Bélesta-de-la-Frontière,

Belestar (de la Frontiera)

Voir la liste des communes

La cabane de l’Antéchrist
Vue générale de Bélesta
Borne-frontière entre Ille et Bélesta

Superficie et situation géographique

Vaste commune de 2030 hectares, Bélesta se trouve à la frontière entre pays “gavatx” et pays catalan, frontière linguistique mais aussi politique à partir de 1258, et matérialisée par des bornes éparses dans la garrigue.

On atteint Bélesta depuis Ille-sur-Tet en remontant le cours de la Crabayrisse (la “rivière des chèvres”). Mais on peut aussi arriver dans la commune par l’est, depuis le col de la Bataille, par une route qui nous mène au plateau de Caladroy avec son château entouré de quelques maisons, puis, au milieu des vignes, conduit jusqu’au village. C’est également en traversant les vignes que, depuis Néfiach, une route étroite permet de monter jusqu’à Llebrès et à Bélesta.

En effet, la vigne est quasiment la seule culture de la commune, et elle s’étend sur presque tout le territoire, aussi bien sur les schistes que sur le granit, le grès ou le calcaire (la géologie de Bélesta est très riche, on trouve même des grenats près du château de Caladroy).

Vers le nord, on descend en pente abrupte vers Caramany ou Cassagnes, depuis un plateau aride où se trouve le lieu de Jonqueroles, avec son église en ruines.

Communes limitrophes : Ille-sur-Tet, Montalba-le-Château, Caramany, Cassagnes, Montner, Millas et Néfiach.

Première mention historique et origine du nom

La première mention remonte à l’an 1173, sous la forme Pulcro novo Estar. On trouve ensuite Pulchro Stare, puis Beylestar, un nom que l’on peut décomposer en deux éléments : BEL (= beau) + ESTAR (= séjour). Donc Bélesta pourrait se traduire en français par Beauséjour.

D’autres lieux situés dans la même commune sont cités antérieurement. Et d’abord Llebrès, petit domaine évoqué dès 842 (villare Librarium), qui désigne sans doute un lieu où abondaient les lièvres. Jonqueroles est pour sa part cité en 1021 (lieu où poussent les joncs), tout comme Caladroy, appelé à cette date “villarunculum Casal Adroario”, une expression qui contient en elle-même l’étymologie du nom : il s’agit du casal (grande demeure, augmentatif de casa = maison) appartenant à Adroer, nom de personne d’origine germanique.

Les recensements

1999

1990

1982

1901

1846

218

223

247

475

439

Bref aperçu historique

Le texte de 1173 évoqué plus haut désigne Bélesta sous l’appellation suivante : “alode de Riberacho seu de Pulcro novo Estar”. Cette seule expression nous fournit d’importants renseignements historiques : au départ, on a un alleu (propriété héréditaire exempte de droits seigneuriaux) portant le nom de Riberach, sur lequel se construit un nouvel édifice au XIIe siècle : il s’agit bien sûr du château de Bélesta, autour duquel vont venir se grouper les maisons du village.

Bien entendu, le lieu de Bélesta était habité bien avant cette date, et la présence d’un dolmen indique l’existence d’un habitat préhistorique, confirmé en 1983 par la découverte, dans la grotte dite “la Cauno”, d’une sépulture datant du néolithique moyen (4000 à 3500 avant J-C).

Mais revenons au moyen âge, où l’on distingue trois noyaux d’habitation : Bélesta, mais aussi Jonqueroles, un village qui semble avoir été abandonné à l’époque des grandes pestes, et dont ne subsistent que les ruines de l’église, et surtout Caladroy, dont la possession semble avoir cristallisé à la fin du moyen âge les luttes entre armées catalanes et françaises. L’un des épisodes les plus connus se situe en janvier 1496 : sous les ordres de Joan de Leyna, un détachement catalan s’empare du château de Caladroy, pendant que de leur côté les Français vont piller les troupeaux de Millas. Joan de Leyna prend le tire d’alcalde de Caladroer, avant qu’une trêve le pousse à se retirer. Mais en 1498 les Catalans reviennent et occupent à nouveau le château.

Après avoir changé de mains à plusieurs reprises au moyen âge puis au XVIe siècle, la seigneurie de Bélesta passa en 1662 aux mains de François de Niort, dont la famille conserva les droits seigneuriaux sur le village jusqu’à la Révolution. Racheté il y a quelques années par la commune, le château abrite aujourd’hui un musée de la Préhistoire. De son côté, le château de Caladroy a continué de demeurer propriété privée, et aujourd’hui encore il est au centre d’un important domaine viticole.

