Saint-Michel de-Llotes,

Sant Miquel de Llotes

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Le Veïnat de l’Église

Superficie et situation géographique

Saint-Michel-de-Llotes est une commune de 841 hectares située au sud d’Ille-sur-Tet. Si on excepte, au nord, quelques terrains en plaine, à proximité du Boulès et du canal de Corbère, l’essentiel du territoire se situe dans les Aspres, avec un sol schisteux et une végétation dominée par le chêne vert. Du sud au nord, la commune est traversée par le Gimenell, rivière le plus souvent asséchée venue de Candell et se jetant dans le Boulès. La grande caractéristique de la commune est l’habitat dispersé, la population vivant soit dans des mas, soit dans des petits hameaux appelés veïnats. Citons entre autres les veïnats de la Valltorta, d’en Roch, d’en Marsalet, ou encore ceux dels Masos et d’en Blanc, aujourd’hui ruinés.

Communes limitrophes : Ille-sur-Tet, Bouleternère, Casefabre, Caixas, Corbère.

Première mention historique et origine du nom

Les premières mentions remontent à la fin du IXe siècle (Lotas, 898, villare Lotas, 899). Il faut sans doute rattacher le toponyme au latin lutum (= boue), et y voir un terrain marécageux, bourbeux. Le rapport avec l’alouette, parfois évoqué, relève de la pure fantaisie.

Les recensements

Année :

1999

1990

1982

1901

1836

Habitants :

274

219

205

252

371

Bref aperçu historique

La présence de plusieurs dolmens atteste une importante occupation du territoire dès les temps préhistoriques. Deux de ces dolmens sont très bien conservés : celui de la Quera (ou du col de la Llosa) près de la route de Casefabre, et celui de la Creu de la Llosa (à la limite avec Caixas et Corbère), avec une table ornée de cupules et de croix. Autre vestige intéressant : deux tours circulaires au lieu-dit les Castellars, difficiles à dater mais qui semblent de tradition-gallo-romaine. Elles sont proches d’un village médiéval disparu nommé Marsugà.

Un autre village disparu s’appelait Terrats, il se trouvait à proximité du Gimenell, c’est à peu près tout ce que l’on sait sur lui. Les divers textes médiévaux nous montrent que, dès le XIIIe siècle, les seigneurs d’Ille possédaient une grande partie des terres de Saint-Michel. Cependant, au XIVe siècle, la paroisse était possession royale, puisqu’en 1391 le roi d’Aragon vend au seigneur de Corbère les paroisses de Casefabre et de Saint-Michel, pour les sommes respectives de 6000 et 4000 sous. A la veille de la Révolution, le seigneur des lieux était le duc de Medina-Celi, qui possédait également Ille et Bouleternère.

La répartition des habitants en mas et en veïnats a toujours impliqué une vie autarcique, chaque entité assurant sa propre subsistance grâce à quelques champs, à l’élevage et aux diverses ressources de la forêt. A noter que les habitants de Saint-Michel semblent avoir joué un rôle non négligeable dans le trafic de faux-sel qui a suivi l’instauration de la gabelle en Roussillon.

La population du XIXe siècle était assez importante, avec un record de 422 habitants au recensement de 1851. Puis les chiffres baissent peu à peu, au fur et à mesure que certains mas et veïnats sont abandonnés. On reste cependant toujours au-dessus des 200 habitants, la seule exception étant le recensement de 1975, avec 181 habitants. Ces dernières années, grâce à une politique municipale dynamique, la population est repartie à la hausse, avec un chiffre de 274 habitants au recensement de 1999.

L’église paroissiale

Bien entendu dédiée à saint Michel, c’est un édifice roman datable du XIe ou du XIIe siècle, avec une belle abside semi-circulaire à arcatures aveugles. Elle a été plusieurs fois agrandie, d’abord au XIVe siècle (construction d’une chapelle voûtée au nord), puis aux XVIIe et XVIIIe siècles (sacristie datée de 1702) et enfin au XIXe (construction de deux petites chapelles latérales). L’église a été entièrement restaurée ces dernières années.

Parmi le mobilier, on notera une belle Vierge à l’Enfant d’inspiration romane (XIVe siècle), le retable du maître-autel (première moitié du XVIIIe siècle), ainsi que les retables du Rosaire et du Christ. A signaler aussi une superbe cloche du XVIIIe siècle et la cadireta de la Vierge (dorée en 1735).

Autres monuments et lieux à visiter

La principale attraction du village est le musée de l’Agriculture catalane, avec une superbe présentation de matériel agricole des années 1900. Une bonne partie de mon site y est consacrée (voir plus bas), puisque j’ai participé à sa mise en place. On visitera avec plaisir le village, depuis le veïnat de l’Église jusqu’à celui de l’École, la commune ayant aménagé les lieux avec beaucoup de soin et de goût. Pour le reste, il faut suivre les diverses pistes menant vers les veïnats, en n’oubliant pas de regarder les constructions que l’on rencontre : plusieurs d’entre elles, notamment le mas Verdaguer, sont décorées d’avant-toits en tuiles peintes. La piste des dolmens permet de gagner les dolmens mentionnés plus haut, le plus facile d’accès et le plus beau étant celui de la Creu de la Llosa.

Les noms les plus portés en 1841 par ordre d’importance

Autres listes de noms

Lavall, Monier, Mestres, Rovello, Bastit, Castillo, Rous, Colomer, Grando, Robert, Ausseill, Montalt, Blanc, Manent, Verdaguer, Pla, Tailleferro.

1775 : Bastit, Blanch, Castillo, Cazelles, Colomer, Dutres (Doutres), Giner, Gil, Grando, Lavall, Llech, Mestres, Moner, Monier, Montalt, Moy, Pla, Pujol, Puvill (Pubill), Rovello, Rous, Tallaferro, Verdaguer.

XIVe siècle : Noell, Ceresol, Prats, Joli, Terris (alias Morer), de Llotes, Vassa, de Podio, de Sant-Andreu, Solà, de Manso, Fabre, Davaylli (Lavall ?), Gras.

Autres liens sur le site

Le musée de l’agriculture catalane
Le rebouteux ou l’histoire d’un don
La vie quotidienne dans un mas catalan au XIXe siècle
Un curé de choc à Saint-Michel

Liens internet

La commune en 1937 (annuaire-guide des P-O)

A 28 km de Perpignan, à 21 km de Prades. Altitude : 137 mètres. 223 habitants. 864 hectares.

Produits : céréales, haricots, pommes de terre, vigne, primeurs.

Fêtes : 8 mai, 29 septembre.

Maire : Cadène Adrien. Adjoint : Verdaguer F. Conseillers : Moulins Jh, Pons E, Dessens J, Romeu J. fils, Artigues J, Malerach Jh, Ausseil Jh, Castillo J.

Instituteur : Clauzy.

Café : Ausseil Jh.

Hameau : Los Masos.

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