Le dictionnaire des noms : les nouveautés

(mise à jour le 28/12/08)


Adjutor Le nom est surtout porté en Martinique. En métropole, il est présent dans l’Ille-et-Vilaine. Il s’agit d’un nom de personne latin (= qui aide), popularisé par divers saints. Il devrait avoirt été donné soit à des esclaves affranchis, soit à des enfants trouvés. La notion d’aide est également présente dans le nom sicilien Aiuto et sa variante Ajuto (= aide de Dieu ?), d’autres formes italiennes étant Aiuti et Ajuti, ainsi que Dell’Aiuto. Le nom Adjuto semble pour sa part portugais.
Affricain Très rare et porté dans l’Aveyron, le nom renvoie à saint Africain (latin Africanus), évêque de Comminges, dont le nom est à l’origine des deux communes appelées Saint-Affrique (12, 81).
Agofroy Très rare et porté aujourd’hui dans l’Aube, c’est un nom de personne d’origine germanique, Agofredus (ag = lame de l’épée + frid = paix), porté notamment par un obscur saint normand vénéré autrefois à Évreux.
Agricol Porté en Provence, c’est un nom de personne correspondant au latin “agricola” (= cultivateur), popularisé dans cette région par saint Agricol, évêque d’Avignon au VIIe siècle. La forme Agricola, parfois italienne, est surtout présente en Allemagne et aux Pays-Bas, où c’est une latinisation humaniste des noms Bauer et De Boer (= paysan). On notera enfin la variante Agricole, rencontrée dans le Sud-Ouest et les départements d’outre-mer.
Airy Nom rare rencontré notamment dans la Sarthe, sans qu’on sache s’il en est vraiment originaire. C’est un nom de personne germanique, Agiricus (ag = lame de l’épée + ric = puissant), popularisé par un évêque de Verdun du VIe siècle dont le nom se retrouve dans quelques lieux-dits autour de Verdun.
Attalin Nom rare porté dans la Haute-Saône. C’est un nom de personne popularisé dans cette région par un pèlerin décapité au début du VIIIe siècle près de Faverney (son nom est le plus souvent écrit Athalein ou Attalein, latin Attalenus).
Augebaud Nom rare porté dans la Loire-Atlantique, également écrit Augibaud. C’est un nom de personne germanique, mentionné en 1158 dans le Maine sous la forme Augebaldus. Le premier élément devrait être “alg” (temple, sanctuaire), le second étant “bald” (audacieux). La même racine germanique “alg” est à l’origine des noms Augbert (45) et Augmard (44), le second élément étant respectivement “berht” (= brillant) et “mar” (= célèbre).
Aumoine Porté dans l’Allier, fait partie des nombreux noms de cette région formés à l’aide de l’article contracté “au”. Il désigne le fils du moine, ou du moins de celui qu’on appelle Moine.
Aunaire Très rare et porté en région parisienne, c’est un ancien nom de baptême (latin emprunté au grec Anacharius), popularisé par un évêque d’Auxerre (vers 600).
Auneveux Nom porté en Limousin, où on trouve aussi la variante occitane Aunebout. Il désigne le fils du neveu (occitan “nebot”), ou de celui qui s’appelle Neveu(x).
Austriclinien Ce curieux nom de personne paraît originaire de la Creuse. Il renvoie à un obscur saint du IIIe siècle (Austriclinianus), compagnon de saint Martial de Limoges et ressuscité par lui.
Autefage Le nom est porté dans le Sud-Ouest, tout comme sa variante Autofage (le o étant la marque du féminin en occitan parlé). C’est l’équivalent de toponymes tels que Hautefage, avec le sens de hêtre élevé (éventuellement haute hêtraie). Une ferme de la commune de Sarcos (32) s’appelle Autefage.
Autexier Porté dans la Charente et les départements voisins, désigne le fils “au texier” (= au tisserand), ou encore le fils de celui qui s’appelle Texier. Variante : Autessier. Avec le même sens : Autissier, Autixier (03, 23) et la forme féminine Autixière (58).
Ayoul Surtout porté dans le Morbihan, c’est un nom de personne germanique, Aigulphus (ag = lame de l’épée ou aigan = posséder + wulf = loup). On connaît un saint Aiou qui fut abbé de Lérins et martyr au VIIe siècle. À noter aussi l’existence d’un moulin de Saint-Ayoul à Provins (77), ville où auraient été transportées les reliques de saint Aiou.
Azière Porté dans la Haute-Saône et les Vosges, le nom s’est aussi écrit Aizière. On trouve dans la même région les formes Aizier et Azier. Sens obscur. Dans beaucoup de régions, le mot “aze” signifie “âne”. Si c’était le cas, on pourrait envisager un ânier ou un élevage d’ânes. À noter le lieu-dit les Azières à Gemmelaincourt (88).
Bacouillard Rare, le nom est porté dans la Seine-Maritime. Les plus anciennes mentions connues le situent dans l’Oise (XVIe siècle). Difficile de l’interpréter avec certitude. L’ancien provençal connaît le mot “bacular”, désignant un huissier à verge, un appariteur (du latin “baculum” = bâton). Le verbe “baculer” (frapper avec un bâton, frapper sur le derrière) est à l’origine du nom grivois “baculier” (= homme vaillant en amour), dont “bacouillard” pourrait être une autre forme. On n’oubliera pas enfin le terme régional “bagoulard”, désignant un bavard.
Barbachou Le nom est présent dans le Loiret depuis plusieurs siècles, tout comme sa variante Barbachoux. Autre variante ancienne : Barbachon. On peut y voir un dérivé du mot “barbe”, mais on pensera aussi à une variante de Barbançon, Barbanchon, désignant celui qui est originaire du Brabant.
Benarous Ou Ben Arous, Benarousse, Benarouch, Benarouche, Benarrouch, Benarrouche. Porté le plus souvent par des Juifs d’Afrique du Nord, désigne le fils d’Arous (voir Arrouch).
Bourseronde Le nom est porté dans le Berry et la Creuse. Il paraît s’agir d’un sobriquet pour un homme fortuné, mais il convient d’être prudent, car on pourrait très bien avoir affaire à une déformation de toponymes tels que Brosseronde ou Bousseronde (nom de plusieurs hameaux berrichons), deux termes qui évoquent un bosquet (ou un lieu buissonneux) rond. Le nom de famille Bousseronde est d’ailleurs présent dans le Centre.
