Niveaux. Il s’agit d’un nom de personne germanique, pour lequel M.-T. Morlet donne la forme Niwwald (niwi = nouveau + waldan = gouverner).
Nobécourt Surtout porté dans la Somme et dans l’Aisne, désigne celui qui est originaire de Nobécourt (ou Nobescourt), ancienne paroisse faisant partie de la commune de Roisel, dans la Somme.
Nobel Le nom correspond à l’adjectif néerlandais ou allemand “nobel”, qui signifie “noble” (également généreux, distingué). Voir Lenoble et Noble pour plus de précisions sur le sens. Avec génitif : Nobels.
Nobili Corse ou italien, c’est la forme plurielle de Nobile (italien “nobile” = noble). Voir Noble pour plus de précisions sur le sens.
Odelin Nom surtout porté dans la Somme et la Seine-Maritime, ainsi que dans l’Aube. C’est un nom de personne germanique, diminutif formé sur la racine aud, od (= richesse), éventuellement sur ald (= vieux). On le rencontre aussi en Normandie sous la forme Audelin. Avec un autre suffixe : Odelot (80).
Palayer Le nom est porté dans la Drôme et l’Ardèche. Selon le dictionnaire de Morlet, il désignerait l’ouvrier qui travaille avec une pelle. On notera toutefois que divers hameaux s’appellent (le) Palayer : à Alboussière et Désaignes (07), à Saint-Vallier (26). Reste à savoir si ces toponymes sont antérieurs au nom de famille. Auquel cas, ils pourraient être des variantes de Balayer (lieu où pousse le genêt).
Palma Le nom est fréquent dans toute l’Italie. C’est un nom de personne (prénom) masculin ou féminin, sans doute lié à la fête des Rameaux. La forme rare Palmi devrait devrait en être un pluriel filiatif. La filiation (ou l’appartenance à une famille) est également présente dans les noms très fréquents Di Palma et De Palma.
Pécastaing Porté en Aquitaine, c’est un nom formé de Pè (= Pierre) et de l’occitan “castanh” (= châtaignier). Il désigne le nommé Pierre habitant un lieu-dit Castaing. Variantes : Pécastaingt, Pécastaingts, Pécastan. En composition : Pécastaing-Bourlet.
Pellemelle Le nom est surtout porté dans l’île de Noirmoutier (85), tout comme sa variante Pellemele. Il y est attesté depuis le début du XVIIe siècle. On rencontre les formes à peu près similaires Pellemeule et Pellemeulle dans le Nord-Pas-de-Calais. L’adverbe “pêle-mêle” étant déjà attesté au Moyen Âge, on peut penser au surnom d’un personnage désordonné, mais la vérité risque d’être différente : on peut penser aussi aux nèfles (ancien français “mesle”), et dans ce cas on aurait un nom à rapprocher de Pellefigue, avec un sens très incertain. On peut également penser que le mot “meule” est à l’origine du surnom, ce qui donnerait une forme à rapprocher de Poilpré ou Pelherbe, avec des sens là aussi assez incertains.
Pelorjas Nom porté dans le Gard, rencontré en Lozère sous les formes Pelourgeas, Pelourjas. D’autres graphies ont existé au fil des siècles, notamment Pelorgas, Pelourgas, Pielorgas, Pielorjas, voire Puechlorgeas au XVIIIe siècle. La forme la plus ancienne semble Pielorgas, attestée à Anduze en 1476. Difficile de se faire une idée précise. On signalera simplement qu’un hameau de l’Aveyron s’appelle Pélorgues (commune de Castelnau-de-Mandailles), ce qui n’a peut-être aucun rapport.
Peter Le nom est surtout porté en Alsace et en Moselle, tout comme la forme avec génitif Peters. Il correspond au prénom Pierre. En composition avec un autre prénom : Peterhans (Pierre-Jean), Peterhansel.
Petion Si le nom s’écrit Pétion, c’est une variante de Pétillon (voir ce nom). Autrement, on peut penser à un diminutif de l’adjectif “petit”, à rapprocher de Petiot.
Pfotenhauer Nom allemand désignant un charpentier (d’après Bahlow et le dictionnaire Duden).
Pigache Le nom est porté en Normandie, tout comme sa variante Pigace. Il est attesté dans cette région avec le sens de pointe de terre (toponyme). Cependant d’autres sens sont possibles : le mot a en effet désigné au Moyen Âge un outil pointu, un pic, il a parfois été aussi utilisé pour désigner la pie.
