Puyvalador,

Puigvalador

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Le village (carte postale ancienne)

Superficie et situation géographique

Puyvalador est une commune de 1946 hectares située en Capcir et appartenant au canton de Mont-Louis. Son territoire, très allongé d’est en ouest, comprend deux villages, celui de Puyvalador et celui de Rieutort. Il est limitrophe des départements de l’Aude et de l’Ariège et est traversé par l’Aude, partageant la retenue du barrage de Puyvalador (construit en 1929) avec les communes de Formiguères et de Réal. Il s’étend à l’ouest jusqu’au Pic de Ginebre (2382 m) et au Serrat des Clots de l’Ega (2351 m). À l’est il est limité par les cols de la Marrana et des Gavatxos, non loin du Madres. L’ensemble de la commune est très boisé, avec en particulier le grand Bosc Negre à l’ouest de Rieutort.

Communes limitrophes : Le Pla, Quérigut (Ariège), Escouloubre, Le Bousquet (Aude), Réal, Formiguères, Fontrabiouse.

Première mention historique et origine du nom

Le village est cité pour la première fois en 1192 sous la forme Podio Balados, qu’on retrouve également en 1270. Par la suite, apparaît un r final, tandis que le b se transforme le plus souvent en v : P. Valedors (1308), Puig Baladors (1354), Puig Valador (1359), Puyvaladors (1396), Puig Valedor (1632), Puigvalador (1701). Le premier élément (puig) correspond au latin podium, avec le sens de colline, sommet arrondi. Le second, si on s’en tient aux premières graphies (balados), devrait désigner un lieu où pousse le genêt. Il s’est ensuite transformé sous l’influence du catalan valedor (= “protecteur, défenseur”, également “valeureux”), s’appliquant très bien au château qui dominait le village.

Quant à Rieutort (Riutorto vers 908, Rivotorto en 1019), le terme s’applique à la rivière qui passe au village, au cours tortueux, sinueux (riu + tort).

Les recensements

Année :

2004

1999

1990

1982

1962

1901

1836

Habitants :

93

101

82

108

81

348

489

Maximum : 532 habitants (1831). Minimum : 62 habitants (1968).
Ne sont pas pris en compte les recensements antérieurs à 1831.

Bref aperçu historique

On a découvert quelques vestiges préhistoriques sur le territoire communal, notamment sous le niveau du lac. Pour la période historique, c’est Rieutort qui est cité pour la première fois vers 908, avec son église, comme dépendance de l’abbaye Saint-Jacques de Joucou, dans les Pyrénées audoises. Quant au village de Puyvalador, sa construction est liée à celle d’une forteresse royale vers 1190 (castrum quem vocant Mons Regalis situm in Podio Balados, 1192). À cette occasion, le roi Alfons Ier de Catalogne-Aragon, par une charte, invite les habitants des villages voisins à venir peupler le lieu en leur accordant des franchises (charte renouvelée au XIIIe siècle et au début du XIVe). Il nomme aussi un châtelain, en l’occurrence un certain Pons de Lillet. Par la suite, la châtellenie sera détenue par diverses familles, le plus souvent nobles. Il faut dire que le lieu ne manquait pas d’importance, puisqu’il sera jusqu’à la fin de l’Ancien Régime le siège de la sous-viguerie du Capcir.

La châtellenie, comportant Puyvalador, Rieutort et quelques villages voisins, notamment Réal, comptait 83 feux ou foyers d’habitation en 1365, soit environ 350 habitants. En 1378, il y avait 13 feux à Puyvalador et 9 à Rieutort, et on comptait en tout 40 feux en 1420. Par la suite, on constate un net déclin, dû à la fois à l’insécurité et aux grandes pestes (12 feux en 1497). Par contre, au XVIIIe siècle, on assiste à un net essor, la population atteignant 546 habitants en 1800. Depuis plusieurs siècles, les deux villages avaient chacun leur moulin. Mais la principale ressource de la commune était l’élevage. En 1758, on comptait 60 troupeaux de moutons regroupant en tout 1797 têtes, tandis que le nombre de bovins était de 220 (ces chiffres sont les plus importants de tout le Capcir).

Chose curieuse, l’exode rural semble commencer dès le second quart du XIXe siècle, puisqu’en 1836 on descend sous le seuil des 500 habitants. Mais c’est au XXe siècle qu’il deviendra vraiment dramatique, avec un minimum de 62 habitants en 1968. La création de la station de sports d’hiver a semble-t-il enrayé ce déclin, mais la population n’a pas connu de progression spectaculaire comme on en constate en Cerdagne. Il faut dire que le climat du Capcir est souvent très rude, ceci explique sans doute cela.

L’église paroissiale

Elle est dédiée à saint Jean-Baptiste. C’est une petite église sans doute d’origine romane, très remaniée au début du XIXe siècle (le portail porte la date de 1826). Elle n’avait pas le statut de paroisse sous l’Ancien Régime. Le mobilier est relativement pauvre. À noter cependant une Vierge assise portant l’enfant Jésus sur ses genoux, tous deux étant couronnés (XIVe siècle).

Autres monuments et lieux à visiter

Il ne reste que de maigres vestiges de l’ancienne forteresse royale. Une promenade s’impose au village voisin de Rieutort, qui possède une jolie église romane dédiée à saint Martin (probablement consacrée en 1019), avec un clocher-tour quadrangulaire et une abside semi-circulaire à arcatures aveugles. Le village de Puyvalador est pour sa part tout proche du lac du même nom (pêche, activités nautiques). En hiver, comme tout le Capcir, le territoire communal est le paradis des skieurs.

Les noms les plus portés en 1841 par ordre d’importance

Autres listes de noms

Pascal, Tichadou, Bataille, Tourné, Badie, Vergès, Sarda, Merlat, Surjous, Aichet, Bernolle, Rolland, Bernole, Brunet, Baniols, Boucabeille, Laffond, Rous, Soubielle.

1497 : Phelip Borda, En Borda (son frère), Bernat Gauceran, Barthomeu Johan, Bernat de la Font, Pere Ladró (batlle), Guillem Mir, Pere Peyrot, Font Rabrosa, Johan Renard (Rieutort), Guillem Taxidor, Johan Taxidor, Pere Taxidor (liste incomplète).

1392 (Rieutort) : R. de la Maço (batlle), Bernat Gros, Ramon Maço, Guillem Gros senior, Jaume Reyal.
1392 (Puyvalador) : G. Texidor, R. Giscaffre dit Baró, Bernat Foguet, Joan Vital, Joan Botet, Pere Viader.

Autres liens sur le site

Liens internet

Le site de la station
Vagabond’Âne à Rieutort

Renseignements complémentaires

La commune en 1937 (annuaire-guide des P-O, je ne suis pas responsable des éventuelles erreurs)

À 87 km de Perpignan, à 43 km de Prades.
Altitude : 1458 mètres. 149 habitants.
Productions : boeufs, moutons, chevaux, céréales, pommes de terre, bois.
Fête : 24 juin.
Sociétés mutuelles : L’Amitié de Rieutort, la Prévoyante.
Maire : Bataille S. Adjoint : Pascal B. Conseillers : Chourreu E, Tourné Jh, Baqué J, Bataille J, Bataille B, Bernoles G, Tourné S.
Instituteur : M. Vergès. Institutrice : Mlle Ploujoux.
Hôtel, café, épicerie : Bousquet Anna.
Menuisiers : Rous, Bataille, Baqué, Thomas.
Négociant en vins et pommes de terre : Bataille Sylvain.
Sabotier : Pascal.
Annexe : Rieutort (fête le 11 novembre).

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