Bransard Porté aujourd’hui dans le Cher, le nom a toujours été très rare. Il est arrivé au XVIIe siècle au Québec, venu d’Anjou (d’où le surnom “Langevin” qui lui a été accolé). Sens obscur. À envisager éventuellement une déformation de Bransat, nom d’une commune de l’Allier, mais on pensera aussi à une déformation de Bronsard (voir ce nom), Bronsard et Bransard étant d’ailleurs attesté pour la même famille au Québec, tout comme Brunsard, qui semble la forme la plus ancienne.
Briard Lorsque le nom est porté dans l’est de la France, il désigne sans doute celui qui est originaire de la Brie. Mais c’est en Normandie qu’il est le plus fréquent, et, dans cette région, c’est une variante de Bréard, lui-même variante de Bérard (voir ces noms). On trouve aussi la forme Briart, beaucoup plus rare.
Bronsard Beaucoup de mentions de ce nom dans le nord de la France et en Belgique (variante : Bronsart), mais aussi dans le Morbihan, autrefois dans la Drôme et en Charente-Maritime, et plus récemment en Dordogne. Dans tous les cas, le sens est assez obscur. Pour le Nord et la Belgique, où le nom est mentionné en 1444, on peut penser à l’adjectif rouchi “bronchar” (= têtu, contrariant), qui est probablement à l’origine des noms Bronchard et Bronchart. Herbillon et Germain signalent aussi un verbe “bronser” avec le sens de “trembler”. Aucune idée pour les autres régions.
Brossamin Plus courant sous la forme Brossamain, le nom est porté dans le Loir-et-Cher et les départements voisins, notamment le Loiret. Variante ancienne : Brossemain. Autres graphies : Brassamain, Brassamin. Sens obscur. Peut-être un toponyme, par exemple le hameau de Brossemaine à Challes, dans la Sarthe. Il existe bien un lieu-dit Brossamain dans la commune de Vouzon (41), mais il semble provenir du nom de famille. Il est mentionné sous la forme Brosseamin sur la carte de Cassini (XVIIIe siècle).
Calogero Nom calabrais d’origine grecque porté dans la province de Reggio di Calabria. Il signifie “moine”. En composition : Calogeropoulos (le fils du moine, le petit moine), nom grec qui était notamment celui de Maria Callas (Kalogeropoulos).
Cameau Le nom est surtout porté dans l’Yonne. On peut évidemment y voir, comme pour Chameau, un sobriquet lié au chameau (ancien français “camel”). Une explication par la toponymie semble cependant plus probable (voir Chameau). À envisager aussi une variante régionale du nom de personne germanique Gamel (voir Gamelin).
Caridi Nom italien assez répandu à Messine et Reggio di Calabria. D’origine grecque, il a le sens de “noix” (éventuellement “noyer”).
Ceres Ou Cerés, Cérès, etc. On rencontre le nom surtout dans le Gers et dans l’Aveyron. Difficile de se prononcer en raison de l’instabilité de l’accent (ou des accents !). J’y verrais bien, sous toute réserve et au moins pour le Gers, le dérivé d’un nom de localité (Cère ou Sère), toponyme assez courant correspondant au latin “cella” (petit établissement monastique). Dans l’Aveyron, on peut penser à la Cère, rivière du Cantal.
Chaland Le nom est surtout porté dans la Loire et les départements voisins. Il peut désigner le conducteur d’un chaland (bateau plat pour le transport des marchandises), mais, dans cette région, on envisagera plutôt un toponyme, à rapprocher de “chalan, chalanc” (= escarpement, versant abrupt). À noter aussi que le mot “chaland”, dont le sens actuel de “client” est récent, a désigné au Moyen Âge un ami dévoué, une personne affectueuse ou charitable. Enfin, “chaland” est attesté en Dauphiné avec le sens de “débiteur”. Dérivés : Chalandon (42), Chalandar, Chalandard, Chalandat (Rhône-Alpes et Languedoc), et sans doute aussi Chalandeau et Chalando, bien que ces noms se rencontrent plutôt en Normandie.
Chariton Difficile de se prononcer sur ce nom aujourd’hui très rare, qu’on rencontrait au XVIIIe siècle surtout dans la Haute-Loire. Il pourrait cependant s’agir d’un nom de personne : il existe quelques saints Chariton, dont l’un fut martyr à Rome au IIe siècle pour avoir refusé d’adorer les dieux païens.
Charland Le nom est porté dans le Centre et dans l’Ouest, il est également présent au Québec (venu des environs de Châteauroux). Sens incertain. Un dérivé de Charles semble improbable. On peut envisager que le r soit épenthétique : dans ce cas, le nom pourrait désigner celui qui est originaire de Challans (85) ou être une variante de Chaland (voir ce nom).
Chiaramonti Le nom est surtout porté en Corse et en Toscane. C’est la forme plurielle de Chiaramonte, rencontré pour sa part en Sicile (on trouve aussi Chiaromonte en Calabre, dans la Basilicate et dans les Pouilles). C’est un toponyme, équivalent de noms français tels que Clairmont ou Clermont (“le mont clair”). À noter, en Corse, le lieu de Chiaramonte à Guincaggio. Il convient cependant de préciser qu’en Sicile les choses sont un peu plus compliquées : le nom y renvoie d’abord à une famille d’origine française, les Clairmont (ou Clermont), venus de Normandie lors des invasions, famille qui a joué un grand rôle dans l’histoire de l’Italie méridionale. Un certain nombre de lieux du Sud correspondent à des forteresses bâties par cette famille : c’est le cas de Chiaramonte Gulfi (Sicile), et peut-être aussi de Chiaromonte (Basilicate).
Cordy Porté en Belgique et dans le département du Nord, c’est une forme wallonne du mot “cordier”.
Couaillier Le nom est porté dans l’Est, notamment dans les Ardennes, mais aussi dans l’Ouest (nombreuses mentions anciennes dans la Sarthe). Son sens est incertain. Aussi bien dans le Maine qu’en Champagne, le mot “couaille” est attesté avec le sens de laine grossière, chiffon, guenille de laine ou de toile (également couche pour les bébés). Le couaillier serait donc soit une fabricant ou un marchand de laine grossière, soit un chiffonnier. Il existe aussi un verbe “couailler” avec le sens de “crier”, mais il a plutôt donné des termes tels que “couaillard”. Attention cependant : dans les Ardennes, on trouve souvent, dans une même famille, l’alternance Couaillier/Coillier. Or le mot “coillier” a désigné le bélier en ancien français. Un autre mot “coillier” a pour sa part le sens d’enceinte, clôture. Variantes : Couailler (08, 89), Coualier, Couallier (72), Coalier (44). Le nom de famille Coillier existe également, aussi bien dans l’Ouest que dans l’Est.