Prasquier Forme francisée du nom Praszkier, porté par des juifs askhénazes, le plus souvent polonais. Autres formes : Praschker, Prashker, Prasker, Praszker. Il semble désigner celui qui est originaire de la ville polonaise de Praszka. Autre possibilité : un dérivé du mot tchèque “prasek”, avec le sens de poudre, poussière, farine.
Préjean Porté notamment dans le Loir-et-Cher, le nom à toute l’apparence d’un toponyme (= le pré de Jean), mais les diverses variantes laissent envisager une autre signification. On pensera plutôt à une forme similaire à Projean (voir ce nom). Variantes : Préjan, Préjant, Préjeant, Préjent, Prégent.
Proglio Nom piémontais assez rare, sans doute forme contractée de Peroglio (même région), lui-même probable diminutif de Pero, forme régionale de Pietro (= Pierre). Avec le même sens : Perolo, Peroli, Prolo, Proli.
Projean Surtout porté dans la Haute-Saône et plus généralement en Franche-Comté, le nom a pafois été germanisé en Projahn (68). Il paraît correspondre au nom de personne Jean précédé de l’adjectif médiéval “prod” (= preux, vaillant, vertueux, sage), qu’on retrouve par exemple dans Prodhomme, Prudhomme. À envisager aussi une forme “prod gent” (= de bonne race, de bonne lignée), à rapprocher du breton Prigent et peut-être aussi de Préjean (voir ces noms).
Quézin Le nom est originaire de Picardie. Sens obscur. Il existe une Vallée Quézin à Venette (60), mais le lieu vient certainement du nom de familles.
Raffner Le nom est surtout porté dans le Haut-Rhin (Fréland, Aubure). On peut y voir un dérivé du verbe “raffen” (= arracher), mais on pensera aussi à un dérivé de Raven, désignant le corbeau (moyen bas-allemand “raven”), également utilisé comme nom de personne.
Ramery Le nom est surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Il s’agit peut-être d’un toponyme, “la Ramerie”, qui désignerait un lieu boisé, plein de branchages, ou encore un lieu où on pouvait ramasser du bois mort (cf. l’ancien français “ramier”, qui a un peu tous ces sens).
Rappaport Porté par des juifs d’Europe de l’Est, le nom peut s’écrire aussi Rapaport, Rapoport, Rappoport, Rapopport, ou même Praport. On lui donne en principe une origine italienne : soit la ville de Porto Mantovano, soit le quartier juif de Paraporto, à Messine.
Reusa Très rare, le nom est originaire du Piémont. Le mot “reusa” est l’équivalent piémontais de “rosa” (la rose). On devrait avoir affaire ici à un nom de personne féminin (voir Rosa).
Rocagel Porté dans l’Aveyron, le nom paraît renvoyer au hameau de Rocagel, situé dans la commune de Laguiole (12). Le premier porteur connu du nom (fin du XVIe siècle) vivait d’ailleurs à Rocagel. Attention cependant, il existe un autre hameau du même nom (aujourd’hui écrit Rocazel) sur la commune de Montjaux, qui possédait sa propre église. Sens incertain : on pense automatiquement à une roche gelée, mais Jacques Astor (voir bibliographie) propose un nom composé formé avec “roca” et “agel” (= petit champ, sachant qu’une commune de l’Hérault s’appelle Agel).
Romancourt Aujourd’hui apparemment disparu, le nom correspond à une ancienne localité du Nord-Est portant ce nom ou un nom voisin (par exemple Remancourt, Remaucourt, Rimaucourt, etc.). Difficile d’être plus précis.
Ruberti Le nom est porté en Corse et en Italie (notamment dans la province de Lecce). C’est la forme plurielle de Ruberto, variante de Roberto (= Robert). Le nom Rubert, qui a la même signification mais pas la même origine géographique, se rencontre pour sa part surtout en Alsace.
Saint-Remy Surtout porté dans l’Est, renvoie à une des nombreuses localités appelées Saint-Remy dans cette région (voir Remy pour plus de détails sur le nom du saint).
Sarcy Nom rencontré dans le Nord et dans l’Aisne, ainsi que dans l’Yonne et en Seine-et-Marne. Il devrait désigner dans la plupart des cas celui qui est originaire de Sarcy, village de la Marne situé à la limite avec le département de l’Aisne. Autre possibilité : le hameau de Sarcy à Bouleurs (77). Sens probable du toponyme (Villa Sarciacum en 877 pour la commune de la Marne) : le domaine de Sartius, nom de personne latin.
Schmoll Porté par des Juifs askhénazes d’Alsace et de Suisse, c’est une variante de Samuel (voir ce nom).