Au XIXe siècle, peu à peu, on voit le vignoble envahir le territoire de la commune. Il faut dire que la démographie croissante entraîne la mise en culture de nouvelles terres. La population est restée supérieure à 400 habitants jusqu’à la seconde guerre mondiale, après laquelle commence une chute brutale : 365 habitants en 1946, 247 en 1982. Aujourd’hui, on assiste à une stabilisation au-dessus de 200 habitants, avec une légère baisse au dernier recensement.

L’église paroissiale

Sa première mention remonte à 1173 : elle est alors dédiée à sainte Madeleine, et paraît être l’église paroissiale de l’ancien lieu de Riberac. Par la suite, elle fut reconstruite dans la continuité du château de Bélesta, dont elle devint la chapelle. Elle ne devint paroissiale qu’en 1648, remplaçant enfin l’église de Jonqueroles. Parmi le mobilier, signalons un retable daté de 1645 et appelé “du voeu de Louis XIII”.

Autres monuments et lieux à visiter

Une visite du village s’impose, permettant de découvrir ce qui fut l’enceinte primitive, autour du château, à laquelle on accède par une très belle porte. Le château lui-même a été entièrement restauré et transformé en musée de la Préhistoire, où l’on pourra admirer une superble reconstitution de la sépulture néolithique trouvée dans la Cauno.

Mais, à Belesta, d’autres chemins permettent de découvrir un important patrimoine. Certains de ces chemins sont balisés (sentiers d’Emilie). L’un d’eux, serpentant dans le calcaire, nous conduit jusqu’à la Cauno, cette grotte où fut découverte en 1983 une sépulture collective, les squelettes étant groupés circulairement et accompagnés de vases et objets divers. Un autre nous mènera vers St Barthélémy de Jonqueroles, église d’origine préromane en partie restaurée. Le long de ce second chemin, on s’arrêtera à la cabane de l’Antéchrist, superbe édifice en pierres sèches du XIXe siècle, et surtout au dolmen dit du Moulin à vent, grand dolmen à couloir dont le tumulus a été récemment reconstitué.

Un autre chemin, non balisé, permet de découvrir de nombreuses cabanes en pierres sèches, rayonnant (au milieu des vignes bien sûr) autour de la bergerie de Llebrès. Le site de Llebrès est un lieu que personnellement j’adore, avec sa grande bergerie collective en ruines et surtout son admirable petit pigeonnier, non loin d’une fontaine ombragée par un arbre séculaire.

On peut aussi aller vers le sud, à la recherche des bornes-frontières, et enfin il faut se rendre à Caladroy. Propriété privée, le château ne peut être visité. Il a été très remanié au XIXe siècle, mais on admirera cependant les deux tours, l’une circulaire, l’autre quadrangulaire. Sur le plateau de Caladroy, en suivant un sentier de transhumance empierré, on arrive à une belle bergerie ruinée. Non loin de là, gisant à terre et coupé en deux, repose un grand menhir, au lieu-dit la Pera Dreta.

Les noms les plus portés en 1841 par ordre d’importance

Autres listes de noms

Delonca, Gaychet, Solère, Lacourt, Chaluleu, Dauriach, Marquet, Olive, Vidal, Billes, Baillette, Saly, Sire, Pasquié, Pous.

1497, Caladroy : Baris, Dones, Julià, Not.

XIIIe au XVe siècle, Caladroy : Barrere, Beteguil, Crose, Julià, Morer.

Autres liens sur le site

Cartes postales anciennes : Villages du Fenouillèdes.

Liens internet

Le village en 1936-37 (Annuaire des P-O)

A 32 km de Perpignan, 463 habitants, 1983 hectares.

Productions : vins, fromages, laitages.

Curiosités : anciennes fortifications, château de Caladroy.

Fête locale : 24 et 25 août. Sociétés de secours mutuel : l’Union coopérative, Cave vinicole.

Maire : Bibes (Biles ?) Paul. Adjoint : Mérou Fr. Conseillers : Chambeau C, Jean Laurent, Saly P, Delcamp M, Marquet L, Julia L, Périé C, Sire F.

Secrétaire de mairie : A. Noé. Receveur municipal : Velay. Facteur-receveur : Thués Fr. Instituteur : Noé. Institutrice : Mme Noé. Cantonniers : Beaux, Boher. Receveur buraliste : Marquet (Vve).

Autobus : O. Lacour et STAM. Bouchers : Solère E, Pasquier Jules. Boulanger : Maulini J. Cafés : Tisseyre P, Périé Robert. Coiffeurs : Dauriach M, Bonnet M. Cordonnier : Estève J. Epiciers : Roque M, Marquet (Vve). Journaux (correspondant) : Delonca Joseph. Journaux (marchand) : Boyer N. Maréchal-ferrant : Bonnet. Tonnelier : Izart Pierre. Vins (négociants en gros) : L. Vidal, château de Caladroy, Delebart (Vve).

Hameau : de Caladroy.

Retour à la liste des communes
Index