Coursol Le nom est surtout porté dans l’Allier, mais paraît originaire du Cantal, tout comme ses variantes Coursolle et Coursolles. Il devrait s’agir d’un toponyme. Il existe un village qui s’appelle Coursoules, mais il se trouve dans la Lozère (commune de Cubières). Pour le sens, on envisagera peut-être l’occitan “corsor” (= pacage, lieu soumis au droit de parcours des troupeaux). À noter cependant que, dans certaines généalogies, le nom Coursolle est parfois écrit Crousolle. Dans ce cas, on pourrait avoir affaire au hameau de Crouzol, situé au Trioulou (Cantal).
Crumbach Le nom est porté depuis plusieurs siècles dans la Moselle. Il s’écrit aussi Krumbach, et désigne celui qui est originaire de l’une des très nombreuses localités portant ce nom, notamment en Bade-Wurtemberg. Sens du toponyme : le cours d’eau courbe, tortueux.
Crumeyrolle Le nom est porté dans la Corrèze et le Cantal. Variante ou forme voisine : Crumeyrolles. C’est un toponyme : un hameau s’appelle Crumeyrolle à Lagarde-Enval (19), il existe aussi un lieu-dit Crumeyrolles à Cros-de-Ronesque (15). On a affaire certainement à un diminutif de Crumière, nom d’un hameau à Lagleygeolle (19), également hameau à Saint-Fortunat-sur-Eyrieux (07), lieu qui pourrait expliquer la présence du nom de famille Crumière dans l’Ardèche (à moins que ce ne soit l’inverse). Le terme “crumera” désigne un lieu nuageux, ou encore avec du brouillard, mais en Gascogne. Le mot “crume”, selon le dictionnaire de Godefroy, aurait signifié “pente” en moyen français. On notera aussi qu’une rivière de Vendée s’appelle la Crume.
Dachier La plupart des mentions anciennes situent le nom dans l’Allier. Il devrait désigner celui qui est originaire d’une localité appelée Apcher, toponyme fréquent en Auvergne et qui a le sens de “rucher”. C’est le nom de plusieurs hameaux dans le Cantal et le Puy-de-Dôme, souvent orthographiés Achier dans les textes anciens. On connaît aussi la commune de Saint-Chély-d’Apcher, en Lozère. À envisager secondairement une variante de Duchier, désignant celui qui est originaire d’un lieu-dit le Chier (cher, chier = rocher). Dernière possibilité : le fils de celui qui s’appelle Achier ou Atger, noms de personnes germaniques (voir Atgé pour le sens).
Dailledouze Le nom est porté dans le Lot-et-Garonne, où il ne semble apparaître qu’à la fin du XVIIIe siècle, dans le Bruilhois (Moncaut, Sainte-Colombe). On le rencontre à peu près à la même époque en Suisse, près de Genève, où vit une famille “de Dailledouze”. Ce flou généalogique rend l’interprétation très périlleuse. Si le nom était occitan, on pourrait y voir une forme “alhadosa”, lieu où pousserait l’ail sauvage (“alhada”, sens attesté par F. Mistral).
Danz Également écrit Dantz, le nom, assez rare, se rencontre en Suisse, en Allemagne ou en Alsace. Selon le dictionnaire Duden, c’est une variante de l’allemand “Tanz” (= danse). À envisager aussi une forme courte du prénom Daniel, avec génitif final.
De Ranter Nom flamand parfois écrit De Rantere, De Rantre. Il correspond, selon Debrabandere, au moyen néerlandais “ranten” (= bavarder, radoter) et serait le surnom d’un bavard ou d’un fanfaron.
Delimoges C’est dans l’Indre que le nom a toujours été le plus répandu. Il désigne celui qui est originaire de Limoges (87), ville qui tire son nom du peuple gaulois des Lemovices.
Dell’Ova Nom italien très rare, originaire de la région de Gaète, qui semble arrivé en France via l’Algérie. Il est lié aux oeufs (ova = uova), surnom possible de marchand d’oeufs ou référence à une fête religieuse liée à Pâques.
Deux Il y a apparemment deux origines différentes pour ce nom. L’une se situe dans la Somme, l’autre dans la Loire et les départements voisins (07, 69). Pour la Somme, il devrait désigner celui qui est originaire de la ville d’Eu. En Rhône-Alpes (variante : Dux), on envisagera peut-être le sens de source, fontaine, conduit d’eau (à rapprocher de “dou, doux”). À noter aussi que la commune de Deaux, dans le Gard, s’est parfois écrite Deux au Moyen Âge.
Dierry Rare et porté dans l’Yonne, devrait être une variante de Thierry (voir ce nom).
Dinvaux Également écrit Dinvaut, désigne celui qui est originaire d’Einvaux, commune de la Meurthe-et-Moselle, département où le nom de famille est le plus répandu. Le sens du toponyme (Envas en 1114) est incertain. Il est en tout cas très douteux qu’il se termine par “vau” (= vallée), car aucune valllée ne traverse son territoire.
Dizengremel Nom porté en Picardie, notamment dans l’Oise et la Somme. Variante : Dizangremel. Il désigne celui qui est originaire d’Yzengremer, nom d’une petite commune de la Somme. Sens probable du toponyme : le domaine d’Isengarius, nom de personne germanique.
Doucelin C’est dans la Vienne que le nom a toujours été le plus répandu. Variantes : Dousselain, Dousselin. Dérivé de l’adjectif “doux”, c’est un ancien nom de personne (latin Dulcelinus) popularisé par un saint vénéré notamment à Allonnes (49).
Dourdron Le nom est porté dans le Pas-de-Calais depuis plusieurs siècles. Il paraît correspondre au dourdron, monnaie d’or flamande de faible valeur, également appelée dourderet, qui doit son nom au fait qu’elle était frappée à Dordrecht (Pays-Bas).
Doutreloux Nom belge désignant celui qui est originaire d’Outrelouxhe, village de la commune de Modave (province de Liège). Signification : le lieu situé de l’autre côté de l’Ouxhe, petite rivière parfois aussi appelée Osche.