Secember Ou Sécember. Nom flamand relativement rare, que les plus anciennes mentions connues situent à Deerlijk, en Belgique. Je n’en connais pas le sens.
Selmi Le nom peut être italien ou arabe. Dans le premier cas, c’est une forme courte d’Anselmi (= Anselme, prénom d’origine germanique). Dans le second cas, c’est un dérivé de Selim (sâlim = sain, sans défaut, au cœur pur).
Seminara Nom très répandu en Sicile et dans le sud de la Calabre. Il désigne celui qui est originaire de Seminara, localité de la province de Reggio di Calabria. Le toponyme pourrait correspondre au latin “seminarium” (= pépinière).
Sévéon Nom breton porté en Finistère-Sud. C’est l’équivalent du prénom français Siméon (ou Simon). Formes similaires : Sévéan, Sévéant (56, 29).
Sommaire Nom surtout porté en Île-de-France, dans l’Eure-et-Loir et le Loiret. Il semble lié à la toponymie : une petite région, à cheval sur l’Orne et l’Eure, porte ce nom, qu’on retrouve dans divers communes ou hameaux (par exemple Saint-Antonin-de-Sommaire ou Saint-Nicolas-de-Sommaire), tous situés sur un petit cours d’eau appelé le Sommaire, de sens obscur. À noter aussi qu’en Champagne le mot “sommaire” peut désigner une terre en friche. Enfin, il y a quelques Sommaire dans l’Est, où le nom est attesté comme francisation de l’allemand Sommer (voir ce nom).
Speicher Surtout porté dans la Sarre, le nom désigne en allemand un grenier, un entrepôt à blé. La forme Spicher, qui semble d’origine suisse, en est une variante.
Sumureau Très rare et porté dans le Loiret, c’est une variante de Saumureau (voir Saumur).
Surdive Le nom est porté dans la Manche (Montaigu-la-Brisette au XVIIe siècle), où on trouve aussi la graphie Surdives. Il paraît désigner une personne originaire de Saint-Pierre-sur-Dives, dans le Calvados (Sanctus Petrum supra Divam, XIe siècle, Saint Pierre sus Dyve, 1329).
Talleyrand Très rare aujourd’hui, c’est un nom porté en Dordogne, surnom des anciens comtes du Périgord (Taleiran ou Talleiran au XIIIe siècle). Sens obscur. Il existe dans l’Aude une commune appelée Talairan, mais, outre l’éloignement géographique, l’absence de particule dans le nom médiéval laisse penser que ce n’est pas la bonne solution.
Tasserie Le nom est présent en Normandie (76, 27). Variante : Tassery, également présente dans l’Aisne où on trouve aussi la forme Tasserit. Au moins en Normandie, il devrait désigner celui qui est originaire d’un lieu appelé “la Tasserie”, nom de divers hameaux (dans l’Eure, commune de Rouge-Perriers). Sens possible : grange où on entasse les gerbes (sens du mot “tasserie” en dialecte normand).
Touchon Porté notamment dans le Loir-et-Cher et la Vendée, c’est un dérivé de Touche (voir ce nom).
Trad Nom arabe assez courant, qui devrait correspondre au mot Trâd (ou Tirâd) désignant une lance, un javelot, une épée.
Trentemont Très rare aujourd’hui, le nom est porté dans le Loiret. Il devrait s’agir d’une déformation de Tantemont, désignant celui qui est originaire de Tantemont, hameau de la commune du Pavé de Juranville (45).
Van Moppes Ou van Moppès. Le nom ne date que de 1811. Il a été pris artificiellement pour se conformer aux lois par une famille de diamantaires juifs d’Amsterdam qui s’appelaient auparavant Cohen. Je ne connais pas la signification exacte de Moppes.
Van Rompuy Nom flamand également écrit Van Rompay, Van Rompaey, Van Rompu. Comme tous les noms commençant par la préposition “van” (= de), il renvoie à un toponyme. Ce dernier devrait correspondre au néerlandais “ruim pad” (= large chemin).
Vassou Le nom est surtout porté en Seine-Saint-Denis (Romainville). Peut-être un dérivé de Vasse (voir ce nom) ou une forme de Vassor (voir Vasseur). On trouve en Normandie le nom Vassout, qui semble équivalent.
Vergonjeanne Le nom est surtout porté dans la Corrèze. Variantes : Vergonjane, Vergonjanne, Vergonzane, Vergonzanne, Vergonzeanne. Il désigne celui qui est originaire de Vergonjeanne, hameau situé à Affieux (19), écrit Vergengenas sur la carte de Cassini. Sens probable du toponyme : le domaine de Verecundius, nom d’homme latin.