Echassériau Le nom est porté presque uniquement dans la Vendée. Variantes : Echassériaud, Echassérieau, ainsi qu’Eschassériaux, porté pour sa part en Charente-Maritime. Il s’agit en principe d’un diminutif de l’ancien français “eschacier”, désignant celui qui a une jambe de bois ou des béquilles.
Emerit Le nom est porté dans les Deux-Sèvres et les départements voisins. Il semble que sa “vraie” graphie soit Émérit. Dans ce cas, il renvoie au nom de personne latin Emeritus, popularisé par saint Émérite, martyr à Carthage au début du IVe siècle.
Epain Porté notamment dans la Vienne et l’Indre-et-Loire, c’est un nom de personne (latin Hispanus ou Spanus) popularisé par un saint dont la légende veut qu’il ait été martyrisé près de Chinon à la fin du IVe siècle (son nom est à l’origine de la commune de Saint-Épain, dans l’Indre-et-Loire). Variante : Épin.
Erbland Le nom est porté en Alsace, où il semble avoir le sens de terre transmise en héritage. Autrefois, il y a eu aussi quelques Erbland en Bretagne, avec un sens tout à fait différent : il s’agit en effet d’un nom de personne germanique, Ermelandus, qui a aussi donné les noms Herblain et Herblanc et qui a été popularisé par un saint de la région nantaise.
Eroles D’origine catalane le plus souvent, c’est un toponyme, diminutif pluriel du mot “era” (= aire), avec plusieurs sens possibles : petite aire pour battre les céréales, petit plateau montagneux, petite parcelle de terre utilisée comme potager, etc. Formes voisines en Catalogne : Erola, Arola, Arolas, Aroles. Voir aussi Eyrolle.
Faup Les plus anciennes mentions connues situent le nom dans l’Ariège, à Seix, où un hameau s’appelle Faup. Il paraît correspondre à l’adjectif catalan “falp”, variante de “falb” (= fauve, en parlant du poil des animaux ou des cheveux). Le nom de famille Falp existe en Catalogne, mais il y est très rare. En composition : Faup-Boulzim, Faup-Ferran, Faup-Mandrat, Faup-Pelot, Faup dite Pelot.
Faupel Le nom est présent dans l’Oise (Lormaison) dès le XVIe siècle. Il est cependant plus fréquent en Allemagne, où on le rencontre aussi sous la forme Vaupel (présente également aux Pays-Bas). En Allemagne, c’est un diminutif du nom de personne germanique Volkbert (ou Folkbert). Dans l’Oise, le sens est peut-être le même, on envisagera aussi une variante de Fauvel (voir Fauveau).
Faussabry Le nom est porté dans la Sarthe au moins depuis le début du XVIIe siècle. Il semble s’agir d’un toponyme, la Fosse Abry (ou Aubry, nom de personne), qui apparaît assez souvent sur les cadastres de cette région, mais qui ne correspond apparemment à aucun hameau ou village.
Favasuli Nom originaire du sud de la Calabre (province de Reggio di Calabria), où de nombreux noms de famille sont d’origine grecque. Celui-ci signifie “qui mange des haricots”, selon le site internet “Cognomi greci”. Variante : Favasulli.
Fayemendy Le nom est porté dans la Haute-Vienne. Variantes : Fayemendi, Fayemendie. Il désigne celui qui est originaire de Fayemendy, hameau à La Chapelle-Montbrandeix, dans le même département. Le premier élément du toponyme (“faye”) a le sens de hêtre ou de hêtraie, le second est plus obscur.
Fiala Le nom est le plus souvent d’origine tchèque et devrait correspondre à la violette (“fialka”). À noter cependant le nom calabrais Fialà, porté dans la province de Catanzaro, dont le sens m’est inconnu (nom de personne d’origine grecque ?). Enfin, d’autres Fiala existent en Afrique du Nord : là encore, le sens m’est inconnu.
Flaconèche Le nom est porté en Limousin. Variante : Flaconnèche. Il devrait désigner celui qui est originaire de Faucounèche, hameau situé à Saint-Martial-le-Vieux, dans le même département.
Fonquerle Nom très rare porté dans l’Hérault. Aucune attestation avant le milieu du XVIIIe siècle. Peut-être une déformation de Fonquerne (voir Fonquerny).
Forsé Nom très rare, que les mentions anciennes situent dans la Sarre ou la Moselle. Apparemment français plutôt qu’allemand, ce pourrait être une variante de “fossé”, et donc un toponyme devenu nom de famille.
Fouillen Le nom est à la fois porté en Belgique et en Bretagne (56). Dans les deux cas, il devrait renvoyer à un ancien prénom, popularisé par saint Feuillen (ou Foillan), moine irlandais, frère de saint Fursy, évangélisateur de la Wallonie au VIIe siècle. Variantes : Feuillen, Fouillien, Fouillin, Fouyien, Foyien, Pholien.
Fouillot Le nom se rencontre dans diverses régions de France, le plus souvent dans l’Est. Il est également présent en Belgique (variante : Fouyot). Il devrait s’agir dans la plupart des cas d’un toponyme, avec le sens de lieu boisé, feuillu. À titre d’exemple, le lieu-dit “le Fouillot” à Breuvannes-en-Bassigny (52) est mentionné comme bois en 1263. À envisager secondairement un diminutif de Fouillen (voir ce nom).
Germier Surtout porté dans la Haute-Garonne, c’est un nom de personne d’origine germanique, Geremarus (ger = lance + mar = célèbre), popularisé dans cette région par saint Germier, évêque de Toulouse au VIe siècle. On trouve dans d’autres régions la forme similaire Germer (Languedoc, Alsace-Moselle). Diminutif probable : Germereau (45, 41, 28).
Gerold Le nom est porté en Alsace et en Allemagne. Variantes : Geroldt, Gerolt. C’est un nom de personne germanique, latinisé en Geroldus ou Giroaldus (ger = lance + waldan = gouverner), équivalent de noms comme Géraud ou Giraud.
Ghedin Nom italien porté en Vénétie. On trouve aussi en Italie du Nord les formes Ghedina (province de Belluno) et Ghedini (provinces de Bologne et Ferrare). Le nom pourrait désigner celui qui est originaire de Ghedi, en Lombardie, mais c’est peu probable. On a plutôt affaire à un nom de personne, sans doute formé sur la racine germanique wid (= bois), à rapprocher de Ghidini, nom très répandu en Lombardie et en Émilie-Romagne. On notera aussi que Ghedino est, dans la “Tavola ritonda”, le nom italien d’un personnage de Tristan et Iseut (le frère d’Iseut la Blonde, en français Kaherdin). Il existe un lac Ghedina à Cortina d’Ampezzo, mais le toponyme semble formé sur le nom de famille.
Gioan Forme niçoise ou piémontaise de Giovanni (= Jean). Matronymes : Gioana, Gioanna. Formes plurielles : Gioani, Gioanni. Diminutifs : Gioanetti, Gioanini, Gioannini.
Giocanti Porté en Corse, c’est la forme plurielle de l’ancien prénom Giocante, porté notamment dans la famille noble “de Leca”. Signification probable : qui joue, qui aime jouer.
Glet Surtout porté dans l’Ille-et-Vilaine, pourrait être une variante de Clet (voir ce nom), avec sonorisation de la consonne initiale devant l. À envisager aussi une contraction de Guillet (voir ce nom).
Goard Le nom est surtout porté en Île-de-France. Tout comme Goart (08), Gouard (44, 76) ou Gouart, ce devrait être une variante de Godard (voir ce nom), avec chute du d intervocalique.
Gouffault Le nom est surtout porté dans le Loir-et-Cher. Variantes : Gouffaud (24), Goufaud (37), Goulfault (49). C’est un nom de personne germanique (Gulfoldus dans le polyptyque d’Irminon) formé sur les racines wulf (= loup) et waldan (= gouverner).
Gouffier Surtout porté en Anjou et en Poitou, c’est un nom de personne germanique formé sur les racines wulf (= loup) et hari (= armée). Variantes : Gouffié, Goufier. Avec le même sens : Goulfié (47), Goulfier (24). Porté en Île-de-France, le nom Gouffé pourrait avoir la même origine, mais c’est moins sûr.
Gouffin Le nom est aujourd’hui très rare. Il était surtout porté autrefois dans l’Ille-et-Vilaine et dans quelques départements du Centre. C’est un nom de personne germanique (Vulfinus), diminutif formé sur la racine wulf = loup. On connaît un saint Gouffin, obscur moine berrichon du VIe siècle.
Graveleuse Les plus anciennes mentions connues situent le nom dans le Jura. Il y désigne celui qui est originaire de Graveleuse, ancienne commune de ce département rattachée en 1823 à Rosay. Signification : terre caillouteuse, graveleuse.
Grenapin Le nom est présent dans la Loire-Atlantique (Assérac) au moins depuis le début du XVIIe siècle. Variantes : Grenappin, Garnapin. Sens incertain. Un auteur du XIXe siècle (G. Blanchard) l’expliquait en le décomposant en “gren a penn”, surnom breton pour celui qui aurait la tête (penn) vive, alerte (gren). Je ne sais qu’en penser.
Grousse Le nom est surtout porté dans l’Ouest, où “grous” et “grousse” sont des formes régionales de “gros, grosse” (avec autrefois aussi le sens de “grand”). Attention cependant : le nom s’est peut-être écrit Groussé, qui peut être soit un diminutif de “gros” (variante de Grousset), soit un toponyme (par exemple le hameau de Groussay à Hirel (35). Quelques mentions aussi en Lorraine, où on pensera surtout à une francisation de Gruss (voir Grus pour le sens).
Haguenier Porté dans le Loir-et-Cher et l’Indre-et-Loire, c’est une variante du nom Aguenier, désignant sans doute le fils de Guenier (voir Aguenier et Guenier).
Henneguy Le nom est surtout porté dans l’Oise et le Val-d’Oise. Variantes anciennes : Hanneguy, Hanguy. Il s’agit d’un ancien prénom, mentionné notamment au début du XIVe siècle dans le censier de Saint-Merry : Hanegui Valoqueri, nom qui est ensuite écrit Anegui Valequier et Anequin Valequier. Ces diverses graphies semblent montrer qu’on a affaire à une variante de Hannequin, Hennequin, diminutifs de Jean dans le nord de la France et en Belgique.
Juantorena Nom basque formé à partir de Juanto, diminutif de Juan (= Jean), du suffixe -ren (génitif de possession) et de l’article postposé -a. Signification : la maison de Juanto. Avec un sens à peu près similaire, mais d’autres suffixes : Juanicotena (à partir de Juanicot).
Lessertisseur Le nom est porté en Picardie, notamment dans l’Oise où il est présent au moins depuis le début du XVIIe siècle. Variantes : Lessertisseux, Lecertisseur. On pense évidemment à un joaillier, celui qui sertit les pierres précieuses. À noter cependant que ce sens du verbe “sertir” est relativement récent (XVIIe siècle ?), et qu’il était auparavant utilisé surtout en serrurerie.
Lintillac Rare, le nom est porté dans l’Aveyron, les mentions les plus anciennes se rencontrant dans le Lot, où il s’est aussi écrit Lentillac. Il devrait désigner celui qui est originaire de Lentillac, nom de trois communes du Lot (Lentillac-du-Causse, Lentillac-Saint-Blaise, Latouille-Lentillac), ou encore de Lintilhac, hameau à Saint-Paul-des-Landes, dans le Cantal. À noter aussi le hameau de Lintillac dans la Corrèze (Ussac). Sens du toponyme : le domaine de Lentilius, nom d’homme gallo-romain (+ suffixe -acum). Le nom est aussi présent en Bretagne, notamment sous la forme Lentilhac, où il renvoie à la commune de Lantillac (56). Autre forme : Lintilhac (15, 29).
Loyen Le nom se rencontre dans la Loire-Atlantique, mais aussi en Belgique et dans le Nord-Pas-de-Calais, avec des sens certainement très différents. Pour la Belgique et le Nord, on envisage généralement des hypocoristiques flamands des prénoms Éloi ou Louis. Cependant, des formes telles que Van Loyen montrent qu’il peut aussi s’agir d’un toponyme (voir Van Looy pour le sens). Dans la Loire-Atlantique, il est plus délicat de se prononcer, car il faudrait savoir si on a affaire à un nom français ou breton. On rencontre dans cette région les formes probablement similaires Loyan et Loyant. S’il s’agit d’un nom breton, on peut retenir la solution de Deshayes, un toponyme correspondant à Locjean (nom de hameaux à Kervignac et à Rosporden, le toponyme étant l’équivalent des Saint-Jean français). Si le nom est français, c’est plus difficile. M.-T. Morlet propose le participe présent du verbe “lier” ou l’équivalent régional de “lien”, mais je n’y crois guère.