Verguet Le nom est surtout porté en Franche-Comté. A priori, il semble qu’on ait affaire à un diminutif de “vergue” (= verge, bâton, baguette, également mesure agraire), mais c’est loin d’être une certitude.
Vernejoux Le nom est porté dans le Cantal et la Corrèze, ainsi que dans les départements voisins, notamment le Lot. Variantes ou formes similaires : Vernegeol, Verneghol, Vernejol, Vernejols, Vernejoul. C’est un toponyme, assez fréquent dans cette région, désignant un lieu où poussent les aulnes (occitan “vern”).
Verrando Très localisé dans la région de Vintimille, ce nom italien, également présent à Nice, devrait être une variante de Ferrando (voir Ferran pour le sens).
Vetsel Porté dans l’Aisne, le nom est à rapprocher de la forme Vetzel, rencontrée en Moselle, elle-même variante de Wetzel (voir ce nom).
Videt Le nom est porté dans diverses régions de France, mais c’est dans le Cher qu’il semble le plus répandu. Il devrait s’agir du diminutif d’un nom de personne, reste à savoir lequel. Peut-être Videau, variante de Vidal (voir ce nom). Un diminutif de Guy est également possible, mais semble peu probable dans cette région. Voir aussi Bidet.
Villoingt Le nom semble originaire du sud du Loiret, où on le rencontre au début du XVIIe siècle à Cerdon et dans les villages voisins (un hameau s’appelle “les Villoings” non loin de Cerdon). La forme la plus ancienne paraît être Villoin. Autres graphies : Villoing, Viloin, Viloing, Viloingt. La présence du g final fait penser à la rivière du Loing (la ville sur le Loing ?), mais il ne faut sans doute pas trop s’y fier. À envisager peut-être une variante de Vilain, Villain (voir ces noms).
Vilpasteur Le nom est porté en Charente-Maritime depuis le XVIIIe siècle. C’est une contraction de Villepastour (ou Devillepastour), nom porté à la même époque dans la Dordogne et la Charente. Il renvoie certainement à un toponyme, mais je n’en trouve aucun qui corresponde. Peut-être s’agit-il de Saint-Pastour, commune du Lot-et-Garonne.
Vizot Nom très rare porté dans la Meuse, en particulier à Troussey. Sens incertain. On peut y voir un diminutif de l’ancien français “vis” (= visage). À envisager aussi une variante de Bizot (voir Bizet).
Voiturier Le nom a désigné un conducteur de voiture, un transporteur (souvent un vivandier). Comme sa variante Voituriez, on le rencontre surtout en Picardie (80) et dans le Nord-Pas-de-Calais, mais il est aussi présent dans l’Ain et la Seine-Maritime.
Vozy Porté en Auvergne, c’est un ancien nom de baptême correspondant à saint Vozy (ou Evozy, Voy, latin Evodius), qui fut évêque du Puy.
Vroman Le nom est porté dans les départements du Nord et de l’Oise ainsi qu’en Belgique. Variantes : Vroeman, Vromaine, Vromandt, Vromant, Vromman, Vrooman. Il peut correspondre au moyen bas-allemand “vromann” (= homme loyal, digne). Autre possibilité : variante de Vromont (voir Fromon pour le sens) avec changement de suffixe.
Vromont Porté dans le Nord et les Ardennes, c’est une variante de Fromont (voir Fromon).
Waag Nom porté en Alsace (67). Le dictionnaire de Bahlow y voit une variante de Woog (= étang), et donc un toponyme devenu nom de famille. À envisager aussi l’allemand Waage (= balance), surnom d’un peseur.
Wachenheim Porté en Alsace (variante : Wackenheim), désigne celui qui est originaire de Wachenheim, commune allemande de Rhénanie-Palatinat. M.-T. Morlet signale la forme Uakkenheim (831), qui permet de comprendre le sens probable du toponyme : la demeure de Wakko, nom de personne germanique.
Wachowiak Ce nom polonais assez répandu est généralement considéré comme un dérivé, à travers la forme Wach-, de Wawrzyniec, équivalent polonais de Laurent. Il peut cependant correspondre aussi aux noms de personnes slaves Waclaw et Wasyl.
Westeel Assez courant dans le département du Nord, c’est une probable variante de Wasteel, Wastel, des noms de sens identique à Wastiaux (voir ce nom).
Westermeyer Nom allemand ou alsacien désignant le fermier (Meier) qui vient de l’Ouest, qui habite à l’ouest (West). Variante : Westermeier. Son contraire est Ostermeyer (Ostermeier, Ostermaier, Ost = est).