Maisonnier On rencontre le nom surtout dans la Haute-Vienne et la Vienne. Pas mal de mentions anciennes aussi dans l’Orne. Le mot “maisonnier” (du latin “mansionarius”) a pu désigner en ancien français l’habitant d’une maison ou d’un groupe d’habitations, mais son sens le plus ancien paraît être celui de tenancier, fermier. Cependant, en Limousin, il faut envisager une autre possibilité : Maisonnier semble y être le plus souvent une variante de Maissonnier, avec le sens de “moissonneur” (occitan “meissonièr”).
Majal Le nom est surtout porté dans l’Ardèche. Sens incertain. Peut-être un dérivé du mois de mai. À envisager aussi le latin “majalis”, à l’origine de l’italien “maiale”, surnom possible pour un porcher ou un éleveur de porcs (les noms de famille Maiale et Maiali existent en Sicile, il y aussi quelques Majale en Piémont). En outre, sachant que le j est parfois un ancien g, on peut éventuellement envisager une variante de Magal (voir ce nom). Enfin, on signalera que deux lieux-dits s’appellent Majal, à Araules (43) et à Saint-Nazaire-le-Désert (26).
Mancier Dans la plupart des cas, notamment en Picardie, où il était le plus répandu autrefois, c’est une variante (attestée dans les généalogies) de Manessier, un prénom autrefois très répandu dans cette région (voir Maneché pour le sens). Le nom a aussi été porté en Auvergne (variante : Mansier), avec un sens sans doute différent. Selon le dictionnaire de Morlet, il désignerait le propriétaire d’un manse (domaine rural). Je pencherais plutôt pour le latin médiéval “manserius” (= sergent, garde, huissier), qui est visiblement à l’origine de la fonction de mansier (syndic chargé de veiller aux canaux d’irrigation dans le Briançonnais).
Massiault Porté dans la Vienne et dans les Ardennes, c’est un hypocoristique du prénom Thomas, à rapprocher de Massiot. Autres formes : Massiau (81, 85), Massiaux (08), Massieau (85).
Migny Porté notamment dans le Cher et la Nièvre, désigne celui qui est originaire de Migny, nom d’une commune de l’Indre et de nombreux hameaux. Sens probable du toponyme (Maigny au XIIIe siècle) : le domaine de Magn(i)us, nom de personne latin suivi du suffixe -acum (qui a donné -y).
Minkin Probablement originaire de Biélorussie, c’est un nom juif askhénaze, variante de Menken, Menkin, des noms qui renvoient en principe à Menahem (hébreu mena’hem = consolateur), l’un des rois d’Israël dans la Bible.
Montedonico Non italien très rare, porté en Ligurie et dans les Alpes-Maritimes. Il renvoie à un lieu appelé Monte Donico, oronyme assez courant signifiant “le mont du Seigneur”. Avec le même sens : Mondonico (Lombardie).
Murail Nom vendéen également présent dans la Loire-Atlantique. Variante : Meurail. C’est en principe un équivalent masculin, attesté en ancien français, du mot “muraille”.
Nerfy Ce curieux nom de famille apparaît au XVIIIe siècle à Mareuil (Charente), avec de très nombreuses variantes : Nerfie, Narfie, Narfit, Narfix, Narfy, mais aussi Narsif. Autant dire que l’interprétation est quasi impossible. Il semble que ce soit un nom venu d’ailleurs, que les curés successifs ont eu bien du mal à transcrire.
Odof Nom rare rencontré en Belgique et dans le Nord-Pas-de-Calais. Il est notamment présent au XVIIIe siècle à Tournai, ville où on rencontrait au XVIIe siècle la forme similaire Odolf. Il s’agit d’un nom de personne germanique (Odulphus en néerlandais) formé sur les racines od (= richesse) et wulf (= loup).
Pacchiano Sous cette forme, ce nom italien se rencontre essentiellement à Naples et dans ses environs. On trouve en Lombardie les formes Pacchiana et Pacchiani. Tous ces noms semblent correspondre à l’adjectif “pacchiano”, qui a aujourd’hui le sens de rustre, lourdaud, mais qui, dérivé de “pacchia” (= le fait de bien manger et bien boire, sens du verbe “pacchiare”), a pu désigner autrefois un bon mangeur, voire un goinfre, comme “pacchione”, à l’origine des noms de famille Pacchione (Abruzzes) et Pacchioni (Lombardie, Émilie-Romagne).
Phialip Cette curieuse variante de Philippe se rencontre dans la Corrèze. Le nom plus rare Phialy (46) devrait en être une variante.
Pintart Porté dans les Ardennes et autrefois dans l’Eure-et-Loir, devrait être un dérivé de “pinte” et du verbe “pinter”, déjà attesté avec le sens de boire beaucoup dans le Roman de la Rose. Il a sans doute désigné un buveur. On trouve plus fréquemment la forme Pintard, sachant que ce nom est aussi porté dans le Gard, sans doute avec un autre sens : même si le mot “pintard” est attesté par Mistral avec le sens de pintade mâle, on pensera surtout à l’ancien hameau du Pintard, dans la commune de Lasalle (30).
Pipi En général, il s’agit d’un nom sicilien, plus courant sous la forme Pepi, qui devrait être un hypocoristique de Giuseppe, équivalent italien de Joseph (un rapport avec le poivre est possible, mais douteux). Les formes Pippo, Pippi (Ligurie, Toscane) renvoient plutôt à Filippo.
Platteborse Essentiellement porté en Belgique (variante : Platteborze), le nom correspond au français “bourse plate”, probable sobriquet pour un homme peu fortuné. Le nom est mentionné en 1272 dans le polyptyque de l’abbaye de Villers-la-Ville (Hawidis Platte Bursa). On le rencontre aussi en 1371 à Aire-sur-la-Lys (Pierre Platebourse boucher, et Maroie sa femme, Colard Platebourse et Maroie sa femme).
Pourtois Variante de Portois, le nom se recontre surtout en Belgique (il est également présent en Rhône-Alpes). Autre forme : Portoix. Sens incertain. Peut-être celui qui habite une localité ou un lieu-dit “le Port”, “la Porte”. À envisager aussi un rapport avec le verbe “porter” (le portoir était une hotte de vendangeur, un brancard, etc.).
Rabache Surtout porté dans la Somme, le nom paraît correspondre à l’ancien français “rabache”, vêtement couvrant les jambes et les cuisses, sorte de haut-de-chausse, mais il n’est pas sûr que ce terme ait été très courant. À envisager aussi une variante de Rabasse (voir ce nom), solution qui devrait expliquer les noms Rabachon (01), Rabachou, Rabachoux (87).
Rabadan Ou Rabadán. Nom espagnol désignant au départ un maître-berger (terme emprunté à l’arabe), mais qui a surtout été employé avec le sens de jeune pâtre, auxiliaire du berger. Le nom existe aussi en catalan sous la forme Rabadà.
Rabajoie Ce curieux nom est attesté depuis plusieurs siècles à la fois dans les Côtes-d’Armor (Caulnes, Yvignac) et dans la Marne (Tours-sur-Marne, Cumières, Bisseuil). Variante ancienne : Rabajoye. Variante récente : Rabatjoie. A priori (mais il faut se méfier des a priori), il correspond au mot “rabat-joie”, présent en moyen français avec le sens de “sujet de chagrin, chose qui gâche la joie”. Le sens moderne est attesté plus tardivement (XVIIe siècle).
Rackelboom Nom flamand également écrit Rachelboom, Rackelboomt, Raekelboom, Raeckelboom, Rakelboom. On y reconnaît le néerlandais “boom” (= arbre), le premier élément étant plus incertain. Frans Debrabandere pense que le surnom désigne celui qui taille les arbres. On notera cependant que le verbe “(op)rakelen” signifie “raviver, attiser”, et que le nom “rakel” a le sens de tisonnier, pique-feu.
Saint-Joanis Porté dans le Puy-de-Dôme (variante : Saint-Joannis), désigne celui qui est originaire de Saint-Joannis, hameau de la commune de Chabreloche, dans le même département. Faute de données anciennes, je ne sais si Joannis est une forme latinisée de Jean ou si on a affaire à saint Joannice, abbé en Bithynie au IXe siècle.
Saint-Sulpice Porté dans l’Ain, désigne celui qui est originaire de Saint-Sulpice, commune du même département (voir Sulpice pour plus de renseignements sur le saint).
Sarremejean Ou Sarreméjean, Sarramejean. Le nom, rare, est porté dans le Gers. C’est un toponyme avec le sens de crête, colline (sarra, serra) du milieu (méjean). C’est le nom d’un hameau à Lucq-de-Béarn (64), mais on pensera aussi à la commune de Sarremezan (31). On trouve plus fréquemment, mais dans le Tarn-et-Garonne et les départements voisins, les formes féminines Sarremejane, Sarremejanne, Sarremejeanne, Sarramejeanne, qui renvoient peut-être au hameau de Sarremejeannes à Villeneuve-sur-Tarn (81).
Sauvegarde Le nom est surtout porté en Belgique, dans la province de Namur. On en trouve aussi quelques mentions anciennes dans le Quercy. Dans tous les cas, il semble que ce soit un toponyme (terre placée sous la protection du roi ou du seigneur). En France, c’est le nom de nombreux hameaux ou lieux-dits dans le Lot et les départements voisins, ou encore dans le Calvados. Herbillon et Germain signalent que le toponyme est également présent en Belgique.
Seine Le nom se rencontre surtout dans la Vienne et dans l’Aisne. Il semble correspondre à l’ancien français “seine” (filet de pêche), surnom probable de pêcheur utilisant ce filet. À noter que Seine est aussi un nom de personne (latin Sequanus formé sur le nom du fleuve Seine), à l’origine de trois communes appelées Saint-Seine, mais le saint éponyme était vénéré presque exclusivement en Bourgogne.
Selig Porté en Alsace-Moselle, correspond à l’adjectif allemand “selig” (= heureux). Souvent porté par des Juifs askhénazes, il est la transcription du nom hébreu Asher (‘asher = heureux), porté notamment par un fils de Jacob. En composition : Seligman, Seligmann.
Sénéclauze Le nom désigne celui qui est originaire de Sénéclauze, hameau situé à Saint-Agrève, dans l’Ardèche. Variantes : Sénéclause, Sénécloze.
Sichère Le nom est surtout porté dans la Vienne (variantes : Sicherre, Sichaire). Il est à rapprocher de Sicher (49) et de Sicaire (87, 86). Dans les trois cas, on a affaire au nom de personne germanique Sicharius (sig = victoire + hari = armée). Il existe un saint Sicaire honoré à Brantôme (24) qui a certainement popoularisé le nom dans cette région.
Siegmund Le nom est porté en Alsace-Moselle. Variantes : Siegemund, Siegmundt, Sigmund. C’est un nom de personne germanique, Sigmund (sig = victoire + mund = protection). Avec le même sens : Sigismond, nom popularisé par un roi de Bourgogne, martyr au VIe siècle, porté dans l’Aube et en Martinique, dont les équivalents italiens sont Sigismondo et Sigismondi.
Sigon Très rare aujourd’hui et sans doute originaire d’Auvergne ou du Limousin, devrait correspondre au nom de personne germanique Sigo (sig = victoire), popularisé par un évêque de Clermont au IXe siècle. Diminutifs probables : Sigonnaud, Sigonneau, Sigoneau (Creuse, Berry), Sigonney, Sigonnez (Jura). À noter cependant que M.-T. Morlet rattache tous ces dérivés à “cigogne”.
Sindou Porté notamment dans le Lot et en Auvergne, c’est un nom de personne germanique, Sindulfus (sind = voyage, chemin + wulf = loup), popularisé par un saint né en Aquitaine et ayant vécu en ermite en Champagne. Variantes : Sendou (42, 65), et sans doute aussi Sandou (58), Sandoux (79), sachant que la commune de Saint-Sandoux (63) est formée sur le nom Sindulfus.
Soleilhavoup Presque exclusivement porté dans la Corrèze, désigne celui qui est originaire de Soleilhavoup, hameau de la commune de Naves (19). C’est aussi l’ancien nom de Sourliavou, hameau de la commune de Vallières (23). Le nom devrait correspondre à l’occitan “solelhador” (lieu exposé au soleil). Variantes : Soleilhavoux, et sans doute aussi Soleilharou.
Sommacal Nom italien originaire de la province de Belluno (Vénétie). Il devrait désigner celui qui habite un lieu situé en haut (“somma”) d’un chemin, d’un sentier, d’une rue (“cal”, forme régionale de “calle”, du latin “callis”). Variante : Somacal.
Soulage Porté dans la moitié sud de la France, en particulier dans le Lot-et-Garonne et le Gard, remontant jusqu’à la Saône-et-Loire, c’est un toponyme fréquent corespondant à l’occitan “solatge” ou à l’ancien français “soulage”. Le terme désigne en général un sol sédimenteux, voire bourbeux. Mais un autre sens de “solatge” est attesté : celui de redevance foncière ou d’impôt sur les troupeaux transhumants. Deux communes s’appellent Soulages (12, 15), une autre Soulatge (11). C’est également, sous diverses formes, le nom de très nombreux hameaux. Variantes du nom de famille : Soulages (12, 81), Soulatge (66), Soulatges (48). Diminutif : Soulageon (07).
Supiot Le nom est surtout porté en Anjou, tout comme la forme voisine Supion. Sens incertain. Peut-être un diminutif de l’adjectif “supe”, qui signifie “myope” en Auvergne et dans d’autres régions occitanes. Mais je ne sais pas si cet adjectif se rencontrait aussi en Anjou. À envisager aussi des variantes de noms tels que Subillot et Subillon (voir Subileau pour le sens).
Tastevin Le nom est surtout porté dans l’Ardèche. Son berceau pourrait être la commune de Balazuc, où trois familles Tastavin (ou Tastavi) étaient présentes en 1464. Variantes : Tastavi, Tastavin, Tastavy. On pense évidemment au surnom d’un goûteur de vin, par exemple un courtier. Le Robert historique signale cependant l’emploi du mot en 1450 avec le sens d’ivrogne. À noter enfin qu’un hameau de l’Ardèche s’appelle Tastevin (commune de Colombier-le-Jeune).
Tattevin Porté dans la Loire-Atlantique (variante : Tatevin), le nom n’a certainement rien à voir avec un goûteur de vin, d’autant que les plus anciennes mentions le situent à Mesquer, en Bretagne bretonnante. Il s’agit en fait d’un nom de personne : on connaît un saint Tatevin (ou Tatwin) qui fut archevêque de Canterbury au VIIIe siècle. La forme latine du nom (Tatvinus) laisse penser qu’on aurait affaire à un nom de personne germanique (tat = fait, action selon Morlet + win = ami). Une origine celtique n’est cependant pas impossible (variante de Talwin = front blanc ?). À noter aussi un saint breton au nom très proche, Tethvin, moine à Redon, mort paralytique (IXe siècle).
Terpereau Porté notamment dans la Sarthe et l’Indre-et-Loire, paraît correspondre au verbe régional “terper”, également écrit et prononcé “tréper”, qui signifie fouler aux pieds, piétiner. Peut-être le surnom de celui qui foulait la vendange, mais on précisera qu’en ancien français le verbe “treper” signifiait aussi sauter de joie, danser (surnom possible de danseur ou de saltimbanque). Variantes : Terpreau, Terpreault, Trépreau.
Théodard Ou Théodart. Nom rare surtout porté dans le Sud-Ouest. C’est un nom de personne germanique, Theodardus (theod = peuple + hard = dur), popularisé dans cette région par un évêque de Narbonne (appelé aussi Audard), saint patron de la ville de Montauban.
Thinet Le nom est surtout porté dans la Loire. On le rencontre en Auvergne sous la forme Tinet. On peut penser à un hypocoristique de prénoms comme Augustin, voire Étienne ou Bastien, mais on envisagera aussi une masculinisation de “tineta” (= cuvette), terme fréquent comme toponyme sous les formes Tinette ou Thinette.
Thivolle Le nom est caractéristique de la Drôme, et plus généralement du Dauphiné, où les mots “tivola, tievola” ont le sens de “tuile, brique” (variantes du francoprovençal “tiola”). Il semble qu’on ait affaire à un toponyme, par exemple Tivole à Ratières, ou encore Thivoley à Miribel et Montmiral. Variantes : Thivol, Tivol, Tivolle. Autres formes liées à la tuile : Thivolet, Thivollet, ainsi que Thivollier et Tivollier, qui devraient désigner un tuilier.
Tondon Le nom est porté depuis plusieurs siècles dans la Moselle et la Meurthe-et-Moselle. Je n’en connais pas le sens. À noter qu’il y a aussi des Tondon en Italie (Frioul), où le nom devrait être un augmentatif de Tondo (forme courte de “rotondo” = rond).
Touche Porté dans la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme, désigne celui qui habite un lieu-dit (la) Touche ou en est originaire (nom de diverses fermes et lieux-dits dans la Haute-Loire), le toponyme ayant le sens de bois, bosquet.
Tovo Le nom est originaire de l’Italie du Nord, où il est assez rare et se rencontre surtout dans le Piémont et la Vénétie (le pluriel Tovi est encore plus rare). On trouve l’équivalent Tuvo en Ligurie, où il s’écrit aussi Tuo. Il s’agit d’un toponyme : deux communes italiennes s’appellent Tovo (provinces de Savone et de Sondrio), ainsi que divers lieux-dits. Le toponyme pourrait être lié au tuf (c’est en tout cas l’explication généralement fournie pour la commune de Ligurie).
Trescartes Porté dans la Haute-Loire (variante : Trescarte), le nom renvoie à la quarte, ancienne mesure agraire, et devrait être un microtoponyme désignant une parcelle mesurant trois quartes. Il existe un lieu-dit “les Trois Quartes”, mais il se trouve dans la Nièvre, près de Tannay, et n’a sans doute rien à voir avec le nom de famille.
Vassieux Porté notamment dans le Vaucluse (variante : Vassieu), désigne sans doute celui qui est originaire de Vassieux, commune de la Drôme. Le toponyme devrait correspondre à l’occitan “vaciu” (troupeau de moutons, ou de brebis stériles).
Vassy On a apparemment affaire à un toponyme, Vassy étant le nom de deux communes dans le Calvados et l’Yonne, ainsi que de plusieurs hameaux. On notera cependant que c’est dans la Drôme que le nom de famille est le plus répandu. On rencontre dans ce département un lieu-dit Vassy à Chanos-Curson, et une ancienne ferme Vassi à Montchenu. Mais il est possible, sinon probable, que les deux lieux viennent du nom de famille.
Zingaro C’est dans les Pouilles que ce nom italien est le plus répandu, tout comme ses diminutifs Zingarello et Zingarelli. Il correspond à l’italien “zingaro” (= tzigane, bohémien).